Dorémi en deux minutes : qui pilote, qui exécute
Dorémi est né en 2017 de l’association négaWatt, avec une mission tenue depuis : accélérer le nombre de rénovations performantes vers le niveau basse consommation, et les rendre accessibles à tous les ménages. C’est une entreprise de l’économie sociale et solidaire, agréée ESUS, devenue en 2026 une société coopérative d’intérêt collectif aux côtés d’Enercoop. Plus de 400 maisons rénovées, une consommation moyenne mesurée de 34 kWh/m²/an après travaux, l’équivalent d’une étiquette A ou B, et une facture de chauffage divisée par quatre au minimum.
Sur le terrain, le modèle tient en trois rôles.
- Le chef de projet Dorémi est l’interlocuteur unique du ménage. Il conçoit le projet sur les six postes (murs, toiture, plancher, menuiseries, ventilation, chauffage), remet l’offre, prend en charge la relation client, la commande et la logistique du matériel, puis passe sur le chantier une à deux fois par semaine.
- Les entreprises de travaux locales, sélectionnées par Dorémi, exécutent chacune leur lot sur un bordereau de prix convenu d’avance. Pas de prospection, pas de gestion du client final : ce sont des chantiers apportés, et l’isolation, la ventilation, le chauffage, l’électricité et la plomberie y trouvent leur place. Le réseau se rejoint depuis leur site.
- La preuve est un test d’étanchéité à l’air à mi-chantier, quand les fuites se corrigent encore, puis le suivi des consommations après travaux.
Argile n’intervient dans aucun de ces trois rôles. C’est l’outil de l’entreprise de travaux : ce qui lui permet d’arriver en visite avec le logement déjà reconstitué, de relever et métrer sur téléphone, de sortir la note de dimensionnement et le devis que les contrôles viendront chercher, et de tenir le compte rendu de chantier avec les photos datées. Le reste de cet article déroule un chantier type pour montrer où chacun intervient.
Le chantier type : un pavillon de 1974, du fioul au bois
Un pavillon de 1974 sur sous-sol, 115 m² habitables, murs en parpaings sans isolation, 8 cm de laine minérale tassée dans les combles perdus, menuiseries double vitrage de première génération, une VMC simple flux d’origine et une chaudière fioul de 25 kW en fin de vie. Étiquette F. Le ménage veut sortir du fioul, gagner en confort et ne plus jamais rouvrir le sujet : c’est le profil d’une rénovation en une seule étape, celle qui vise la classe B d’un coup plutôt que trois chantiers étalés sur dix ans.
Le générateur retenu à la fin sera un poêle à granulés étanche de 6 kW en chauffage principal, un chauffe-eau thermodynamique pour l’eau chaude, et un appoint électrique dans les chambres du fond. Un poêle qui aurait été absurde dans la maison d’aujourd’hui, et qui devient le bon choix dans celle de demain : c’est toute la logique de l’ordre des travaux.
Étape 1 : la visite technique, préparée avant d’y aller
Le parcours Dorémi s’ouvre par un rendez-vous téléphonique, puis une visite technique qui fait l’état des lieux complet et collecte les données. Pour l’entreprise qui viendra chiffrer et poser, cette visite se prépare avant de prendre la route.
À partir de l’adresse, Argile croise les bases publiques pour reconstituer le logement : parcelle et emprise au sol, hauteur réelle et nombre de niveaux relevés par le LiDAR HD de l’IGN, année de construction, DPE existant, contraintes d’urbanisme (une ITE sur une façade en abord de monument historique se sait avant, pas après), et les consommations d’électricité avec l’accord du ménage. Le technicien arrive avec un dossier déjà rempli, et la visite sert à confirmer plutôt qu’à découvrir.
Sur place, le parcours guidé par geste fait le tour des six postes sans oublier une donnée nécessaire au dimensionnement. Le métré se prend au téléphone en balayant les murs, pièce par pièce : linéaires, hauteurs sous plafond, surfaces au sol et surfaces de murs ouvrants déduits sortent du relevé sans croquis à refaire au bureau. La ventilation existante est relevée avec ses points de contrôle, dont celui qui compte pour la suite : un appareil de combustion non étanche change la solution retenue.
Le geste poêle s’ouvre depuis l’onglet futur chauffage et se documente en trois étapes : l’usage et la surface à couvrir, l’emplacement posé sur le plan avec la nature du support, puis la sortie des fumées, conduit existant ou à créer, zone de débouché choisie sur un schéma de la maison et distances aux ouvrants vérifiées selon le NF DTU 24.1. Ces questions se posent devant le client, pas le jour de la pose.
Étape 2 : l’offre en deux semaines, dans le bon ordre
Dorémi remet son offre en deux semaines au plus : devis, plan de financement, planning et plans techniques. C’est là que l’ordre des travaux se fixe, et il ne se discute pas.
- L’étanchéité à l’air et l’enveloppe. Isolation des murs par l’extérieur, reprise des combles à R élevé, isolation du plancher sur sous-sol, menuiseries changées avec un calfeutrement soigné. Chaque traversée de réseau et chaque jonction pare-vapeur se traite maintenant, parce que le test d’étanchéité de mi-chantier viendra les mesurer.
- La ventilation. La simple flux d’origine cède la place à une VMC dimensionnée pour une maison devenue étanche, avec ses entrées d’air sur les pièces sèches et son arrivée d’air dédiée pour l’appareil de combustion.
- Le chauffage, en dernier. Le générateur se calcule sur la maison isolée, jamais sur l’existante.
Sur Argile, ce plan se compose et se compare. La sélection des travaux part des caractéristiques du logement et de l’objectif du ménage pour proposer les gestes, et si le besoin se formule autrement, « atteindre la classe B avec le reste à charge le plus bas » suffit à obtenir un scénario chiffré. Le bon réflexe reste de poser deux ou trois variantes claires, avec les mêmes hypothèses : combles et menuiseries seuls ne font pas une rénovation performante, ITE plus combles plus ventilation plus poêle en font une, la chaudière à granulés avec silo s’envisage si les besoins restent élevés.
La note de dimensionnement tranche le dernier poste. Les déperditions se calculent selon la NF EN 12831-1, paroi par paroi, à la température extérieure de base de la commune, à partir du relevé et de l’isolation prévue. Sur notre pavillon, elles passent de 14 kW environ avec l’enveloppe d’origine à 4,5 kW une fois les travaux faits. Le poêle de 6 kW couvre le besoin avec la marge qu’un générateur bois supporte, là où la chaudière de 25 kW aurait tourné en cycles courts. Argile signale le sous-dimensionnement comme le sur-dimensionnement, et la note sort en un document à joindre au devis pour le ménage et pour l’audit.
La projection après travaux montre au ménage l’étiquette atteinte, la facture avant et après et les baromètres de confort, ce qui rend concret l’objectif de deux ou trois sauts de classe. Le plan de financement applique MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur au chiffrage réel selon les revenus du foyer, et affiche les trois chiffres que le client retient : coût des travaux, aides déduites, reste à charge, avec les mensualités d’un éco-PTZ ou d’un préfinancement des aides.
Enfin le devis porte ce qu’un contrôle viendra chercher : les caractéristiques techniques exigées par la fiche du geste (le rendement et les émissions de l’appareil bois, la résistance thermique de chaque isolant), la TVA à 5,5 % ligne par ligne, les mentions obligatoires déjà rédigées et les aides déduites du net à payer. Le devis reste fermé tant qu’une caractéristique manque, et l’écart entre le devis, la facture et l’audit ne se découvre pas au moment du versement.
Étape 3 : la signature, après validation des aides
Dorémi lance les travaux après la signature du devis et la validation des aides, dans cet ordre. La demande MaPrimeRénov’ se dépose avant tout commencement, et le Mon Accompagnateur Rénov’ agréé est obligatoire en rénovation d’ampleur : Dorémi met en lien avec ses partenaires si le ménage n’en a pas.
Côté entreprise, le devis passe en « Prêt » et part en signature électronique depuis la fiche client. Le ménage retrouve son devis, sa note de dimensionnement et son plan de financement dans son espace client, et sait qui appeler dans l’équipe.
Étape 4 : le chantier, le test d’étanchéité et les preuves
Le chef de projet Dorémi coordonne les lots et passe une à deux fois par semaine. À mi-chantier, une fois l’enveloppe fermée et avant les finitions, le test d’étanchéité à l’air mesure ce que le plan promettait, et les fuites trouvées se corrigent tant que le pare-vapeur est encore accessible.
Sur Argile, le devis signé devient un chantier : les ouvrages vendus arrivent en tâches, avec leur durée, leurs pré-requis et l’entreprise affectée, et le planning pose l’ordre qui vient d’être décidé, avec les pré-requis à lever avant qu’un lot démarre : les finitions attendent le test. Sur place, les heures se pointent, et les photos datées avec leurs observations se saisissent rattachées à l’ouvrage : le pare-vapeur et ses jonctions, les traversées de réseaux, le calfeutrement des menuiseries, le carottage de l’arrivée d’air du poêle, le débouché du conduit. Une fuite relevée au test se signale en réserve avec sa photo, se suit et se lève, et figure au compte rendu jusqu’à la réception.
Ce qui doit exister à la réception
- Photos datées des points singuliers de l’enveloppe, avant fermeture.
- Fiches techniques et avis techniques des isolants, notice de pose de l’appareil bois.
- Résultat du test d’étanchéité et réserves levées.
- PV de mise en service : débits de ventilation, paramètres de régulation du poêle.
- Attestation de conformité du conduit, photo de la plaque signalétique (marque, modèle, numéro de série).
- Devis et facture aux mêmes libellés, mêmes références, mêmes surfaces.
Le compte rendu de chantier sort en PDF rattaché à la fiche client, et le ménage suit l’avancement, les photos et les réserves depuis son espace, sans un appel de plus à traiter. Pour cadrer ce moment, appuyez-vous sur les points de contrôle de la réception de chantier et, si vous posez le générateur, sur le signe RGE qui va avec, souvent Qualibois.
Étape 5 : les consommations, mesurées
La promesse Dorémi ne s’arrête pas à la réception : les consommations sont suivies après travaux, et c’est cette mesure qui fait tenir la moyenne de 34 kWh/m²/an sur leurs chantiers. Dans l’espace client Argile, le ménage visualise sa consommation et les économies de sa nouvelle installation, et l’entreprise garde un logement mémorisé, avec son métré et son relevé, qui resservira sans ressaisie le jour où une pièce s’aménage ou où un panneau solaire s’ajoute.
Le bois dans ce montage : trois points qui ne se négocient pas
Le chauffage bois est un bon générateur de rénovation performante à trois conditions, toutes visibles dans le déroulé ci-dessus.
- Il vient en dernier. Ne posez pas du bois « pour compenser » une maison mal isolée : la puissance se lit sur les déperditions après travaux, jamais sur l’existant.
- Il respire avec la maison. Dans un logement rendu étanche, l’appareil est étanche ou dispose d’une arrivée d’air dédiée, et la ventilation en tient compte, sinon ce sont les refoulements et les mauvaises combustions qui arrivent. Le conduit est adapté, étanche et ramonable, selon le NF DTU 24.1.
- Il se vit. Le stockage sec des granulés ou des bûches, le ramonage, le bruit de la vis et de la soufflerie : autant d’éléments à annoncer au ménage avant la signature, pas après.
Ce que ça change pour l’entreprise de travaux
Un chantier Dorémi apporte ce que la prospection coûte le plus cher à obtenir : un projet conçu, un ménage décidé, un bordereau de prix convenu. Ce qu’il demande en retour, c’est une exécution qui tienne le test d’étanchéité et un dossier qui tienne le contrôle. C’est précisément la part qu’Argile outille : le logement reconstitué avant la visite, le métré et le relevé pris sur téléphone, la note de dimensionnement et le devis que les fiches exigent, le planning et les preuves du chantier. Et la même méthode vaut pour la rénovation d’ampleur que vous montez sans réseau : six postes ensemble, le générateur en dernier, la performance mesurée. Pour sécuriser vos démarches autour des aides, consultez aussi notre guide sur RGE et CEE, sécuriser vos démarches et éviter les litiges.




