Blog/Contrat d'entretien chaudière : obligations et contenu
Artisans

26 juin 2026

•

7 min de lecture

•

Mis à jour le 6 août 2026

Contrat d'entretien chaudière : ce que la loi impose et ce que vous devez écrire en plus

L'entretien annuel d'une chaudière de 4 à 400 kW est encadré par l'arrêté du 15 septembre 2009 et les articles R. 224-41-4 et suivants du code de l'environnement. Six opérations sont dues, la mesure de CO conditionne la remise en service, et l'attestation part sous quinze jours. Tout le reste relève de votre contrat.

Sommaire

L'entretien annuel d'une chaudière de 4 à 400 kW est obligatoire au titre des articles R. 224-41-4 et suivants du code de l'environnement, quel que soit le combustible. L'arrêté du 15 septembre 2009, dans sa version modifiée par l'arrêté du 21 novembre 2022, en fixe le contenu : six opérations sont dues, dont l'évaluation du rendement, l'évaluation du dimensionnement et l'évaluation des émissions polluantes. La mesure du monoxyde de carbone dans l'ambiance décide de la remise en service, avec un arrêt imposé à partir de 50 ppm. L'attestation est établie dans les quinze jours suivant la visite et conservée deux ans par le commanditaire. Tout ce qui dépasse ce socle, délais d'intervention, pièces, astreinte, relève du contrat que vous rédigez.

Le socle réglementaire : ce que vous devez faire, que le contrat le dise ou non

Les six opérations imposées par l'arrêté du 15 septembre 2009

Beaucoup de contrats vendent un « forfait entretien » sans jamais lister ce que la loi exige déjà. C'est une faiblesse commerciale autant que juridique : vous ne valorisez pas ce que vous faites, et vous ne pouvez pas prouver que vous l'avez fait. Voici le contenu de l'article 1er dans sa rédaction en vigueur.

Opération due Précisée par Ce que vous tracez
Vérification de la chaudière et des installations de distribution et de régulation, et si nécessaire nettoyage et réglage Annexe 1 Points contrôlés, pièces nettoyées, valeurs de réglage avant et après, dont la pression relevée à froid et à chaud
Fourniture des conseils sur le bon usage, les améliorations possibles et l'intérêt éventuel du remplacement Annexe 4 Le conseil écrit, remis et signé
Évaluation du rendement de la chaudière Annexe 2 Rendement calculé et méthode
Évaluation du bon dimensionnement au regard des besoins de chauffage et d'eau chaude Article 1er Puissance installée face au besoin, avec la conclusion
Évaluation des émissions de polluants atmosphériques Annexe 3 NOx pour le gaz et le fioul, particules et COV pour le combustible solide
Vérification de la présence d'un système d'automatisation et de contrôle, en tertiaire au dessus de 70 kW de puissance nominale utile Annexe 1 Présence ou absence, et la mention correspondante

Deux de ces six lignes sont systématiquement oubliées sur le terrain : l'évaluation du dimensionnement et l'évaluation des émissions polluantes. Ce sont aussi les deux qui ouvrent le plus naturellement une conversation de remplacement, donc un devis. Pour conclure sur le dimensionnement autrement qu'à la plaque signalétique, il faut confronter la puissance installée à la puissance réellement transmise à l'eau, ce que donne une mesure au calorimètre en régime stabilisé. Le besoin réel du logement se calcule à part, ce qu'Argile détermine selon la NF EN 12831-1 à partir des relevés de la visite. L'article 1er ajoute que pour une chaudière à combustible liquide ou gazeux de moins de 70 kW, la personne effectuant l'entretien procède à la classification énergétique de l'appareil, sauf s'il est déjà étiqueté au titre du règlement européen UE 811/2013. Notez que l'évaluation du dimensionnement porte sur le chauffage et sur l'eau chaude : c'est souvent le ballon qui décroche le premier, et les trois critères qui décident de son remplacement se relèvent pendant la même visite.

La mesure de CO : le seul point où le texte vous dit d'arrêter la machine

C'est la partie de l'arrêté qui engage le plus directement votre responsabilité, et c'est celle qui doit figurer en toutes lettres dans votre contrat et sur votre attestation.

Le protocole de l'annexe 1 est précis. La mesure se fait dans l'air ambiant de la pièce, portes et fenêtres refermées après aération, les autres appareils à combustion étant arrêtés, la chaudière fonctionnant à puissance nominale depuis au moins trois minutes. La sonde est déplacée sur la largeur de la chaudière, à environ 50 centimètres de sa face avant, pendant au moins 30 secondes. La valeur relevée est portée au compte rendu.

Teneur en CO mesurée dans l'ambiance Mention à porter sur l'attestation Conséquence
Inférieure à 10 ppm « La situation est normale » Remise en service normale
De 10 à 50 ppm Anomalie de fonctionnement nécessitant impérativement des investigations complémentaires concernant le tirage du conduit de fumée et la ventilation du local Investigations dues avant de refermer le dossier
50 ppm et plus Danger grave et imminent nécessitant la mise à l'arrêt de la chaudière et la recherche du dysfonctionnement avant remise en service Arrêt de la chaudière

La plage intermédiaire est celle que l'on bâcle. Une valeur à 20 ppm n'est pas un « rien du tout » : le texte dit « impérativement ». Si vous n'allez pas au bout du tirage et de la ventilation, écrivez au moins la réserve et le devis d'investigation. Dans un logement encore ventilé par conduit vertical, cette investigation débouche souvent sur une reprise du tirage en assistance mécanique, puisque l'article 8 de l'arrêté du 24 mars 1982 impose que l'aération assure les débits nécessaires au bon fonctionnement des appareils à combustion. C'est ce qui distingue un dossier qui tient d'un dossier qui s'effondre.

L'attestation d'entretien

La personne ayant effectué l'entretien établit une attestation dans les quinze jours suivant sa visite. Elle est remise au commanditaire, qui la conserve et la tient à la disposition des agents de contrôle mentionnés à l'article L. 226-2 du code de l'environnement et à l'article L. 1312-1 du code de la santé publique pendant une durée minimale de deux ans. Le contenu est cadré par l'annexe 5 de l'arrêté, qui porte notamment les mentions liées au résultat de la mesure de CO et la classification énergétique.

Attention à ne pas confondre les délais des deux régimes voisins : quinze jours pour l'attestation d'entretien d'une chaudière, quinze jours ouvrés pour l'attestation de ramonage ou d'entretien d'un appareil décentralisé à combustible solide, au titre de l'article R. 1331-75 du code de la santé publique.

Ce que la loi ne dit pas, et que votre contrat doit trancher

Les trois régimes à ne jamais mélanger dans un même forfait

C'est la première cause de litige sur un contrat d'entretien.

Prestation Champ Périodicité Texte
Entretien annuel de chaudière Générateur de 4 à 400 kW, gaz, fioul, bois 12 mois R. 224-41-4 et suivants du code de l'environnement, arrêté du 15 septembre 2009
Entretien d'un appareil décentralisé à combustible solide Poêle, insert, foyer fermé, cuisinière 12 mois R. 1331-67 et R. 1331-68 du code de la santé publique, arrêté du 20 juillet 2023
Ramonage Conduits de fumée et de raccordement 12 mois, 6 mois en collectif sauf gaz exclusif R. 1331-70 et R. 1331-71 du code de la santé publique

Un client qui a une chaudière granulés et un poêle d'appoint relève des trois lignes. Si votre contrat n'en couvre qu'une, dites lequel des trois vous vendez, et écrivez que les deux autres restent à sa charge. Les obligations et fréquences de ramonage sont détaillées à part, elles ont leur propre logique de commanditaire et d'attestation.

Les clauses qui décident de votre marge

Aucun texte ne fixe la durée du contrat, le nombre de visites au delà d'une, le délai d'intervention, l'étendue des pièces couvertes ou la conduite à tenir quand le logement est fermé. Tout cela se joue à l'écrit ou se perd.

  • Durée d'engagement, reconduction tacite et préavis de résiliation, avec les cas de sortie anticipée : vente du bien, remplacement du générateur, accès durablement impossible.
  • Périmètre exact des pièces et consommables inclus, et liste des exclusions nommées plutôt qu'une formule générale.
  • Clause d'accès : présence d'un majeur, dégagement de l'appareil, ventilation dégagée, et facturation du déplacement en cas d'absence ou d'annulation tardive.
  • Révision tarifaire annuelle avec son index, sinon vous portez l'inflation sur toute la durée.

La clause d'accès est celle qui vous sauve quand l'attestation ne peut pas être établie : elle documente que l'absence de visite ne vous est pas imputable, ce qui est exactement ce que le commanditaire cherchera à démontrer en cas de contrôle.

Ce que vous facturez, et comment vous le justifiez

Le socle réglementaire est votre meilleur argumentaire de prix. Un moins-disant qui annonce un forfait très bas ne fait presque jamais les six opérations : il nettoie, il règle, il repart. Détaillez sur le devis du chauffagiste les six lignes de l'article 1er, la mesure de CO avec son protocole, l'attestation et la classification énergétique, en respectant la désignation de l'unité et le décompte détaillé par prestation que le contrôle vérifie. La comparaison cesse d'être un prix contre un prix, elle devient un périmètre contre un périmètre.

Le même raisonnement vaut pour le conseil écrit de l'annexe 4. Sur un appareil atmosphérique ancien, chiffrez à part la consommation permanente de la veilleuse : c'est un poste que le concurrent qui annonce un gain global ne sait ni documenter ni défendre.

Précisez à part le tarif horaire hors forfait, le temps minimum facturé, les majorations soir et week-end, et le rayon d'intervention au delà duquel le déplacement se facture. C'est ce qui évite de refacturer après coup, ce qui est toujours mal reçu. Nommez aussi les prestations qui ne relèvent jamais du forfait, à commencer par le détartrage de l'échangeur, qui se déclenche sur la dérive constatée entre deux visites et non sur une périodicité contractuelle.

Organiser la saison et tenir la preuve

Planifier avant la période de chauffe

Le calage de la tournée décide de votre rentabilité davantage que le prix unitaire. Positionnez les visites avant la période de chauffe, avec deux créneaux de rattrapage par client, et un rappel sept jours puis vingt quatre heures avant. Une visite qui tombe à l'eau en pleine saison coûte deux déplacements et bloque une plage de dépannage.

Archiver ce qui vous défend

Le commanditaire conserve deux ans, mais votre exposition en responsabilité ne s'aligne pas sur cette durée. Gardez l'attestation signée, la valeur de CO relevée, les réserves émises, le conseil écrit de l'annexe 4 et la preuve de sa remise. Le jour où un expert reprend un dossier d'intoxication ou d'incendie, ce n'est pas la facture qu'il cherche, c'est la trace de ce que vous aviez signalé et à qui. Pour un dépannage hors visite d'entretien, cette trace est le bon d'intervention signé par le client, avec le constat et les anomalies laissées en l'état.

Les points d'interface qui reviennent en SAV

Sur une chaudière à condensation, la moitié des mises en sécurité hors saison viennent de l'évacuation, pas du générateur. Vérifiez le siphon, la pente et l'absence de gel à chaque passage, et intégrez la ligne au contrat plutôt que de la traiter en dépannage. La méthode de dimensionnement de l'évacuation des condensats donne les points de contrôle à reprendre en visite annuelle.

Chiffres clés

4 à 400 kW

Champ d'application

50 ppm de CO

Seuil d'arrêt immédiat

15 jours

Remise de l'attestation

Questions fréquentes

L'article R. 224-41-4 du code de l'environnement vise les chaudières alimentées par des combustibles gazeux, liquides ou solides dont la puissance nominale est supérieure ou égale à 4 kW et inférieure ou égale à 400 kW. Le combustible ne change pas l'assujettissement : gaz, fioul, bois bûche et granulés sont logés à la même enseigne. Les chaudières électriques sont hors champ, et les appareils décentralisés à combustible solide comme un poêle ou un insert relèvent d'un autre régime, celui du code de la santé publique.

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Louis Airy

Louis est COO d'Argile. Après quatre ans de conseil en stratégie et près de deux ans comme chief of staff dans l'adaptation du logement et le réemploi, il a rejoint Argile en mars 2024. Au contact quotidien des entreprises RGE, il suit les sujets CEE, MaPrimeRénov' et TVA réduite, et reprend les articles concernés quand un barème change. Ce qu'il écrit est ce qu'il vérifie ensuite sur des devis réels.

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Calcul conforme NF EN 12831-1

Informations générales

Bénéficiaire

Madame Dos Santos Maria Augusta

E-mail

contact@argile.ai

Téléphone

+33 7 44 94 57 57

Adresse des travaux

7 impasse des Petites Houettes, 21000 Dijon

Informations sur la PAC air/eau

Nom

Alféa Extensa S. 10

Marque

Atlantic

Puiss. nominale

10 kW

ηs à 35 °C / 55 °C

195 % / 154 %

COP

3,5

Régulateur

Classe VI

N° EPREL

2491075

Déperditions du logement

6,0 kW

Puissance du matériel à la T° de base

5,80 kW

3,59 kW

7,78 kW

0 %

60 %

130 %

Taux de couverture des besoins

Puissance du matériel / déperditions du logement

97 %

Dimensionnement de l’appareil

Toitures

Transmission W/m².K

1,8

Surface m²

65,2

Déperditions W/K

135,0

Planchers

Transmission W/m².K

0,6

Surface m²

63,0

Déperditions W/K

15,6

Ponts thermiques

Conductivité W/K/m

0,4

Longueurs m

33,4

Déperditions W/K

12,5

Façades

Transmission W/m².K

0,9

Surface m²

162,4

Déperditions W/K

151,4

Ouvertures

Transmission W/m².K

1,2

Surface m²

5,5

Déperditions W/K

10,9

Renouvellement de l’air

Taux de renouv. h⁻¹

0,8

Déperditions W/K

102,3

Détermination de la différence de température

Température extérieure de base

-7 °C

Température d’arrêt de la PAC

5 °C

Température de consigne

19 °C

DeltaT

14,0 °C

Coefficient de construction

Volume (surface × hauteur sous plafond)

378,0 m³

G équivalent

1,13 W/m³/K

Avec argile

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