Blog/DPE : les classes de A à G
Artisans

15 juin 2026

•

5 min de lecture

•

Mis à jour le 10 août 2026

DPE : les classes de A à G, seuils énergie et seuils climat

L’arrêté du 31 mars 2021 ne fixe pas une échelle mais deux, l’une en énergie primaire, l’autre en émissions, et la lettre affichée est la plus mauvaise des deux. C’est cette règle qui explique la plupart des étiquettes que vous ne comprenez pas en visite technique, et c’est elle qui décide de quel côté du calendrier de décence énergétique tombe le logement de votre client.

Sommaire

Une classe de DPE n’est pas une moyenne, c’est un minimum. L’annexe 5 de l’arrêté du 31 mars 2021 fixe deux échelles de A à G, l’une en énergie primaire (kWhEP/m².an), l’autre en émissions (kgCO2/m².an), et la lettre affichée est la plus mauvaise des deux. Un logement à 160 kWhEP/m².an et 45 kgCO2/m².an sort donc en D, pas en C, et aucun geste sur l’enveloppe ne le fera remonter tant que la colonne carbone reste la plus basse. Ces mêmes lettres commandent le calendrier de décence énergétique de l’article 6 de la loi du 6 juillet 1989 : depuis le 1er janvier 2025, un logement décent est classé entre A et F en France métropolitaine, entre A et E au 1er janvier 2028 et entre A et D au 1er janvier 2034. Pour les logements de moins de 40 m², les seuils sont modulés par l’arrêté du 25 mars 2024.

À quoi sert le DPE et comment lire l’étiquette en un coup d’œil

Échelle des classes énergétiques, de A à G.

DPE : ce que mesure vraiment la classe-énergie (consommation et émissions)

Le dpe donne une photo rapide du logement. Il affiche deux chiffres. La consommation d’énergie (en kWh d’énergie primaire par m² et par an) et les émissions de gaz à effet de serre (en kg CO2e par m² et par an). La lettre finale A à G correspond à la moins bonne des deux valeurs.

Étiquette énergie et étiquette climat : distinguer les deux pour éviter les confusions

L’étiquette énergie traduit la dépense énergétique. L’étiquette climat traduit l’impact carbone. On peut donc avoir un logement “sobre” mais “carboné”, ou l’inverse. Pour éviter les malentendus, montrez toujours les deux échelles et le chiffre associé, pas seulement la couleur.

Ce que votre client retient en priorité : repères simples pour expliquer A à G

En pratique, vos clients retiennent la lettre et la couleur. A et B, logement très performant. C et D, niveau correct. E, encore améliorable. F et G, priorité aux travaux. Votre repère simple : d’abord l’enveloppe (isolation, étanchéité), puis les systèmes (ventilation, chauffage).

Classes énergétiques A à G : seuils, profils de logements et cas fréquents sur chantier

Les seuils se lisent à deux colonnes, et c’est la moins bonne des deux qui donne la lettre.

Classe Énergie primaire (kWhEP/m².an) Émissions (kgCO2/m².an)
A ≤ 70 ≤ 6
B 71 à 110 7 à 11
C 111 à 180 12 à 30
D 181 à 250 31 à 50
E 251 à 330 51 à 70
F 331 à 420 71 à 100
G > 420 > 100

Logements A/B : points clés (isolation, ventilation, systèmes performants)

Dans le dpe, la classe retient le plus mauvais résultat entre consommation (kWhEP/m².an) et émissions (kgCO2/m².an). En pratique, A vise jusqu’à 70 et 6. B vise 71 à 110 et 11. Sur chantier, on retrouve une isolation continue, une étanchéité soignée, une VMC correctement réglée et des systèmes sobres comme la PAC basse température.

Logements C/D : les améliorations les plus rentables pour gagner une étiquette

Ces logements sont souvent “corrects mais perfectibles” (C 111 à 180 et 30. D 181 à 250 et 50). Les gains rapides viennent surtout des postes qui fuient.

  • Combles et rampants, puis planchers bas si accessible.
  • Régulation, programmation, équilibrage, calorifugeage des réseaux.
  • Ventilation adaptée avant d’augmenter l’étanchéité.

Logements E/F/G : comprendre la notion de passoire énergétique et les erreurs courantes

On parle de passoire énergétique surtout en F ou G (E 251 à 330 et 70. F 331 à 420 et 100. G au-delà). Erreurs fréquentes : changer le générateur sans traiter isolation et ponts thermiques, oublier la ventilation, ou installer une PAC sans vérifier émetteurs et températures d’eau. Résultat, confort mitigé et étiquette qui bouge peu.

Ce que chaque classe déclenche : le calendrier de décence énergétique

La lettre n’est pas qu’un argument commercial, c’est une date. L’article 6 de la loi du 6 juillet 1989, dans sa rédaction issue de l’article 160 de la loi du 22 août 2021, définit le niveau de performance qu’un logement doit atteindre pour rester décent, donc louable en résidence principale.

Échéance (France métropolitaine) Classes admises pour un logement décent Classes qui sortent du parc locatif
Depuis le 1er janvier 2025 A à F G
1er janvier 2028 A à E F
1er janvier 2034 A à D E

En Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion et à Mayotte, le même article fixe A à F au 1er janvier 2028 et A à E au 1er janvier 2031.

Comment ce calendrier se lit sur un devis

C’est le seul endroit du DPE qui produit une urgence datée, donc un argument que vous n’avez pas à inventer. Sur un logement en F mis en location, l’échéance de 2028 fixe la cible : sortir de F, c’est-à-dire atteindre au moins E sur les deux colonnes à la fois. Écrivez la classe visée comme un objectif soumis au calcul final, jamais comme un engagement de résultat, et gardez la trace des hypothèses retenues (surface, ventilation, générateur) qui feront la différence entre deux lettres.

Ce qui fait monter ou baisser une classe-énergie : les leviers concrets à activer

Isolation : toiture, murs, plancher bas… où gagner le plus sur le DPE

Sur un dpe, les déperditions font la pluie et le beau temps. Priorité toiture et murs quand c’est possible. Ensuite viennent les planchers bas et les menuiseries. L’idée est simple. Traiter les grandes surfaces en continu, limiter les ponts thermiques et viser une pose soignée.

Chauffage et eau chaude : l’impact PAC, chaudière, régulation et désembouage

Le saut de classe vient souvent du système. Passer d’une vieille chaudière à une PAC, ou à une chaudière performante, change le rendement pris en compte. Ajoutez une bonne régulation (thermostat, programmation, équilibrage). Le désembouage n’améliore pas l’étiquette à lui seul, mais il évite de perdre en confort et en consommation après travaux.

Ventilation et étanchéité : éviter les “travaux qui pénalisent” l’étiquette

Isoler sans ventilation, c’est comme fermer les volets et oublier l’air. Ventiler juste (VMC adaptée, entrées d’air, bouches réglées) et soigner l’étanchéité à l’air limitent les pertes. Sinon, inconfort, humidité et débits mal maîtrisés peuvent annuler une partie du gain attendu sur le dpe. Pour aller plus loin sur le dimensionnement, vous pouvez vous appuyer sur un article dédié au réseau de gaines VMC.

DPE 2026 : points de vigilance pour vos devis, vos preuves et vos conseils client

DPE opposable : sécuriser vos engagements (ce que vous promettez, ce que vous prouvez)

Un dpe est opposable. Donc, dans vos devis, évitez la promesse de résultat. Préférez un objectif indicatif basé sur le DPE ou l’audit fourni, avec vos hypothèses (surface chauffée, ventilation, réglages). Côté preuves, gardez factures, fiches techniques, photos avant-après, références produits et attestations RGE.

Logements anciens : comment parler des limites du DPE sans décrédibiliser le chantier

Dans l’ancien, le dpe peut s’appuyer sur des données parfois incomplètes. Présentez-le comme une photo à l’instant T. Expliquez que l’étiquette évolue aussi avec l’usage et la ventilation. Vous vendez une amélioration mesurable (isolation, étanchéité, système), pas un score parfait.

Coordination audit énergétique, MaPrimeRénov’ et CEE : aligner le plan de travaux et la classe visée

Avant de chiffrer, alignez le plan de travaux retenu. Même périmètre, mêmes équipements, mêmes performances. Sinon, risque de blocage dossier. Argile intègre les aides publiques et les primes CEE au chiffrage, ce qui garde le reste à charge cohérent avec le plan de travaux. En 2026, vos pièces doivent raconter la même histoire. Devis, factures et attestations CEE doivent coller à la classe visée et au parcours MaPrimeRénov’.

Bien utiliser le DPE pour vendre un chantier : argumentaire simple et étapes de préparation

Avant visite : récupérer DPE, plans, factures et repérer les incohérences d’étiquette

Demandez le dpe en rapport complet. Prenez aussi plans, factures d’énergie, notices de chauffage. Repérez tout de suite les incohérences qui font perdre confiance, surface erronée, générateur déclaré différent, ventilation oubliée. Notez ce qui devra être vérifié sur place.

Pendant la visite : check-list terrain pour relier défauts constatés et classe-énergie

À vérifier sur place

  • Isolation visible, combles, murs, planchers. Mesurez si besoin.
  • Menuiseries, volets, fuites d’air, traces d’humidité, VMC.
  • Chauffage et eau chaude, type, âge, régulation. Prenez des photos comme preuves terrain.

Reliez chaque défaut à son impact sur la classe énergie. Vous vendez des solutions, pas des kilowattheures.

Après la visite : prioriser les lots et annoncer une classe cible sans surpromettre

Priorisez par lots. D’abord l’enveloppe et la ventilation, puis le système de chauffage. Proposez un plan de travaux en 1 ou 2 étapes avec budget et aides mobilisables. À partir des caractéristiques du logement et de la classe visée, Argile propose les gestes à retenir et compose le plan de travaux. Annoncez une classe cible comme un objectif réaliste soumis au calcul final du DPE et aux usages. Si le logement est très énergivore, recommandez un audit énergétique pour cadrer les gains.

Chiffres clés

> 420 kWhEP/m².an

Seuil énergie de la classe G

≤ 70 kWhEP/m².an

Seuil énergie de la classe A

251 à 330 kWhEP/m².an

Seuil énergie de la classe E

Questions fréquentes

Un DPE est valable 10 ans, sauf cas particuliers (anciens DPE réalisés entre 2013 et 2017, ou entre 2018 et juin 2021, avec échéances de fin de validité spécifiques). Après des travaux d’isolation ou de changement de chauffage, il est recommandé de refaire le DPE pour valoriser la nouvelle classe, notamment avant une mise en vente ou en location.

Partager cet article

Louis Airy

Louis est COO d'Argile. Après quatre ans de conseil en stratégie et près de deux ans comme chief of staff dans l'adaptation du logement et le réemploi, il a rejoint Argile en mars 2024. Au contact quotidien des entreprises RGE, il suit les sujets CEE, MaPrimeRénov' et TVA réduite, et reprend les articles concernés quand un barème change. Ce qu'il écrit est ce qu'il vérifie ensuite sur des devis réels.

Ce qui change, une fois par mois

Les nouveautés d’argile, et les évolutions CEE et MaPrimeRénov’ décryptées. Rien d’autre, et un lien de désinscription dans chaque envoi.

À lire aussi

Camille Martin

/

Plan de travaux

/

Financement

Rénovation d’ampleur

Générer le devis

Travaux

Financement

Coût des travaux et aides

Coût total des travaux

4 gestes

ISOLATION

Isolation des murs par l’extérieur

18 400,00 €

Menuiseries

3 260,00 €

CHAUFFAGE ET EAU CHAUDE

Pompe à chaleur air/eau

14 900,00 €

Ventilation double flux

1 840,00 €

Montant total

38 400 €

Aides

3 aides

MaPrimeRénov’

9 200,00 €

Certificats d’économies d’énergie

3 480,00 €

Aide régionale

1 520,00 €

Ajouter une aide

Total des aides

− 14 200 €

Reste à charge

Coût des travaux

38 400 €

Aides déduites

− 14 200 €

Les aides sont perçues en fin de chantier : le plan de financement couvre l’avance.

Reste à charge

24 200 €

Plan de financement

Plan pour financer les travaux avant la perception des aides en fin de chantier

Prêts

1 prêt

Prêt Ecair

24 200 € · 15 ans · 3,4 %

Mensualité

212 €

Ecair

Empruntis

Sofinco

Total emprunté

24 200 €

Avances sur les aides

3 aides

Les aides sont avancées au client pour qu’il n’attende pas la fin du chantier.

MaPrimeRénov’

9 200,00 €

Certificats d’économies d’énergie

3 480,00 €

Aide régionale

1 520,00 €

Total avancé

14 200 €

Apport personnel

Aucun apport demandé sur ce projet

Total apporté

0 €

Avec argile

Le reste à charge, annoncé au client sans mauvaise surprise

Aides publiques, primes CEE et solutions de financement intégrées au chiffrage : le client voit le coût réel de son projet, son reste à charge et ses mensualités avant de signer.

Avec argile

Les bons travaux, proposés par l’IA dès la qualification

À partir des caractéristiques du logement et des objectifs du client, Argile propose les gestes de rénovation les plus pertinents.

Produit Argile13 avril 2026
Insert vs foyer fermé : quelle différence pour le DPE ?

Quand un client vous demande « ça va changer quoi sur mon DPE ? », le choix entre un appareil de chauffage au bois et un autre peut vite devenir le point sensible du devis. Vous avez besoin d’arguments simples, qui relient rendement, émissions et usage réel à la note finale, sans tomber dans les promesses floues. Ici, on remet les critères du DPE dans le bon ordre pour vous aider à trancher et à expliquer clairement.

6 min de lecture

Révélez votre expertise

Une démo, et vous voyez votre expertise en preuve.

Contactez-nous