Blog/Analyse de combustion : vérifier le rendement de la chaudière
Artisans

4 juillet 2026

5 min de lecture

Mis à jour le 6 août 2026

Analyse de combustion : protocole, seuils de CO et lecture du rendement

L’analyse de combustion n’est pas un geste facultatif de fin de visite. L’arrêté du 15 septembre 2009 impose, lors de l’entretien annuel d’une chaudière de 4 à 400 kW, l’évaluation de son rendement et de ses émissions de polluants atmosphériques, et son article 3 borne la lecture du monoxyde de carbone mesuré dans l’ambiance en trois plages, dont une qui vaut arrêt immédiat. Voici le protocole, les seuils opposables, et la base de calcul du rendement affiché par l’analyseur.

Sommaire

L’arrêté du 15 septembre 2009 impose, dans le cadre de l’entretien annuel des chaudières de 4 à 400 kW, l’évaluation du rendement de la chaudière, l’évaluation de son bon dimensionnement et l’évaluation de ses émissions de polluants atmosphériques. Son article 3 borne l’interprétation du monoxyde de carbone mesuré dans l’ambiance : situation normale au-dessous de 10 ppm, situation estimée anormale entre 10 et 50 ppm, danger grave et immédiat à 50 ppm et au-delà avec injonction de maintenir la chaudière à l’arrêt. Le rendement affiché par l’analyseur est, lui, exprimé sur PCI, base que la méthode 3CL-DPE 2021 plafonne à 111 % pour le gaz naturel.

Ce que l’analyse doit prouver, et ce que la réglementation en attend

Le contenu réglementaire de l’entretien annuel

L’entretien annuel n’est pas un forfait de nettoyage. L’arrêté du 15 septembre 2009 en fixe le contenu, et chacune de ces lignes engage votre responsabilité si elle n’est pas exécutée.

Opération imposée Ce que cela suppose sur le chantier
Vérification de la chaudière et des installations de distribution et de régulation de l’énergie thermique, et si nécessaire nettoyage et réglage Contrôle du générateur mais aussi du réseau et de la régulation, pas seulement du corps de chauffe
Évaluation du rendement de la chaudière Mesure à l’analyseur, à régime stabilisé, avec appareil dont la marque et la référence sont mentionnées
Évaluation du bon dimensionnement de la chaudière Confrontation de la puissance installée au besoin réel, à documenter
Évaluation des émissions de polluants atmosphériques de la chaudière Mesure du monoxyde de carbone, interprétée selon l’article 3
Fourniture des conseils nécessaires portant sur le bon usage de l’installation Consignes de température, de ventilation et de programmation, écrites

Le texte couvre les chaudières alimentées par des combustibles gazeux, liquides et solides, dans la plage de 4 à 400 kW. Sa dernière modification date de l’arrêté du 21 novembre 2022. L’évaluation du bon dimensionnement, elle, suppose de confronter la puissance installée au besoin réel du logement, qu’Argile recalcule pièce par pièce selon la norme NF EN 12831-1.

Quand réaliser une analyse en dehors de l’entretien annuel

  • À la mise en service, ou après remplacement du brûleur ou du bloc gaz.
  • Après toute intervention touchant l’air, le gaz, le gicleur ou le conduit.
  • Sur réclamation portant sur des odeurs, des suies, des fumées ou des mises en sécurité répétées.
  • Avant et après un détartrage ou un désembouage, pour disposer d’un couple de valeurs comparables.

Les seuils de monoxyde de carbone et les conduites à tenir

La mesure est réalisée dans l’air ambiant de la pièce, appareil en service à sa puissance nominale, après au moins trois minutes de fonctionnement. Les trois plages ci-dessous sont celles de l’article 3 de l’arrêté, et elles ne se négocient pas avec l’occupant.

Teneur en CO dans l’ambiance Qualification Conduite à tenir
Moins de 10 ppm Situation normale Poursuite de l’entretien
De 10 à moins de 50 ppm Situation estimée anormale Investigations sur le tirage du conduit de fumée et la ventilation du local
50 ppm et plus Danger grave et immédiat Injonction faite à l’usager de maintenir la chaudière à l’arrêt

Préparer la mesure : sécurité, appareil et conditions

Mettre le logement en configuration réelle avant de mesurer

Ouvrez les amenées d’air et vérifiez que les grilles ne sont pas obstruées, puis contrôlez que le local n’est pas mis en dépression par une VMC, une hotte ou un sèche-linge en fonctionnement. Une mesure faite fenêtre ouverte ou extracteurs coupés décrit une situation qui n’existe pas en usage. Si vous suspectez un défaut d’évacuation, sécurisez avant de mesurer, pas l’inverse.

Contrôler la chaîne de mesure avant de toucher au brûleur

Contrôlez la date d’étalonnage selon la périodicité du fabricant, faites le zéro en air frais, puis inspectez sondes, joints et flexibles. Remplacez les filtres colmatés et vidangez le piège à condensats. La marque et la référence de l’appareil devront figurer sur l’attestation, alors autant vérifier qu’il est en état avant de commencer plutôt que de découvrir une dérive au moment de rédiger.

Piquage, régime stabilisé et prise d’air

Faites le piquage sur un tronçon droit, après l’appareil et avant toute dilution. Attendez un régime réellement stable, puis relevez O₂, CO, CO₂, température des fumées et tirage. Sur un appareil modulant, mesurez à plusieurs paliers : un brûleur peut être irréprochable à pleine charge et produire du CO en bas de plage, ce qui est précisément le régime dans lequel il passe la saison.

Relever et régler sur chantier

Les grandeurs à relever et l’ordre dans lequel les prendre

Relevez d’abord le CO dans l’ambiance, avant toute intervention : c’est la mesure qui décide si vous continuez. Prenez ensuite O₂, CO et CO₂ dans les fumées, la température des fumées, la température d’air comburant et le tirage au conduit. Notez l’excès d’air et le rendement calculé affichés par l’appareil, ainsi que les consignes en place. Sans les conditions de mesure, les valeurs ne sont pas comparables d’une visite à l’autre.

Ajuster la combustion sans sortir de la notice

Réglez l’air, puis le débit gaz ou fioul, en suivant strictement la notice du fabricant : c’est elle qui porte les valeurs cibles, et c’est elle qui fait foi. Travaillez par petites touches, laissez la stabilisation se faire entre deux réglages, et revérifiez la modulation sur plusieurs paliers. Un bon delta T limite les cycles courts et aide une chaudière à condensation à rester dans sa zone efficace, ce qui passe aussi par l’équilibrage des émetteurs.

Les causes fréquentes derrière un relevé hors plage

Encrassement de l’échangeur ou du brûleur : nettoyez avant de régler, sinon vous compensez un défaut par un autre. Défaut d’air : grilles obstruées, local trop étanche, prise d’air à reprendre. Conduit : tirage insuffisant, défaut d’étanchéité, emboîtements. Condensation sur un appareil qui n’est pas prévu pour : température de fumées trop basse ou retour trop froid, à traiter par réglage ou adaptation hydraulique. Le diagnostic passe avant le tournevis.

Interpréter le rendement : PCI, PCS et pertes fumées

Sur quelle base le rendement affiché est calculé

La quasi-totalité des analyseurs affiche un rendement de combustion exprimé sur PCI, référence qui exclut la chaleur de condensation de la vapeur d’eau des fumées. C’est la raison pour laquelle une valeur au-dessus de 100 % apparaît sur un appareil à condensation sans qu’il y ait d’erreur. La méthode 3CL-DPE 2021 fixe le coefficient de conversion vers le PCS à 1,11 pour le gaz naturel, 1,09 pour le GPL et 1,07 pour le fioul, ce qui plafonne mécaniquement le rendement sur PCI à 111 %, 109 % et 107 %. Le mécanisme complet est détaillé dans notre article sur la chaudière gaz à condensation.

Ce que les pertes fumées disent réellement

Le rendement de combustion dépend d’abord des pertes fumées, elles-mêmes fonction de la température des fumées et de l’excès d’air. Des fumées plus froides et un excès d’air maîtrisé améliorent la valeur. Mais l’objectif n’est pas la valeur la plus basse possible : sur un appareil non prévu pour la condensation, descendre trop bas fait condenser dans le conduit et détruit la fumisterie. Le réglage vise une plage, pas un record.

Détecter une dérive plutôt qu’une valeur isolée

Une mesure unique ne dit presque rien. Ce qui parle, c’est l’écart entre deux visites aux mêmes conditions : un CO qui monte, un excès d’air qui dérive, une température de fumées qui grimpe à service égal. Archivez les relevés d’une année sur l’autre et comparez au rendement conventionnel de la méthode 3CL correspondant au type et à l’ancienneté de l’appareil pour situer l’écart.

Tracer l’intervention et tenir le dossier

Le rapport d’analyse : ce qu’il doit porter

Un rapport utile tient sur une page et porte les valeurs mesurées avant et après réglage, les conditions de mesure (puissance, consignes, mode de fonctionnement, durée de stabilisation), les réglages réalisés et les recommandations. Ajoutez le relevé horodaté sorti de l’analyseur et deux photos. Ce format s’articule directement avec le contrat d’entretien et ses obligations de contenu.

L’attestation d’entretien : délai, conservation, mentions

L’article R. 224-41-8 du code de l’environnement fixe quinze jours après la visite pour établir l’attestation. Le commanditaire la conserve au minimum deux ans et la tient à disposition des agents de contrôle. L’arrêté du 15 septembre 2009 impose d’y mentionner la marque et la référence de l’appareil de mesure utilisé, et exige que cet appareil soit adapté au besoin de mesure et contrôlé pour garantir la validité de la valeur mesurée.

Ce que vous engagez en signant le relevé

Un relevé signé engage l’état de l’installation à la date et dans les conditions décrites, pas au-delà. Écrivez explicitement les réserves : ventilation à reprendre, conduit à contrôler, appareil hors plage sur un palier de modulation. Proposez ensuite un suivi des consommations pour objectiver l’effet du réglage sur la saison, plutôt que d’annoncer un pourcentage d’économie que rien ne viendra confirmer.

Chiffres clés

< 10 ppm

CO ambiance, situation normale

≥ 50 ppm

Danger grave et immédiat

15 jours

Délai de l’attestation

Questions fréquentes

Le seuil opposable porte sur le CO mesuré dans l’ambiance, pas dans les fumées. L’article 3 de l’arrêté du 15 septembre 2009 qualifie la situation de normale au-dessous de 10 ppm, d’anormale entre 10 et 50 ppm avec investigations obligatoires sur le tirage du conduit et la ventilation du local, et de danger grave et immédiat à 50 ppm et au-delà, avec injonction faite à l’usager de maintenir la chaudière à l’arrêt. La teneur relevée dans les fumées s’interprète, elle, au regard de la notice de l’appareil.

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Louis Meneteau

Louis est CPO d'Argile. Ingénieur de formation, il a passé quatre ans à valider des logiciels de calcul en ingénierie système, puis trois ans dans le produit logiciel. Il traduit le quotidien des installateurs en parcours produit : visite technique, dimensionnement, devis et dossiers d'aides. Ses articles décrivent des gestes de terrain plutôt que des principes, parce qu'il les observe en visite avant de les spécifier.

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Note de dimensionnement PAC

Calcul conforme NF EN 12831-1

Informations générales

Bénéficiaire

Madame Dos Santos Maria Augusta

E-mail

contact@argile.ai

Téléphone

+33 7 44 94 57 57

Adresse des travaux

7 impasse des Petites Houettes, 21000 Dijon

Informations sur la PAC air/eau

Nom

Alféa Extensa S. 10

Marque

Atlantic

Puiss. nominale

10 kW

ηs à 35 °C / 55 °C

195 % / 154 %

COP

3,5

Régulateur

Classe VI

N° EPREL

2491075

Déperditions du logement

6,0 kW

Puissance du matériel à la T° de base

5,80 kW

3,59 kW

7,78 kW

0 %

60 %

130 %

Taux de couverture des besoins

Puissance du matériel / déperditions du logement

97 %

Dimensionnement de l’appareil

Toitures

Transmission W/m².K

1,8

Surface

65,2

Déperditions W/K

135,0

Planchers

Transmission W/m².K

0,6

Surface

63,0

Déperditions W/K

15,6

Ponts thermiques

Conductivité W/K/m

0,4

Longueurs m

33,4

Déperditions W/K

12,5

Façades

Transmission W/m².K

0,9

Surface

162,4

Déperditions W/K

151,4

Ouvertures

Transmission W/m².K

1,2

Surface

5,5

Déperditions W/K

10,9

Renouvellement de l’air

Taux de renouv. h⁻¹

0,8

Déperditions W/K

102,3

Détermination de la différence de température

Température extérieure de base

-7 °C

Température d’arrêt de la PAC

5 °C

Température de consigne

19 °C

DeltaT

14,0 °C

Coefficient de construction

Volume (surface × hauteur sous plafond)

378,0 m³

G équivalent

1,13 W/m³/K

Avec argile

La note de dimensionnement, calculée selon la NF EN 12831-1

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