La BAR-TH-161 valorise la pose de housses isolantes sur les points singuliers d'un réseau hydraulique déjà calorifugé, de chauffage ou d'eau chaude sanitaire, dans une chaufferie ou une sous-station collective : vannes, filtres, compteurs, pompes, brides. Ce sont les pièces que le calorifuge des tronçons droits laisse nues. Le forfait se compte housse par housse, de 8 800 à 45 400 kWh cumac selon le diamètre, la température du fluide et la zone, et le dossier ne part qu'avec le rapport d'un organisme d'inspection accrédité qui a démonté au moins une housse sur dix.
Ce que le calorifuge des tronçons droits laisse passer
Un réseau se calorifuge facilement sur ses parties droites. Les points singuliers, eux, restent souvent nus : ils demandent une isolation sur mesure, ils gênent la maintenance, et on les remet à plus tard. Ce sont pourtant des masses métalliques chaudes et non isolées, avec une grande surface d'échange pour leur longueur : une vanne à brides nue de gros diamètre dissipe autant que plusieurs mètres de tuyau. La housse démontable résout l'objection de la maintenance, puisqu'elle s'ouvre pour manœuvrer ou inspecter et se referme ensuite.
Ce que couvre la fiche, et ce qu'elle ne couvre pas
- Secteur : bâtiment résidentiel existant.
- Lieu : une sous-station ou une chaufferie d'un système collectif. Une chaufferie est un local abritant des appareils de production de chaleur par combustion ; une sous-station abrite les appareils qui transfèrent la chaleur d'un réseau primaire à un réseau secondaire, par mélange ou par échange. Les vannes des colonnes montantes, en gaine ou en sous-sol hors de ces locaux, ne sont pas visées.
- Réseau : un réseau hydraulique déjà isolé, de chauffage et/ou d'ECS.
- Fluide : 50 °C au moins. Le barème commence là ; un circuit à 45 °C n'ouvre rien.
- Diamètre : DN 20 au moins.
Les points singuliers sont les pièces de type vanne, réducteur, robinet, clapet, filtre, séparateur, compteur, détendeur, manchette, purgeur, pompe. Les règles de comptage :
| Situation | Compte pour |
|---|---|
| Une pièce et son jeu de brides | 1 point |
| Un jeu de brides qui raccorde deux réseaux | 1 point |
| Un arrêt de tuyauterie équipé d'une bride | 1 point |
| Un échangeur à plaques | 0, n'est pas un point singulier |
| Coudes, soudures, tuyauteries | 0, exclus |
| Tout point sur un circuit de condensats ouvert | 0, exclu |
Deux exclusions encore :
- l'isolation d'une sous-station ou d'une chaufferie qui réduit les émissions d'une installation soumise aux quotas (installation classée visée à l'article L. 229-5 du code de l'environnement) exploitée par le bénéficiaire ;
- le cumul avec la RES-CH-104, réhabilitation d'un poste de livraison de chaleur d'un bâtiment résidentiel.
Un même point singulier ne peut être valorisé qu'une fois pendant la durée de vie conventionnelle.
La version en vigueur
La fiche en vigueur est la version A71-3, applicable aux opérations engagées depuis le 1er août 2025. Elle est issue de l'arrêté du 27 juin 2025, publié au Journal officiel le 8 juillet 2025. La fiche porte sa propre date de fin : elle s'applique aux opérations engagées avant le 1er août 2030.
Depuis le 1er juillet 2026, la partie A de l'attestation demande en plus le coût de l'opération HT et TTC et les autres aides publiques. Aucun Coup de pouce ne s'applique.
Le barème
| Diamètre nominal | Zone | 50 °C ≤ T fluide ≤ 120 °C | T fluide > 120 °C |
|---|---|---|---|
| 20 ≤ DN ≤ 65 | H1 | 11 700 | 12 900 |
| H2 | 10 500 | 11 600 | |
| H3 | 8 800 | 9 700 | |
| 65 < DN ≤ 100 | H1 | 25 100 | 27 800 |
| H2 | 22 700 | 25 100 | |
| H3 | 18 900 | 20 900 | |
| DN > 100 | H1 | 40 900 | 45 400 |
| H2 | 37 000 | 41 000 | |
| H3 | 30 800 | 34 100 |
En kWh cumac par housse isolante mise en place, à multiplier par le nombre de housses N de chaque catégorie.
- Le DN est celui de la canalisation à laquelle le point singulier est raccordé.
- La durée de vie conventionnelle est de 10 ans pour un fluide de 50 à 120 °C inclus, et de 5 ans au-dessus de 120 °C.
- Les bornes : DN 65 tombe dans la petite catégorie, DN 80 dans la moyenne ; 120 °C exactement reste dans la colonne de gauche.
Prime CEE
Barème 2026
Calculer la prime de la BAR-TH-161
Le barème de la fiche appliqué à votre chantier : le forfait en kWh cumac, chaque facteur qui le corrige, puis la prime au prix du marché.
DN 65 tombe dans la première catégorie. Une catégorie à la fois : chaque diamètre se déclare sur sa ligne.
Vous ne savez pas dans laquelle vous êtes ? Les 8 zones climatiques françaises, H1a à H3
housses
Les revenus modestes au sens de l’Anah ouvrent le prix précarité du kWh cumac. Situer un ménage dans le barème de l’Anah
8,71 €/MWh
Volume de certificats
234 000 kWh cumac
Prime CEE estimée
2 038 €
À 8,71 €/MWh cumac
Le détail du calcul
Forfait (par housse)
11 700 kWh cumac
Housses posées
× 20
Prime : 234,0 MWh cumac × 8,71 €/MWh
2 038 €
Barème de la fiche d’opération standardisée en vigueur. Le prix du MWh cumac est un prix de marché, pas un tarif : les valeurs de départ, 17,12 €/MWh en précarité et 8,71 €/MWh sinon, sont le prix moyen pondéré des cessions publié par le registre Emmy pour août 2026. Chaque obligé fixe le sien, et les conditions d’éligibilité restent celles de la fiche.
Outil Argile
Exemple chiffré
Une sous-station de réseau de chaleur desservant une résidence, circuits à 80 °C, avec 12 housses sur des points de DN 20 à 65, 6 sur des points de DN 80 et 2 sur des points de DN 150. Au prix classique de 8,71 €/MWh cumac, prix moyen pondéré des cessions publiées par le registre Emmy pour août 2026 (voir le prix du kWh cumac) :
| Catégorie | Nombre | H1 | H2 | H3 |
|---|---|---|---|---|
| 20 ≤ DN ≤ 65 | 12 | 140 400 | 126 000 | 105 600 |
| 65 < DN ≤ 100 | 6 | 150 600 | 136 200 | 113 400 |
| DN > 100 | 2 | 81 800 | 74 000 | 61 600 |
| Total kWh cumac | 20 | 372 800 | 336 200 | 280 600 |
| Prime | 3 247 € | 2 928 € | 2 444 € |
Les deux housses de DN 150 pèsent plus que six petites : sur un chantier, le relevé des gros diamètres décide du montant. À l'inverse, la multiplication des petites housses sur des purgeurs et des robinets de vidange de DN 15 n'ouvre rien, le barème commençant à DN 20.
Les exigences sur la housse
- Souple, démontable et équipée d'un système de fermeture intégré (sangles, bandes auto-agrippantes, crochets), qui isole complètement le point singulier.
- Âme isolante en laine minérale, conforme à la NF EN 14303 (produits isolants pour l'équipement du bâtiment et les installations industrielles).
- Température maximale de service supérieure à 200 °C.
- Résistance thermique de l'isolant (épaisseur déclarée divisée par la conductivité déclarée) d'au moins :
- 1,5 m².K/W à une température moyenne de 50 °C ;
- 1,0 m².K/W à une température moyenne de 100 °C.
- Conductivité, épaisseur et température maximale mesurées selon la NF EN 14303.
- Les manchons isolants ne sont pas éligibles.
L'état récapitulatif et le contrôle par un organisme d'inspection
À l'issue des travaux, le professionnel établit un état récapitulatif, daté et signé par lui et par le bénéficiaire. Il comporte :
- le lieu d'implantation des housses en chaufferie ou sous-station ;
- les marques, références ou numéros de repérage internes des points singuliers isolés et le diamètre nominal des canalisations auxquelles ils sont raccordés ;
- les marques et références des housses, la résistance thermique de l'âme à la température exigée, sa température maximale de service et, le cas échéant, les numéros de repérage des housses ;
- la température du fluide caloporteur.
Les travaux font ensuite l'objet d'un contrôle sur site par un organisme d'inspection :
- accrédité selon la NF EN ISO/CEI 17020, en tant qu'organisme de type A pour le domaine 15.1.5 (inspection d'opérations standardisées CEE), par le COFRAC ou un équivalent européen ;
- qui vérifie au moins 10 % des points singuliers isolés, arrondi à l'unité supérieure, en démontant puis remontant les housses : type de point, diamètre, température du fluide, marque et référence de la housse, nature de l'isolant, résistance thermique, température maximale ;
- dont la vérification ne doit révéler aucun écart avec l'état récapitulatif.
Son rapport mentionne la date de visite, la référence de la facture, la raison sociale et le SIREN du professionnel, le bénéficiaire et le lieu, et atteste du nombre de housses, de leurs références et du récolement avec l'état récapitulatif.
Les preuves et l'attestation
La preuve de réalisation (la facture) mentionne la pose de housses souples, démontables et équipées d'un système de fermeture sur des points singuliers en chaufferie ou en sous-station, le nombre de housses par température de fluide, leur résistance thermique à la température exigée, le diamètre nominal des points isolés, la marque et le modèle de la housse, la nature de l'isolant et sa température maximale de service. À défaut, elle donne les marques et références et les quantités, complétée par un document du fabricant avec les caractéristiques et les normes utilisées.
Les documents justificatifs sont l'état récapitulatif signé et la justification de l'accréditation de l'organisme d'inspection, avec son rapport.
La partie A de l'attestation demande le nombre N de housses par DN et par plage de température (six cases), et pour chaque modèle de housse : marque, référence, caractère souple et démontable, laine minérale, température maximale, R à 50 °C et à 100 °C. Depuis juillet 2026, s'y ajoutent le coût et les autres aides.
Ce qui fait refuser un dossier
- Des housses posées hors chaufferie et hors sous-station, en gaine ou sur les colonnes.
- Des coudes, tés ou longueurs de tuyau comptés comme points singuliers, ou un échangeur à plaques isolé et déclaré.
- Des manchons ou coquilles rigides, ou un isolant qui n'est pas en laine minérale.
- Un fluide sous 50 °C, ou des points sur un DN inférieur à 20.
- Un écart relevé par l'organisme d'inspection sur l'échantillon démonté.
- Un organisme d'inspection non accrédité type A pour le domaine 15.1.5.
- Un point déjà valorisé pendant la durée de vie, ou un cumul avec la RES-CH-104.
Avant de chiffrer des housses BAR-TH-161
- Les points sont en chaufferie ou en sous-station d'un système collectif, sur un réseau déjà calorifugé
- La température du fluide de chaque circuit est relevée (50 °C au moins, et au-delà de 120 °C ou non)
- Chaque point est recensé avec son DN et un numéro de repérage, coudes et échangeurs à plaques écartés
- Les housses sont en laine minérale NF EN 14303, Tmax > 200 °C, R ≥ 1,5 à 50 °C et ≥ 1,0 à 100 °C
- L'organisme d'inspection accrédité est réservé, et son coût intégré au devis
- Aucun de ces points n'a été valorisé depuis moins de 10 ans (5 ans au-delà de 120 °C)
- Le devis est accepté avant le 1er août 2030
Ce qu'il faut retenir
- Un forfait par housse, de 8 800 à 45 400 kWh cumac selon le DN (20-65, 65-100, plus de 100), la température (50-120 °C ou plus de 120 °C) et la zone.
- Uniquement en chaufferie ou sous-station collective, sur un réseau déjà isolé, fluide d'au moins 50 °C.
- Housses souples et démontables en laine minérale, R ≥ 1,5 à 50 °C et ≥ 1,0 à 100 °C, Tmax > 200 °C ; manchons exclus.
- État récapitulatif signé par le professionnel et le bénéficiaire, puis contrôle COFRAC qui démonte au moins 10 % des housses, sans aucun écart toléré.
- Version A71-3 depuis le 1er août 2025, fiche applicable aux opérations engagées avant le 1er août 2030.