Ce volet régional prolonge notre étude nationale « Canicule et inégalités vertes : les régions françaises à l'épreuve du 3-30-300 », qui présente la règle, la méthode et le classement des treize régions.
Les Hauts-de-France au crible de la région 3-30-300. Une région qui se révèle peu arborée.
L'essentiel. Sur les communes des Hauts-de-France couvertes par le LiDAR HD (3,44 millions d'habitants sur les 5 départements traités), la canopée moyenne n'est que de 15 %, bien en deçà du Rhône (24 %) ou de Paris (21 %). Seulement 7 % des communes atteignent 30 %, et 92 % des habitants vivent dans un quartier sous le seuil. Le cœur industriel et agricole du nord (Nord, Pas-de-Calais, Somme) tombe même à 10–13 % ; seule l'Oise, boisée et proche de l'Île-de-France, fait exception (24 %).
Une région de plaines, peu boisée
Les Hauts-de-France sont un territoire de grandes cultures, de littoral et d'industrie (bassin minier, ports de Dunkerque, Calais, Boulogne). Historiquement peu forestière, la région affiche une canopée très basse, assez homogène : la plupart des communes se situent entre 5 % et 15 %.
- La Métropole de Lille (Lille, Roubaix, Tourcoing, Villeneuve-d'Ascq, Valenciennes), soit ~1,2 million d'habitants, n'a aucune tuile publiée. La plus grande ville de la région ne peut donc pas encore être mesurée.
- Des zones du sud (Laon dans l'Aisne, l'ouest de l'Oise) restent partielles.
Les chiffres ci-dessous portent sur les 3,44 M d'habitants couverts (sur ~6 M dans la région). En gris sur les cartes : LiDAR non publié.
Vue d'ensemble : 5 départements
| Département | Communes couvertes | Population couverte | Canopée moyenne | Communes ≥ 30 % |
|---|---|---|---|---|
| Nord (59)* | 285 | 0,80 M | 9,5 % | 1 % |
| Pas-de-Calais (62) | 851 | 1,17 M | 12,9 % | 2 % |
| Somme (80) | 771 | 0,57 M | 13,1 % | 3 % |
| Aisne (02)* | 323 | 0,23 M | 16,8 % | 14 % |
| Oise (60) | 583 | 0,68 M | 24,1 % | 18 % |
| Région (5 dépts) | 2 813 | 3,44 M | 14,6 % | 7 % |
couverture partielle : Métropole de Lille (59) et secteur de Laon (02) non publiés.*
Département par département
Nord (59) : sans la métropole lilloise
Le grand vide de la carte, c'est Lille et sa métropole, non publiées. Seuls sont mesurés Dunkerque (littoral), le bassin minier (Douai, Denain) et le Cambrésis : des zones très minérales, canopée moyenne 9,5 %, aucun quartier à 30 %.



Pas-de-Calais (62) : bien couvert, très minéral
Département presque entièrement couvert (851 communes). La plaine de l'Artois, le littoral (Calais 7 %, Boulogne 11 %) et le bassin minier tirent la moyenne à 12,9 %. Un peu de verdure sur les collines du Boulonnais (Étaples, Berck) et quelques forêts.



Somme (80) : la plaine picarde
Entièrement couvert. Amiens plafonne à 16 %, moyenne départementale 13,1 %. Un paysage de grandes cultures très peu arboré.

Aisne (02) : la plus verte, mais partielle
Plus rurale et boisée (Thiérache, forêts de Saint-Gobain et de Retz), l'Aisne est la moins minérale (moyenne 16,8 %, 14 % des communes à 30 %), mais seule ~40 % de sa surface est publiée (Laon manque).

Oise (60) : l'exception verte, aux portes de l'Île-de-France
Limitrophe de l'Île-de-France, l'Oise tranche avec le reste de la région : 24 % de canopée, 18 % des communes à 30 %. Elle doit sa verdure aux grandes forêts du sud (Chantilly 62 %, Halatte, Compiègne, Ermenonville) et aux villes résidentielles de Senlis (44 %) et Pont-Sainte-Maxence (45 %). Le nord plus industriel (Beauvais 22 %, Creil, Montataire 17 %) reste minéral.

Les extrêmes régionaux (communes ≥ 15 000 hab.)
- Les plus arborées : Senlis (44 %, Oise), Nogent-sur-Oise (27 %), Creil (26 %), Bruay-la-Buissière (26 %), Beauvais (22 %), Abbeville (20 %).
- Les moins arborées : Hazebrouck (5 %), Calais (7 %), Dunkerque (9 %), Boulogne-sur-Mer (11 %), Cambrai (12 %), Denain (12 %).
Même les « plus arborées » de la région dépassent à peine ce qui, ailleurs, serait un niveau bas.
Zooms : quatre villes extrêmes
Le grand écart de la région, à l'échelle de la ville (règles 3-30-300 calculées sur les bâtiments reconstruits en 3D).
Chantilly (3/3) et Senlis (3/3) : au vert
Au sud de l'Oise, deux villes enveloppées de forêt cochent les trois règles, cas rares dans la région : Chantilly (62 % de canopée, la forêt de Chantilly) et Senlis (44 %), ville historique boisée.




Calais (1/3) et Hazebrouck (2/3) : au minéral
À l'opposé, le littoral et la Flandre. Calais (7 % de canopée) échoue à la fois le 30 et le 300 : 53 % de ses logements sont à plus de 300 m d'un espace vert. Hazebrouck (5 %) est la commune la moins arborée de toute la région.




Comparaison
| Territoire | Canopée moyenne | Communes ≥ 30 % |
|---|---|---|
| Hauts-de-France (couvert) | 15 % | 7 % |
| Rhône | 24 % | 41 % |
| Île-de-France | ~25 % | 35 % |
Les Hauts-de-France apparaissent comme le territoire le plus exposé au risque de chaleur du point de vue du couvert arboré, un enjeu d'autant plus fort que la population du bassin minier est parmi les plus modestes du pays.
Données et méthode
Arbres extraits du LiDAR HD de l'IGN (sans masque), canopée mesurée à l'échelle IRIS (quartier). Communes non couvertes laissées en gris. La Métropole de Lille sera intégrée dès la publication de son LiDAR par l'IGN.
Et votre quartier ? Entrez votre adresse dans notre outil 3-30-300 : il lit les trois chiffres chez vous, sur les mêmes données que cette étude, arbre par arbre et quartier par quartier.
Comment on a mesuré
La méthode, les sources et le classement des treize régions sont détaillés dans l'étude nationale. Arbres extraits du LiDAR HD de l'IGN, canopée mesurée à l'échelle IRIS (le quartier, celui que vise la règle des 30 %), communes non couvertes laissées en gris.




