Blog/Obligation légale de débroussaillement (OLD) : ce qu'il faut savoir
Secteur RGE

31 juillet 2026

6 min de lecture

Mis à jour le 31 août 2026

OLD : périmètre, débiteur de l'obligation et sanctions

L'obligation légale de débroussaillement porte sur le propriétaire du bâti, sur 50 mètres autour de la construction, y compris hors des limites de sa parcelle. Le code forestier ne fixe aucune valeur d'espacement des houppiers ni de hauteur d'élagage : ces prescriptions viennent de l'arrêté préfectoral, département par département. Depuis le 1er janvier 2025, l'OLD figure dans l'état des risques remis à la vente et à la location.

Sommaire

L'obligation légale de débroussaillement porte sur le propriétaire du bâti, pas sur celui du terrain boisé. L'article L134-6 du code forestier fixe la profondeur à 50 mètres autour des constructions, chantiers et installations, que le maire peut porter jusqu'à 100 mètres, et l'article L134-8 met les travaux à la charge du propriétaire de la construction protégée, y compris quand le périmètre déborde sur la parcelle voisine. Aucune valeur d'espacement des houppiers ni de hauteur d'élagage ne figure dans le code ni dans l'arrêté du 29 mars 2024 : ces prescriptions sont fixées par l'arrêté préfectoral, département par département. Depuis le 1er janvier 2025, l'OLD doit être portée à la connaissance de l'acquéreur ou du locataire dans l'état des risques.

Le périmètre à mesurer avant de chiffrer

Les profondeurs de l'article L134-6

Le champ général est celui des terrains situés à moins de 200 mètres des bois et forêts des territoires classés à risque d'incendie. À l'intérieur de ce champ, l'article L134-6 énumère les situations et les profondeurs correspondantes.

Objet protégé Profondeur de débroussaillement
Constructions, chantiers et installations de toute nature 50 m, que le maire peut porter jusqu'à 100 m
Voies privées d'accès aux constructions 10 m de part et d'autre, profondeur fixée par le préfet
Terrains en zone urbaine délimitée par un PLU Totalité de la parcelle
Communes sans PLU, sur décision de l'État Jusqu'à 200 m
Installations relevant de l'article L. 515-32 du code de l'environnement 100 m, portés jusqu'à 200 m par l'État

Le point à retenir pour un métré : l'extension de 50 à 100 mètres relève du maire, pas d'une liste de départements. Avant de sortir un devis, on vérifie donc deux textes, l'arrêté préfectoral pour les prescriptions techniques et l'arrêté municipal éventuel pour la profondeur.

Le débiteur de l'obligation n'est pas toujours le propriétaire du sol

L'article L134-8 met la dépense à la charge du propriétaire de la construction pour la protection de laquelle la servitude est établie. Concrètement, un propriétaire dont le rayon réglementaire déborde chez le voisin ou sur un terrain communal reste redevable des coupes à réaliser hors de ses limites, et c'est lui qui commande l'entreprise. Pour l'entreprise, cela impose trois précautions : identifier le donneur d'ordre, tracer par écrit l'information faite au propriétaire du sol, et faire figurer sur le devis les parcelles concernées, y compris celles qui n'appartiennent pas au client.

Ce que l'arrêté préfectoral prescrit, et ce que le code ne dit pas

L'arrêté du 29 mars 2024 pris en application de l'article L131-10 fixe la liste des opérations minimales que tout arrêté préfectoral doit prescrire, et rien d'autre. Il ne contient aucune valeur chiffrée : le préfet fixe les distances d'éloignement, les dimensions, les quantités, les hauteurs et les densités applicables selon les risques locaux.

Opération minimale imposée par l'arrêté du 29 mars 2024 Valeur chiffrée
Coupe ou broyage de la végétation herbacée et ligneuse basse Fixée par le préfet
Coupe ou broyage des arbustes situés sous le couvert d'arbres Fixée par le préfet
Mise à distance des houppiers entre arbustes et avec les arbres conservés Fixée par le préfet
Mise à distance des houppiers des arbres conservés avec le bâti Fixée par le préfet
Élagage pour qu'aucune branche ne retombe près du sol Fixée par le préfet
Dégagement de la végétation au-dessus des voies, pour les engins de secours Fixée par le préfet
Élimination des rémanents par broyage ou exportation Brûlage à titre exceptionnel

C'est la raison pour laquelle les valeurs de 2 ou 3 mètres que l'on voit circuler ne sont pas des règles nationales. Elles sont vraies dans certains départements et fausses dans d'autres, et la base DÉBROUSSAILLEMENT de l'IGN, qui couvre les 45 départements concernés, le dit explicitement : elle localise les parcelles soumises à l'obligation mais ne précise pas les règles à appliquer, celles-ci variant selon les conditions locales.

Débroussailler n'est pas raser

Les sept opérations décrivent un traitement de la strate basse et de la continuité verticale, pas une coupe rase. On élimine la strate herbacée et arbustive, on éclaircit les arbustes sous couvert, on rompt la continuité entre houppiers, on relève les branches basses et on évacue les rémanents, qui sont eux-mêmes du combustible laissé au sol. Un boisement aéré sans strate basse continue ralentit un feu bien mieux qu'un boisement dense laissé intact.

Les sanctions, dans l'ordre où elles tombent

Le régime est gradué et cumule des voies distinctes. Mieux vaut les nommer correctement dans un devis ou un courrier de relance, car chacune relève d'une autorité différente.

Suite donnée Fondement Montant
Mise en demeure du maire, assortie d'une astreinte Article L134-9 100 € par jour, plafond 5 000 €
Exécution d'office des travaux aux frais du propriétaire Article L134-9 Coût réel des travaux
Amende administrative Article L135-2 Jusqu'à 50 € par m² soumis à l'obligation
Contravention de 5e classe Article R163-3 Amende de 5e classe
Amende prononcée par le tribunal Article L163-5 50 € par m² soumis à l'obligation
Franchise supplémentaire après sinistre incendie Article L122-8 du code des assurances Plafonnée à 5 000 €

Sur ce dernier point, une précision qui circule mal : l'assureur ne peut pas refuser l'indemnisation au motif d'un défaut de débroussaillement. L'article L122-8 du code des assurances, en vigueur depuis le 1er octobre 2023, lui permet d'appliquer une franchise supplémentaire d'un montant maximal de 5 000 €, qui s'ajoute aux franchises prévues au contrat. C'est une majoration de reste à charge, pas une déchéance de garantie.

Ce que la loi du 10 juillet 2023 a changé pour les professionnels

L'OLD entre dans l'état des risques depuis le 1er janvier 2025

L'article L134-16 du code forestier, issu de la loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023, conditionne la mutation d'un terrain, d'une construction, d'un chantier ou d'une installation au respect de l'obligation dans les limites de la propriété. Le vendeur informe l'acquéreur, le bailleur informe le locataire, et l'information est intégrée à l'état des risques depuis le 1er janvier 2025. Pour un diagnostiqueur, c'est une ligne de plus à instruire sur les 45 départements concernés ; pour une entreprise de travaux, c'est un déclencheur de commande à l'occasion de chaque vente.

Le bâti reste vulnérable même quand la bande est propre

Le débroussaillement traite le combustible, pas les points d'entrée des braises. Grilles d'aération à larges mailles, gouttières chargées, bois de chauffage stocké contre la façade, haie plaquée au mur : autant d'entrées que la coupe ne corrige pas. Notre article sur la protection du bâti face aux feux de forêt détaille les dispositions constructives, et celui sur la sécurité incendie en ITE traite du cas particulier des façades isolées par l'extérieur.

Relever la parcelle avant de chiffrer

L'application de l'OLD ne bute pas sur le principe mais sur le relevé : quelle distance sépare réellement tel sujet de la façade, quels houppiers se touchent, quelle surface reste à traiter et donc à facturer. À l'œil, l'estimation sous-évalue presque toujours le volume, et un forfait posé sans métré se paie en reprise.

Le point de départ reste la parcelle : à partir de la seule adresse, Argile croise les bases publiques pour reconstituer le logement et son site, emprise du bâti et limites de parcelle comprises. L'outil debroussaillement.argile.ai récupère ensuite le contour du bâtiment et les arbres mesurés par LiDAR dans un rayon de 120 m, calcule les distances et affiche arbre par arbre les écarts, avec un score de protection avant et après travaux.

  • Profondeur applicable sur la commune : arrêté préfectoral, plus arrêté municipal si le maire a porté la bande à 100 m
  • Distances et hauteurs prescrites : recueil des actes administratifs du département, jamais une valeur générique
  • Parcelles traversées par la bande, y compris celles du voisin, et trace écrite de l'information faite
  • Points d'entrée des braises à traiter en complément : grilles, gouttières, bois stocké, haies contre la façade

Le résultat reste une aide de dégrossissage, non contractuelle : la pente du terrain n'entre pas dans le modèle, le LiDAR ne voit ni la strate arbustive ni la hauteur des branches basses, et seul l'arrêté préfectoral fait foi sur les valeurs. Il sert à prioriser les coupes et à cadrer un devis, pas à attester d'une conformité.

Chiffres clés

50 m, 100 m par le maire

Profondeur autour des constructions, article L134-6

50 €/m²

Amende administrative maximale, article L135-2

45 départements

Couverture de la base DÉBROUSSAILLEMENT de l'IGN

Questions fréquentes

L'article L134-8 du code forestier met les travaux à la charge du propriétaire de la construction, du chantier ou de l'installation pour la protection duquel la servitude est établie, y compris quand le périmètre déborde sur une parcelle voisine. C'est donc le propriétaire du bâti qui commande et qui paie les coupes chez le voisin, après information de celui-ci. Sur le devis, cela veut dire que le donneur d'ordre n'est pas nécessairement le propriétaire du sol où intervient l'entreprise, et que l'accès doit être tracé par écrit.

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Pierre-Louis Guhur

Pierre-Louis est CEO et cofondateur d'Argile. Docteur en apprentissage automatique, thèse préparée à l'Inria, il a rénové une maison de ses mains en 2017 avant de fonder l'entreprise. Sur le blog, il écrit sur ce qu'il implémente dans le logiciel : la méthode 3CL-DPE 2021, la NF EN 12831 et la physique du bâti telle qu'un moteur de calcul doit la traiter, hypothèse par hypothèse.

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