Le rapport de chantier enregistre des faits, jour après jour : avancement, effectifs présents, météo, livraisons, incidents, arrêts. Ce qui lui donne sa force n'est pas son contenu mais sa contemporanéité. Un rapport écrit le soir même est une observation ; le même reconstitué trois semaines plus tard est un souvenir, souvent reconstruit après le début du litige, ce qui se voit et se plaide contre celui qui l'a rédigé.
Le modèle, six rubriques
| Rubrique | Ce qu'on y met |
|---|---|
| Effectifs | qui était présent, par entreprise et par lot |
| Avancement | ce qui a été réalisé, en termes vérifiables sur place |
| Météo | température, précipitations, vent, et l'effet sur les travaux |
| Livraisons | matériaux reçus, conformité, réserves à la réception |
| Incidents | tout ce qui n'était pas prévu, y compris sans conséquence immédiate |
| Arrêts | interruptions, durée et motif |
Une ligne par rubrique suffit. Le rapport n'a pas à être bien écrit, il a à être écrit le bon jour.
Générateur
Votre rapport journalier, en six rubriques
Une page par jour, écrite le soir même. Une ligne par rubrique suffit ; ce qui compte est la date, pas la rédaction — y compris les jours où il n’y a rien à signaler.
1
Entreprise
2
Journée
3
Effectifs
| Entreprise / lot | Présents (noms ou nombre) | Heures sur site | |
|---|---|---|---|
4
Avancement
5
Météo
6
Livraisons
| Matériaux reçus | Fournisseur | Conforme | Réserves à la réception | |
|---|---|---|---|---|
7
Incidents
8
Arrêts
| De | À | Durée (h) | Motif | |
|---|---|---|---|---|
9
Journée sans événement
Rien ne quitte votre navigateur : ce que vous saisissez est gardé sur cet appareil, et le bloc entreprise est repris d’un document à l’autre. Imprimé vide, le modèle se remplit à la main.
Document interne, qui vaut par sa continuité. Les décisions prises avec les autres parties vont au compte rendu de réunion, qui lui est diffusé.
Outil Argile
La météo n'est pas décorative
C'est la rubrique la plus sous-estimée, et la plus utile en discussion de délai.
Les intempéries justifient des arrêts, décalent des échéances et conditionnent certaines mises en œuvre : un enduit, une chape, un collage ont des plages de température et d'hygrométrie hors desquelles la garantie ne joue plus. Une journée d'arrêt non tracée devient un retard imputable à l'entreprise, et il n'existe aucun moyen de la retrouver après coup.
Les journées sans rien à signaler s'écrivent aussi
Un journal troué se lit comme un journal tenu seulement quand ça allait mal. L'argument se retourne alors contre son auteur : il ne prouve plus une pratique régulière : il prouve une intention de se constituer une preuve.
Une ligne suffit : effectif, avancement, « RAS ». La régularité vaut autant que le contenu.
Ce qu'il permet de faire, et que rien d'autre ne permet
Reconstituer une chronologie. C'est la demande la plus fréquente d'un expert, et celle à laquelle presque personne ne peut répondre. Quand un désordre apparaît, la question n'est pas seulement ce qui a été fait, mais dans quel ordre, à quelle date, dans quelles conditions, et qui était présent.
Rapproché des comptes rendus de réunion, qui portent les décisions, et du pointage, qui porte les heures, le rapport donne le troisième axe : les faits, dans l'ordre où ils se sont produits.
Rapport et compte rendu : ne pas fusionner
La tentation est forte de tenir un seul document. Elle est mauvaise, parce que les deux n'ont ni le même auteur, ni le même destinataire, ni le même régime : le compte rendu est diffusé à des tiers et devient opposable faute d'observation, le rapport reste interne et vaut par sa continuité.
Fusionner revient soit à diffuser des faits internes qu'on n'a pas à commenter, soit à enfouir des décisions engageantes dans un journal que personne ne lit.