Un ventilo-convecteur se choisit sur la puissance qu'il rend au régime d'eau que la PAC air/eau produira à la température de base, en pratique 35 à 45 °C en départ, et non sur la puissance affichée à 70/60 °C : à 40 °C, un appareil vendu pour 4,2 kW à 70/60 °C en rend environ 1,7. En rafraîchissement, il est le seul émetteur à eau qui déshumidifie, ce qui impose un bac, une évacuation des condensats et un calorifugeage de tout le réseau d'eau froide. Pour les CEE, la fiche BAR-TH-171 classe une PAC qui assure le chauffage sans produire l'eau chaude sanitaire, sur ventilo-convecteurs à eau, en application basse température, jugée sur son Etas à 35 °C avec un seuil de 126 %, tant qu'aucun radiateur n'est raccordé au même réseau.
Comment un ventilo-convecteur chauffe et rafraîchit avec une PAC air/eau
Un ventilo-convecteur est une batterie à eau (tubes cuivre et ailettes aluminium) traversée par l'air que pousse un ventilateur. La convection forcée lui permet d'échanger beaucoup de puissance avec un faible écart entre l'eau et l'air, là où un radiateur compte sur la convection naturelle et le rayonnement. C'est ce qui le rend compatible avec une eau à 35 ou 40 °C en hiver, et avec une eau à 7 °C en été.
Sous la batterie, un bac recueille l'eau condensée en mode froid. En amont, un filtre protège la batterie. Formats courants : allège, plafonnier, cassette et gainable en faux plafond. Chaque appareil demande une alimentation électrique et une commande, donc un lot électricité au devis.
2 tubes ou 4 tubes : que poser derrière une PAC réversible
| 2 tubes | 4 tubes | |
|---|---|---|
| Batteries | Une seule, alimentée en chaud ou en froid | Deux, une chaude et une froide |
| Réseau | Un aller et un retour | Deux allers et deux retours |
| Chaud et froid simultanés | Non, tout le réseau bascule ensemble | Oui, pièce par pièce |
| Production nécessaire | Une PAC réversible | Deux productions simultanées (PAC et chaudière, ou machine à récupération) |
| Usage typique | Maison individuelle, petit tertiaire | Bureaux avec façades exposées différemment |
Une PAC air/eau réversible produit du chaud ou du froid, pas les deux à la fois. Derrière elle, en maison individuelle, le 2 tubes suffit : le réseau bascule d'un mode à l'autre, et chaque appareil doit savoir dans quel mode il se trouve (contact de basculement ou sonde de température d'eau sur la batterie). Le 4 tubes double le réseau et les raccordements pour un besoin de simultanéité qu'une maison n'a presque jamais : le proposer sans seconde production revient à facturer une batterie qui ne servira pas.
Quelle puissance retenir : le régime d'eau réel, pas le régime catalogue
C'est l'erreur qui fait rappeler le client en janvier. Selon les fabricants et les gammes, la puissance calorifique mise en avant est donnée à 70/60 °C, à 50 °C ou à 45/40 °C, toujours en grande vitesse. Or une PAC air/eau dimensionnée pour la basse température sortira 35 à 45 °C à la température de base.
À débits d'eau et d'air constants, la puissance d'une batterie suit à peu près l'écart entre la température de l'eau qui entre et celle de l'air repris. Pour un séjour à 20 °C, le tableau donne l'ordre de grandeur pour un appareil annoncé 4,2 kW à 70/60 °C.
| Départ d'eau | Écart eau entrante et air repris (air à 20 °C) | Puissance estimée en grande vitesse |
|---|---|---|
| 70 °C | 50 K | 4,2 kW (valeur catalogue) |
| 55 °C | 35 K | 2,9 kW |
| 45 °C | 25 K | 2,1 kW |
| 40 °C | 20 K | 1,7 kW |
| 35 °C | 15 K | 1,3 kW |
Ces valeurs sont une approximation linéaire pour montrer l'écart. La valeur à reporter au devis est celle du tableau de puissances du fabricant, au régime d'eau et à la vitesse que vous retenez.
Exemple. Le séjour d'une maison de 110 m² perd 1,9 kW à la température de base, et la loi d'eau prévoit 40 °C en départ à ce point. L'appareil « 4,2 kW » en rend environ 1,7 en grande vitesse : il ne couvre pas la pièce. Monter le départ à 45 °C le ferait passer à 2,1 kW, mais en grande vitesse permanente par grand froid et avec un COP plus bas sur toute l'installation. La bonne réponse est un modèle plus grand ou deux appareils, choisis en vitesse moyenne au régime de 40 °C, la grande vitesse restant une réserve de relance.
Faites la même lecture en froid. La puissance frigorifique totale mêle la part sensible, qui abaisse la température, et la part latente, qui retire de l'humidité. Le besoin d'une pièce exposée se compare à la colonne sensible, plus faible que la totale. En maison bien isolée, c'est souvent le froid qui impose la taille de l'appareil, pas le chaud. Le même raisonnement vaut pour les radiateurs en basse température, avec une loi d'émission différente.
Rafraîchir sans dégâts : condensats et réseaux d'eau froide
Avec une eau à 7 °C, la batterie est très en dessous du point de rosée de la pièce : environ 14,8 °C pour un air à 26 °C et 50 % d'humidité relative, 17,6 °C à 60 %. Elle condense, c'est ce qui déshumidifie (calcul détaillé dans notre article sur le point de rosée en chantier).
Trois points à traiter avant la pose :
- L'évacuation. Pente continue, siphon, raccordement aux eaux usées ou pompe de relevage quand la pente manque.
- Le calorifugeage. Tout tube, vanne ou raccord parcouru par l'eau froide condense à l'air libre. Un isolant à cellules fermées, collé sans discontinuité jusqu'à la batterie, y compris sur les corps de vannes. Un mètre oublié en faux plafond suffit à tacher un plafond.
- Le mode dégradé. Si aucune évacuation n'est possible, réglez le départ d'eau au-dessus du point de rosée de la pièce, avec une marge : 18 °C suffit à peine à 26 °C et 60 % d'humidité relative. L'appareil rafraîchit alors en sensible seul, sans déshumidifier et avec une puissance bien plus faible. C'est le principe du plancher chauffant rafraîchissant, à écrire noir sur blanc sur le devis pour qu'il ne soit pas vendu comme une climatisation.
Bruit : quelle vitesse retenir
Les fiches techniques donnent un niveau de puissance acoustique (Lw), propre à l'appareil, et parfois un niveau de pression (Lp) à une distance donnée. Ce que l'occupant entend est une pression dans la pièce, plus faible que la puissance, et qui dépend du volume et des surfaces absorbantes.
L'arrêté du 30 juin 1999 fixe justement une pression : le niveau de pression acoustique normalisé (LnAT) du bruit d'un appareil individuel de chauffage ou de climatisation, dans des conditions normales de fonctionnement, ne doit pas dépasser 35 dB(A) dans les pièces principales et 50 dB(A) dans la cuisine du logement (article 5). L'article 11 réserve ce texte aux bâtiments d'habitation neufs, surélévations et additions comprises, dont le permis ou la déclaration a été déposé à partir du 1er janvier 2000. Pour un appareil posé dans un logement existant, le seuil ne s'impose donc pas réglementairement, mais c'est un repère contractuel solide, surtout pour une chambre.
La conséquence pratique rejoint le dimensionnement : choisissez l'appareil pour qu'il couvre le besoin en vitesse moyenne, ou en petite vitesse dans une chambre. Un appareil qui ne tient la pièce qu'en grande vitesse sera bruyant précisément les nuits où il fait le plus froid.
Régulation : ce que la PAC et chaque appareil doivent se dire
Chaque ventilo-convecteur porte son thermostat, qui agit sur la vitesse du ventilateur et, de préférence, sur une vanne deux voies motorisée. La PAC, elle, règle sa température de départ sur la loi d'eau. Quatre réglages évitent la plupart des appels :
- Le démarrage du ventilateur sur eau chaude. En chauffage, l'appareil ne doit pas souffler tant que la batterie est froide, sinon il envoie un courant d'air froid à chaque relance ou pendant un dégivrage.
- Le débit minimal de la PAC. Quand toutes les vannes se ferment, la PAC doit garder un débit et un volume d'eau suffisants : soupape différentielle, bouteille de découplage ou ballon tampon selon le volume du réseau et les exigences du fabricant.
- Le basculement chaud et froid. Sur un réseau 2 tubes, chaque appareil doit savoir dans quel mode se trouve le réseau, sinon un thermostat en demande de chaud ouvre sa vanne sur de l'eau à 7 °C.
- La sécurité condensats. Un flotteur de niveau dans le bac, qui coupe la vanne ou le ventilateur en cas de bouchage, vaut son prix en faux plafond.
Ventilo-convecteur, radiateur basse température ou plancher chauffant
| Critère | Ventilo-convecteur | Radiateur basse température | Plancher chauffant |
|---|---|---|---|
| Départ d'eau courant à la température de base | 35 à 45 °C | 45 à 55 °C | 30 à 40 °C |
| Rafraîchissement | Oui, avec déshumidification | Non | Oui, en sensible seul, eau au-dessus du point de rosée |
| Réactivité | Forte | Moyenne | Faible (inertie de la chape) |
| Bruit et électricité | Ventilateur, alimentation par appareil | Aucun | Aucun |
| Entretien | Filtres, bac, évacuation | Purge | Désembouage périodique |
| Application selon BAR-TH-171 | Basse température, Etas à 35 °C | Moyenne ou haute température, Etas à 55 °C, même à 45 °C | Basse température, Etas à 35 °C |
La dernière ligne compte pour le dossier CEE. La fiche BAR-TH-171, en vigueur dans sa version vA82-5 depuis le 1er septembre 2026, classe les PAC qui assurent uniquement le chauffage (par opposition à celles qui produisent aussi l'eau chaude sanitaire) sur plancher, plafond ou mur chauffant et sur ventilo-convecteurs à eau en application basse température : l'Etas à 35 °C doit atteindre 126 %. Tous les autres émetteurs, y compris les radiateurs dits basse température à 45 °C et toute solution mixte, relèvent de la moyenne ou haute température, avec l'Etas à 55 °C et un seuil de 111 %. Une PAC qui produit aussi l'eau chaude sanitaire est de même classée en moyenne ou haute température.
Le piège est double. Ajouter deux ventilo-convecteurs sur un réseau de radiateurs ne fait pas passer l'installation en basse température. Et une PAC posée sur ventilo-convecteurs seuls, avec un Etas à 35 °C de 120 %, n'est pas éligible même si elle fonctionne parfaitement. Le type d'application figure sur la preuve de réalisation, et la fiche exige une note de dimensionnement du générateur sur les déperditions calculées à la température de base. Le détail des forfaits est sur notre fiche BAR-TH-171, et l'effet du régime d'eau sur chaque famille d'émetteurs dans PAC basse ou haute température.
Ce qu'il faut écrire sur le devis
- Marque, modèle et format de chaque appareil, pièce par pièce.
- Puissance calorifique au régime d'eau retenu (par exemple 40/35 °C) et à la vitesse retenue, face aux déperditions de la pièce.
- Puissance frigorifique sensible à 7/12 °C, ou au régime de rafraîchissement retenu.
- Mode d'évacuation des condensats : gravitaire, relevage, ou rafraîchissement sans condensation au-dessus du point de rosée.
- Calorifugeage anti-condensation des réseaux, vannes comprises.
- Alimentation électrique et commande de chaque appareil.
- Régulation : thermostat, vanne, basculement chaud et froid, organe de débit minimal.
- Type d'application de la PAC au sens de la fiche BAR-TH-171 et Etas correspondant.
Ces lignes protègent autant que le prix : face à un devis moins cher qui aligne des appareils « 4 kW » sans régime ni vitesse, elles montrent au client ce qu'il achète réellement en janvier et en juillet.




