Blog/Chaudière gaz condensation : pourquoi elle reste pertinente en 2026
Artisans

2 avril 2026

5 min de lecture

Mis à jour le 6 août 2026

Chaudière gaz à condensation : rendement sur PCI, seuils ErP et cas d’usage en 2026

Un rendement de chaudière à condensation annoncé à 106 % n’est pas une erreur commerciale, c’est une valeur exprimée sur PCI alors que la réglementation écoconception raisonne sur PCS. La méthode 3CL-DPE 2021 fixe le coefficient de passage à 1,11 pour le gaz naturel, ce qui plafonne mécaniquement le rendement sur PCI à 111 %. Voici le tableau des coefficients par combustible, la correspondance avec le seuil ErP de 86 %, et les cas de chantier où le gaz reste le geste défendable.

Sommaire

Un rendement de chaudière à condensation annoncé au-dessus de 100 % est exprimé sur PCI, une référence qui exclut la chaleur de condensation de la vapeur d’eau contenue dans les fumées. Le règlement (UE) n° 813/2013 raisonne à l’inverse sur PCS, qui l’inclut, et fixe le plancher d’écoconception à 86 % d’efficacité énergétique saisonnière pour une chaudière à combustible de 70 kW ou moins. La méthode 3CL-DPE 2021 fixe le coefficient de passage k PCS/PCI à 1,11 pour le gaz naturel, 1,09 pour le GPL et 1,07 pour le fioul, ce qui plafonne le rendement sur PCI à 111 %, 109 % et 107 % respectivement. Les deux bases sont justes, elles ne se comparent simplement jamais directement.

PCI et PCS : la seule distinction qui explique un rendement au-dessus de 100 %

Ce que chaque référence contient, et pourquoi elles diffèrent d’environ 11 %

Le règlement (UE) n° 813/2013 définit à son annexe I le pouvoir calorifique supérieur comme la quantité totale de chaleur émise par une quantité unitaire de combustible brûlée complètement, les produits de combustion étant revenus à la température ambiante, cette quantité incluant la chaleur de condensation de la vapeur d’eau formée par la combustion de l’hydrogène du combustible. Le PCI exclut cette chaleur de condensation. L’écart entre les deux vient donc de la quantité d’hydrogène du combustible : plus il en contient, plus il produit de vapeur d’eau, plus l’écart est grand. Le gaz naturel, très hydrogéné, affiche le plus grand écart des combustibles courants.

Le tableau des coefficients par combustible, et le plafond de rendement qui en découle

Le paragraphe 13.2.1.4 de la méthode 3CL-DPE 2021 donne le coefficient de conversion k PCS/PCI par énergie. Il s’applique dans les deux sens : une énergie sur PCS égale l’énergie sur PCI multipliée par k, une énergie sur PCI égale l’énergie sur PCS divisée par k. Un rendement exprimé sur PCS ne peut jamais dépasser 100 % ; le même rendement exprimé sur PCI est mécaniquement plafonné à k fois 100.

Combustible Coefficient k PCS/PCI Plafond du rendement sur PCI
Gaz naturel 1,11 111 %
GPL (propane, butane) 1,09 109 %
Bois 1,08 108 %
Fioul 1,07 107 %
Charbon 1,04 104 %
Électricité, réseau de chaleur 1 100 %

Lire une fiche produit sans se tromper de base

Sur une fiche ErP, l’efficacité énergétique saisonnière pour le chauffage des locaux est construite sur l’efficacité utile, que l’annexe I du règlement 813/2013 définit comme le rapport entre la production de chaleur utile et la quantité totale d’énergie utilisée, cette dernière étant exprimée en PCS. Une chaudière annoncée à 94 % d’efficacité saisonnière et à 106 % de rendement peut donc parfaitement désigner le même appareil : la première valeur est sur PCS, la seconde sur PCI. La méthode de conversion du poste veilleuse repose exactement sur le même coefficient.

Les seuils réglementaires que porte une chaudière gaz, et leur base de calcul

Le plancher d’écoconception du règlement 813/2013

L’annexe II du règlement (UE) n° 813/2013 fixe, depuis le 26 septembre 2015, une efficacité énergétique saisonnière pour le chauffage des locaux d’au moins 86 % pour les chaudières à combustible de 70 kW ou moins, dispositifs mixtes compris. Les chaudières de type B1 de 10 kW ou moins et les dispositifs mixtes de type B1 de 30 kW ou moins bénéficient d’un seuil abaissé à 75 %, ce qui est la seule raison pour laquelle un raccordement à un conduit collectif existant reste possible en remplacement. Au-delà de 70 kW, le texte exige une efficacité utile d’au moins 86 % à 100 % de la puissance nominale et d’au moins 94 % à 30 %.

La correspondance PCS vers PCI, seuil par seuil

Le tableau ci-dessous convertit ces seuils sur la base PCI, avec le coefficient 1,11 du gaz naturel. Cette conversion sert à comparer des ordres de grandeur, pas à requalifier une valeur : une efficacité saisonnière intègre des corrections (auxiliaires électriques, classe de régulation) qu’un rendement de combustion mesuré à l’analyseur n’intègre pas.

Repère réglementaire Base Valeur Équivalent sur PCI (gaz naturel)
Écoconception, chaudière ≤ 70 kW, depuis le 26/09/2015 PCS ηs ≥ 86 % ≈ 95 %
Écoconception, chaudière B1 ≤ 10 kW PCS ηs ≥ 75 % ≈ 83 %
Écoconception, chaudière > 70 kW à 100 % de Pn PCS ≥ 86 % ≈ 95 %
Écoconception, chaudière > 70 kW à 30 % de Pn PCS ≥ 94 % ≈ 104 %
Seuil THPE de l’arrêté du 17 novembre 2020, abrogé au 01/01/2023 PCS ηs ≥ 92 % ≈ 102 %

Les émissions d’oxydes d’azote, seuil distinct et souvent confondu

Le point 4 de l’annexe II du règlement 813/2013 fixe, depuis le 26 septembre 2018, un plafond d’émissions d’oxydes d’azote de 56 mg/kWh exprimé en PCS pour les dispositifs de chauffage à combustible gazeux, et de 120 mg/kWh PCS pour les combustibles liquides. Ce seuil n’a rien à voir avec un relèvement du niveau d’efficacité : les 86 % des chaudières à combustible n’ont pas bougé depuis 2015. La confusion entre les deux dates est fréquente sur les fiches commerciales.

Les cas de chantier où le gaz à condensation reste le geste défendable

Habitat collectif et conduit commun : la contrainte qui décide à votre place

En copropriété, l’absence d’emplacement pour des unités extérieures, les contraintes acoustiques et l’impossibilité de modifier les colonnes et les conduits communs ferment souvent la discussion avant qu’elle ne commence. Le remplacement à l’identique reste alors le seul geste réalisable dans le calendrier de l’assemblée générale. Sécurisez la ventilation du local, la compatibilité du conduit avec les condensats et le traitement de l’évacuation, ce sont les trois points qui remontent en réserve de réception.

Réseau haute température existant : ce que vous gagnez vraiment

Sur une installation dimensionnée pour un régime 80/60, une chaudière à condensation qui ne descend jamais sous le point de rosée se comporte comme une basse température. Le geste reste défendable, mais annoncez le bon gain. C’est l’abaissement des températures de retour, par la loi d’eau, l’équilibrage des émetteurs et la modulation, qui va chercher la part de condensation. Sans cette partie du lot, vous vendez un appareil et non une performance.

Remplacement en urgence : ce que vous écrivez sur le devis

En remplacement d’urgence hors saison de chauffe, la chaudière gaz reste souvent le seul geste posable dans le délai. Écrivez alors explicitement sur le devis que le poste générateur n’ouvre aucun droit à MaPrimeRénov’ ni aux CEE, et que le plan de travaux ultérieur portera sur les besoins et la distribution. Ce qui vous protège, ce n’est pas la prudence orale, c’est la mention écrite, au même titre que les mentions obligatoires contrôlées sur un devis de rénovation énergétique.

Positionner le prix et la conformité en 2026

Ce que vous ne pouvez plus annoncer en aides

La ligne chaudière gaz à très haute performance énergétique du tableau 1 de l’annexe 2 de l’arrêté MaPrimeRénov’ du 14 janvier 2020 a été supprimée par l’arrêté du 7 avril 2022, pour les demandes déposées à compter du 1er janvier 2023. La définition technique elle-même, portée par l’article 1er de l’arrêté du 17 novembre 2020, a été abrogée par l’arrêté du 29 décembre 2022 à la même date. Côté certificats d’économies d’énergie, l’arrêté du 4 octobre 2023 supprime la fiche BAR-TH-106 à compter du 1er janvier 2024, sans fiche de remplacement pour le gaz.

Le coût complet à poser, poste par poste

Positionnez le devis sur le coût complet du lot et non sur le seul générateur : dépose et évacuation de l’ancien appareil, fumisterie et adaptation du conduit, évacuation des condensats et neutralisation si le matériau du réseau l’impose, désembouage, régulation, mise en service avec relevés, puis entretien annuel. Un devis détaillé poste par poste est la seule réponse tenable face à un moins-disant qui a omis la fumisterie, et il se construit ligne à ligne à partir du matériel, des prestations et des accessoires du plan de travaux. Sur un appareil étanche, le poste fumisterie se chiffre après le calcul de la longueur équivalente du conduit concentrique, coudes et accessoires compris, et non au mètre linéaire relevé sur place.

La traçabilité qui tient en cas de contestation

Conservez le rapport de mise en service avec les valeurs de combustion relevées, l’attestation de conformité gaz lorsque l’installation est modifiée, les notices remises et les paramètres de régulation laissés en place. L’analyse de combustion datée à la mise en service est la pièce qui distingue un réglage documenté d’une affirmation.

Ce que vous proposez à côté du générateur

Réduire le besoin avant de dimensionner la machine

Avant de figer une puissance, traitez les besoins : combles et planchers bas, puis étanchéité à l’air. Côté chauffage, équilibrage hydraulique, robinets thermostatiques et régulation avec sonde extérieure. Résultat, moins de kWh, une puissance installée plus faible, et une chaudière qui passe davantage de temps en condensation parce qu’elle module au lieu de cycler.

Hybride et PAC : les deux plans de travaux à chiffrer en parallèle

Selon l’état de l’isolation et le régime des émetteurs, la PAC air/eau est souvent la piste la plus directe, et l’hybride garde un appoint gaz pour les pointes sans redimensionner les émetteurs. Chiffrez deux plans de travaux complets, avec calendrier et hypothèses de prix explicites, plutôt qu’une variante en bas de page.

Ce que la maintenance engage ensuite

Rappelez au client ce que l’entretien annuel implique de son côté, et ce que vous relevez du vôtre. Consignez à chaque visite le ΔT départ-retour, la température de fumées et le titre hydrotimétrique : c’est la dérive de ces trois valeurs, et rien d’autre, qui déclenche un détartrage de l’échangeur défendable en cas de contestation. Les obligations d’entretien diffèrent selon le générateur installé, y compris pour l’entretien d’une PAC, et ce sont ces obligations qui déterminent la fréquence des visites que vous contractualisez.

Chiffres clés

1,11

Coefficient PCS/PCI gaz naturel

111 %

Plafond du rendement sur PCI

86 %

Plancher ErP sur PCS (≤ 70 kW)

Questions fréquentes

Parce que la valeur est exprimée sur PCI, c’est-à-dire sur une référence qui exclut la chaleur de condensation de la vapeur d’eau des fumées. Une chaudière à condensation récupère justement une partie de cette chaleur, donc elle restitue plus que la référence choisie. La méthode 3CL-DPE 2021 calcule pour cette raison les rendements de génération en PCS, littéralement « pour éviter d’avoir des rendements > 100 % », avant de les reconvertir en PCI. Le plafond théorique sur PCI est le coefficient lui-même, soit 111 % pour le gaz naturel.

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Louis Airy

Louis est COO d'Argile. Après quatre ans de conseil en stratégie et près de deux ans comme chief of staff dans l'adaptation du logement et le réemploi, il a rejoint Argile en mars 2024. Au contact quotidien des entreprises RGE, il suit les sujets CEE, MaPrimeRénov' et TVA réduite, et reprend les articles concernés quand un barème change. Ce qu'il écrit est ce qu'il vérifie ensuite sur des devis réels.

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Le devis

5

Conditions

Étape suivante

Le devis

Désignation

Qté

Unité

Prix U. HT

Total HT

TVA

Prix TTC

1

Installation d’une pompe à chaleur air/eau

Caractéristiques techniques de la PAC (obligatoire)

3 À RENSEIGNER

Surface chauffée par la PAC (m²)

Ex : 120

Efficacité énergétique saisonnière ηs (%)

Ex : 126

Classe du régulateur

I

II

III

IV

V

VI

VII

VIII

1.1

Installation d’une pompe à chaleur air/eau

10 600,00 €

11 183,00 €

1.1.1

Pompe à chaleur air/eau 14 kW

1,00

U

3600,00

3 600,00 €

5,5%

3798,00

B

I

U

Puissance calorifique +7 °C / +35 °C : 13,00 kW. Puissance calorifique -7 °C / +60 °C : 10,10 kW. Efficacité énergétique saisonnière chauffage (35 °C / 55 °C) : 150 % / 117 %.

1.1.2

Forfait pose et mise en service PAC

1,00

U

7000,00

7 000,00 €

5,5%

7385,00

Ajouter une ligne

2

Isolation des murs par l’extérieur (ITE)

2.1

Isolation des murs par l’extérieur (ITE)

22 500,00 €

23 737,50 €

2.1.1

Isolant polystyrène RT supérieur ou égal à 3,7 m².K/W

120,00

M2

120,00

14 400,00 €

5,5%

15192,00

2.1.2

Forfait main d’œuvre pour travaux d’isolation

120,00

M2

75,00

9 000,00 €

5,5%

9495,00

Remise

-900,00 €

8 545,50 €

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