Blog/Du grille-pain au radiateur à inertie : l'évolution du chauffage électrique
Artisans

23 mars 2026

5 min de lecture

Mis à jour le 31 août 2026

Radiateur à inertie : ce que la fiche CEE exige et ce qui se vérifie au tableau

Contrairement à ce qu'on lit souvent, le remplacement d'un convecteur par un radiateur à inertie est finançable : la fiche CEE BAR-TH-158 couvre l'émetteur électrique fixe à régulation électronique à fonctions avancées, et fixe des critères mesurables de dérive, d'amplitude et de variation spatiale. Le gain ne vient pas d'un rendement d'émetteur, identique dans tous les cas, mais de la qualité de régulation et du dimensionnement.

Sommaire

Le remplacement de convecteurs par des radiateurs à inertie est finançable, contrairement à ce qui circule encore dans beaucoup de descriptifs. La fiche d'opération standardisée CEE BAR-TH-158, dans sa version A73.3 publiée au Journal officiel du 22 août 2025, couvre la mise en place d'un émetteur électrique fixe, rayonnant ou radiateur, doté d'une régulation électronique à fonctions avancées, pour les opérations engagées jusqu'au 1er novembre 2030. Elle retient 1 800 kWh cumac par émetteur en maison individuelle en zone H1, 1 500 en H2 et 1 100 en H3, et impose des caractéristiques mesurables : dérive inférieure à 1 K, amplitude inférieure à 0,3 K, variation spatiale en mode chauffage inférieure ou égale à 0,2 K. Le point à tenir face au client est le suivant : à l'émetteur, tout appareil électrique direct restitue en chaleur la totalité de l'énergie consommée quelle que soit sa masse, de sorte que ce qui se gagne se gagne sur la stabilité de la température et sur le dimensionnement, jamais sur un rendement.

Ce que l'inertie recouvre, et ce qu'elle ne recouvre pas

À l'émetteur, il n'y a pas de rendement à récupérer

Un convecteur, un panneau rayonnant et un radiateur à inertie convertissent tous l'électricité en chaleur dans la pièce sans perte au générateur. Aucun écart de consommation ne peut donc être annoncé au client sur la base du seul type d'émetteur : la promesse de pourcentage d'économie entre un convecteur et un appareil à inertie n'est adossée à aucune valeur normée et n'a pas sa place sur un devis. Ce qui se démontre, c'est la qualité de régulation, parce qu'elle est mesurée et exigée par la fiche CEE.

Ce que l'inertie change réellement : la dynamique, pas le rendement

La masse chauffante déplace la constante de temps de l'émetteur. Elle lisse les à-coups, réduit la fréquence des cycles et rend la température ressentie plus stable, au prix d'une montée en température plus lente et d'une moindre réactivité aux relances. C'est un choix d'exploitation, pas un choix de performance. Les différences entre les technologies de stockage sont détaillées dans notre comparaison entre inertie sèche et inertie fluide, et le positionnement face aux autres familles d'émetteurs dans notre article sur les convecteurs, panneaux rayonnants et radiateurs à inertie.

Les seules grandeurs opposables

Critère de régulation Valeur exigée par la fiche BAR-TH-158 Où la lire
Dérive de régulation inférieure à 1 K fiche technique ou attestation du fabricant
Amplitude de régulation inférieure à 0,3 K fiche technique ou attestation du fabricant
Variation spatiale en mode chauffage inférieure ou égale à 0,2 K, méthode TH-C-E ex fiche technique ou attestation du fabricant
Présomption de conformité certification NF Électricité performance catégorie 3 étoiles oeil, avec efficacité énergétique saisonnière en mode actif à 100 % calculée selon le règlement (UE) 2024/1103 certificat de l'organisme certificateur

Le règlement (UE) 2024/1103, applicable depuis le 1er juillet 2025, a remplacé le règlement (UE) 2015/1188 : c'est lui qu'il faut viser dans un descriptif, pas le texte de 2015.

La fiche CEE BAR-TH-158 en pratique

Montants, périmètre et durée de vie conventionnelle

L'opération vise les bâtiments résidentiels existants et se compte par émetteur installé. La preuve de réalisation mentionne la quantité posée et les caractéristiques des équipements.

Zone climatique Maison individuelle Appartement
H1 1 800 kWh cumac par émetteur 1 500 kWh cumac par émetteur
H2 1 500 kWh cumac par émetteur 1 200 kWh cumac par émetteur
H3 1 100 kWh cumac par émetteur 900 kWh cumac par émetteur

La durée de vie conventionnelle est de 16 ans. La fiche n'est pas cumulable avec la fiche BAR-TH-173, et s'applique aux opérations engagées jusqu'au 1er novembre 2030.

Les fonctions avancées exigées, à vérifier au catalogue avant commande

  • Contrôle électronique de la température de la pièce et programmateur hebdomadaire.
  • Contrôle de la température de la pièce avec détecteur de fenêtre ouverte.
  • Contrôle à distance.
  • Contrôle adaptatif de l'activation.
  • Fonctionnalité d'auto-apprentissage.
  • Indication de surconsommation par information visuelle, à au moins trois niveaux de consommation basés sur la température de consigne.
  • Détection automatique d'absence par réduction d'allure et passage progressif en mode de consommation réduite.

Un appareil vendu comme « à inertie » sans ces fonctions ne relève pas de la fiche. La mention commerciale ne remplace jamais la caractéristique déclarée.

Preuve de réalisation et qualification exigée

Le professionnel doit être titulaire d'un signe de qualité correspondant au 7° du I de l'article 1er du décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014. La preuve de réalisation mentionne la mise en place d'un ou plusieurs émetteurs à régulation électronique à fonctions avancées, la quantité installée et les caractéristiques des équipements. À défaut, elle mentionne marque, référence et quantité, complétées par un document du fabricant ou d'un organisme accrédité selon la NF EN ISO/CEI 17065 attestant de ces caractéristiques.

Dimensionner sans ratio au mètre carré

Pourquoi le W/m² ne tient pas en rénovation

Le ratio de puissance au mètre carré ignore la hauteur sous plafond, la surface déperditive réelle, l'orientation, la température de base de la commune et l'état de l'enveloppe. Sur un même plan, deux pièces d'angle et une pièce centrale n'appellent pas la même puissance, et un émetteur surdimensionné cycle en permanence, ce qui dégrade précisément la stabilité que l'inertie était censée apporter. Les besoins réels tiennent aux déperditions calculées pièce par pièce au fichier météo de la zone.

Ce que le relevé doit rapporter, pièce par pièce

Pour chaque pièce : surfaces et compositions de parois donnant sur l'extérieur ou sur un local non chauffé, surfaces vitrées et type de menuiserie, hauteur sous plafond, présence de ponts thermiques marqués, et température intérieure visée selon l'usage. C'est ce jeu de données, et non un coefficient de visite, qui produit une puissance par pièce défendable en cas de contestation sur le confort.

Répartition et température de consigne

La puissance retenue par pièce se répartit ensuite entre émetteurs selon les linéaires disponibles, en gardant l'appareil sous la baie la plus déperditive quand la configuration le permet. Une salle d'eau appelle une puissance supérieure rapportée au volume, non parce que ses déperditions sont plus fortes mais parce que la température visée y est plus élevée pendant un usage court.

Poser et raccorder : ce qui engage l'entreprise

NF C 15-100 : circuits, protections, sections

Les circuits de chauffage sont des circuits spécialisés. Vérifiez le calibre du dispositif de protection, la section des conducteurs et la présence d'un dispositif différentiel à courant résiduel de 30 mA sur les circuits concernés, conformément à la NF C 15-100. Un tableau saturé ou une section sous-dimensionnée se traduit par des déclenchements récurrents que le client attribuera aux appareils, pas à l'installation.

Fil pilote et gestionnaire d'énergie

Le fil pilote transmet les ordres de fonctionnement depuis un programmateur ou un gestionnaire d'énergie et permet de zoner sans multiplier les thermostats. Sa présence et sa continuité se vérifient avant de retenir une architecture de régulation centralisée. Le détail des ordres et de leur usage figure dans notre article sur les six ordres de commande du fil pilote.

Puissance installée et puissance souscrite

Ajouter de la puissance de chauffage sans revoir l'abonnement expose à des coupures en pointe, en particulier sur les logements équipés d'un ballon d'eau chaude et d'une plaque de cuisson électriques. Le sujet se traite au moment du devis, avec le client, comme détaillé dans notre article sur la puissance souscrite et le chauffage électrique.

Réglages à transmettre et erreurs qui reviennent

Consignes à documenter dans la notice remise au client

  • Pièces de vie, autour de 19 °C en occupation.
  • Chambres, consigne abaissée la nuit.
  • Salle d'eau, consigne haute pendant l'usage et repli le reste du temps.

Programmation hebdomadaire et scénarios d'absence

Le contrôle adaptatif de l'activation, exigé par la fiche, anticipe la relance pour atteindre la consigne à l'heure d'occupation : c'est précisément la fonction qui rend un émetteur à forte inertie utilisable sans surchauffe. En absence longue, un repli programmé vaut mieux qu'une coupure complète, qui impose ensuite une relance longue sur une masse froide.

Erreurs fréquentes en mise en service

  • Sonde d'ambiance placée près d'une source froide ou exposée au soleil, mesure faussée.
  • Émetteur surdimensionné qui cycle et annule le bénéfice de l'inertie.
  • Programmation non calée sur l'occupation réelle du logement.
  • Fonctions avancées non activées à la livraison, donc non utilisées et non justifiables au dossier.

Chiffres clés

1 800 kWh cumac

Par émetteur, maison individuelle en zone H1

dérive < 1 K

Qualité de régulation exigée, BAR-TH-158

16 ans

Durée de vie conventionnelle de l'opération

Questions fréquentes

Oui, sous conditions. La fiche d'opération standardisée BAR-TH-158 couvre la mise en place d'un émetteur électrique fixe, rayonnant ou radiateur, doté d'une régulation électronique à fonctions avancées, dans un bâtiment résidentiel existant. Elle s'applique aux opérations engagées jusqu'au 1er novembre 2030, impose un professionnel titulaire d'un signe de qualité RGE, et n'est pas cumulable avec la fiche BAR-TH-173. Un émetteur simplement qualifié d'inertie, sans les fonctions listées par la fiche, n'ouvre aucun droit.

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Louis Airy

Louis est COO d'Argile. Après quatre ans de conseil en stratégie et près de deux ans comme chief of staff dans l'adaptation du logement et le réemploi, il a rejoint Argile en mars 2024. Au contact quotidien des entreprises RGE, il suit les sujets CEE, MaPrimeRénov' et TVA réduite, et reprend les articles concernés quand un barème change. Ce qu'il écrit est ce qu'il vérifie ensuite sur des devis réels.

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Note de dimensionnement PAC

Calcul conforme NF EN 12831-1

Informations générales

Bénéficiaire

Madame Dos Santos Maria Augusta

E-mail

contact@argile.ai

Téléphone

+33 7 44 94 57 57

Adresse des travaux

7 impasse des Petites Houettes, 21000 Dijon

Informations sur la PAC air/eau

Nom

Alféa Extensa S. 10

Marque

Atlantic

Puiss. nominale

10 kW

ηs à 35 °C / 55 °C

195 % / 154 %

COP

3,5

Régulateur

Classe VI

N° EPREL

2491075

Déperditions du logement

6,0 kW

Puissance du matériel à la T° de base

5,80 kW

3,59 kW

7,78 kW

0 %

60 %

130 %

Taux de couverture des besoins

Puissance du matériel / déperditions du logement

97 %

Dimensionnement de l’appareil

Toitures

Transmission W/m².K

1,8

Surface

65,2

Déperditions W/K

135,0

Planchers

Transmission W/m².K

0,6

Surface

63,0

Déperditions W/K

15,6

Ponts thermiques

Conductivité W/K/m

0,4

Longueurs m

33,4

Déperditions W/K

12,5

Façades

Transmission W/m².K

0,9

Surface

162,4

Déperditions W/K

151,4

Ouvertures

Transmission W/m².K

1,2

Surface

5,5

Déperditions W/K

10,9

Renouvellement de l’air

Taux de renouv. h⁻¹

0,8

Déperditions W/K

102,3

Détermination de la différence de température

Température extérieure de base

-7 °C

Température d’arrêt de la PAC

5 °C

Température de consigne

19 °C

DeltaT

14,0 °C

Coefficient de construction

Volume (surface × hauteur sous plafond)

378,0 m³

G équivalent

1,13 W/m³/K

Avec argile

La note de dimensionnement, calculée selon la NF EN 12831-1

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