Selon l'analyse d'Argile de 545 675 audits énergétiques publiés par l'ADEME, 16 % des rénovations d'ampleur d'un logement classé E, F ou G remboursent leur reste à charge en dix ans ou moins pour un ménage aux revenus intermédiaires, au barème MaPrimeRénov' en vigueur en 2026. Sans aucune aide, la part tombe à 3,7 %. Ces chiffres reposent sur la seule source publique qui porte, pour le même logement, le coût des travaux, la facture avant et la facture après, chacun chiffré par l'auditeur sur place.
Pour un artisan qui vend de la rénovation globale, le chiffre utile n'est pas « c'est rentable » ou « ce ne l'est pas » : c'est l'écart entre les profils de ménage et entre les étiquettes de départ, qui dit à quels clients l'argument du retour sur investissement tient, et à quels clients il faut parler d'autre chose.
Les chiffres clés de l'étude
| Indicateur | Valeur | Population |
|---|---|---|
| Logements remboursant leur reste à charge en 10 ans ou moins, ménage intermédiaire, MaPrimeRénov' 2026 | 16,0 % | 545 675 audits E, F, G |
| Les mêmes, sur la facture conventionnelle du DPE, sans correction du comportement | 38,9 % | 545 675 audits E, F, G |
| Logements remboursant le coût brut en 10 ans ou moins, sans aucune aide | 3,7 % | 545 675 audits E, F, G |
| Coût médian des travaux prescrits | environ 55 000 € | 545 675 audits E, F, G |
| Économie annuelle médiane, facture conventionnelle | 2 675 € | 545 675 audits E, F, G |
| Économie annuelle médiane, factures corrigées du sous-chauffage et du confort repris | 1 785 € | 545 675 audits E, F, G |
| Part du chauffage dans la facture, médiane avant et après travaux | 85 % puis 68 % | 591 685 audits gagnant deux classes |
| Part de maisons individuelles dans la cohorte | 96 % | 591 685 audits gagnant deux classes |
Le retour sur investissement est compté en années jusqu'à ce que les économies cumulées couvrent le reste à charge, l'économie progressant de 3 % par an avec le prix de l'énergie.
Le profil du ménage décide presque tout
Avec les mêmes travaux et les mêmes factures, le barème MaPrimeRénov' fait varier la part des rénovations remboursées en dix ans d'un facteur dix entre les deux extrémités.
| Très modeste | 47,9 |
|---|---|
| Modeste | 27,5 |
| Intermédiaire | 16,0 |
| Supérieur | 4,8 |
| Sans aucune aide | 3,7 |
Pour un ménage très modeste, l'aide médiane atteint 32 000 €, soit le plafond de 40 000 € de dépense à 80 %. Pour un ménage aux revenus supérieurs, elle tombe à 4 000 €, et le retour se lit presque sur le coût brut. Le détail du barème, des plafonds et de l'écrêtement est sur la fiche MaPrimeRénov'.
Plus l'étiquette de départ est basse, plus le retour est court
Une passoire classée G économise davantage qu'un logement classé E pour un coût de travaux comparable. Pour un ménage aux revenus intermédiaires, au barème 2026 et avec les factures corrigées :
| Étiquette de départ | Remboursées en 10 ans ou moins |
|---|---|
| G | 23,8 % |
| F | 15,2 % |
| E | 10,6 % |
Les 46 010 audits partant de C ou D, qui gagnent aussi deux classes mais n'ont plus accès au parcours accompagné depuis le 30 septembre 2025, remboursent leur coût brut en dix ans dans 2 à 3 % des cas. En les comptant, la cohorte passe à 591 685 audits et la part remboursée en dix ans pour un ménage intermédiaire à 15,0 %.
Méthode
Source. Le jeu « Audits énergétiques des logements existants » (audit-opendata) de l'ADEME, 706 713 audits au téléchargement d'août 2026. Pour chaque audit, Argile joint l'état initial (le logement, sa facture conventionnelle) à l'étape finale du scénario principal en une étape (le coût des travaux, la facture après).
Filtres. Un seul filtre définit la rénovation d'ampleur : un gain d'au moins deux classes du DPE. Les lignes aberrantes sont écartées (surface hors de 9 à 1 000 m², coût de travaux au-delà de 500 000 €, factures ou classes manquantes). La population de référence de cette page est ensuite restreinte aux logements classés E, F ou G, seuls éligibles au parcours accompagné.
L'économie est une soustraction, jamais le champ publié. Le champ gain_financier_cumule des audits suit au moins quatre conventions selon le logiciel qui a produit l'audit : la bonne (facture avant moins facture après), le signe inversé, la facture finale recopiée à la place du gain, et un montant voisin de 2,3 fois l'économie. Moins d'un quart des audits suivent la bonne. Argile recalcule donc toujours l'économie comme la différence des deux factures du même audit, sans écarter aucun audit : leurs factures sont saines, c'est le champ publié qui ne l'est pas.
La correction du comportement. Le DPE calcule une consommation conventionnelle, à 19 °C dans toutes les pièces. Un ménage en passoire se chauffe moins, et reprend du confort une fois les travaux faits : les deux factures bougent en sens inverse. Argile corrige chaque côté séparément, sur la seule part chauffage de la facture, lue logement par logement, avec les degrés-heures de la méthode 3CL indexés sur la zone climatique et l'altitude. Hypothèses par défaut : 17 °C sur 85 % de la surface avant travaux, 20 °C partout après. Sur la facture conventionnelle, sans cette correction, la part remboursée en dix ans pour un ménage intermédiaire passe de 16,0 % à 38,9 % : c'est l'hypothèse la plus lourde de l'étude, et elle est affichée comme telle.
Les aides. Le barème appliqué est celui de MaPrimeRénov' Parcours accompagné tel que le présente Service-Public.fr (page vérifiée le 1er septembre 2026) : plafond de dépense de 30 000 € pour deux classes gagnées et de 40 000 € pour trois ou plus, taux de 80, 60, 45 et 10 % selon le profil, écrêtement à 100, 90, 80 et 50 % du coût. Aucune prime CEE ni aide locale n'est ajoutée.
Limites
- Le parc audité n'est pas le parc français. Les audits concernent surtout des maisons mises en vente ou candidates au parcours accompagné : 96 % de maisons individuelles. Les chiffres valent pour ces logements, pas pour les appartements ni pour l'ensemble du parc.
- Ce sont des travaux prescrits, pas des travaux réalisés. Le coût est celui que l'auditeur a chiffré pour le scénario en une étape ; rien ne dit que le ménage a fait ces travaux à ce prix.
- Aucun revenu réel. Les audits ne portent pas le revenu du ménage : chaque profil est appliqué à toute la cohorte, ce qui donne une borne par profil et non une répartition réelle.
- Le prix de l'énergie est celui de la méthode du DPE, figé à la date de l'audit, avec une hausse de 3 % par an ensuite. Un écart durable entre électricité et gaz change le résultat d'un remplacement de chaudière.
- Les primes CEE et les aides locales ne sont pas comptées. Elles raccourcissent le retour ; elles ne changent pas l'ordre des profils.
- Le coût des travaux est pris tel que l'auditeur l'a saisi, alors que le plafond de MaPrimeRénov' porte sur la dépense hors taxes et l'écrêtement sur le coût toutes taxes : l'aide calculée est un ordre de grandeur, pas un montant d'instruction.
- Le barème est celui de 2026. Il change presque chaque année, et la part remboursée suit.
Faire varier les hypothèses
L'outil gratuit ROI rénovation globale rejoue la même cohorte dans le navigateur : température avant et après travaux, profil de revenus, barème, prix de chaque énergie, filtres par département, zone climatique ou type de logement. Pour la méthode de calcul d'un retour sur investissement sur un chantier précis, voir calculer le retour sur investissement d'une rénovation.
Comment citer cette étude
Argile, « Rénovation d'ampleur : combien de logements remboursent leurs travaux en dix ans ? », argile.ai, 2 novembre 2026. https://www.argile.ai/blog/renovation-d-ampleur-rentabilite-etude-argile-545-675-audits
Données : ADEME, jeu « audit-opendata », extraction d'août 2026, retraitée par Argile.




