Blog/DC4 sous-traitance : remplir la déclaration et obtenir l'acceptation avant le chantier
Artisans

24 octobre 2026

•

7 min de lecture

DC4 : la déclaration de sous-traitance des marchés publics, rubrique par rubrique

Le DC4 est le formulaire type de la direction des affaires juridiques du ministère de l'Économie par lequel le titulaire d'un marché public présente un sous-traitant et demande à l'acheteur de l'accepter et d'agréer ses conditions de paiement. Remis avec l'offre, il vaut acceptation à la notification du marché ; remis en cours d'exécution, il devient un acte spécial, accepté par la signature de l'acheteur ou par son silence pendant vingt et un jours (article R. 2193-4 du code de la commande publique). C'est ce document qui ouvre au sous-traitant le paiement direct, et le sous-traitant n'a rien à faire sur le chantier avant son retour.

Sommaire

Le DC4 est la déclaration de sous-traitance des marchés publics : un formulaire type, publié par la direction des affaires juridiques (DAJ) du ministère de l'Économie, qui présente un sous-traitant à l'acheteur et vaut demande d'acceptation et d'agrément de ses conditions de paiement. Il se remet avec l'offre ou en cours d'exécution, et c'est son retour signé, ou le silence de l'acheteur pendant vingt et un jours, qui autorise le sous-traitant à intervenir. Exemple suivi : une entreprise générale titulaire d'un marché de rénovation d'école présente un plaquiste-isolateur pour un lot de 36 000 € HT.

À quoi sert le DC4 ?

Le titulaire d'un marché public peut sous-traiter une partie de ses prestations, jamais la totalité, et seulement après avoir obtenu de l'acheteur l'acceptation de chaque sous-traitant et l'agrément de ses conditions de paiement. Le DC4 est l'outil de cette demande. La notice de la DAJ en résume l'usage :

  • un DC4 par sous-traitant, renseigné par le soumissionnaire ou le titulaire et transmis à l'acheteur ;
  • un modèle facultatif, sauf si l'acheteur l'impose dans les documents de la consultation ;
  • une déclaration sur l'honneur du sous-traitant qu'il n'est dans aucun cas d'interdiction de soumissionner, ce qui explique qu'il doive le signer ;
  • un contrat d'entreprise comme support : marché de travaux, de services, ou de fournitures avec pose ou installation. Une simple livraison de matériel ne se sous-traite pas.

Le DC4 est aussi la porte d'entrée du paiement direct du sous-traitant : le montant qu'il déclare devient le plafond des sommes que l'acheteur versera au sous-traitant.

Avec l'offre ou en cours d'exécution ?

Le moment de la remise change la nature du document, sa signature et ce qui vaut acceptation.

Avec l'offre En cours d'exécution
Nature Annexe de l'offre Acte spécial
Signature des entreprises Au plus tard à l'attribution, sauf exigence plus précoce de la consultation Titulaire et sous-traitant, avant transmission
Transmission Avec l'offre, par voie dématérialisée Contre récépissé, par recommandé avec avis de réception, ou par voie électronique à date certaine
Ce qui vaut acceptation La notification du marché (art. R. 2193-2) La signature de l'acheteur, ou son silence pendant 21 jours (art. R. 2193-4)
Pièce en plus Aucune Preuve qu'aucune cession ou nantissement ne bloque le paiement direct (art. R. 2193-3)

Présenter le sous-traitant dès l'offre est la voie la plus simple : il est accepté le jour où le marché est notifié, sans délai d'attente. La notice conseille à l'acheteur de le confirmer par un formulaire ATTRI2, ce qui clarifie la situation pour tous.

En cours d'exécution, le DC4 devient un acte spécial. S'il modifie une déclaration antérieure, il prend la forme d'un acte spécial modificatif, qui remplace et annule la précédente : c'est le cas dès que la répartition des prestations change entre le titulaire et ses sous-traitants payés directement.

Que mettre dans chaque rubrique ?

Le formulaire suit l'ordre de la notice, de A à N. Les rubriques d'identification sont simples ; ce sont F, G et H qui engagent.

Rubrique Contenu Point d'attention
A, acheteur Identité et coordonnées de l'acheteur, personne chargée des renseignements sur les cessions de créances Reprendre l'avis de marché
B, objet du marché Objet et, en cas d'allotissement, lot concerné « Lot 3, isolation » plutôt qu'un intitulé vague
C, objet de la déclaration Annexe à l'offre, acte spécial, ou acte spécial modificatif Identifier la déclaration remplacée en cas de modification
D, titulaire Dénomination, adresses, SIRET, mandataire en cas de groupement
E, sous-traitant Dénomination, SIRET, forme juridique, immatriculation, signataire habilité, statut de PME ou d'artisan Le statut joue sur la périodicité des acomptes
F, prestations sous-traitées Nature précise des prestations confiées L'indication du lot ne suffit pas : reprendre le sous-traité
G, prix Montant du sous-traité, HT et TTC avec le taux de TVA, et modalités de variation des prix avec le mois d'établissement En travaux soumis à l'autoliquidation, le montant hors taxes seul
H, conditions de paiement Compte à créditer avec un RIB, conditions de paiement du sous-traité, avance et acomptes Le refus d'avance du titulaire n'empêche pas le sous-traitant de la demander
I, durée Durée du sous-traité en mois entiers, arrondie au mois supérieur 20 jours se déclarent 1 mois
J, capacités Renseignements sur les capacités du sous-traitant, si le candidat s'appuie dessus ou si l'acheteur les exige Pièces manquantes réclamées dans les 21 jours
K, attestations sur l'honneur Absence de cas d'interdiction de soumissionner Une fausse déclaration relève du faux (art. 441-1 du code pénal)
L, cessions et nantissements Exemplaire unique, certificat de cessibilité, attestation ou mainlevée du bénéficiaire Seulement pour un acte spécial
M, signatures Sous-traitant et titulaire, puis acheteur pour un acte spécial Signataires identifiés en E et dans le DC2
N, notification Remise de l'acte spécial signé au titulaire Copie à chaque sous-traitant payé directement

Dans l'exemple, la rubrique G porte 36 000 € HT sans TVA, puisque les travaux d'isolation sous-traités relèvent de l'autoliquidation, et la variation des prix reprend la formule du sous-traité avec son mois d'établissement. La rubrique F décrit l'ouvrage (doublages isolants des murs, isolation des rampants, traitement de l'étanchéité à l'air à la jonction avec les menuiseries) et non le seul « lot isolation ». Ces éléments sortent du devis du sous-traitant, d'où l'intérêt d'un devis détaillé par ouvrage plutôt qu'un forfait global, comme pour le chiffrage d'un marché.

Que devient l'acte spécial une fois accepté ?

Signé ou accepté par silence, l'acte spécial produit trois effets :

  • Le paiement direct, si le sous-traité atteint 600 € TTC et que le sous-traitant est de premier rang (article R. 2193-10), dans la limite du montant déclaré en G.
  • Le droit à l'avance, ouvert dès sa notification, sur la base du montant sous-traité (articles R. 2193-19 et R. 2193-20).
  • La faculté de céder ou nantir sa créance, à concurrence du montant payé directement ; une copie de l'acte spécial est remise à chaque sous-traitant payé directement (article R. 2193-22).

Le sous-traité entre les deux entreprises garde, lui, sa propre vie : l'acheteur peut en demander la communication, et son contenu est traité dans notre article sur le contrat de sous-traitance BTP.

Le piège : faire intervenir le sous-traitant avant le retour de l'acceptation

Le titulaire qui envoie le DC4 le lundi et fait démarrer le plaquiste le mercredi prend deux risques. Le premier est contractuel : lorsque le marché se réfère au CCAG Travaux de 2021, le recours à un sous-traitant sans acceptation préalable expose le titulaire aux mesures de l'article 50.3 (article 3.6.1.4), qui incluent la résiliation pour faute après mise en demeure. Le second pèse sur le sous-traitant : tant qu'il n'est pas accepté, il n'a pas droit au paiement direct et dépend entièrement du titulaire.

Le calendrier est pourtant prévisible. Un DC4 envoyé par recommandé le 2 mars et reçu par l'acheteur le 4 mars vaut acceptation tacite le 25 mars, vingt et un jours plus tard, si l'acheteur ne s'est pas manifesté et ne réclame pas de pièce. La notice de la DAJ recommande d'ailleurs à l'acheteur de ne pas laisser courir ce délai et d'accepter de manière expresse.

Trois réflexes évitent le piège :

  1. Présenter dès l'offre les sous-traitants connus, pour qu'ils soient acceptés à la notification.
  2. Pour un sous-traitant ajouté en cours de chantier, envoyer le DC4 complet (RIB, attestations, justificatif sur les cessions de créances) au moins trois semaines avant son intervention, et demander une signature expresse.
  3. Côté sous-traitant, ne pas commencer sans copie de la notification qui vous mentionne ou de l'acte spécial signé.

Chiffres clés

21 jours

Silence de l'acheteur qui vaut acceptation d'un sous-traitant présenté en cours d'exécution (art. R. 2193-4)

600 € TTC

Montant du sous-traité à partir duquel le sous-traitant accepté est payé directement (art. R. 2193-10)

1 DC4

Par sous-traitant présenté, selon la notice de la direction des affaires juridiques

Questions fréquentes

Le modèle ne l'est pas : la notice de la direction des affaires juridiques précise que son usage est facultatif, sauf si l'acheteur l'exige dans les documents de la consultation. La déclaration, elle, l'est : le titulaire ne peut sous-traiter qu'après avoir obtenu l'acceptation du sous-traitant et l'agrément de ses conditions de paiement, et l'article R. 2193-1 fixe son contenu. Le DC4 est simplement la façon la plus sûre de n'oublier aucune mention.

Partager cet article

Louis Airy

Louis est COO d'Argile. Après quatre ans de conseil en stratégie et près de deux ans comme chief of staff dans l'adaptation du logement et le réemploi, il a rejoint Argile en mars 2024. Au contact quotidien des entreprises RGE, il suit les sujets CEE, MaPrimeRénov' et TVA réduite, et reprend les articles concernés quand un barème change. Ce qu'il écrit est ce qu'il vérifie ensuite sur des devis réels.

Ce qui change, une fois par mois

Les nouveautés d’argile, et les évolutions CEE et MaPrimeRénov’ décryptées. Rien d’autre, et un lien de désinscription dans chaque envoi.

À lire aussi

Artisans12 avril 2026
Sous-traitance en rénovation globale : gérer les interfaces

Quand plusieurs corps d’état se partagent un chantier de rénovation globale, les vraies galères viennent rarement des matériaux. Elles naissent aux jonctions, un lot qui arrive trop tôt, un autre qui modifie un détail, et tout le planning glisse. Avec une méthode simple de calepinage des tâches, des points de contrôle et des preuves de fin de lot, vous sécurisez la qualité, les délais et votre marge, sans vous noyer dans l’administratif.

5 min de lecture

Artisans24 octobre 2026
Contrat de sous-traitance BTP : ce que la loi de 1975 impose et les clauses à écrire

Un contrat de sous-traitance BTP ne protège l'entreprise principale que si deux formalités de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 sont remplies : faire accepter le sous-traitant et agréer ses conditions de paiement par le maître d'ouvrage (article 3), puis, en marché privé, garantir ses paiements par une caution bancaire ou une délégation de paiement, à peine de nullité du sous-traité (article 14). Sans acceptation, l'entreprise principale reste tenue de payer mais ne peut plus opposer le contrat à son sous-traitant. Le reste se joue dans les clauses : périmètre du lot, prix, délais, réception, retenue de garantie, assurances, RGE et autoliquidation de la TVA.

8 min de lecture

Artisans7 septembre 2026
Autoliquidation de TVA en sous-traitance : ce que la facture électronique y change

Depuis 2014, le sous-traitant de travaux immobiliers facture sans TVA et c'est l'entreprise principale qui l'autoliquide. La règle sort intacte de la réforme de la facturation électronique. Ce qui change est la forme : la mention devient une donnée structurée, donc vérifiable automatiquement, et l'oubli devient visible avant le contrôle plutôt qu'après. Pour un chantier aidé, une seconde échéance s'y ajoute au 1er janvier 2027.

7 min de lecture

Révélez votre expertise

Une démo, et vous voyez votre expertise en preuve.

Contactez-nous