Blog/PAC eau/eau et capteurs solaires hybrides PVT : comment ça marche
Artisans

7 septembre 2026

6 min de lecture

PAC eau/eau alimentée par des capteurs hybrides PVT : le guide chantier

Un capteur solaire hybride PVT ne se contente pas de produire de l'électricité en toiture : sa face arrière peut aussi alimenter une pompe à chaleur eau/eau en source froide, à la place de l'air extérieur. Le montage change le COP annoncé, le bruit en façade et surtout la qualification RGE à cocher sur le devis. On détaille le principe, le ratio de dimensionnement et les points de vigilance chantier.

Sommaire

Un capteur solaire hybride, ou PVT, produit de l'électricité en face avant comme un panneau photovoltaïque classique, et récupère de la chaleur en face arrière comme un capteur thermique. Couplée à une pompe à chaleur eau/eau plutôt qu'air/eau, cette chaleur récupérée devient la source froide de la PAC : le fluide qui circule dans les panneaux remplace l'air extérieur comme milieu dans lequel la pompe à chaleur puise ses calories. Le montage se distingue d'un système solaire combiné (SSC) classique sur un point précis, détaillé dans notre guide SSC : le capteur PVT alimente directement l'évaporateur de la PAC plutôt qu'un ballon de stockage solaire.

Comprendre le principe : pourquoi un circuit glycolé bat l'air extérieur comme source froide

Deux flux d'énergie sur un même panneau

Un module photovoltaïque perd une partie de son rendement électrique en chauffant au soleil. Sur un capteur hybride, un échangeur en face arrière récupère cette chaleur via un fluide caloporteur au lieu de la laisser se dissiper dans l'air, ce qui refroidit les cellules et stabilise leur rendement électrique au passage. Le panneau reste donc avant tout un module PV, avec un bénéfice thermique en plus, pas l'inverse.

Pourquoi le glycol tient mieux le froid que l'air ambiant

Une PAC air/eau perd du COP les jours où elle en a le plus besoin, quand l'air extérieur descend sous 0 °C. Le circuit glycolé d'un capteur hybride continue de capter le rayonnement diffus même par ciel couvert, et reste alimenté par la chaleur résiduelle du panneau : sa température de sortie tient un écart de seulement 3 à 5 °C avec l'entrée de l'évaporateur, y compris la nuit en hiver. Une PAC eau/eau qui travaille sur cette source voit son COP annoncé grimper au-dessus de 4, contre un ordre de grandeur souvent inférieur pour l'air/eau équivalente dans les mêmes conditions, avec en prime l'absence d'unité extérieure et de bruit en façade.

Dimensionner l'installation sans surpromettre

Un ratio de pré-chiffrage, pas un dimensionnement

Les fabricants avancent un ratio autour d'1,5 panneau hybride par kW de puissance calorifique de la PAC au point B0/W35. C'est utile pour cadrer un premier chiffrage en rendez-vous, mais ça ne remplace pas le calcul. Le point de départ reste la puissance de chauffage du logement : Argile calcule les déperditions selon la norme NF EN 12831-1 à partir des relevés de la visite technique, ce qui donne la puissance PAC à atteindre avant de compter les panneaux nécessaires pour l'alimenter.

Ce qui fait varier le ratio sur le terrain

Zone climatique, orientation et inclinaison de toiture, ombrages, et besoin de chauffage réel du logement font tous varier le nombre de panneaux à poser autour de ce ratio de base. Un logement mal isolé demande plus de puissance PAC, donc plus de panneaux au même ratio, alors que la priorité devrait souvent aller à l'isolation avant le dimensionnement du générateur, exactement comme pour tout projet PAC.

Sur le terrain : implantation et qualification RGE

Une pose qui reste électrique, un raccordement qui reste hydraulique

Le capteur hybride se pose et se raccorde électriquement comme un module photovoltaïque : orientation, inclinaison, ombrages et intégration toiture suivent les mêmes règles que pour du PV classique. Le circuit glycolé qui relie les panneaux à la PAC se traite en revanche comme une hydraulique de pompe à chaleur, avec ses purges, son vase d'expansion et sa protection antigel.

QualiPV et QualiPAC, pas QualiSol

Un système solaire combiné à capteurs thermiques classiques relève de la qualification QualiSol. Un capteur hybride PVT couplé à une PAC eau/eau se qualifie différemment : QualiPV pour la partie photovoltaïque, QualiPAC pour la pompe à chaleur. Vérifiez systématiquement l'exigence exacte du fabricant et de l'organisme instructeur avant de chiffrer, ces règles pouvant évoluer.

Argumentaire client : une PAC sans unité extérieure, pas un chauffage 100 % gratuit

L'argument qui porte n'est pas la gratuité, c'est le COP. Sur un chantier où le bruit ou l'encombrement d'une unité extérieure posent problème, ou où la toiture doit de toute façon recevoir du photovoltaïque, coupler les panneaux à une PAC eau/eau donne une seule installation qui fait les deux métiers. La référence du marché sur ce montage est le système DualSun MAX, qui associe son panneau hybride Spring à une PAC eau/eau Arkteos Invelia conçue spécifiquement pour exploiter cette source glycolée. Comme pour tout projet PAC, chiffrez d'abord la puissance nécessaire sur les déperditions réelles du logement, avant d'annoncer un nombre de panneaux au client.

Chiffres clés

1,5 panneau/kW

Ratio de pré-chiffrage (B0/W35)

3 à 5 °C

DeltaT du circuit glycolé requis

QualiPV + QualiPAC

Qualifications à vérifier

Questions fréquentes

Un capteur PVT (photovoltaïque-thermique) superpose deux fonctions sur un même panneau : des cellules photovoltaïques en face avant, qui produisent de l'électricité, et un échangeur en face arrière, qui récupère la chaleur que le panneau dissipe naturellement. Un module PV classique perd une partie de son rendement électrique quand il chauffe au soleil ; le PVT capte cette chaleur perdue via un fluide caloporteur plutôt que de la laisser se dissiper dans l'air, ce qui refroidit au passage les cellules et stabilise leur rendement.

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Pierre-Louis Guhur

Pierre-Louis est CEO et cofondateur d'Argile. Docteur en apprentissage automatique, thèse préparée à l'Inria, il a rénové une maison de ses mains en 2017 avant de fonder l'entreprise. Sur le blog, il écrit sur ce qu'il implémente dans le logiciel : la méthode 3CL-DPE 2021, la NF EN 12831 et la physique du bâti telle qu'un moteur de calcul doit la traiter, hypothèse par hypothèse.

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Informations générales

Bénéficiaire

Madame Dos Santos Maria Augusta

E-mail

contact@argile.ai

Téléphone

+33 7 44 94 57 57

Adresse des travaux

7 impasse des Petites Houettes, 21000 Dijon

Informations sur la PAC air/eau

Nom

Alféa Extensa S. 10

Marque

Atlantic

Puiss. nominale

10 kW

ηs à 35 °C / 55 °C

195 % / 154 %

COP

3,5

Régulateur

Classe VI

N° EPREL

2491075

Déperditions du logement

6,0 kW

Puissance du matériel à la T° de base

5,80 kW

3,59 kW

7,78 kW

0 %

60 %

130 %

Taux de couverture des besoins

Puissance du matériel / déperditions du logement

97 %

Dimensionnement de l’appareil

Toitures

Transmission W/m².K

1,8

Surface

65,2

Déperditions W/K

135,0

Planchers

Transmission W/m².K

0,6

Surface

63,0

Déperditions W/K

15,6

Ponts thermiques

Conductivité W/K/m

0,4

Longueurs m

33,4

Déperditions W/K

12,5

Façades

Transmission W/m².K

0,9

Surface

162,4

Déperditions W/K

151,4

Ouvertures

Transmission W/m².K

1,2

Surface

5,5

Déperditions W/K

10,9

Renouvellement de l’air

Taux de renouv. h⁻¹

0,8

Déperditions W/K

102,3

Détermination de la différence de température

Température extérieure de base

-7 °C

Température d’arrêt de la PAC

5 °C

Température de consigne

19 °C

DeltaT

14,0 °C

Coefficient de construction

Volume (surface × hauteur sous plafond)

378,0 m³

G équivalent

1,13 W/m³/K

Avec argile

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