Le tarif réglementé de vente du gaz naturel a disparu le 30 juin 2023, en application de la loi énergie-climat du 8 novembre 2019. La seule référence publique qui subsiste est le prix repère mensuel de la CRE, un indicateur de comparaison qui n'est opposable à aucun fournisseur. En septembre 2026, il s'établit à 0,13474 €/kWh TTC en moyenne pour un client chauffage raccordé au réseau GRDF, avec un abonnement annuel de 360,79 € TTC. C'est cet abonnement, insensible aux travaux, qui explique qu'une consommation divisée par deux ne divise jamais la facture par deux.
Le prix repère CRE, et ce qu'il n'est pas
Ce que publie la CRE, mois par mois
Le prix repère se lit toujours en deux morceaux, un abonnement et un prix du kWh, et il se décline par usage et par zone tarifaire. Les valeurs de septembre 2026, pour la zone GRDF qui couvre l'essentiel des clients résidentiels, sont les suivantes.
| Usage | Abonnement TTC | Prix du kWh TTC, moyenne | Fourchette selon la zone tarifaire |
|---|---|---|---|
| Chauffage | 360,79 €/an | 0,13474 € | 0,12511 à 0,15353 € |
| Cuisson et eau chaude | 152,46 €/an | 0,16757 € | 0,16290 à 0,17730 € |
Deux conséquences directes pour un chiffrage. La fourchette entre zones tarifaires atteint 23 % sur le kWh chauffage : le même geste, sur le même logement, ne rapporte pas la même somme selon la commune, et une économie annoncée sans la zone est une économie approximative. Ensuite, le prix repère n'est pas un tarif : le client paiera le prix de son contrat, fixe ou indexé, et le prix repère ne sert qu'à situer une offre.
Comment il bouge, et à quel rythme
La CRE distingue deux blocs. Les coûts d'approvisionnement sont révisés tous les mois et reflètent les contrats mensuels et trimestriels du marché de gros. Les coûts hors approvisionnement, eux, ne bougent que trois fois par an : le transport et le stockage au 1er avril, la distribution au 1er juillet, et la part commerciale, obligations réglementaires et marge du fournisseur incluses.
C'est la raison pour laquelle une variation mensuelle importante ne dit rien de la tendance annuelle. Un devis daté d'octobre et signé en janvier ne s'appuie pas sur le même prix repère, et un document remis au client gagne à porter la date et la valeur de la référence retenue plutôt qu'un prix arrondi sans origine.
Les taxes, et la fin du taux réduit sur l'abonnement
| Ligne | Base | Valeur 2026 |
|---|---|---|
| Accise sur les gaz naturels, ex-TICGN | Chaque kWh consommé | 16,66 €/MWh depuis le 1er août 2026 |
| Contribution tarifaire d'acheminement | Part fixe du tarif d'acheminement | Fixée par le gestionnaire de réseau |
| TVA | Abonnement, consommation, accise et CTA | 20 % depuis le 1er août 2025 |
L'accise a suivi trois marches en un an : 15,43 €/MWh au 1er août 2025, 16,39 €/MWh au 1er février 2026, 16,66 €/MWh au 1er août 2026. Sur 10 000 kWh, l'écart entre la première et la dernière valeur représente environ 12 € par an : la fiscalité n'est pas ce qui fait bouger une facture de gaz, contrairement à ce qu'on entend en visite.
Le point à corriger dans les argumentaires, en revanche, est la TVA. Depuis le 1er août 2025, elle est à 20 % sur toute la facture d'énergie, abonnement compris : le taux de 5,5 % qui s'appliquait à la part fixe n'existe plus. Rien à voir avec la TVA sur vos travaux, qui reste régie par le code général des impôts et pour laquelle il faut vérifier l'éligibilité au taux de 5,5 % opération par opération.
L'abonnement fausse le calcul d'économies
C'est l'erreur qui coûte le plus de crédibilité en visite. Le raisonnement se fait spontanément en kWh, la facture du client se lit en euros, et l'abonnement ne bouge pas. Voici l'effet, calculé au prix repère chauffage de septembre 2026.
| Consommation annuelle | Part variable | Abonnement | Facture TTC | Écart vs 15 000 kWh |
|---|---|---|---|---|
| 15 000 kWh | 2 021 € | 361 € | 2 382 € | référence |
| 12 000 kWh (−20 %) | 1 617 € | 361 € | 1 978 € | −17 % |
| 10 000 kWh (−33 %) | 1 347 € | 361 € | 1 708 € | −28 % |
| 7 500 kWh (−50 %) | 1 011 € | 361 € | 1 371 € | −42 % |
| 5 000 kWh (−67 %) | 674 € | 361 € | 1 034 € | −57 % |
Une réduction de 50 % des consommations produit 42 % de baisse de facture, et l'écart se creuse à mesure que la consommation baisse. Sur une rénovation d'ampleur, l'écart entre l'économie annoncée en kWh et l'économie constatée en euros peut représenter plusieurs centaines d'euros par an, ce qui suffit à faire douter un client d'un dimensionnement par ailleurs correct. Le remède est simple : chiffrer sur la facture complète, abonnement inclus, et annoncer les deux chiffres.
Le poste qui ne dépend d'aucun prix
Sur un appareil ancien, un poste échappe complètement à cette discussion : une veilleuse consomme 880 à 2 100 kWh par an, quelle que soit la saison et quel que soit le prix du kWh. Au prix repère de septembre 2026, cela représente entre 119 et 283 € par an de gaz brûlé sans service rendu. C'est l'argument le plus court à tenir devant une chaudière atmosphérique.
Ce que la volatilité change dans un plan de travaux
Traiter le besoin avant le générateur
Quand le prix du gaz est instable, la seule variable que l'entreprise maîtrise est le nombre de kWh. L'enveloppe d'abord, combles et toiture puis murs et planchers bas, avec le traitement des fuites d'air et une ventilation cohérente. Ensuite seulement le générateur, dimensionné sur les déperditions recalculées et non sur celles d'avant travaux. Sur un réseau existant, l'équilibrage du réseau de chauffage et le calorifugeage sont les deux gestes qui rapportent le plus vite, avant tout remplacement.
L'arbitrage gaz contre électricité se fait sur deux prix, pas un
Comparer une chaudière gaz et une pompe à chaleur suppose de tenir les deux prix à la même date et de raisonner en énergie finale utile, donc en intégrant le rendement du générateur d'un côté et le SCOP de l'autre. Une comparaison faite sur un prix du gaz de l'an dernier et un prix de l'électricité d'aujourd'hui n'a aucune valeur. Voyez sur ce point notre article sur l'évolution du prix de l'électricité. Côté dimensionnement, la puissance de la PAC se calcule depuis la visite technique et le matériel se choisit dans des catalogues à jour.
Ce que les aides financent, et ce qu'elles ne financent plus
Sur les équipements au gaz, l'éligibilité aux aides est aujourd'hui très réduite. Verrouillez les références produits et les dates avant signature, conservez la traçabilité photo et documentaire, et vérifiez la fiche d'opération standardisée applicable plutôt qu'un montant repris d'un dossier précédent. Pour cadrer ces dossiers, appuyez-vous sur des démarches RGE et CEE documentées.
- Datez la référence de prix dans la note remise au client, et nommez la source
- Indiquez la zone tarifaire GRDF retenue, l'écart entre zones atteint 23 % sur le kWh
- Annoncez l'économie en euros sur facture complète, abonnement inclus, pas seulement en kWh
- Rappelez que le prix repère n'est pas un tarif et que le contrat du client peut en diverger




