Partir du coût annuel réel d’un compagnon (salaire + charges)
Salaire brut annuel : ce que vous payez réellement, pas ce que le salarié perçoit
Basez-vous sur le salaire brut contractualisé, pas sur le net. Intégrez tout ce qui sort en paie. Fixe mensuel, heures supplémentaires structurelles, primes (panier, trajet, 13e mois), indemnités soumises. C’est cette masse brute qui sert ensuite à remonter vers un tarif horaire cohérent.
Charges patronales : les intégrer sans approximation
Évitez le “taux au pif”. Les charges patronales varient selon le niveau de salaire, les allègements, les caisses (BTP, prévoyance), et vos paramètres DSN. Prenez votre dernier récapitulatif URSSAF. Ajoutez retraite complémentaire, chômage, accidents du travail, médecine du travail, congés payés si caisse, et éventuels avantages en nature.
Coût annuel employeur : poser une base de calcul propre (avec un exemple 2026)
Le coût employeur annuel sert de point de départ. Exemple 2026, hypothèses simples.
| Poste | Montant annuel (€/an) |
|---|---|
| Salaire brut | 33 000 |
| Charges patronales | 14 200 |
| Total employeur | 47 200 |
Ajoutez-y les petits coûts fixes par salarié que l'on oublie, comme la carte BTP, 9,80 € par compagnon. Ensuite, vous diviserez par les heures réellement productives pour obtenir le déboursé horaire. Ce n’est qu’après frais généraux, aléas et marge que vous posez le tarif horaire de vente. (Pour structurer le chiffrage, voir aussi structurer un devis BTP (lots, postes, taxes et exclusions).)
Compter uniquement les heures réellement productives (le piège des heures non facturables)
Retirer congés, jours fériés, arrêts, intempéries : sécuriser votre volume d’heures
Votre tarif horaire se calcule sur des heures qui existent vraiment. Basez-vous sur l’horaire contractuel (ex. 35 h. soit 151,67 h. mensuelles), puis retirez ce qui ferme le chantier ou immobilise le salarié. Congés payés, jours fériés tombant sur des jours ouvrés, arrêts maladie et AT, sans oublier les intempéries quand elles stoppent le lot. Tracez ces postes dans votre suivi d’heures. Vous aurez un volume défendable en cas de discussion prix ou de contrôle.
Déduire formation, déplacements, manutention, réunions : ce qui “mange” vos semaines
Ensuite, isolez les heures non facturables mais bien réelles. Elles doivent sortir du productif, sinon vous vendez trop bas. Typiquement.
- Formation et habilitations. Sécurité, RGE, fabricants.
- Déplacements, chargement, approvisionnement.
- Manutention, protection, nettoyage, repli.
- Réunions, préparation, photos, compte rendu.
Calculer vos heures productives 2026 : méthode simple + tableau de contrôle
Méthode. Heures productives = heures théoriques moins absences moins temps non productif. Contrôlez avec un tableau unique par compagnon. Pour aller plus loin sur l’analyse des écarts et la dérive d’heures qui plombe la marge, suivez vos temps par poste et comparez au prévisionnel.
| Poste | Temps (h) |
|---|---|
| Base annuelle (35 h x 52) | 1820 |
| Congés payés (5 semaines) | 175 |
| Jours fériés (sur jours ouvrés) | 56 |
| Arrêts (maladie, AT) | 35 |
| Intempéries | 21 |
| Formation | 35 |
| Déplacements | 120 |
| Manutention et protections | 60 |
| Réunions et préparation | 20 |
| Total productif | 1298 |
Obtenir votre déboursé horaire : le coût par heure productive
Formule du déboursé horaire : coût annuel / heures productives
Le déboursé horaire, c’est votre coût employeur ramené à l’heure réellement productive. Vous partez du coût annuel complet du compagnon (brut + charges patronales + avantages). Vous divisez par les heures productives, après déduction des temps non facturables (déplacements, appro, chargement, sécurité, reprises).
| Élément | Valeur | Unité |
|---|---|---|
| Coût annuel employeur | 42 000 | €/an |
| Base annuelle “présence” | 1 607 | h/an |
| Temps non productif | 357 | h/an |
| Heures productives | 1 250 | h/an |
| Déboursé horaire | 34 | €/h |
Exemple chiffré : écart entre “taux salarié” et “tarif horaire” facturé (ce n’est pas de la marge)
Avec 30 000 € de brut annuel, le “taux salarié” ressort autour de 19 €/h (brut/1 607 h). Mais votre déboursé est déjà à 34 €/h dès que vous tenez compte des charges et des heures non vendables. Le tarif horaire facturé couvre ensuite les frais généraux (véhicule, assurance, encadrement, outillage) et l’aléa. L’écart n’est donc pas “de la marge”, c’est la structure du chantier.
Erreurs fréquentes : sous-estimer les pertes de temps et casser votre tarif horaire
- Compter 100 % des heures payées comme productives.
- Oublier les temps de chargement, déchetterie, retours négoce.
- Ne pas isoler les déplacements inter-chantiers et les stationnements.
- Rogner sur le temps de préparation (protections, traçage, sécurité), puis subir les reprises.
Ajouter vos frais généraux au bon endroit (et au bon prorata)
Lister vos frais généraux : véhicules, assurances, locaux, outils, administratif…
Posez tout ce qui fait tourner l’entreprise, même quand personne n’est facturé. Classez en charges fixes (loyer, logiciels, compta, RC pro, abonnement atelier) et en charges mixtes (véhicules, carburant, maintenance, EPI, outillage). Ajoutez ce qui est souvent “hors chantier” mais réel, comme le temps de préparation, d’achats et de gestion.
Répartir les frais sur les heures productives : la clé pour un tarif horaire viable
Ne répartissez pas vos frais sur 35 h ou 39 h théoriques. Répartissez-les sur les heures productives réellement vendables dans l’année. Formule simple. Frais généraux annuels divisés par heures productives annuelles. Vous obtenez un coût de structure en €/h à ajouter au déboursé horaire avant de construire votre tarif horaire.
Vérifier votre point mort : combien d’heures il vous faut pour couvrir la structure
Calculez votre point mort en heures. Frais généraux annuels divisés par la marge sur coûts variables horaire. Exemple. 48 0000 de structure et 20 de marge sur coûts variables donnent 2 400 h. Si votre planning n’absorbe pas ce volume, corrigez le temps vendu, la productivité, ou le prix de vente.
Transformer le coût en taux horaire de vente : marge, aléas et ajustements terrain
Appliquer un coefficient marge + aléa : sécuriser vos chantiers sans sur-facturer
À partir de votre coût complet (déboursé horaire + frais généraux ramenés à l’heure productive), passez au tarif horaire de vente avec un coefficient qui couvre la marge et l’aléa. L’objectif est simple. Protéger l’entreprise sans faire payer deux fois la même chose. La marge rémunère la prise de risque et l’investissement. L’aléa couvre les écarts réalistes (reprises, petites pertes de rendement, SAV).
| Situation chantier | Coefficient (×) |
|---|---|
| Récurrent, process rodé | 1,15 à 1,25 |
| Technique ou interface lots | 1,25 à 1,35 |
| Fortes contraintes d’accès | 1,35 à 1,50 |
Corriger selon le lot : isolation, PAC, ventilation, placo… impacts sur le temps productif
Le même homme-heure ne produit pas la même valeur selon le lot. ITE et combles pénalisent la cadence (logistique, manutentions). PAC et ventilation ajoutent de la mise au point et des réglages. Placo génère des temps masqués (protection, reprises). Ajustez vos temps unitaires, puis recalibrez le coefficient plutôt que de bricoler un prix au m².
Adapter votre tarif horaire aux contraintes : déplacement, échafaudage, accès, stationnement
Ne mélangez pas tout dans le taux. Gardez un tarif horaire “atelier” stable, puis ajoutez des lignes dédiées. Déplacement (temps + véhicule), manutention verticale, montage d’échafaudage, portage, stationnement payant. C’est plus lisible au devis, et plus défendable en contrôle ou en discussion face à un moins-disant. Pensez aussi à formaliser ces ajustements dans un avenant de devis quand les contraintes évoluent en cours de chantier.




