L'obligation légale de débroussaillement porte sur le propriétaire du bâti, pas sur celui du terrain boisé. L'article L134-6 du code forestier fixe la profondeur à 50 mètres autour des constructions, chantiers et installations, que le maire peut porter jusqu'à 100 mètres, et l'article L134-8 met les travaux à la charge du propriétaire de la construction protégée, y compris quand le périmètre déborde sur la parcelle voisine. Aucune valeur d'espacement des houppiers ni de hauteur d'élagage ne figure dans le code ni dans l'arrêté du 29 mars 2024 : ces prescriptions sont fixées par l'arrêté préfectoral, département par département. Depuis le 1er janvier 2025, l'OLD doit être portée à la connaissance de l'acquéreur ou du locataire dans l'état des risques.
Le périmètre à mesurer avant de chiffrer
Les profondeurs de l'article L134-6
Le champ général est celui des terrains situés à moins de 200 mètres des bois et forêts des territoires classés à risque d'incendie. À l'intérieur de ce champ, l'article L134-6 énumère les situations et les profondeurs correspondantes.
| Objet protégé | Profondeur de débroussaillement |
|---|---|
| Constructions, chantiers et installations de toute nature | 50 m, que le maire peut porter jusqu'à 100 m |
| Voies privées d'accès aux constructions | 10 m de part et d'autre, profondeur fixée par le préfet |
| Terrains en zone urbaine délimitée par un PLU | Totalité de la parcelle |
| Communes sans PLU, sur décision de l'État | Jusqu'à 200 m |
| Installations relevant de l'article L. 515-32 du code de l'environnement | 100 m, portés jusqu'à 200 m par l'État |
Le point à retenir pour un métré : l'extension de 50 à 100 mètres relève du maire, pas d'une liste de départements. Avant de sortir un devis, on vérifie donc deux textes, l'arrêté préfectoral pour les prescriptions techniques et l'arrêté municipal éventuel pour la profondeur.
Le débiteur de l'obligation n'est pas toujours le propriétaire du sol
L'article L134-8 met la dépense à la charge du propriétaire de la construction pour la protection de laquelle la servitude est établie. Concrètement, un propriétaire dont le rayon réglementaire déborde chez le voisin ou sur un terrain communal reste redevable des coupes à réaliser hors de ses limites, et c'est lui qui commande l'entreprise. Pour l'entreprise, cela impose trois précautions : identifier le donneur d'ordre, tracer par écrit l'information faite au propriétaire du sol, et faire figurer sur le devis les parcelles concernées, y compris celles qui n'appartiennent pas au client.
Ce que l'arrêté préfectoral prescrit, et ce que le code ne dit pas
L'arrêté du 29 mars 2024 pris en application de l'article L131-10 fixe la liste des opérations minimales que tout arrêté préfectoral doit prescrire, et rien d'autre. Il ne contient aucune valeur chiffrée : le préfet fixe les distances d'éloignement, les dimensions, les quantités, les hauteurs et les densités applicables selon les risques locaux.
| Opération minimale imposée par l'arrêté du 29 mars 2024 | Valeur chiffrée |
|---|---|
| Coupe ou broyage de la végétation herbacée et ligneuse basse | Fixée par le préfet |
| Coupe ou broyage des arbustes situés sous le couvert d'arbres | Fixée par le préfet |
| Mise à distance des houppiers entre arbustes et avec les arbres conservés | Fixée par le préfet |
| Mise à distance des houppiers des arbres conservés avec le bâti | Fixée par le préfet |
| Élagage pour qu'aucune branche ne retombe près du sol | Fixée par le préfet |
| Dégagement de la végétation au-dessus des voies, pour les engins de secours | Fixée par le préfet |
| Élimination des rémanents par broyage ou exportation | Brûlage à titre exceptionnel |
C'est la raison pour laquelle les valeurs de 2 ou 3 mètres que l'on voit circuler ne sont pas des règles nationales. Elles sont vraies dans certains départements et fausses dans d'autres, et la base DÉBROUSSAILLEMENT de l'IGN, qui couvre les 45 départements concernés, le dit explicitement : elle localise les parcelles soumises à l'obligation mais ne précise pas les règles à appliquer, celles-ci variant selon les conditions locales.
Débroussailler n'est pas raser
Les sept opérations décrivent un traitement de la strate basse et de la continuité verticale, pas une coupe rase. On élimine la strate herbacée et arbustive, on éclaircit les arbustes sous couvert, on rompt la continuité entre houppiers, on relève les branches basses et on évacue les rémanents, qui sont eux-mêmes du combustible laissé au sol. Un boisement aéré sans strate basse continue ralentit un feu bien mieux qu'un boisement dense laissé intact.
Les sanctions, dans l'ordre où elles tombent
Le régime est gradué et cumule des voies distinctes. Mieux vaut les nommer correctement dans un devis ou un courrier de relance, car chacune relève d'une autorité différente.
| Suite donnée | Fondement | Montant |
|---|---|---|
| Mise en demeure du maire, assortie d'une astreinte | Article L134-9 | 100 € par jour, plafond 5 000 € |
| Exécution d'office des travaux aux frais du propriétaire | Article L134-9 | Coût réel des travaux |
| Amende administrative | Article L135-2 | Jusqu'à 50 € par m² soumis à l'obligation |
| Contravention de 5e classe | Article R163-3 | Amende de 5e classe |
| Amende prononcée par le tribunal | Article L163-5 | 50 € par m² soumis à l'obligation |
| Franchise supplémentaire après sinistre incendie | Article L122-8 du code des assurances | Plafonnée à 5 000 € |
Sur ce dernier point, une précision qui circule mal : l'assureur ne peut pas refuser l'indemnisation au motif d'un défaut de débroussaillement. L'article L122-8 du code des assurances, en vigueur depuis le 1er octobre 2023, lui permet d'appliquer une franchise supplémentaire d'un montant maximal de 5 000 €, qui s'ajoute aux franchises prévues au contrat. C'est une majoration de reste à charge, pas une déchéance de garantie.
Ce que la loi du 10 juillet 2023 a changé pour les professionnels
L'OLD entre dans l'état des risques depuis le 1er janvier 2025
L'article L134-16 du code forestier, issu de la loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023, conditionne la mutation d'un terrain, d'une construction, d'un chantier ou d'une installation au respect de l'obligation dans les limites de la propriété. Le vendeur informe l'acquéreur, le bailleur informe le locataire, et l'information est intégrée à l'état des risques depuis le 1er janvier 2025. Pour un diagnostiqueur, c'est une ligne de plus à instruire sur les 45 départements concernés ; pour une entreprise de travaux, c'est un déclencheur de commande à l'occasion de chaque vente.
Le bâti reste vulnérable même quand la bande est propre
Le débroussaillement traite le combustible, pas les points d'entrée des braises. Grilles d'aération à larges mailles, gouttières chargées, bois de chauffage stocké contre la façade, haie plaquée au mur : autant d'entrées que la coupe ne corrige pas. Notre article sur la protection du bâti face aux feux de forêt détaille les dispositions constructives, et celui sur la sécurité incendie en ITE traite du cas particulier des façades isolées par l'extérieur.
Relever la parcelle avant de chiffrer
L'application de l'OLD ne bute pas sur le principe mais sur le relevé : quelle distance sépare réellement tel sujet de la façade, quels houppiers se touchent, quelle surface reste à traiter et donc à facturer. À l'œil, l'estimation sous-évalue presque toujours le volume, et un forfait posé sans métré se paie en reprise.
Le point de départ reste la parcelle : à partir de la seule adresse, Argile croise les bases publiques pour reconstituer le logement et son site, emprise du bâti et limites de parcelle comprises. L'outil debroussaillement.argile.ai récupère ensuite le contour du bâtiment et les arbres mesurés par LiDAR dans un rayon de 120 m, calcule les distances et affiche arbre par arbre les écarts, avec un score de protection avant et après travaux.
- Profondeur applicable sur la commune : arrêté préfectoral, plus arrêté municipal si le maire a porté la bande à 100 m
- Distances et hauteurs prescrites : recueil des actes administratifs du département, jamais une valeur générique
- Parcelles traversées par la bande, y compris celles du voisin, et trace écrite de l'information faite
- Points d'entrée des braises à traiter en complément : grilles, gouttières, bois stocké, haies contre la façade
Le résultat reste une aide de dégrossissage, non contractuelle : la pente du terrain n'entre pas dans le modèle, le LiDAR ne voit ni la strate arbustive ni la hauteur des branches basses, et seul l'arrêté préfectoral fait foi sur les valeurs. Il sert à prioriser les coupes et à cadrer un devis, pas à attester d'une conformité.



