La BAR-TH-139 valorise la mise en place d'un système de variation électronique de vitesse (VEV) sur le moteur d'une pompe, dans un système collectif de chauffage, de conditionnement d'ambiance ou de surpression d'eau. Son barème est le plus simple du catalogue résidentiel : 14 600 kWh cumac par kW de puissance moteur, sans zone climatique ni bande de surface. Ce qui demande de l'attention, ce sont les exclusions : les circulateurs à rotor noyé et une bonne partie des pompes à moteur IE2 récentes.
Ce que couvre la fiche
- Secteur : appartements existants. Une maison individuelle n'y entre pas.
- Usages : chauffage collectif, conditionnement d'ambiance (climatisation ou ventilation sur eau), surpression d'eau froide. La surpression est le cas que l'on oublie : un surpresseur d'immeuble qui tourne à vitesse fixe sur un ballon est une cible directe de la fiche.
- Pompe : existante et dépourvue de VEV, ou neuve, de puissance nominale inférieure ou égale à 630 kW.
- Geste : un variateur électronique sur le moteur, ou une pompe neuve intégrant un variateur.
Ce qui est exclu
| Équipement | Éligible ? |
|---|---|
| Pompe existante (rotor sec en pratique), moteur sans variateur, ajout d'un variateur | Oui |
| Pompe neuve à rotor sec intégrant un variateur | Oui, sous réserve du moteur |
| Circulateur à rotor noyé avec variation de vitesse embarquée | Non |
| Pompe à moteur IE2 achetée depuis le 1er janvier 2017, de 0,75 à 375 kW | Non |
| Pompe à moteur IE2 achetée entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2016, de 7,5 à 375 kW | Non |
| Pompe de plus de 630 kW | Non |
| Pompe d'un réseau individuel | Non |
L'exclusion des moteurs IE2 tient au règlement (CE) n° 640/2009 modifié par le règlement (UE) n° 4/2014 : sur ces plages de puissance et à partir de ces dates, un moteur IE2 n'était mis sur le marché que s'il était associé à un variateur. Poser ce variateur n'est donc pas une économie au-delà de la réglementation, c'est la mise en conformité. Un moteur IE3 ou IE4 n'est pas concerné par l'exclusion.
Le cas des circulateurs mérite d'être dit clairement : la majorité des pompes de chauffage des petits et moyens immeubles sont aujourd'hui des circulateurs électroniques à rotor noyé, qui varient déjà leur vitesse. Ils sont hors fiche. La BAR-TH-139 vise surtout les pompes à rotor sec (en ligne ou sur socle) des chaufferies et sous-stations importantes, et les surpresseurs.
La version en vigueur
La fiche en vigueur est la version A23-2, applicable aux opérations engagées après le 1er février 2017. Elle n'a pas de date de fin et pas de Coup de pouce. Depuis le 1er juillet 2026, sa partie A d'attestation demande le coût de l'opération HT et TTC et les autres aides publiques.
Le barème
| Montant unitaire | Assiette |
|---|---|
| 14 600 kWh cumac par kW | Puissance nominale P du moteur de la pompe |
- La puissance P est celle de la plaque signalétique du moteur, à défaut celle d'un document du fabricant. C'est la puissance mécanique nominale du moteur, pas la puissance hydraulique de la pompe ni la puissance absorbée mesurée.
- Quand plusieurs pompes sont équipées, P est la somme des puissances nominales de chaque moteur équipé d'un variateur.
- La durée de vie conventionnelle est de 15 ans.
- Il n'y a pas de facteur de zone : une pompe de 4 kW vaut le même volume à Lille et à Nice.
Prime CEE
Barème 2026
Calculer la prime de la BAR-TH-139
Le barème de la fiche appliqué à votre chantier : le forfait en kWh cumac, chaque facteur qui le corrige, puis la prime au prix du marché.
kW
Les revenus modestes au sens de l’Anah ouvrent le prix précarité du kWh cumac. Situer un ménage dans le barème de l’Anah
8,71 €/MWh
Volume de certificats
58 400 kWh cumac
Prime CEE estimée
508 €
À 8,71 €/MWh cumac
Le détail du calcul
Forfait (par kW)
14 600 kWh cumac
Puissance nominale des moteurs équipés
× 4
Prime : 58,4 MWh cumac × 8,71 €/MWh
508 €
Barème de la fiche d’opération standardisée en vigueur. Le prix du MWh cumac est un prix de marché, pas un tarif : les valeurs de départ, 17,12 €/MWh en précarité et 8,71 €/MWh sinon, sont le prix moyen pondéré des cessions publié par le registre Emmy pour août 2026. Chaque obligé fixe le sien, et les conditions d’éligibilité restent celles de la fiche.
Outil Argile
Exemples chiffrés
Au prix classique de 8,71 €/MWh cumac, prix moyen pondéré des cessions publiées par le registre Emmy pour août 2026 (voir le prix du kWh cumac) :
| Installation | Puissance retenue | Volume | Prime |
|---|---|---|---|
| Pompe simple de chauffage, 2,2 kW | 2,2 kW | 32 120 kWh cumac | 280 € |
| Pompe double de chauffage, 2 × 4 kW, les deux moteurs équipés | 8 kW | 116 800 kWh cumac | 1 017 € |
| Surpresseur 3 pompes de 5,5 kW | 16,5 kW | 240 900 kWh cumac | 2 098 € |
| Sous-station, 2 pompes de 11 kW et 2 de 3 kW | 28 kW | 408 800 kWh cumac | 3 561 € |
Sur une pompe double, seule compte la puissance des moteurs effectivement équipés : si un seul des deux moteurs reçoit un variateur, la moitié de la puissance est retenue. Il faut aussi que la pompe de secours soit réellement exploitée en variation, sinon la ligne de l'attestation décrit une installation qui n'existe pas.
Ce que le variateur doit vraiment faire
La fiche ne pose pas de condition sur le mode de régulation, mais l'économie n'existe que si la vitesse varie en service. Sur un réseau de chauffage, cela suppose une régulation en pression différentielle (constante ou proportionnelle) avec des émetteurs dont les vannes se ferment, robinets thermostatiques notamment. Un variateur réglé à 50 Hz fixe pour « ne pas toucher au réseau » coche la case de la fiche et n'économise rien.
L'ordre logique sur un immeuble est donc : équilibrage, robinets thermostatiques, puis variation de vitesse. Le principe et le dimensionnement sont détaillés dans notre article sur les circulateurs à vitesse variable.
Les preuves et l'attestation
La preuve de réalisation (la facture) mentionne la mise en place d'un système de variation électronique de vitesse sur le moteur d'une pompe existante ou neuve. À défaut, elle mentionne l'équipement avec sa marque et sa référence, et elle est complétée par un document du fabricant indiquant qu'il s'agit d'un variateur électronique de vitesse ou d'une pompe qui en intègre un.
La partie A de l'attestation demande :
- l'ancienneté des appartements (plus de deux ans) ;
- pour une pompe qui n'est pas neuve : que le moteur était dépourvu de variateur, et si la pompe a un moteur IE2 acheté dans l'une des deux fenêtres d'exclusion ;
- un tableau des pompes : nombre, puissance nominale unitaire (630 kW maximum), puissance totale, marque et référence de la pompe, marque et référence du variateur s'il n'est pas sur la facture ;
- la somme des puissances, qui sert au calcul ;
- le coût de l'opération HT et TTC et les autres aides publiques.
Le tableau compte une ligne par groupe de pompes strictement identiques.
Ce qui fait refuser un dossier
- Un circulateur à rotor noyé déclaré comme pompe avec variateur.
- Un moteur IE2 dans les fenêtres d'exclusion, découvert au contrôle sur la plaque.
- Une puissance surévaluée : puissance de la pompe double comptée deux fois alors qu'un seul moteur est équipé, ou puissance du variateur recopiée à la place de celle du moteur.
- Un moteur qui avait déjà un variateur, remplacé par un neuf.
- Une installation individuelle ou en maison.
Avant de chiffrer une BAR-TH-139
- La pompe n'est pas un circulateur à rotor noyé à vitesse embarquée, et elle sert un système collectif de chauffage, climatisation ou surpression, en appartements existants
- Le moteur n'a pas de variateur aujourd'hui, ou la pompe est neuve
- La classe IE et la date d'achat du moteur sont relevées, et il ne tombe pas dans une fenêtre d'exclusion IE2
- La puissance plaquée de chaque moteur équipé est photographiée
- Le mode de régulation en service (pression différentielle) est prévu et paramétré à la mise en service
- La facture mentionne la variation électronique de vitesse, ou la fiche fabricant l'accompagne
Ce qu'il faut retenir
- 14 600 kWh cumac par kW de puissance nominale du moteur, sans zone climatique, sur 15 ans.
- Pompes de chauffage, climatisation ou surpression collectives, jusqu'à 630 kW unitaire, en appartements existants.
- Exclus : les circulateurs à rotor noyé à vitesse variable embarquée, et les moteurs IE2 achetés depuis 2017 (0,75 à 375 kW) ou en 2015-2016 (7,5 à 375 kW).
- Plusieurs pompes : on additionne les puissances des moteurs équipés.
- Depuis le 1er juillet 2026, l'attestation porte le coût HT et TTC et les autres aides publiques.