La méthode 3CL-DPE 2021, annexée à l’arrêté du 31 mars 2021, chiffre la puissance de veilleuse Pveil d’une chaudière gaz entre 100 et 240 W selon le type de générateur et son année de fabrication. Brûlée en continu, une veilleuse de 240 W consomme environ 2 100 kWh PCI par an, une veilleuse de 120 W environ 1 050 kWh PCI. Ces valeurs sont données en PCI, alors que la facture de gaz est établie en kWh PCS : le passage de l’une à l’autre se fait avec le coefficient k PCS/PCI, fixé à 1,11 pour le gaz naturel par la même méthode.
Ce que la veilleuse représente réellement dans le bilan de la chaudière
La veilleuse dans la méthode 3CL : une puissance permanente, pas un aléa de réglage
Sur une chaudière gaz atmosphérique ancienne génération, la veilleuse est une flamme en allumage permanent qui rallume le brûleur principal à chaque demande. La méthode 3CL-DPE 2021 ne la traite pas comme une approximation : elle lui affecte une puissance Pveil qui entre directement au dénominateur du rendement de génération, aux côtés des pertes à l’arrêt QP0. Autrement dit, deux chaudières identiques dont l’une porte une veilleuse ne sortent pas le même rendement conventionnel, et l’écart est chiffrable avant la visite.
Les valeurs par défaut opposables selon le type et l’ancienneté
Le tableau ci-dessous reprend les puissances de veilleuse par défaut du paragraphe 13.2.2 de la méthode, avec la consommation correspondante sur une année pleine de 8 760 heures. C’est cette valeur que vous pouvez porter dans une note de calcul sans avoir à la justifier autrement que par le texte.
| Type de chaudière gaz | Ancienneté | Pveil | Consommation en continu |
|---|---|---|---|
| Classique | avant 1980 | 240 W | 2 100 kWh PCI/an |
| Classique | 1981-1990 | 150 W | 1 310 kWh PCI/an |
| Standard | 1991-2000 | 120 W | 1 050 kWh PCI/an |
| Basse température | 1991-2000 | 120 W | 1 050 kWh PCI/an |
| Condensation | 1981-1985 | 150 W | 1 310 kWh PCI/an |
| Condensation | 1986-2015 | 120 W | 1 050 kWh PCI/an |
| Standard, basse température, condensation | à partir de 2016 | pas de veilleuse | 0 |
La méthode donne des valeurs distinctes pour les générateurs dédiés à l’eau chaude sanitaire, et pour la production mixte par chaudière au paragraphe 14.1.2.
| Générateur | Ancienneté | Pveil |
|---|---|---|
| Chauffe-eau gaz | avant 1981 | 150 W |
| Chauffe-eau gaz | 1981-2000 | 120 W |
| Chauffe-eau gaz | 2001-2015 | 100 W |
| Chauffe-eau gaz | après 2015 | pas de veilleuse |
| Production mixte, classique | avant 1990 | 200 W |
| Production mixte, classique | générations suivantes | 150 W |
| Production mixte, condensation | non précisé | pas de veilleuse |
Ce qui fait dériver la puissance réelle au-dessus de la valeur par défaut
Le réglage air-gaz, l’état de l’injecteur, l’encrassement du brûleur et le tirage du conduit font varier le débit réel autour de la valeur tabulée. Une flamme jaune, longue ou instable brûle davantage que la valeur par défaut et signale un mélange dégradé. C’est le moment de relever, pas d’estimer : la valeur du tableau sert de référence, la mesure au compteur sert de preuve.
Mesurer la veilleuse au compteur : méthode de relevé et conversion PCI/PCS
Le relevé d’index sur une heure, seule mesure opposable
Coupez tous les usages gaz du logement, laissez la seule veilleuse en fonctionnement, relevez l’index du compteur, attendez une heure pleine et relevez à nouveau. L’écart est un volume en m³, mesuré dans les conditions du compteur. C’est la seule donnée que vous pouvez opposer à un client ou à un confrère, parce qu’elle est reproductible et datée. Notez l’heure de début et de fin, la température du local et le numéro de compteur sur la fiche de visite.
Passer du m³ au kWh : le coefficient de conversion est en PCS
En France, le volume relevé au compteur est converti en énergie avec un coefficient de conversion propre à la commune, imprimé sur la facture, et ce coefficient est exprimé en PCS. Le PCS intègre la chaleur de condensation de la vapeur d’eau des fumées, le PCI ne l’intègre pas. Multipliez donc votre volume horaire par le coefficient de la facture, et vous obtenez des kWh PCS, pas des kWh PCI.
La formule PCI/PCS à appliquer, et le facteur 1,11 à ne pas oublier
La méthode 3CL-DPE 2021 fixe le coefficient de conversion k PCS/PCI par combustible.
| Combustible | k PCS/PCI |
|---|---|
| Gaz naturel | 1,11 |
| GPL | 1,09 |
| Fioul | 1,07 |
| Bois | 1,08 |
| Charbon | 1,04 |
La conversion s’écrit dans les deux sens : énergie PCS égale énergie PCI multipliée par k, énergie PCI égale énergie PCS divisée par k. Une veilleuse mesurée à 1 167 kWh PCS sur l’année pèse donc 1 051 kWh PCI, et c’est cette dernière valeur qui se compare à la ligne du tableau. La logique complète de ces deux bases est détaillée dans notre article sur la chaudière gaz à condensation.
Ce que vous relevez en visite technique et ce que vous en écrivez
Le protocole de diagnostic, du plus rapide au plus engageant
- Type de générateur et année de fabrication sur la plaque signalétique : c’est ce couple qui vous donne la ligne du tableau.
- Propreté de l’injecteur de veilleuse et position de la flamme sur le thermocouple.
- Grilles d’aération et reprises d’air parasites.
- Côté évacuation, tirage et traces de refoulement.
- Mesure au compteur, si le chantier justifie le temps passé.
La mesure du monoxyde de carbone, obligatoire et bornée par un seuil d’arrêt
L’arrêté du 15 septembre 2009 impose, dans le cadre de l’entretien annuel, l’évaluation des émissions de polluants atmosphériques de la chaudière, dont le monoxyde de carbone mesuré dans l’ambiance. Son article 3 borne l’interprétation.
| CO mesuré dans l’ambiance | Interprétation et suite à donner |
|---|---|
| au-dessous de 10 ppm | situation normale |
| entre 10 et 50 ppm | situation estimée anormale, investigations sur le tirage du conduit et la ventilation du local |
| 50 ppm et au-delà | danger grave et immédiat, injonction faite à l’usager de maintenir la chaudière à l’arrêt |
Le protocole de mesure à l’analyseur et les conditions de stabilisation conditionnent la validité du relevé.
L’attestation d’entretien : ce que vous écrivez et ce que le client conserve
L’article R. 224-41-8 du code de l’environnement vous laisse quinze jours après la visite pour établir l’attestation d’entretien. Le commanditaire la conserve au minimum deux ans et la tient à disposition des agents de contrôle. L’arrêté du 15 septembre 2009 impose par ailleurs de mentionner la marque et la référence de l’appareil de mesure utilisé. Une attestation qui porte la puissance de veilleuse relevée et l’index de départ vaut mieux qu’une case cochée.
Ce que vous proposez ensuite, et comment vous le chiffrez sur le devis
Nettoyage et réglage : les gestes qui ramènent la veilleuse à sa valeur tabulée
Un nettoyage de l’injecteur et du thermocouple, un réglage de hauteur de flamme et une remise en état des entrées d’air ramènent la consommation vers la valeur par défaut. Ils ne la suppriment pas. C’est une distinction à écrire noir sur blanc sur le devis : l’entretien ramène à la référence, seul le remplacement du générateur supprime le poste.
Remplacement du générateur : la seule opération qui met le poste à zéro
À partir de 2016, la méthode 3CL-DPE 2021 ne crédite plus aucune veilleuse aux chaudières gaz standard, basse température et condensation, quel que soit le combustible. Le gain est donc intégral et chiffrable : la ligne du tableau correspondant à l’appareil déposé disparaît du bilan. Sur un modèle ancien, l’adaptation de l’allumage n’est ni couverte par la notice ni rentable, et le remplacement complet est le seul geste que vous puissiez garantir.
Élargir au plan de travaux : régulation, distribution, production d’ECS
La visite est l’occasion de sortir du seul générateur. Une régulation avec sonde extérieure supprime des appels de chauffe inutiles, un équilibrage des émetteurs abaisse les températures de retour, et le calorifugeage des réseaux en volume non chauffé traite des pertes qui ne se voient pas au compteur. Documentez ces postes séparément dans le plan de travaux, avec les aides mobilisables et leurs conditions d’éligibilité, plutôt que dans un forfait global.
Chiffrer et documenter le poste veilleuse avec Argile
Poser le chiffre en visite, sans le recalculer le soir
Avec Argile, le générateur se documente sur le téléphone pendant la visite : son type et son année suffisent à faire remonter les caractéristiques conventionnelles associées, veilleuse comprise. Vous sortez de la visite avec un ordre de grandeur défendable au lieu d’une impression, et sans reprendre le tableau à la main.
Construire un plan de travaux où chaque poste porte son gain
Vous comparez plusieurs plans de travaux (régulation, distribution, remplacement du générateur) et chaque ligne porte son propre gain en kWh, pas un pourcentage global. C’est ce niveau de détail qui rend une note défendable face à un devis concurrent moins-disant, et exploitable en cas de contestation.
Centraliser les preuves de la visite technique
Plaque signalétique, index de compteur, relevés CO, photos de la flamme et de l’injecteur, références produits, mentions RGE. Tout est rattaché au dossier, ce qui limite les allers-retours administratifs et sécurise l’attestation comme le dossier d’aides.




