Sur un gainable, le dimensionnement ne se fait pas à la machine mais au réseau : les débits pièce par pièce sortent du bilan de déperditions, et c’est la vitesse d’air dans les gaines qui décide du bruit au soufflage. Le seuil qui fait foi est celui de l’arrêté du 30 juin 1999, soit 35 dB(A) au maximum dans les pièces principales et 50 dB(A) dans la cuisine pour un équipement individuel de chauffage ou de climatisation. Côté extérieur, l’émergence de l’article R. 1336-7 du code de la santé publique s’applique au groupe : 5 dB(A) le jour, 3 dB(A) la nuit. Et depuis le 18 juillet 2026, un gainable qui atteint la classe énergétique demandée relève de la TVA à 5,5 % sur la fourniture posée.
Comprendre la PAC air/air gainable et ses usages en chauffage et climatisation
Principe de fonctionnement : unité extérieure, réseau de gaines et bouches de soufflage
Une pac air/air gainable capte la chaleur de l’air extérieur via une unité extérieure. Elle la transfère à un caisson intérieur, souvent posé en combles. Un réseau de gaines isolées distribue ensuite l’air chaud ou frais vers des bouches de soufflage. Une reprise ramène l’air au caisson, avec filtration et régulation, et des registres peuvent créer des zones.
Différences avec une PAC air/eau et une climatisation split classique
Contrairement à une pac air/eau, il n’y a pas de circuit d’eau, ni radiateurs, ni plancher chauffant. Le confort passe par le soufflage d’air, en chauffage comme en rafraîchissement. Face à un split mural, le gainable est plus discret et plus homogène, mais il demande du volume en faux plafond et un bon équilibrage des débits. Avant de trancher, chiffrez l’alternative : le même logement traité en multisplit demande un nombre d’unités intérieures qui se déduit de la typologie et des pièces fermées, comme détaillé dans notre article sur le nombre de splits à prévoir par logement.
Repère rapide
Combien de splits pour ce logement ?
Les repères terrain de la section ci-dessus, appliqués à votre cas. Le chiffre bouge avec le cloisonnement et le nombre de niveaux, pas avec la surface seule.
Splits conseillés
2 splits
Pourquoi ce chiffre
La base de la typologie : une unité pour la pièce de vie, et une côté nuit dès le T3.
Affinez pièce par pièce avec le configurateur plus bas dans l’article.
Repère de première approche, à confirmer par un bilan de déperditions pièce par pièce.
Outil Argile
Quand la PAC gainable est la plus pertinente : rénovation, combles, zones à desservir
Elle est pertinente en rénovation quand les combles sont accessibles, ou quand un faux plafond est prévu. Elle convient bien si plusieurs pièces doivent être desservies, avec une séparation jour nuit. C’est aussi un bon choix pour améliorer le confort d’été, tout en gardant un appoint si l’hiver est très froid.
Bien dimensionner une PAC gainable pour éviter surconsommation et inconfort
Évaluer les besoins de chauffage : volumes, isolation, orientation, usages des pièces
Le bon point de départ, c’est un bilan thermique pièce par pièce. On part des volumes à chauffer, de l’isolation réelle (murs, toiture, plancher), de l’orientation et des vitrages. On ajoute les usages. Une chambre n’a pas les mêmes horaires ni la même consigne qu’un séjour. Une pac trop puissante cyclera, consommera plus et tiendra moins longtemps.
Dimensionnement en climatisation : apports solaires, inertie, pièce par pièce
En froid, on raisonne sur les apports solaires, les protections (volets, brise-soleil), l’inertie du bâti et les gains internes. Visez un calcul pièce par pièce pour éviter une machine qui démarre fort puis s’arrête vite : c’est ce découpage qui sert ensuite à calculer un taux de couverture pour chaque pièce et à retenir le matériel. C’est la configuration typique d’inconfort et d’humidité.
Points de vigilance : puissance, débit d’air, niveaux sonores, emplacement des bouches
Vérifiez la puissance utile aux conditions de projet et la capacité de modulation, en repartant de la puissance frigorifique calculée au volume plutôt que de la taille commerciale en BTU. Côté réseau, le débit d’air, les pertes de charge et l’équilibrage comptent autant que la machine. Placez les bouches pour éviter les courants d’air et prévoyez un retour d’air bien dimensionné. Sur l’acoustique, deux textes différents s’appliquent et il faut les tenir tous les deux.
| Ce qui est visé | Valeur limite | Texte |
|---|---|---|
| Équipement individuel, pièces principales | 35 dB(A) de niveau de pression acoustique normalisé | arrêté du 30 juin 1999, article 5 |
| Équipement individuel, cuisine | 50 dB(A) | arrêté du 30 juin 1999, article 5 |
| Cuisine ouverte sur pièce principale, chauffage à puissance minimale | 40 dB(A) | arrêté du 30 juin 1999, article 5 |
| Groupe extérieur, émergence 7 h - 22 h | 5 dB(A) | article R. 1336-7 du code de la santé publique |
| Groupe extérieur, émergence 22 h - 7 h | 3 dB(A) | article R. 1336-7 du code de la santé publique |
L’arrêté du 30 juin 1999 vise les bâtiments dont le permis a été déposé à partir du 1er janvier 2000 : en rénovation il ne s’impose pas, mais c’est le seul référentiel chiffré que vous pourrez opposer à une contestation, donc autant s’y tenir. L’émergence de voisinage, elle, s’applique quel que soit l’âge du bâtiment. Attention au terme correctif : il vaut 0 dB(A) dès que le bruit dure plus de 8 heures cumulées, ce qui est le cas d’un groupe qui tourne toute une nuit d’hiver. Aucune tolérance à espérer de ce côté.
Préparer le chantier : gaines, diffusion d’air et intégration dans l’existant
Concevoir le réseau gainable : tracés, diamètres, équilibrage et pertes de charge
Avant de poser une pac gainable, dessinez un tracé simple et le plus court possible. Choisissez des diamètres cohérents avec les débits pièce par pièce, pour limiter bruit et pertes de charge. Prévoyez des piquages accessibles, des longueurs comparables entre branches, puis un équilibrage final aux bouches avec mesure des débits. Les vitesses d’air admissibles ne relèvent d’aucun texte : elles se calent sur les abaques du fabricant de gaines et sur l’objectif acoustique ci-dessus, qui est la seule valeur opposable.
Le débit à distribuer se déduit de la puissance restituée : comptez 160 à 180 m³/h par kilowatt en chauffage, un peu plus en mode froid où l'écart de température de soufflage est plus faible. Le diamètre suit ensuite, à vitesse tenue.
| Diamètre de gaine circulaire | Débit à 3 m/s, antenne terminale | Débit à 4 m/s, tronçon principal |
|---|---|---|
| Ø 125 mm | 130 m³/h | 175 m³/h |
| Ø 160 mm | 215 m³/h | 290 m³/h |
| Ø 200 mm | 340 m³/h | 450 m³/h |
| Ø 250 mm | 530 m³/h | 705 m³/h |
| Ø 315 mm | 840 m³/h | 1 120 m³/h |
| Ø 400 mm | 1 355 m³/h | 1 810 m³/h |
La règle de conduite tient en une ligne : au-delà de 4 m/s dans une antenne desservant une chambre, le bruit de soufflage devient la première cause de plainte, avant même la puissance. Descendre d'un diamètre coûte moins cher qu'un retour de chantier pour un plafond à démonter.
Intégration en rénovation : faux plafonds, combles, passages techniques et accessibilité
En rénovation, le réseau se glisse souvent en combles ou en faux plafond. Gardez une hauteur suffisante pour les coudes, isolez les gaines en zones non chauffées pour éviter condensation et pertes, et réservez une trappe pour maintenance de l’unité intérieure, des filtres et des raccordements.
Zonage et régulation : thermostat, zones, registres, pilotage pour optimiser le confort
Le confort vient du bon zonage. Un thermostat principal, des sondes par zone et des registres motorisés permettent d’ajuster les débits selon l’usage. Paramétrez des consignes réalistes et des plages horaires. Vous gagnez en stabilité sans surconsommer : au besoin, appuyez-vous sur un programmateur de chauffage pour caler précisément les horaires. Le pilotage à distance n’est plus seulement un argument de confort : c’est une condition d’accès au taux réduit de TVA depuis l’arrêté du 13 juillet 2026.
Réussir la pose et la mise en service d’une PAC air/air gainable
Étapes clés : support, liaisons frigorifiques, évacuation des condensats, étanchéité
Une pac gainable se joue d’abord au millimètre. Support rigide, plots anti-vibratiles, accès maintenance. Posez les liaisons frigorifiques avec isolation continue, rayons de cintrage propres, protection mécanique, puis tirage au vide et test d’étanchéité avant ouverture des vannes. Pour les condensats, prévoyez pente, siphon et isolation des parties froides pour éviter les reprises d’odeurs et la condensation. Côté réseau, soignez l’étanchéité des gaines et des plénums, sinon l’air part dans les combles au lieu d’aller dans les pièces.
Réglages de mise en service : débits, températures, tests en chauffage et climatisation
Réglez les débits pièce par pièce. Mesurez aux bouches, ajustez les registres, puis vérifiez le bruit. Calibrez la consigne et la loi de soufflage selon la notice fabricant. Lancez des essais en chauffage et en climatisation, contrôlez le delta de température au soufflage, le dégivrage, et l’écoulement des condensats en froid.
Contrôles à documenter : conformité, sécurité, maintenance et conseils d’usage au client
Rédigez un PV de mise en service. Tracez les contrôles électriques, le test d’étanchéité, et les paramètres finaux. Rappelez la maintenance. Nettoyage des filtres, accès aux bouches, et visite périodique si la charge de fluide place l’équipement au-dessus des seuils de contrôle d’étanchéité du règlement (UE) 2024/573, soit 5 tonnes équivalent CO2 pour les fluides de l’annexe I, avec une dispense en résidentiel pour les équipements hermétiquement scellés sous 3 kg. Donnez des conseils simples. Laisser les reprises libres, éviter les consignes extrêmes, et utiliser les zones quand elles existent.
Obligation
Contrôle d’étanchéité : ce chantier est-il concerné ?
L’obligation ne se déclenche pas au kilo de fluide mais à la tonne équivalent CO₂ : la charge multipliée par le pouvoir de réchauffement du fluide. D’où des réponses différentes pour la même charge selon le fluide.
3,0 kg
Charge équivalente
2,0 t CO₂e
PRG 675
Contrôle d’étanchéité
Non exigé
Seuil de déclenchement
5 t CO₂e
soit 7,4 kg de ce fluide
Sous le seuil : pas de contrôle périodique
C’est le cas courant d’un multisplit résidentiel en R32. Ce qui reste dû : l’attestation de capacité de l’entreprise, l’épreuve d’étanchéité et le tirage au vide à la mise en service, l’attestation d’intervention et le registre.
Règlement (UE) 2024/573, article 5. Le contrôle périodique est une chose ; l’attestation de capacité, l’épreuve d’étanchéité à la mise en service et la tenue des registres s’appliquent quelle que soit la charge.
Outil Argile
Coûts, aides et arguments commerciaux en 2026 pour vendre une PAC gainable
Budget à prévoir : matériel, réseau de gaines, main-d’œuvre et options (zoning, filtration)
Pour une pac gainable, le budget se répartit sur quatre lignes qu’il faut faire apparaître distinctement au devis. Le matériel (unité extérieure, module gainable, régulation) pèse souvent le plus. Le réseau (gaines isolées, plénums, bouches) et la pose (percements, étanchéité, mise en service) font vite grimper la note. Le zonage, une filtration renforcée ou des bouches design ajoutent un surcoût. Le détail par ligne est aussi ce qui vous protège face à un moins-disant qui ne chiffre ni l’équilibrage ni la trappe d’accès.
Aides mobilisables en 2026 : points à vérifier selon le logement et le type de travaux
La PAC air/air ne figure pas dans la liste des équipements éligibles à MaPrimeRénov’, mais elle a sa propre fiche CEE : la BAR-TH-129, qui n’exige aucun signe de qualité RGE. Côté TVA, l’arrêté du 13 juillet 2026, publié au Journal officiel du 17 juillet 2026 et entré en vigueur le lendemain, fait entrer les PAC air/air dans le champ du taux réduit de l’article 278-0 bis A du code général des impôts. Le détail figure dans notre article sur la TVA à 5,5 % appliquée aux PAC air/air.
| Condition | Ce que demande l’arrêté du 13 juillet 2026 |
|---|---|
| Installation | fixe, réversible, permanente dans le bâtiment |
| Classe énergétique, ≤ 12 kW, mono-split | A++ en chauffage (SCOP) comme en refroidissement (SEER) |
| Classe énergétique, ≤ 12 kW, multi-split | A+ en chauffage comme en refroidissement |
| Efficacité saisonnière, > 12 kW en toiture | 145 % en chauffage et 250 % en refroidissement |
| Efficacité saisonnière, > 12 kW avec ventilation intégrée | 130 % en chauffage et 150 % en refroidissement |
| Fluide frigorigène | conforme aux seuils du règlement (UE) 2024/573 |
| Pilotage | raccordement à un réseau numérique permettant le pilotage à distance |
Les climatiseurs mobiles restent exclus, l’installation devant être fixe et permanente. Relevez la référence exacte de la machine en visite technique et vérifiez sa classe avant de chiffrer : l’écart entre 20 % et 5,5 % de TVA sur la fourniture posée est trop gros pour être annoncé au client sans avoir la fiche produit sous les yeux.
Arguments terrain : confort été/hiver, discrétion, économies d’énergie et entretien
Sur le terrain, appuyez-vous sur ce qui se mesure. Température homogène pièce par pièce parce que les débits ont été équilibrés au relevé, et une intégration propre puisque seules les grilles restent visibles. Les économies viennent surtout du remplacement de convecteurs ou d’un vieux système, pas de la machine en elle-même : c’est le SCOP déclaré qui les porte, et c’est lui qu’il faut inscrire au devis, au même titre que le SEER lu sur l’étiquette en mode froid. Côté entretien, insistez sur les filtres accessibles, le contrôle régulier, et le nettoyage des bouches. Pour cadrer les obligations et bonnes pratiques, référez-vous à un contrôle régulier et aux points à documenter.



