La BAR-TH-135 valorise la mise en place d'un chauffe-eau solaire collectif en France d'outre-mer, à appoint centralisé (CESC) ou à appoint individualisé (CESCI). Comme sa voisine de métropole, la BAR-TH-102, elle ne verse pas de forfait : la prime se calcule sur les chiffres de l'étude de dimensionnement. Mais elle ajoute ce que la 102 n'a pas, un taux de couverture minimal, un plafond, et un barème distinct pour le neuf.
Ce que couvre la fiche
La fiche vise, en France d'outre-mer :
- les bâtiments résidentiels collectifs existants ;
- les projets de construction de bâtiments résidentiels collectifs neufs ;
- les parties nouvelles de bâtiments résidentiels collectifs existants, traitées comme du neuf.
Deux architectures sont admises, et elles n'ont pas le même coefficient :
- le CESC, chauffe-eau solaire collectif à appoint centralisé : un stockage solaire et un appoint communs, distribués aux logements ;
- le CESCI, chauffe-eau solaire collectif à appoint individualisé : un champ de capteurs commun qui préchauffe le ballon d'appoint propre à chaque logement.
| Installation | Fiche |
|---|---|
| Chauffe-eau solaire collectif, outre-mer | BAR-TH-135 |
| CESI outre-mer, maisons et immeubles jusqu'à 40 m² de capteurs | BAR-TH-124 |
| Chauffe-eau solaire collectif, métropole | BAR-TH-102 |
| CESI en métropole | BAR-TH-101 |
Version en vigueur et dates
La version applicable est la A35-2, pour les opérations engagées depuis le 1er octobre 2020. Elle ne porte ni date de fin ni clause de non-cumul, et les arrêtés de 2025 et 2026 ne l'ont pas modifiée. La durée de vie conventionnelle est de 20 ans.
Depuis le 1er juillet 2026, la partie A de l'attestation demande le coût HT et TTC de l'opération et les autres aides publiques obtenues pour les mêmes travaux.
Le barème
Logement existant
| Zone | CESCI (appoint individualisé) | CESC (appoint centralisé) |
|---|---|---|
| Toutes zones | 0,148 × B × T | 0,086 × B × T |
Logement neuf, ou partie nouvelle d'un logement existant
| Zone | CESCI (appoint individualisé) | CESC (appoint centralisé) |
|---|---|---|
| Guyane | 0,148 × B × (T − 44) | 0,086 × B × (T − 44) |
| La Réunion, Mayotte, Martinique, Guadeloupe | 0,148 × B × (T − 50) | 0,086 × B × (T − 50) |
- B est le besoin annuel d'eau chaude sanitaire à produire par l'énergie solaire, en kWh par an, issu de l'étude ;
- T est le taux de couverture solaire en %, issu de l'étude, avec 50 < T ≤ 100 ; toute valeur de 90 % ou plus est prise égale à 90.
En existant, B × T / 100 est l'énergie solaire utile annuelle : la formule revient à 14,8 kWh cumac par kWh solaire utile en CESCI et 8,6 en CESC. L'appoint individualisé est payé 72 % de plus à couverture égale : sur un même immeuble, le choix d'architecture fait en conception pèse plus lourd sur la prime que quelques points de couverture.
Prime CEE
Barème 2026
Calculer la prime de la BAR-TH-135
Le barème de la fiche appliqué à votre chantier : le forfait en kWh cumac, chaque facteur qui le corrige, puis la prime au prix du marché.
kWh/an
%
Au-delà de 50 % ; tout taux de 90 % ou plus compte pour 90.
Les revenus modestes au sens de l’Anah ouvrent le prix précarité du kWh cumac. Situer un ménage dans le barème de l’Anah
8,71 €/MWh
Volume de certificats
621 600 kWh cumac
Prime CEE estimée
5 414 €
À 8,71 €/MWh cumac
Le détail du calcul
Forfait (coefficient de la fiche)
0,148 kWh cumac
Besoin d’eau chaude à couvrir (B)
× 60 000
Taux de couverture solaire (T)
× 70
Prime : 621,6 MWh cumac × 8,71 €/MWh
5 414 €
Barème de la fiche d’opération standardisée en vigueur. Le prix du MWh cumac est un prix de marché, pas un tarif : les valeurs de départ, 17,12 €/MWh en précarité et 8,71 €/MWh sinon, sont le prix moyen pondéré des cessions publié par le registre Emmy pour août 2026. Chaque obligé fixe le sien, et les conditions d’éligibilité restent celles de la fiche.
Outil Argile
Le taux de couverture, défini par la fiche
La fiche impose sa propre définition, quelle que soit celle du logiciel d'étude : T est le rapport de l'énergie solaire utile aux besoins d'eau chaude de soutirage, l'énergie utile étant mesurée :
- à la sortie du ballon de stockage pour un CESC ;
- fournie aux ballons d'appoint pour un CESCI.
Trois bornes encadrent ce taux :
- plus de 50 %, faute de quoi l'opération n'est pas éligible ;
- 90 % au plus dans le calcul, ce qui rend tout surdimensionnement au-delà sans valeur pour la prime ;
- en neuf, un plancher retranché de 50 points (44 en Guyane), qui fait que seule la couverture au-delà de ce que le neuf atteint de toute façon est payée.
Deux exemples chiffrés
Existant. Une résidence de 30 logements à Saint-Denis de La Réunion. L'étude retient un besoin à couvrir de 60 000 kWh par an et un taux de couverture de 70 %.
| Architecture | Calcul | Volume | Hors précarité | En précarité |
|---|---|---|---|---|
| CESCI | 0,148 × 60 000 × 70 | 621 600 kWh cumac | 5 414 € | 10 642 € |
| CESC | 0,086 × 60 000 × 70 | 361 200 kWh cumac | 3 146 € | 6 184 € |
Neuf. Le même programme en construction neuve, CESCI, couvert à 70 % :
| Territoire | Calcul | Volume | Hors précarité |
|---|---|---|---|
| La Réunion | 0,148 × 60 000 × (70 − 50) | 177 600 kWh cumac | 1 547 € |
| Guyane | 0,148 × 60 000 × (70 − 44) | 230 880 kWh cumac | 2 011 € |
Le neuf perd les deux tiers de la prime de l'existant à couverture égale. Les montants prennent le prix moyen pondéré des cessions publiées par le registre Emmy pour août 2026, 8,71 €/MWh cumac en classique et 17,12 €/MWh en précarité énergétique ; voir le prix du kWh cumac.
L'étude de dimensionnement
L'étude détermine la superficie hors-tout de capteurs (au sens de l'ISO 9488), le besoin annuel à produire par le solaire, l'efficacité énergétique pour le chauffage de l'eau et le taux de couverture. Qui la fait dépend de la taille du champ :
| Superficie hors-tout de capteurs | Étude exigée |
|---|---|
| 25 m² ou moins | étude SOLO, SCHEFF, POLYSUN ou équivalente, par le professionnel ou un bureau d'études indépendant |
| plus de 25 m² | dimensionnement par un bureau d'études indépendant RGE pour les études d'installations solaires thermiques |
Les conditions techniques
- La pose est faite par un professionnel détenant une qualification Qualibat ou Qualit'EnR, ou équivalente, pour l'installation de systèmes solaires thermiques collectifs.
- L'efficacité pour le chauffage de l'eau (règlement UE n° 814/2013) atteint au moins, selon le profil de soutirage :
| Énergie de l'appoint | M | L | XL | XXL | 3XL | 4XL |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Électrique à effet Joule | 36 % | 37 % | 38 % | 60 % | 64 % | 64 % |
| Autre | 95 % | 100 % | 110 % | 120 % | 120 % | 120 % |
- Les équipements ont une certification QB dont l'avis technique couvre explicitement les départements d'outre-mer, ou une équivalence : certification Solar Keymark « Capteur » au minimum, tenue à l'arrachement du vitrage d'au moins 3 000 Pa (ISO 9806, laboratoire accrédité), note de calcul Eurocodes par un bureau d'études indépendant pour les charges mécaniques, climatiques et sismiques, et rapport d'un organisme tiers ISO 9001 sur la corrosion (NF P 24-351, E17 pour châssis, visserie et fixations, E16 pour capteur et ballon) et la compatibilité électrochimique des matériaux. La certification porte sur les capteurs.
La preuve de réalisation et le dossier
La facture mentionne la mise en place d'un CESC ou d'un CESCI, la superficie hors-tout totale des capteurs et l'efficacité pour le chauffage de l'eau. À défaut, elle porte les marques et références et la superficie, complétées par un document du fabricant ou d'un organisme accrédité ; un document qui porte une date de validité vaut jusqu'à un an après.
Les pièces justificatives sont :
- l'avis de certification QB ou les pièces d'équivalence ;
- l'étude de dimensionnement, et la qualification du bureau d'études quand elle est requise (au-delà de 25 m²) ;
- la qualification du professionnel qui a posé.
L'attestation sur l'honneur fait cocher une seule case pour le type de bâtiment (neuf, partie nouvelle, existant depuis plus de deux ans) et pour le type de chauffe-eau (CESC ou CESCI), puis recopie le besoin annuel, l'efficacité et le taux de couverture.
Avant de signer le marché d'un solaire collectif outre-mer
- L'architecture est tranchée, CESC ou CESCI, et le coefficient correspondant est appliqué
- Le classement neuf, partie nouvelle ou existant est juste, et le plancher du neuf est retranché
- Le taux de couverture est calculé selon la définition de la fiche, dépasse 50 % et n'est pas compté au-delà de 90 %
- Au-delà de 25 m², l'étude est signée par un bureau d'études indépendant qualifié RGE
- La certification QB couvre les DOM, ou le dossier d'équivalence est complet
- Le chiffrage repose sur la version A35-2, pas sur l'A14.1 encore visible en ligne
Ce qu'il faut retenir
- Pas de forfait : 0,148 × B × T en CESCI, 0,086 × B × T en CESC, B et T tirés de l'étude.
- T > 50 % obligatoire, plafonné à 90 % dans le calcul.
- En neuf, seule la couverture au-delà de 50 points (44 en Guyane) est payée.
- Version A35-2 depuis le 1er octobre 2020, sans date de fin ; méfiance envers l'ancienne version encore affichée par certains outils.
- Étude par le professionnel jusqu'à 25 m², par un bureau d'études RGE indépendant au-delà ; pose par une entreprise qualifiée Qualibat ou Qualit'EnR en solaire collectif.