Au dernier relevé de l'ADEME, le granulé livré vaut 365 €/t en vrac, 339 €/t en sac vendu au détail et 383 €/t en sac conditionné par palette, après une baisse de 24 à 33 % sur un an selon le conditionnement. L'indice Propellet du quatrième trimestre 2025 confirme ce palier autour de 370 €/t livrée en vrac, soit environ 8 c€ par kWh PCI. Le chiffre qui compte pour vous n'est pourtant pas cette moyenne mais la dispersion qui l'entoure : sur la même saison, l'ADEME relève des prix livrés en vrac allant de 294 à 620 €/t. C'est cet écart, et non la tendance nationale, qui décide de la marge sur une ligne combustible chiffrée six mois avant la livraison.
Ce que valent les granulés au relevé, par conditionnement
La série des prix livrés depuis la crise de 2022
L'enquête ADEME sur les prix des combustibles bois, réalisée par CODA Stratégies, suit les prix livrés TTC au particulier. Elle donne le seul historique homogène disponible, et elle montre que le pic de 2022 est soldé.
| Conditionnement | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | Variation 2024/2023 |
|---|---|---|---|---|---|
| Granulé vrac | 287 €/t | 528 €/t | 479 €/t | 365 €/t | −24 % |
| Granulé en sac, détail | 318 €/t | 743 €/t | 509 €/t | 339 €/t | −33 % |
| Granulé en sac, palette | 318 €/t | 579 €/t | 498 €/t | 383 €/t | −23 % |
| Bûches, moyenne tous formats | 71 €/stère | 77 €/stère | 84 €/stère | 87 €/stère | +3 % |
Deux enseignements pour un chiffrage. D'abord le granulé est redescendu sous son niveau de 2023 alors que la bûche a continué de monter, ce qui referme l'argument de bascule vers le bûche que certains clients ont entendu en 2023. Ensuite le sac au détail, longtemps le plus cher, est repassé sous le sac palettisé : le différentiel de conditionnement ne se déduit plus, il se relève.
Exprimés en énergie utile, avec le contenu de 4 600 kWh PCI par tonne retenu par l'ADEME, les prix livrés s'étagent de 4,5 c€/kWh pour la bûche de 50 cm à 8 c€/kWh pour le granulé en sac au détail. C'est l'ordre de grandeur à poser face à une chaudière gaz ou fioul quand le combustible se compare à contenu énergétique égal.
La dispersion, qui pèse plus que la tendance
Sur la saison relevée, l'écart entre le prix le plus bas et le plus élevé atteint un facteur 2 à 3 selon le conditionnement, contre un facteur 4 la saison précédente.
| Conditionnement | Prix moyen livré | Prix minimum | Prix maximum | Écart type |
|---|---|---|---|---|
| Granulé vrac | 391 €/t | 294 €/t | 620 €/t | 73 € |
| Granulé en sac, détail | 368 €/t | 263 €/t | 733 €/t | 67 € |
| Granulé en sac, palette | 398 €/t | 239 €/t | 750 €/t | 65 € |
Sur le sac palettisé, l'écart type de 65 € représente 12 % du prix de vente, contre 15 % en 2022-2023. Le marché se resserre, mais 12 % d'écart type reste supérieur à la marge de la plupart des lignes de fourniture. Une ligne combustible chiffrée sur la moyenne nationale sans consultation locale est une ligne chiffrée à l'aveugle.
La géographie explique une partie de l'écart, sans le couvrir. Sur le sac de 15 kg conditionné en palette d'une tonne livrée, l'ADEME relève 369 €/t en Auvergne-Rhône-Alpes contre 433 € en Bretagne, pour une moyenne nationale de 398 €/t, soit 17 % d'amplitude interrégionale. Les bassins de production, Auvergne-Rhône-Alpes, Centre-Val de Loire, Pays de la Loire et Grand Est, restent sous la moyenne.
Sécuriser l'approvisionnement d'un chantier
Quand commander pour ne pas subir la tournée
La contrainte n'est pas le stock national mais la tournée du camion souffleur. Calibrez les besoins à la fin de l'hiver, engagez les volumes au printemps, et fractionnez les livraisons par chantier avec un planning écrit. En période de chauffe, le délai de vrac passe couramment de quelques jours à deux ou trois semaines, ce qui suffit à décaler une mise en service et à faire glisser la réception.
Choisir la source selon le volume engagé
Le producteur local tient la réactivité, le négociant tient le volume, la grande surface de bricolage dépanne mais sa disponibilité varie d'une semaine à l'autre. Exigez dans tous les cas une marque de qualité : l'ADEME relève que seuls 2 % des distributeurs n'en proposent aucune, DIN+ couvrant 82 % de l'offre et NF granulés 46 %. La quasi-généralisation du label rend l'argument commercial inopérant et déplace le contrôle sur le lot livré, pas sur le logo, comme le détaille notre article sur les certifications ENplus et DINplus.
Dimensionner le stock tampon sans immobiliser la trésorerie
Deux à quatre semaines de consommation, réassort ensuite, rotation premier entré premier sorti, stockage au sec sur palettes et à distance des parois froides. Côté trésorerie, un paiement à 30 jours et une livraison cadencée coûtent moins qu'un achat massif hors saison. Le volume utile se déduit du silo posé, et le dimensionnement du silo conditionne autant la fréquence de livraison que la place disponible.
Ce qui fait la qualité d'un lot, et ce que ça change au prix
Ce que garantit vraiment une marque de qualité
ENplus A1, DINplus et NF granulés imposent des contrôles sur la matière première, la fabrication et la traçabilité. Vérifiez le numéro de certificat et le nom du producteur, pas le pictogramme. Les distributeurs référencent plusieurs marques pour couvrir une gamme du produit d'appel au premium, et l'ADEME signale que deux lots portant la même marque peuvent présenter des qualités et des prix très différents.
Les trois grandeurs à contrôler à la réception
Le taux de fines conditionne la régularité de l'alimentation par vis sans fin, donc la fréquence des bourrages. L'humidité fait chuter le rendement et désagrège le granulé, et il faut vérifier la base sur laquelle elle est exprimée, comme l'explique notre article sur le taux d'humidité du bois de chauffage. Le pouvoir calorifique varie avec l'essence et le séchage, et se répercute directement sur le coût au kWh utile que vous annoncez.
Ce que la logistique détruit
En vrac, le soufflage casse le granulé et génère des fines quand la longueur de tuyau s'allonge ou que la pression est mal réglée : faites porter la longueur déroulée sur le bon de livraison. En sacs, une palette ouverte ou stockée à même la dalle reprend l'humidité en quelques jours. Un lot dégradé produit une combustion instable, et la réclamation remonte vers l'installateur avant de remonter vers le fournisseur.
Chiffrer la ligne combustible sur un devis
Ce qu'on écrit sur le devis, et à quel taux
La ligne granulés se chiffre en prix à la tonne livrée, TVA à 10 % sur la fourniture seule au titre du 3° bis de l'article 278 bis du code général des impôts. Quand la fourniture accompagne la pose d'un appareil de chauffage au bois performant sur un logement achevé depuis plus de deux ans, elle suit le taux du geste. Isolez la ligne, faites apparaître le conditionnement, le nombre de tonnes et la marque de qualité retenue : c'est ce niveau de détail qui tient au contrôle. Cette ligne se pose à part quand le devis se construit poste par poste à partir du plan de travaux, TVA appliquée selon le geste.
La clause de révision, plutôt que le prix ferme
Sur un engagement de plus de trois mois, deux rédactions tiennent : prix ferme sur une durée courte avec acompte à la commande, ou prix ajustable indexé sur un indice public daté. La dispersion relevée par l'ADEME rend le prix ferme à six mois structurellement risqué sur le vrac. Précisez ce que couvre le prix, livraison, longueur de tuyau, manutention et stockage, faute de quoi la reprise se négocie après coup.
Ce que vous engagez sur le volume annuel
Une consommation annuelle s'estime sur l'usage réel, chauffage principal ou appoint, et sur l'état de l'enveloppe, pas sur la surface seule. La fourchette courante va de 1,5 à 3,5 tonnes par an, et elle se resserre en repartant des factures et de la puissance réellement installée.
- Le tonnage annoncé au client engage votre chiffrage : appuyez-le sur un besoin calculé, pas sur un ratio au mètre carré.
- L'entretien annuel et le ramonage conditionnent le rendement retenu dans ce calcul, écrivez-les au contrat.
- Le lot livré doit correspondre à la classe exigée par la notice de l'appareil, sinon la garantie constructeur tombe.
Arbitrer entre granulé et autre énergie sans perdre le chantier
Quand la bascule vers un autre vecteur se défend
Le rapport de prix au kWh s'est rouvert en faveur du granulé : le fioul domestique se situe désormais 25 à 30 % au-dessus du granulé vrac ou palettisé, avec les mêmes contraintes de stockage et de livraison. Face à l'électricité, l'écart au kWh PCI atteint un facteur 4 à 6 selon l'usage. L'argument tient donc, à condition de le poser sur un besoin calculé et non sur un prix de tonne.
Composer avec les autres gestes du plan de travaux
Quand le budget bloque, le mix se construit sur l'enveloppe avant l'appareil : une isolation de combles ou de plancher bas réduit la puissance nécessaire, donc le tonnage annuel, donc la sensibilité au prix du combustible. Ce genre d'arbitrage s'assemble quand les gestes sont retenus selon le logement et l'objectif, puis chiffrés ensemble, et la ressource et l'approvisionnement de la filière donnent le cadre national dans lequel ces volumes s'inscrivent.
Gérer l'aléa fournisseur sans le faire porter au client
Verrouillez les références dès la validation du devis, gardez un stock minimum de consommables, et prévoyez une solution de remplacement de classe équivalente écrite au marché. Côté client, posez des jalons datés et formalisez chaque arbitrage par écrit : sur une ligne dont le prix bouge de 12 % d'écart type, la trace écrite est ce qui distingue une révision d'un litige.



