Le gainable n'est nommé nulle part dans l'arrêté du 13 juillet 2026. Ce silence n'a pas le même sens selon la puissance de la machine : en dessous de 12 kW il est sans conséquence, au-dessus il ouvre un vrai trou. Voici comment trancher un devis, et ce qu'il faut sécuriser quand le texte ne répond pas.
Ce que l'arrêté vise, et comment il le vise
Depuis le 18 juillet 2026, le taux de 5,5 % s'applique aux pompes à chaleur air/air, matériel et pose compris. Le texte ne raisonne pas par nom commercial d'équipement mais par définition et par performance.
La définition : une pompe à chaleur air/air réversible, fixe, à cycle à compression de vapeur entraîné par moteur électrique, destinée à être installée de manière permanente dans le bâtiment.
Un gainable coche cette définition sans discussion. Il est réversible, il est fixe, il est posé pour rester. La question n'est donc pas s'il entre dans le champ, mais quelle grille de performance lui est appliquée.
En dessous de 12 kW : la forme de l'unité intérieure ne change rien
Jusqu'à 12 kW de puissance thermique nominale, la performance s'apprécie sur la classe de l'étiquette énergie, en chauffage comme en refroidissement.
| Architecture | Classe SCOP | Classe SEER |
|---|---|---|
| Mono-split | A++ | A++ |
| Multi-split | A+ | A+ |
C'est l'architecture frigorifique qui décide, pas la forme de l'émetteur. Un gainable relié à une seule unité extérieure dédiée est un mono-split et doit atteindre A++. Le même gainable raccordé sur une unité extérieure qui alimente aussi des consoles ou des cassettes est dans une architecture multi-split, et le seuil descend à A+.
C'est la confusion la plus fréquente sur ce sujet : beaucoup lisent « mono-split » comme « une seule bouche » alors que le texte parle du nombre d'unités intérieures raccordées à l'unité extérieure. Un gainable qui dessert six pièces par six bouches reste un mono-split s'il n'y a qu'une unité intérieure.
S'y ajoutent deux exigences indépendantes de l'architecture : un fluide frigorigène conforme aux seuils de PRG du règlement F-Gas (UE) 2024/573, et une connectivité permettant le pilotage à distance de la température et du mode de fonctionnement.
Au-delà de 12 kW : le texte ne nomme que les rooftop
Passé 12 kW, l'étiquette énergie ne s'applique plus et l'arrêté bascule sur des niveaux minimaux d'efficacité énergétique saisonnière, exprimés en pourcentage.
| Type d'installation | Chauffage | Refroidissement |
|---|---|---|
| Rooftop | 145 % | 250 % |
| Rooftop intégrant chauffage, refroidissement, ventilation, surventilation nocturne et filtration | 130 % | 150 % |
Aucune autre architecture n'est nommée à ce niveau de puissance. Un gainé de 16 kW en toiture terrasse qui est effectivement un rooftop relève de la première ligne. Un gainé de 16 kW en split classique, unité extérieure au sol et unité intérieure en comble, ne correspond à aucune ligne du tableau.
Ce n'est pas une exclusion : le texte ne dit pas que cet équipement est hors champ. C'est une absence de critère, et pour une facture, une absence de critère ne vaut pas une éligibilité.
Ce que ça donne sur un devis
Trois cas, trois conduites.
Gainable jusqu'à 12 kW, classe atteinte. Facturation à 5,5 % sans réserve. Relevez la puissance thermique nominale et les deux classes sur la fiche technique du couple d'unités effectivement posé, et archivez-la avec le devis. C'est cette pièce qui répondra en cas de contrôle, pas la brochure de gamme.
Gainable jusqu'à 12 kW, classe non atteinte. Le taux réduit ne s'applique pas au titre de cet arrêté. Un A+ en mono-split échoue au seuil, alors que le même appareil en multi-split l'aurait franchi : c'est contre-intuitif, et ça se vérifie avant de chiffrer plutôt qu'après.
Gainable au-delà de 12 kW qui n'est pas un rooftop. C'est le cas non tranché. N'annoncez pas 5,5 % sur la seule foi de l'entrée des PAC air/air dans le dispositif : le fait que la famille soit entrée dans le champ ne dit rien de cette configuration-là. Demandez au fabricant une attestation écrite nommant la référence exacte et sa conformité aux critères de l'arrêté, et sachez qu'elle engage le fabricant, pas l'administration. Sur un montant significatif, le rescrit fiscal est la seule réponse opposable. Facturer à 5,5 % en attendant, c'est porter le risque du rappel sur un chantier que le client ne rouvrira pas.
Le réseau de gaines
Les travaux indissociablement liés à la pose d'un équipement éligible suivent le sort de l'équipement. Le réseau de distribution d'air en fait partie quand il est posé dans la même opération et facturé par la même entreprise.
Cette dernière condition n'est pas propre au gainable, elle vaut pour tout le taux réduit : matériel et pose sur la même facture, faute de quoi la fourniture repart au taux normal. Le détail des conditions générales est sur la fiche TVA à 5,5 %.
Ce qui reste à vérifier avant de signer
Le logement doit être achevé depuis plus de deux ans et affecté à l'habitation. Et depuis mars 2025, aucune attestation n'est à faire signer : une mention sur le devis ou la facture la remplace, dont le texte est publié par l'administration.
Enfin, l'éligibilité à la TVA réduite ne dit rien des aides. La PAC air/air n'ouvre pas droit à MaPrimeRénov', et le taux réduit ne compense pas cette absence : il la rend seulement moins douloureuse sur le reste à charge. Côté certificats d'économies d'énergie, en revanche, l'air/air garde sa fiche d'opération, ce qui reste le principal levier de financement du geste.




