Ce qui change au 1er septembre 2026 pour la TVA des PAC air/air
Jusqu’ici, la PAC air/air était le parent pauvre de la fiscalité énergétique
Contrairement aux PAC air/eau et géothermiques, la pompe à chaleur air/air n’a jamais bénéficié du taux réduit de 5,5 % : le matériel était facturé à 20 %, et seule la main-d’œuvre pouvait descendre à 10 % dans les logements achevés depuis plus de deux ans. Sur un devis, ce différentiel pesait systématiquement en défaveur de l’air/air face à l’air/eau, comme on le voit dans notre comparatif PAC air/air ou PAC air/eau.
Article 82 de la loi de finances 2026 et arrêté du 13 juillet 2026
L’article 82 de la loi de finances pour 2026 étend le taux de 5,5 % aux PAC air/air qui répondent à des critères de performance environnementale et de durabilité. L’arrêté d’application, publié au Journal officiel le 13 juillet 2026, précise ces critères et fixe l’entrée en vigueur au 1er septembre 2026. La climatisation réversible rejoint donc la liste des travaux éligibles à la TVA 5,5 % en rénovation énergétique.
Les conditions d’éligibilité au taux réduit
Les critères techniques pour les appareils jusqu’à 12 kW
Toutes les PAC air/air ne sont pas concernées. L’équipement doit être installé de manière fixe et permanente dans le bâtiment, ce qui exclut les climatiseurs mobiles. Pour les appareils résidentiels d’une puissance thermique nominale inférieure ou égale à 12 kW, l’arrêté exige une classe A++ en chauffage (SCOP) et en refroidissement (SEER) pour les mono-splits, et A+ sur les deux usages pour les multi-splits. S’ajoutent un fluide frigorigène conforme au règlement européen F-Gas et des fonctions de connectivité permettant le pilotage à distance et le suivi des consignes. Au-delà de 12 kW, l’arrêté fixe des niveaux minimaux d’efficacité énergétique saisonnière, variables selon le type d’installation.
Les conditions classiques du taux réduit restent de mise
Comme pour les autres travaux à 5,5 %, le logement doit être achevé depuis plus de deux ans et affecté à l’habitation, et la fourniture comme la pose doivent être facturées par l’entreprise. Un client qui achète lui-même son matériel reste taxé à 20 % sur l’équipement ; seule la prestation de pose peut alors relever d’un taux réduit. L’attestation client et un devis conforme restent indispensables pour sécuriser la facturation.
Ce que ça change sur vos devis : l’exemple chiffré
Près de 1 000 euros d’écart sur une installation type
Prenons un multi-split facturé 6 000 euros HT de matériel et 2 000 euros HT de pose dans un logement de plus de deux ans. Avant le 1er septembre 2026 : matériel à 20 % (7 200 euros TTC) et pose à 10 % (2 200 euros TTC), soit 9 400 euros TTC. Après : l’ensemble passe à 5,5 %, soit 8 440 euros TTC. Près de 1 000 euros d’économie sur le reste à charge, sans aucune démarche de subvention ni dossier à monter.
Un levier d’autant plus précieux que la PAC air/air reste hors MaPrimeRénov’
La PAC air/air demeure exclue de MaPrimeRénov’. Les seuls soutiens mobilisables restent la prime CEE de la fiche BAR-TH-129, qui ne demande d’ailleurs pas la mention RGE, et désormais cette TVA réduite. Pour bâtir le plan de financement complet d’un projet, voyez aussi notre guide du cumul des aides.
Comment anticiper la bascule d’ici septembre
Vérifier vos gammes et adapter vos devis dès maintenant
Passez en revue les fiches techniques de votre catalogue : classes SCOP et SEER, fluide, connectivité. Tous les modèles ne passeront pas le filtre, et c’est le moment d’orienter vos références vers celles qui l’auront. Côté chiffrage, le taux applicable est celui en vigueur à la date de la prestation : un chantier signé en juillet mais posé après le 1er septembre 2026 bénéficie du 5,5 %. Le préciser au client peut débloquer une signature, voire justifier un léger décalage de planning.
Sécuriser la facturation et rester en veille
Gardez la rigueur habituelle : attestation signée avant facturation, mentions complètes, cohérence entre devis, factures et matériel réellement posé. La filière attend encore certaines précisions de l’administration fiscale sur les cas limites, et une question écrite déposée au Sénat le 9 juillet 2026 demande des clarifications sur les critères. En cas de doute sur un dossier, validez avant d’appliquer le taux réduit : un rappel de TVA se paie toujours au prix fort.

