Le bon d'intervention n'est imposé par aucun texte. Aucune réglementation n'en fixe la forme ni le contenu, contrairement à la facture dont les mentions relèvent du code général des impôts. C'est un document de preuve, et sa valeur tient à un seul champ : la signature du client au moment où il constate le travail. Tout le reste sert à savoir de quel travail on parle. C'est aussi pour cette raison qu'il ne se périme pas et qu'il n'y a pas de version à suivre : ce modèle est à adapter à votre métier, pas à appliquer à la lettre.
Le modèle, bloc par bloc
1 · Identification
| Champ | Pourquoi |
|---|---|
| Numéro du bon | rattache l'intervention au devis et à la facture |
| Date, heure d'arrivée, heure de départ | fonde la facturation du temps passé |
| Entreprise : raison sociale, SIREN, coordonnées | identifie l'auteur du constat |
| Technicien intervenant | permet de retrouver qui était sur place |
| Client : nom, adresse du chantier, téléphone | l'adresse d'intervention, pas celle de facturation |
L'adresse du chantier mérite son champ propre. Sur un parc géré, l'adresse de facturation est celle du syndic ou du bailleur, et confondre les deux rend le bon inexploitable dès qu'il faut retrouver l'intervention par le logement.
2 · Objet et constat
- motif de l'appel, tel que le client l'a formulé ;
- équipement concerné : marque, modèle, numéro de série, année si connue ;
- constat sur place, qui est souvent différent du motif de l'appel.
L'écart entre ces deux dernières lignes est ce qui explique une facture. Un client qui appelle pour « la chaudière qui fait du bruit » et repart avec un circulateur remplacé comprendra la facture si le bon porte les deux formulations.
3 · Travaux réalisés
- opérations effectuées, en clair et non en abrégé métier ;
- pièces remplacées ou posées, avec référence et quantité ;
- temps passé, distinct du temps de déplacement ;
- résultat : remise en service, mise en sécurité, intervention à poursuivre.
4 · Suites et réserves
- anomalies constatées non traitées, qui protègent l'entreprise autant qu'elles informent le client ;
- préconisations et devis à établir ;
- prochaine échéance s'il s'agit d'un contrat d'entretien.
C'est le bloc que l'on saute quand on est pressé, et le seul qui vaille quelque chose six mois plus tard, quand un désordre apparaît sur un point qu'on avait signalé sans le traiter.
5 · Signature
- signature du client, avec son nom en clair et la date ;
- réserves éventuelles portées par lui, à recueillir plutôt qu'à éviter ;
- mention explicite quand la signature n'a pas pu être recueillie, avec l'heure et le motif.
Générateur
Votre bon d’intervention, prêt à imprimer
Les cinq blocs du modèle ci-dessus, à remplir ici puis à imprimer ou enregistrer en PDF. Le champ qui compte est la signature du client : elle se recueille sur place, sur le papier.
1
Entreprise
2
Intervention
3
Client et lieu d’intervention
4
Objet et constat
5
Travaux réalisés
6
Pièces remplacées ou posées
| Désignation | Référence | Quantité | Fournie par | |
|---|---|---|---|---|
7
Suites et réserves
8
Signature du client
Rien ne quitte votre navigateur : ce que vous saisissez est gardé sur cet appareil, et le bloc entreprise est repris d’un document à l’autre. Imprimé vide, le modèle se remplit à la main.
Modèle libre : aucun texte n’en fixe la forme. Adaptez les rubriques à votre métier, gardez la signature et les deux exemplaires.
Outil Argile
Les trois erreurs qui vident le bon de sa valeur
La case signature laissée vide sans explication. Elle se lit plus tard comme un oubli, et un bon non signé ne prouve plus que ce que l'entreprise affirme. Quand le client est absent, l'écrire est ce qui distingue une impossibilité d'une négligence.
L'abréviation métier. « RAS », « HS », « chgt circu » sont parfaitement clairs entre techniciens et illisibles pour un juge, un expert ou un assureur, c'est-à-dire pour les trois lecteurs qui comptent le jour où le bon sert.
Le bon vierge sur une intervention infructueuse. Panne non reproduite, pièce à commander, accès impossible : c'est le cas où le document sert le plus, puisqu'il justifie un déplacement facturé sans résultat visible. Ne rien écrire revient à ne pas pouvoir facturer, ou à facturer sans pouvoir l'expliquer.
Papier ou numérique
Les deux ont la même valeur dès lors que la signature est recueillie et le document conservé, en deux exemplaires, un pour le client, un pour l'entreprise.
Le numérique évite le carnet resté dans la camionnette et permet de rattacher des photos, qui sont souvent la meilleure pièce du dossier : un état avant intervention photographié vaut mieux qu'une ligne de description. Le papier reste préférable là où le réseau ne passe pas, ce qui arrive plus souvent qu'on ne le prévoit en sous-sol ou en local technique.