Blog/Visite technique PAC air-eau : la check-list des relevés avant de faire le devis
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2 novembre 2026

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9 min de lecture

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Mis à jour le 2 novembre 2026

Visite technique d'une PAC air-eau : tout ce qu'il faut relever chez le client pour chiffrer juste et ne pas revenir

Une visite technique de PAC air-eau sert à produire trois choses avant le devis : le calcul des déperditions des pièces desservies, que la fiche CEE BAR-TH-171 exige sous forme de note de dimensionnement remise au client à l'engagement, la température de départ réellement nécessaire, vérifiée émetteur par émetteur, et l'implantation de l'unité extérieure. MaPrimeRénov' ajoute une contrainte de forme : la visite préalable est une condition de l'aide (décret n° 2020-26, article 2) et sa date figure sur le devis et sur la facture. Voici la check-list, zone par zone, puis les photos et pièces à garder.

Sommaire

Une visite technique de PAC air-eau doit produire, avant le devis, le calcul des déperditions des pièces desservies, la température de départ que les émetteurs exigent réellement et l'implantation de l'unité extérieure. La fiche CEE BAR-TH-171 en fait une pièce du dossier : une note de dimensionnement du générateur par rapport aux déperditions calculées à la température de base, remise au client à l'engagement de l'opération. Pour MaPrimeRénov', l'article 2 du décret n° 2020-26 subordonne la prime à une visite préalable au devis, dont le guide de l'Anah précise que la date figure sur le devis et sur la facture.

Le workflow général, de la prise de rendez-vous à la signature, est décrit dans l'article de la visite technique au devis. Ici, il s'agit du contenu du relevé propre à une PAC air-eau posée en remplacement d'une chaudière, ce qui est le cas le plus fréquent, et des trois erreurs qui obligent à revenir.

Ce que la visite doit trancher avant de chiffrer

Une visite réussie ne laisse aucune case « à vérifier au chantier » sur les cinq décisions qui font le prix.

Décision Ce qui la tranche pendant la visite Ce qu'elle change au devis
Puissance de la machine déperditions des pièces desservies à la température de base modèle, prix, appoint, fiche CEE
Application basse ou moyenne/haute température émetteurs pièce par pièce, production d'ECS ou non Etas à 35 °C ou à 55 °C, éligibilité BAR-TH-171
Production d'eau chaude occupants, ballon existant, place disponible ballon, système déporté, Etas retenu
Monobloc ou bibloc distance et cheminement jusqu'à la chaufferie liaisons, attestation de capacité, protection antigel
Dépose de l'existant énergie et type du générateur, cuve, conduit lignes de dépose, Coup de pouce, repérage amiante

La check-list de visite, zone par zone

1. Le logement et ses déperditions

La BAR-TH-171 dit précisément ce qui se calcule : les déperditions des pièces du logement desservies par le réseau de chauffage, à T = Tbase, sans tenir compte des éventuels autres générateurs présents. Un poêle au salon ne réduit donc pas le besoin à couvrir dans la note.

  • Commune et altitude, pour la température extérieure de base.
  • Pièce par pièce : surface, hauteur sous plafond, pièce chauffée ou non, raccordée ou non au réseau d'eau chaude. La surface des pièces équipées d'un émetteur alimenté par la PAC est celle qui fixe le montant de kWh cumac de la BAR-TH-171.
  • Parois : composition des murs, isolant et épaisseur quand elle est visible ou connue, plancher bas (terre-plein, vide sanitaire, sous-sol), combles ou rampants.
  • Menuiseries : type de vitrage, matériau, dimensions, volets.
  • Ventilation : naturelle, VMC simple flux autoréglable ou hygroréglable, double flux.
  • Travaux d'isolation prévus ou récents : on dimensionne sur l'état après travaux si ceux-ci sont engagés.

La méthode de calcul est celle de la NF EN 12831-1. Ce qui compte en visite, c'est de ne repartir avec aucune paroi inconnue : une hypothèse prise au bureau sur un mur que personne n'a regardé est la première source d'écart entre la note et la machine posée.

2. Les émetteurs et la température de départ réellement nécessaire

C'est le relevé qui décide de l'application de la PAC, et donc de l'Etas qui sera jugé. La fiche BAR-TH-171 classe en basse température le plancher, le plafond ou le mur chauffant et les ventilo-convecteurs à eau, avec l'Etas à 35 °C. Tous les autres émetteurs, y compris les solutions mixtes radiateurs et plancher et les radiateurs dits « basse température » à 45 °C, relèvent de la moyenne ou haute température, avec l'Etas à 55 °C. Le seuil d'éligibilité est de 126 % en basse température et de 111 % en moyenne ou haute température.

Relevez pour chaque émetteur le type (fonte, acier, aluminium, panneau), les dimensions et le nombre d'éléments, la présence d'un robinet thermostatique, et retrouvez la puissance catalogue avec son régime de référence. La puissance d'un radiateur baisse plus vite que l'écart de température : elle varie comme le rapport des écarts moyens eau-air, élevé à l'exposant n donné par le fabricant.

Exemple, avec un exposant de 1,3 pris pour l'illustration. Une chambre perd 1,2 kW à la température de base. Son radiateur donne 1,5 kW au régime 75/65/20, soit un écart moyen de 50 K.

Régime de l'eau (départ/retour) Écart moyen eau-air Puissance du radiateur Couvre la pièce ?
75/65 50 K 1,50 kW oui
55/45 30 K 0,77 kW non
45/40 22,5 K 0,53 kW non

Pour couvrir 1,2 kW, ce radiateur demande une eau moyenne d'environ 62 °C. C'est cette pièce, pas la moyenne de la maison, qui fixe la température de départ, sauf à remplacer ou ajouter un émetteur. Le devis doit alors porter la ligne de remplacement, et la machine retenue doit délivrer sa puissance à cette température de départ et à la température de base, pas à son point nominal.

3. L'ancienne chaudière et trois ans de consommations

  • Plaque signalétique : marque, modèle, énergie, puissance, année. En photo.
  • Type : à condensation ou non, ventouse ou cheminée, production d'ECS intégrée ou non.
  • Factures ou relevés sur trois ans : kWh de gaz (exprimés en PCS sur la facture, à convertir avant toute comparaison), livraisons de fioul en litres, propane, granulés.
  • Usage réel : consigne, pièces fermées l'hiver, appoints (poêle, convecteurs), nombre d'occupants.
  • Volonté du client : dépose complète ou maintien en relève.
  • Statut du logement : seule une résidence principale ouvre la bonification Coup de pouce Chauffage.

La puissance de l'ancienne chaudière n'est pas le besoin. Elle a souvent été choisie pour l'eau chaude instantanée ou par sécurité, et une PAC recopiée sur cette valeur coûte plus cher, cycle davantage et ne passe pas la note. Les consommations servent à l'inverse de contrôle de cohérence : un calcul de déperditions qui annonce un besoin très éloigné de ce que la maison a réellement consommé signale une paroi mal relevée ou un usage particulier, à éclaircir avant de partir.

La dernière ligne est décisive : la BAR-TH-171 exclut les PAC associées à un autre système de chauffage. Une chaudière gardée en relève change la fiche et la prime.

4. L'eau chaude sanitaire

  • Mode actuel : chaudière mixte instantanée, ballon séparé, cumulus électrique, chauffe-eau thermodynamique.
  • Nombre d'occupants et profils de puisage (bains, douches, horaires).
  • Volume et état du ballon existant, place disponible pour un ballon neuf : hauteur sous plafond, passage des portes, tenue du sol au poids rempli.
  • Distance entre la production et les points de puisage les plus éloignés.

Si la PAC produit l'ECS, la BAR-TH-171 la classe en moyenne ou haute température et l'Etas à 55 °C s'applique, quels que soient les émetteurs. Un ballon déporté produit par la PAC doit être de la même marque qu'elle, la seule résistance admise servant au secours ou aux cycles anti-légionelle, la régulation donnant la priorité à la PAC.

5. Le tableau électrique et l'abonnement

  • Monophasé ou triphasé, puissance souscrite en kVA, sur la facture ou le compteur.
  • Place disponible dans le tableau, état général, présence et valeur de la terre.
  • Distance et cheminement du tableau à l'unité extérieure et au module intérieur.
  • Puissance de l'appoint électrique envisagé, ajoutée aux autres usages simultanés (plaques, four, véhicule électrique).

Une machine triphasée chez un client en monophasé, ou un appoint qui fait disjoncter le compteur en janvier, se règle avant le devis : passage en triphasé ou hausse de la puissance souscrite, à demander par le client, ou choix d'une autre machine.

6. L'unité extérieure : emplacement, bruit, condensats, support

  • Emplacements possibles, avec les dégagements de la notice et du NF DTU 65.16 côté aspiration, soufflage et raccordements.
  • Fenêtres et chambres du voisin et du client dans l'axe du soufflage, murs et angles qui réfléchissent le son, mur mitoyen.
  • Support : sol stable pour une dalle, ou mur capable de porter des consoles sans transmettre de vibrations.
  • Évacuation des condensats : point de rejet, pente, risque de gel, passage piéton.
  • Accès pour la livraison, la manutention et la maintenance.

Le niveau sonore se juge au voisinage, pas sur la fiche de la machine. L'article R1336-5 du code de la santé publique interdit tout bruit qui, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porte atteinte à la tranquillité du voisinage, et c'est ce texte qui s'applique à une PAC domestique. La puissance acoustique du catalogue est mesurée en laboratoire ; c'est la distance aux ouvrants voisins et les réflexions du site qui feront la plainte. Les dégagements chiffrés et le régime de bruit sont détaillés dans l'article sur l'implantation de la PAC.

7. Les liaisons jusqu'à la chaufferie

  • Longueur et dénivelé entre l'unité extérieure et le module intérieur, nombre de traversées de murs.
  • Monobloc : liaisons hydrauliques en extérieur à protéger du gel (calorifuge, antigel ou vidange selon le fabricant).
  • Bibloc : liaisons frigorifiques dans les longueurs et dénivelés admis par la notice, et manipulation de fluide qui suppose l'attestation de capacité de l'entreprise.
  • Réseau existant : boues, état du vase d'expansion, circulateur, diamètres, volume d'eau au regard du minimum demandé par le fabricant pour le dégivrage.

8. La dépose de l'ancien générateur

  • Énergie et type du générateur à déposer, à reporter tels quels sur la facture.
  • Cuve à fioul : enterrée ou non, à vider, dégazer, déposer ou neutraliser.
  • Conduit de fumée : à conserver, tuber ou obturer.
  • Matériaux susceptibles de contenir de l'amiante sur le générateur, le conduit ou les calorifuges.
  • Accès et évacuation des équipements déposés.

Le Coup de pouce Chauffage multiplie par cinq le volume de CEE quand la PAC remplace une chaudière au charbon, au fioul ou au gaz. La facture doit alors mentionner expressément la dépose de l'équipement existant, son énergie et son type, et la dépose doit être faite par le professionnel : une dépose par le client ne permet pas de valoriser l'opération en Coup de pouce. Côté MaPrimeRénov', la dépose d'une cuve à fioul reste, comme la PAC air-eau, un geste de l'annexe 1 du décret n° 2020-26 dans sa version issue du décret n° 2026-822, applicable aux demandes déposées depuis le 1er septembre 2026 : relevez la cuve en visite pour la chiffrer comme une ligne à part.

Pour l'amiante, le code du travail (article R4412-97) met le repérage avant travaux à la charge du donneur d'ordre, du maître d'ouvrage ou du propriétaire, notamment pour les équipements fabriqués avant l'interdiction de l'amiante de 1996. Chez un particulier, c'est en principe votre client, maître d'ouvrage : notez en visite ce qui est suspect et ce qui a déjà été repéré, et écrivez au devis qui fournit le rapport.

Les photos et pièces à garder pour les dossiers CEE et MaPrimeRénov'

Les justificatifs se constituent pendant la visite, pas après la pose. Les contrôles de fin de chantier se préparent à part, dans les contrôles de mise en service.

Pièce Ce qu'elle doit montrer Exigée par
Note de dimensionnement déperditions à Tbase des pièces desservies, machine conforme à ses préconisations, remise à l'engagement puis actualisée si besoin fiche BAR-TH-171
Date de la visite préalable portée sur le devis et sur la facture décret n° 2020-26, art. 2 ; guide Anah
Fiche d'information produit Etas de la PAC selon l'application retenue fiche BAR-TH-171
Preuve de réalisation marque et référence, application (basse ou moyenne/haute température), usage (chauffage seul ou avec ECS), Etas, classe du régulateur (IV à VIII) fiche BAR-TH-171
Qualification RGE décision de qualification valide pour le chauffage, et pour l'ECS si la PAC la produit fiche BAR-TH-171
Etas et application sur le devis Etas de la PAC sur le devis, puis Etas et type d'application (basse, moyenne ou haute température) sur la facture Coup de pouce Chauffage
Mentions de dépose dépose de l'équipement existant, énergie et type, sur la facture Coup de pouce Chauffage
Offre CEE incitation proposée au client avant la signature du devis guide Anah

Ajoutez à ce dossier les photos prises pendant la visite : plaque de la chaudière, chaufferie, chaque émetteur, tableau et compteur, emplacement retenu pour l'unité extérieure avec ses abords, cuve et conduit. Ce sont elles qui justifient, des mois plus tard, l'application choisie et la puissance retenue. Les seuils d'Etas et le barème de la fiche sont détaillés dans la ressource BAR-TH-171.

Chiffres clés

126 %

Etas minimal d'une PAC air-eau en basse température pour la fiche BAR-TH-171

x5

Volume de CEE en Coup de pouce Chauffage quand la PAC remplace une chaudière charbon, fioul ou gaz

111 %

Etas minimal d'une PAC air-eau en moyenne ou haute température (radiateurs, ou ECS produite) pour la fiche BAR-TH-171

Questions fréquentes

Non. La plaque donne la puissance que la chaudière peut fournir, pas celle dont le logement a besoin, et les chaudières en place sont rarement dimensionnées au plus juste. La fiche BAR-TH-171 demande une note de dimensionnement par rapport aux déperditions calculées à la température de base, sur les pièces desservies par le réseau de chauffage. Relevez la plaque pour le dossier de dépose, puis calculez le besoin à partir des parois, des menuiseries, de la ventilation et de la commune.

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Louis Airy

Louis est COO d'Argile. Après quatre ans de conseil en stratégie et près de deux ans comme chief of staff dans l'adaptation du logement et le réemploi, il a rejoint Argile en mars 2024. Au contact quotidien des entreprises RGE, il suit les sujets CEE, MaPrimeRénov' et TVA réduite, et reprend les articles concernés quand un barème change. Ce qu'il écrit est ce qu'il vérifie ensuite sur des devis réels.

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