La BAR-TH-102 valorise la mise en place d'un chauffe-eau solaire collectif pour la production d'eau chaude sanitaire d'un immeuble d'habitation existant en France métropolitaine. C'est la seule fiche solaire de métropole sans forfait : la prime se calcule sur la production solaire utile que donne l'étude de dimensionnement, et elle ne dépend que de ce chiffre.
Ce que couvre la fiche
La fiche vise les appartements existants en métropole, dans un bâtiment de plus de deux ans à la date d'engagement, et une installation solaire collective produisant l'eau chaude sanitaire. Les capteurs hybrides sont exclus.
Le partage avec les autres fiches se fait sur ce que l'installation dessert, pas sur sa taille : une grosse installation sur une grande maison reste individuelle, une petite installation qui alimente plusieurs logements est collective.
| Installation | Fiche |
|---|---|
| Chauffe-eau solaire collectif, métropole | BAR-TH-102 |
| Chauffe-eau solaire collectif, outre-mer | BAR-TH-135 |
| CESI complet en maison, métropole | BAR-TH-101 |
| Dispositif solaire sans appoint sur appoint séparé, maison, métropole | BAR-TH-168 |
| Système solaire combiné, maison | BAR-TH-143 |
| CESI outre-mer, maisons et petits collectifs | BAR-TH-124 |
Version en vigueur et dates
La version applicable est la A17-1. Les révisions de 2025 et 2026 ne l'ont pas modifiée : elle ne porte ni date de fin, ni clause de non-cumul, ni bonification. L'arrêté du 17 août 2026, qui a bonifié les fiches solaires individuelles, ne la vise pas.
La seule nouveauté est administrative : depuis le 1er juillet 2026, la partie A de l'attestation sur l'honneur demande le coût de l'opération HT et TTC et le montant des autres aides publiques obtenues pour les mêmes travaux.
La durée de vie conventionnelle est de 22 ans, deux de plus que le CESI.
La formule
| Zone | Montant en kWh cumac |
|---|---|
| Toutes zones | B × T × 0,196 |
- B est le besoin annuel d'eau chaude sanitaire à produire par l'énergie solaire, en kWh par an ;
- T est le taux de couverture du chauffe-eau solaire collectif, en %, avec T = (PES / B) × 100 ;
- PES est la production solaire utile, en kWh par an.
Les trois valeurs sont issues de l'étude de dimensionnement.
En remplaçant T par sa définition, la formule se simplifie : B × T × 0,196 = 19,6 × PES. Le besoin et le taux de couverture n'ont donc aucun effet propre ; seule compte la production solaire utile que l'installation livre à l'eau chaude. Deux études qui annoncent la même PES donnent la même prime, quels que soient B et T.
Prime CEE
Barème 2026
Calculer la prime de la BAR-TH-102
Le barème de la fiche appliqué à votre chantier : le forfait en kWh cumac, chaque facteur qui le corrige, puis la prime au prix du marché.
kWh/an
%
B et T viennent de l’étude de dimensionnement ; le volume vaut 19,6 fois la production solaire utile.
Les revenus modestes au sens de l’Anah ouvrent le prix précarité du kWh cumac. Situer un ménage dans le barème de l’Anah
8,71 €/MWh
Volume de certificats
352 800 kWh cumac
Prime CEE estimée
3 072 €
À 8,71 €/MWh cumac
Le détail du calcul
Forfait (coefficient de la fiche)
0,196 kWh cumac
Besoin d’eau chaude à couvrir (B)
× 40 000
Taux de couverture solaire (T)
× 45
Prime : 352,8 MWh cumac × 8,71 €/MWh
3 072 €
Barème de la fiche d’opération standardisée en vigueur. Le prix du MWh cumac est un prix de marché, pas un tarif : les valeurs de départ, 17,12 €/MWh en précarité et 8,71 €/MWh sinon, sont le prix moyen pondéré des cessions publié par le registre Emmy pour août 2026. Chaque obligé fixe le sien, et les conditions d’éligibilité restent celles de la fiche.
Outil Argile
Un exemple pour une copropriété
Une copropriété de 40 logements à Lyon. L'étude du bureau d'études retient un besoin à couvrir par le solaire de 80 000 kWh par an et un taux de couverture de 45 %, soit une production solaire utile de 36 000 kWh par an.
| Étape | Valeur |
|---|---|
| B × T × 0,196 | 80 000 × 45 × 0,196 = 705 600 kWh cumac |
| Contrôle : 19,6 × PES | 19,6 × 36 000 = 705 600 kWh cumac |
| Prime à 8,71 €/MWh cumac | 6 146 € |
| Prime à 17,12 €/MWh cumac (précarité) | 12 080 € |
Soit environ 154 € par logement à 8,71 €/MWh, le prix moyen pondéré des transferts publiés par le registre Emmy pour août 2026 ; voir le prix du kWh cumac.
Comme la prime suit la PES, chaque kWh solaire utile gagné en conception vaut 19,6 kWh cumac : 1 000 kWh utiles de plus valent 171 € à 8,71 €/MWh. À l'échelle d'un collectif, réduire les pertes de bouclage ou bien orienter le champ se lit directement dans la prime.
Les conditions de délivrance
- La mise en place est réalisée par un professionnel. La fiche n'impose pas, dans son texte, de signe de qualité RGE. D'autres aides mobilisées sur le même chantier peuvent en exiger un : une entreprise qualifiée QualiSol pour le collectif évite d'avoir à se poser la question.
- Le dimensionnement est réalisé par un bureau d'études. Il détermine la surface de capteurs à installer, le besoin annuel à produire par le solaire, le taux de couverture et la production solaire utile.
- Les capteurs ont une certification CSTBat ou Solar Keymark, ou des caractéristiques équivalentes établies par un organisme accrédité (NF EN ISO/CEI 17025 et NF EN 45011).
- Les capteurs hybrides sont exclus.
La fiche ne fixe ni surface minimale, ni taux de couverture minimal, ni seuil de rendement. Toute l'exigence passe par l'étude, qui devient la pièce centrale du dossier.
La preuve de réalisation et le dossier
La facture mentionne la mise en place d'un chauffe-eau solaire collectif et la surface totale de capteurs posés. À défaut, elle porte les marques et références de l'équipement et la surface, complétées par un document du fabricant ou d'un organisme accrédité attestant qu'il s'agit d'un chauffe-eau solaire collectif.
Les pièces justificatives sont :
- la certification des capteurs, ou les pièces d'équivalence ; quand le document porte une date de validité, il est considéré comme valable jusqu'à un an après cette date ;
- l'étude de dimensionnement.
L'attestation sur l'honneur reprend la surface de capteurs, l'absence de capteurs hybrides, et les trois valeurs B, T et PES issues de l'étude.
La contrainte calendaire en copropriété
C'est le vote en assemblée générale, suivi de l'acceptation du devis, qui engage l'opération et fige la version de la fiche applicable. Entre l'étude, la présentation, le vote, l'appel de fonds et les travaux, douze à vingt-quatre mois ne sont pas rares. Le dossier conserve donc le procès-verbal daté, comme sur la BAR-TH-177. Sur cette fiche, la version n'a pas bougé depuis longtemps ; ce qui a bougé, c'est la partie A de l'attestation, dont la nouvelle version vaut pour les opérations engagées depuis le 1er juillet 2026 : c'est la date d'engagement, et non celle de l'attestation, qui la fixe.
Avant le vote en assemblée générale
- L'étude est faite par un bureau d'études et donne B, T et PES
- Le montant annoncé est bien 19,6 × PES, T saisi en pourcentage
- La surface de capteurs de l'étude est celle du devis
- Les capteurs sont certifiés CSTBat ou Solar Keymark, non hybrides, et la certification est en cours de validité
- Le prix du kWh cumac est négocié par écrit avant le vote
- Le procès-verbal daté est archivé avec la version de la fiche
Ce qu'il faut retenir
- Pas de forfait : B × T × 0,196 kWh cumac, soit 19,6 fois la production solaire utile annuelle.
- T s'écrit en pourcentage ; seule la PES compte vraiment.
- Version A17-1, sans date de fin, sans non-cumul, sans bonification.
- Ni surface ni couverture minimales : l'étude de dimensionnement par un bureau d'études porte tout le dossier.
- Durée de vie de 22 ans ; une copropriété de 40 logements produisant 36 000 kWh utiles par an touche environ 6 146 € à 8,71 €/MWh.
- En copropriété, le vote en AG fixe la date d'engagement.