À partir du 1er janvier 2027, le facteur de conversion de l'électricité utilisé dans le DPE passera de 1,9 à 1,7. Conséquence : certains logements pourront changer de classe sans travaux ni baisse de consommation.
Un facteur, deux révisions en un an
Le facteur de conversion sert à transformer l'énergie finale — celle que le compteur mesure, celle que le client paie — en énergie primaire, l'une des deux grandeurs sur lesquelles se calcule l'étiquette DPE, avec les émissions de gaz à effet de serre. Plus il est bas, moins l'électricité pèse dans le calcul de l'indicateur de consommation.
Ce facteur a bougé deux fois coup sur coup :
| Texte | Facteur |
|---|---|
| Avant août 2025 | 2,3 |
| Arrêté du 13 août 2025 | 1,9 |
| Arrêté du 19 août 2026 (abroge le précédent) | 1,7 |
Le texte de 2026 ne modifie pas celui de 2025, il l'abroge et le remplace.
Quand le nouveau facteur entre-t-il en vigueur ?
Le champ d'application couvre les diagnostics de performance énergétique des logements et les audits énergétiques.
Un exemple concret : la même consommation, une meilleure étiquette
Prenons un logement chauffé intégralement à l'électricité, 90 m², dont le calcul DPE aboutit à une consommation d'énergie finale de 13 000 kWh par an (chauffage, eau chaude, auxiliaires). À titre d'illustration, sans valeur contractuelle — le calcul réel suit la méthode 3CL dans son intégralité :
| Facteur 1,9 (avant) | Facteur 1,7 (après le 1er janvier 2027) | |
|---|---|---|
| Énergie primaire | 24 700 kWhep | 22 100 kWhep |
| Ramenée au m² | 274 kWhep/m²/an | 246 kWhep/m²/an |
| Classe énergétique selon l'indicateur de consommation | E (251 à 330) | D (181 à 250) |
Le logement n'a pas changé d'un watt. Ce qui a changé, c'est le coefficient qui convertit sa consommation électrique en énergie primaire — et ça suffit à faire baisser cet indicateur d'une classe.
Ce tableau ne dit pas, à lui seul, la classe DPE finale du logement : l'étiquette retient la moins bonne des deux classes, consommation d'énergie primaire et émissions de gaz à effet de serre, et seul ce second indicateur reste inchangé par ce texte. Un logement électrique peut donc voir son indicateur de consommation remonter sans que son étiquette DPE en soit forcément améliorée, si les émissions de GES restent le facteur limitant.
Quel impact pour les projets de rénovation ?
Cette évolution peut avoir des conséquences sur l'éligibilité à certains dispositifs lorsque celle-ci dépend de la classe énergétique du logement — c'est le cas, par exemple, des fiches BAR-TH-174 et BAR-TH-175, recentrées depuis le 1er septembre 2026 sur les classes E, F et G. Un logement situé à proximité d'un seuil mérite donc d'être vérifié avec les règles applicables à la date de l'opération : l'éligibilité dépend du dispositif concerné, de la classe retenue et des autres conditions propres à chaque fiche.
L'attestation gratuite pour les DPE déjà réalisés
Pour un diagnostic en cours de validité au 1er janvier 2027, pas besoin de refaire un DPE. Une attestation de changement d'étiquette est mise à disposition gratuitement par l'ADEME, via l'Observatoire du diagnostic de performance énergétique, avec des règles précises :
- une attestation dématérialisée, téléchargeable par toute personne ;
- elle remplace l'étiquette initiale, sans remettre en cause les données d'entrée du diagnostic ;
- sa validité reste alignée sur celle du DPE d'origine — elle ne prolonge pas un diagnostic qui expirerait par ailleurs.
Ce qu'il faut anticiper avant le 1er janvier 2027
- Un logement électrique proche d'un seuil peut voir son indicateur de consommation s'améliorer sans travaux : utile à vérifier avant de construire un argumentaire sur un changement de classe.
- L'étiquette finale dépend aussi des émissions de gaz à effet de serre, non concernées par ce texte : une amélioration de l'indicateur de consommation ne garantit pas, à elle seule, un changement de classe DPE.
- Pour un dossier dont l'éligibilité dépend de la classe énergétique du logement, vérifier la situation avec les règles applicables à la date de l'opération.
- Pour un DPE déjà réalisé et encore valide, l'attestation gratuite suffit : inutile de refaire le diagnostic pour la seule mise à jour du facteur.




