La BAR-TH-170 valorise la mise en place d'un système neuf de récupération de la chaleur fatale de serveurs informatiques pour produire l'eau chaude sanitaire collective d'un immeuble, avec un contrat d'exploitation et de maintenance. Le modèle est celui des chaudières numériques : un prestataire installe des serveurs dans le local technique, vend leur puissance de calcul, et l'immeuble récupère la chaleur. La fiche le paie 82 300 kWh cumac par kW électrique de serveurs, sans zone climatique, mais elle encadre sévèrement l'installation, et elle a une date de fin : les opérations engagées avant le 1er juillet 2028.
Ce que couvre la fiche, et ce qu'elle ne couvre pas
- Secteur : appartements neufs ou existants. C'est l'une des rares fiches BAR ouvertes au neuf.
- Usage : l'eau chaude sanitaire collective, et elle seule.
- Système : neuf, avec des serveurs dont la chaleur est récupérée sur le circuit d'eau chaude.
Sont exclues :
- les installations qui fonctionnent avec un ou des systèmes de refroidissement auxiliaires (un groupe froid ou un aérorefroidisseur qui évacue la chaleur quand l'immeuble ne la consomme pas) ;
- les installations qui intègrent un autre consommateur de la chaleur récupérée que la distribution d'eau chaude sanitaire, par exemple un circuit de chauffage.
Et la fiche n'est pas cumulable avec les fiches d'installation d'un système de production d'eau chaude sanitaire, ou de chauffage et d'eau chaude sanitaire. Le ballon et l'appoint qui accompagnent la récupération font partie de l'opération BAR-TH-170 ; ils ne se valorisent pas en plus par une autre fiche.
| Production d'ECS collective | Fiche |
|---|---|
| Récupération de chaleur de serveurs | BAR-TH-170 |
| Pompe à chaleur collective pour l'ECS | BAR-TH-169 |
| Chauffe-eau solaire collectif | BAR-TH-102 |
| Raccordement de l'immeuble à un réseau de chaleur | BAR-TH-137 |
La version en vigueur et ses dates
La fiche a été créée par l'arrêté du 15 septembre 2023 (JO du 30 septembre 2023, NOR ENER2325207A), dont les nouvelles fiches s'appliquent aux opérations engagées à compter du lendemain de la publication. La version A54-1 s'applique aux opérations engagées depuis le 1er octobre 2023, et la fiche se ferme d'elle-même : elle est applicable aux opérations engagées avant le 1er juillet 2028.
Depuis le 1er juillet 2026, la partie A de l'attestation sur l'honneur demande en plus le coût de l'opération HT et TTC et les autres aides publiques obtenues. La fiche n'est rattachée à aucun Coup de pouce.
Le barème
| Montant unitaire | Assiette |
|---|---|
| 82 300 kWh cumac par kW | Puissance électrique plaquée des serveurs informatiques (P_élec) |
- La puissance retenue est la puissance électrique plaquée des serveurs, pas la puissance thermique récupérée ni la puissance absorbée mesurée.
- La durée de vie conventionnelle est de 14 ans.
- Pas de facteur de zone climatique, pas de nombre de logements dans la formule : le nombre d'appartements desservis figure dans l'étude, il ne multiplie rien.
Prime CEE
Barème 2026
Calculer la prime de la BAR-TH-170
Le barème de la fiche appliqué à votre chantier : le forfait en kWh cumac, chaque facteur qui le corrige, puis la prime au prix du marché.
kW
Les revenus modestes au sens de l’Anah ouvrent le prix précarité du kWh cumac. Situer un ménage dans le barème de l’Anah
8,71 €/MWh
Volume de certificats
823 000 kWh cumac
Prime CEE estimée
7 168 €
À 8,71 €/MWh cumac
Le détail du calcul
Forfait (par kW)
82 300 kWh cumac
Puissance électrique plaquée des serveurs
× 10
Prime : 823,0 MWh cumac × 8,71 €/MWh
7 168 €
Barème de la fiche d’opération standardisée en vigueur. Le prix du MWh cumac est un prix de marché, pas un tarif : les valeurs de départ, 17,12 €/MWh en précarité et 8,71 €/MWh sinon, sont le prix moyen pondéré des cessions publié par le registre Emmy pour août 2026. Chaque obligé fixe le sien, et les conditions d’éligibilité restent celles de la fiche.
Outil Argile
Exemples chiffrés
À 8,71 €/MWh cumac, le prix moyen pondéré des cessions publié par le registre Emmy pour août 2026 (voir le prix du kWh cumac) :
| Puissance électrique des serveurs | Volume | Prime |
|---|---|---|
| 3 kW | 246 900 kWh cumac | 2 150 € |
| 6 kW | 493 800 kWh cumac | 4 301 € |
| 12 kW | 987 600 kWh cumac | 8 602 € |
| 20 kW | 1 646 000 kWh cumac | 14 337 € |
La puissance utile se dimensionne sur les besoins d'eau chaude, pas sur la prime : des serveurs qui produisent plus de chaleur que l'immeuble n'en tire en été devraient être bridés ou refroidis, et un refroidissement auxiliaire exclut l'opération. Le plafond de 90 % de couverture va dans le même sens : l'installation est pensée comme une base, l'appoint prenant le reste.
Les conditions techniques
Température, efficacité, couverture
- Le système permet d'atteindre 55 °C d'eau chaude sanitaire.
- L'ensemble constitué du système de récupération et des serveurs a un PUE inférieur ou égal à 1,15 et un ERE inférieur ou égal à 0,20, définis selon la norme ISO 30134.
- La chaleur récupérée couvre au plus 90 % des besoins annuels d'eau chaude sanitaire du bâtiment.
Le PUE (power usage effectiveness) est le rapport entre l'énergie totale de l'installation et l'énergie des seuls serveurs. L'ERE (energy reuse effectiveness) retranche de l'énergie totale l'énergie réutilisée, puis divise par l'énergie des serveurs. Autrement dit, ERE = PUE − énergie réutilisée / énergie des serveurs. Avec un PUE de 1,15, un ERE de 0,20 suppose de réutiliser au moins l'équivalent de 95 % de l'énergie consommée par les serveurs. C'est l'exigence qui écarte les installations qui chauffent l'eau en hiver et rejettent leur chaleur dehors l'été.
L'étude préalable de dimensionnement
Établie, datée et signée par un professionnel ou un bureau d'études, et remise au bénéficiaire à l'achèvement, elle comporte :
- l'identification du bénéficiaire et l'adresse du bâtiment ;
- les caractéristiques des serveurs : marque, référence, puissance électrique en kW ;
- le descriptif des équipements : récupération, production d'appoint, stockage ;
- le schéma hydraulique de l'installation, hors distribution ;
- la puissance thermique récupérée en kW ;
- le nombre d'appartements desservis en eau chaude ;
- l'évaluation de la part des besoins annuels d'ECS couverts par la chaleur récupérée (≤ 90 %) et le ou les modes de production complémentaires ;
- les valeurs de PUE et d'ERE selon ISO 30134.
Le contrat d'exploitation et de maintenance
L'installation fait l'objet d'un contrat, qui peut inclure l'installation, d'une durée minimale de quatre ans hors reconduction tacite. Par ce contrat, le prestataire assure le bon fonctionnement de l'ensemble, y compris le remplacement sans frais des serveurs, et garantit la fourniture de la puissance thermique évaluée dans l'étude. Le contrat entre en vigueur au plus tard à la date de la preuve de réalisation.
Le prestataire titulaire de ce contrat remplit la partie D de l'attestation sur l'honneur : dates de signature et d'entrée en vigueur, durée, et engagement sur le remplacement sans frais des serveurs et la puissance garantie.
Les preuves
La preuve de réalisation (la facture) mentionne l'installation d'un système de récupération de chaleur fatale de serveurs pour l'ECS, la puissance électrique des serveurs, la puissance thermique récupérée, et les valeurs de PUE et d'ERE. À défaut, elle mentionne l'équipement avec sa marque, sa référence et la puissance électrique des serveurs, complétée par un document du fabricant qui donne la puissance thermique récupérable et le PUE et l'ERE.
Les documents justificatifs sont l'étude préalable de dimensionnement et les extraits du contrat : référence, bénéficiaire, adresse, prestation incluant le remplacement sans frais des serveurs, puissance thermique garantie, dates de signature et d'entrée en vigueur, durée ou date de fin.
La partie A de l'attestation reprend la remise de l'étude, l'implantation en résidentiel collectif, l'atteinte des 55 °C, l'absence de refroidissement auxiliaire et d'autre usage de la chaleur, le PUE, l'ERE, la puissance électrique, et depuis juillet 2026 le coût et les autres aides.
Ce qui fait refuser un dossier
- Un aérorefroidisseur ou un groupe froid de secours sur le circuit des serveurs, même rarement utilisé.
- Une boucle qui alimente aussi le chauffage, ou un autre usage de la chaleur.
- Une étude qui annonce plus de 90 % de couverture, ou qui ne précise pas l'appoint.
- Un PUE ou un ERE absent ou non calculé selon ISO 30134.
- Un contrat de moins de quatre ans fermes, ou sans remplacement sans frais des serveurs, ou entré en vigueur après la facture.
- La valorisation en parallèle du ballon ou de l'appoint par une autre fiche ECS.
- Une opération engagée à compter du 1er juillet 2028.
Avant de signer une installation BAR-TH-170
- Les besoins d'ECS de l'immeuble sont connus, été compris, et la puissance des serveurs dimensionnée dessous
- L'installation atteint 55 °C sans autre usage de la chaleur et sans refroidissement auxiliaire
- L'étude annonce une couverture d'au plus 90 % et décrit l'appoint
- Le PUE (≤ 1,15) et l'ERE (≤ 0,20) sont calculés selon ISO 30134 et reportés sur la facture ou la fiche fabricant
- Le contrat dure au moins quatre ans fermes, garantit la puissance thermique et le remplacement sans frais des serveurs
- Le contrat entre en vigueur au plus tard à la date de la facture
- Le devis est signé avant le 1er juillet 2028
Ce qu'il faut retenir
- 82 300 kWh cumac par kW électrique de serveurs, sans zone climatique, sur 14 ans.
- ECS collective seulement, en appartements neufs ou existants, sans refroidissement auxiliaire ni autre usage de la chaleur.
- 55 °C, PUE ≤ 1,15, ERE ≤ 0,20 selon ISO 30134, couverture ≤ 90 % des besoins annuels.
- Contrat d'au moins quatre ans avec remplacement sans frais des serveurs et puissance thermique garantie.
- Fiche applicable aux opérations engagées avant le 1er juillet 2028.