L'ETAS d'une pompe à chaleur, ou efficacité énergétique saisonnière (ηs), est son rendement sur une saison de chauffe ramené à l'énergie primaire, exprimé en %, alors que le SCOP est ramené à l'électricité consommée. C'est pour cela qu'une même PAC air/eau affiche un ETAS de 135 % et un SCOP de 3,45 : les deux décrivent la même machine, sur deux échelles reliées par le coefficient de conversion de 2,5 retenu par le règlement (UE) n° 813/2013. Comparer un ETAS à un SCOP sans convertir, c'est comparer des euros à des dollars. Côté aides, les fiches CEE BAR-TH-171 et BAR-TH-172 exigent au moins 126 % en basse température et 111 % en moyenne ou haute température.
ETAS d'une pompe à chaleur : définition et formule de calcul
L'ETAS se lit en pourcentage, jamais en coefficient. Il part du SCOP mesuré selon la norme NF EN 14825, le divise par le coefficient de conversion en énergie primaire (CC = 2,5), puis retire des corrections forfaitaires fixées par l'annexe III du règlement (UE) n° 813/2013 : 3 points pour la régulation de température, et 5 points de plus pour une PAC eau/eau ou eau glycolée/eau, qui paie l'électricité de ses pompes de captage.
La formule ηs = SCOP / 2,5 moins les corrections
| Type de PAC | Formule de l'ETAS | SCOP qui donne 126 % | SCOP qui donne 111 % |
|---|---|---|---|
| Air/eau | ηs = SCOP / 2,5 × 100 − 3 | 3,23 | 2,85 |
| Eau/eau, eau glycolée/eau | ηs = SCOP / 2,5 × 100 − 3 − 5 | 3,35 | 2,98 |
Les deux dernières colonnes inversent la formule, SCOP = (ηs + corrections) × 2,5 / 100, pour lire le SCOP minimal derrière les seuils des aides.
La table de conversion ETAS vers SCOP d'une PAC air/eau
Ce tableau applique la formule ci-dessus à une PAC air/eau, la correction de 3 points comprise.
| ETAS affiché | SCOP correspondant |
|---|---|
| 125 % | 3,20 |
| 135 % | 3,45 |
| 145 % | 3,70 |
| 155 % | 3,95 |
| 165 % | 4,20 |
| 175 % | 4,45 |
Le repère à retenir de tête : 10 points d'ETAS valent 0,25 point de SCOP. C'est ce qui permet de trancher en réunion quand un fournisseur annonce un ETAS et un autre un SCOP, sans avoir à ressortir la documentation. Sur un réversible, la même conversation se rejoue en mode froid autour du SEER et de ses classes.
ETAS, SCOP, COP, SEER : ce que mesure chaque indicateur
Ces sigles ne répondent pas à la même question. Le SCOP, en une phrase, c'est le coefficient de performance saisonnier : la chaleur fournie sur toute une saison de chauffe divisée par l'électricité consommée sur la même saison.
| Indicateur | Ce qu'il mesure | Unité | Texte de référence | Ce qu'il sert à justifier |
|---|---|---|---|---|
| COP | Chaleur produite sur électricité absorbée, à un point d'essai (ex. A7/W35) | Coefficient, sans unité | NF EN 14511 | Comparer deux modèles au même point, vérifier la puissance à A-7 |
| SCOP | Même rapport, sur une saison de chauffe pondérée | Coefficient, sans unité | NF EN 14825 | Estimer une consommation électrique annuelle |
| ETAS (ηs) | Rendement saisonnier en énergie primaire, corrections déduites | % | Règlement (UE) n° 813/2013 | Classe énergie, éligibilité CEE et MaPrimeRénov' |
| SEER | Froid produit sur électricité, sur une saison de refroidissement | Coefficient, sans unité | NF EN 14825 | Performance en mode froid d'un réversible |
Seul l'ETAS est opposable dans un dossier d'aide. Le COP et le SCOP, avec les points A7, A2 et A-7 à contrôler, sont détaillés dans notre article sur le SCOP et le COP d'une PAC, et le comportement à mi-puissance dans le COP à charge partielle.
ETAS : de quoi parle-t-on exactement ?
À quels générateurs l’ETAS s’applique (chaudières, PAC, chauffe-eau, etc.)
On retrouve l’ETAS sur les équipements concernés par l’écoconception et l’étiquette énergie. Cela vise notamment les chaudières (gaz, fioul, biomasse), les pompes à chaleur, les systèmes hybrides et certains générateurs en “pack” avec régulation. Pour l’eau chaude sanitaire, on parle souvent d’indicateurs proches d’efficacité, selon le profil de puisage.
La grille de classes de l'étiquette énergie
Une valeur d'ETAS ne se lit pas seule : c'est l'annexe II du règlement délégué (UE) n° 811/2013 qui la convertit en classe, et l'échelle diffère selon que le générateur travaille en moyenne ou en basse température. Un même produit peut donc afficher deux classes selon le régime déclaré.
| Classe | ETAS, application moyenne température | ETAS, PAC basse température 35 °C |
|---|---|---|
| A+++ | ≥ 150 % | ≥ 175 % |
| A++ | 125 à 150 % | 150 à 175 % |
| A+ | 98 à 125 % | 123 à 150 % |
| A | 90 à 98 % | 115 à 123 % |
| B | 82 à 90 % | 107 à 115 % |
| C | 75 à 82 % | 100 à 107 % |
| D | 36 à 75 % | 61 à 100 % |
| E | 34 à 36 % | 59 à 61 % |
| F | 30 à 34 % | 55 à 59 % |
| G | < 30 % | < 55 % |
Deux lectures en découlent directement sur le devis. Une chaudière gaz à condensation plafonne autour de 92 à 94 % d'ETAS, donc en classe A, et aucune chaudière à combustible ne franchira jamais la barre des 98 % qui ouvre la classe A+. Et le règlement (UE) n° 813/2013 fixe le plancher de mise sur le marché à 86 % d'ETAS pour une chaudière à combustible de 70 kW ou moins, ce qui exclut de fait les chaudières basse température non condensation du neuf.
Les deux pièges qui faussent la comparaison
Le premier tient au régime d'eau. Un ETAS n'a de sens qu'accompagné de la température de départ à laquelle il a été établi, typiquement 35 °C ou 55 °C, et l'écart entre les deux est considérable sur la même machine. Un ETAS annoncé sans son régime est une valeur inutilisable, et c'est pourtant la forme sous laquelle elle circule le plus souvent dans les documentations commerciales.
Le second tient à la nature même de l'indicateur. L'ETAS est un rendement conventionnel calculé pour une saison de référence, pas une mesure de ce que la machine fera chez votre client. Il ne dit rien du dimensionnement, du régime réel des émetteurs, ni de la qualité de la pose, qui sont les trois choses qui décideront de la facture. Deux machines de même ETAS installées différemment donneront des consommations qui n'ont rien à voir.
Ce que ça change en pratique : l'ETAS sert à comparer des produits entre eux et à vérifier une éligibilité, pas à promettre une performance. Sur un devis, annoncez l'ETAS avec son régime de départ, en reprenant la valeur d'un catalogue dont les caractéristiques techniques sont vérifiées auprès des fabricants, et parlez d'économies à partir du dimensionnement, jamais à partir de l'étiquette seule.
ETAS à 35 °C ou à 55 °C : quelle valeur lire
Une fiche de PAC air/eau donne au moins deux ETAS : un pour l'application à basse température (sortie d'eau à 35 °C) et un pour l'application à moyenne température (55 °C), en climat moyen. La bonne valeur est celle du régime auquel l'installation est dimensionnée, c'est-à-dire la température de départ nécessaire aux émetteurs à la température de base.
| Application au sens du règlement (UE) n° 813/2013 | Sortie d'eau | Émetteurs courants | Grille de classes | Seuil CEE |
|---|---|---|---|---|
| Basse température | 35 °C | Plancher chauffant, radiateurs basse température | Grille PAC basse température | 126 % |
| Moyenne ou haute température | 55 °C | Radiateurs existants en fonte ou acier | Grille moyenne température | 111 % |
Sur les PAC air/eau récentes, l'ETAS à 35 °C se situe couramment entre 160 et 200 %, celui à 55 °C entre 120 et 145 % (ordre de grandeur relevé sur les fiches du marché, pas une valeur réglementaire). Annoncer l'ETAS à 35 °C sur des radiateurs qui demanderont 55 °C surévalue la machine d'une quarantaine de points et expose le dossier à un refus. Le choix du régime se joue sur les émetteurs : voir PAC basse ou haute température et impact sur les émetteurs.
Les seuils d'ETAS exigés pour une pompe à chaleur en 2026
| Texte | PAC concernée | ETAS minimal, basse température | ETAS minimal, moyenne ou haute température | Condition de lecture |
|---|---|---|---|---|
| Fiche CEE BAR-TH-171 | Air/eau | 126 % | 111 % | Climat moyen, PAC seule hors régulation |
| Fiche CEE BAR-TH-172 | Eau/eau, eau glycolée/eau | 126 % | 111 % | Climat moyen, selon le fluide du capteur |
| Règlement (UE) n° 813/2013 | Toute PAC mise sur le marché | 125 % (PAC basse température) | 110 % | Plancher d'écoconception, pas un critère d'aide |
Les deux fiches CEE retiennent l'efficacité de la PAC seule pour le chauffage, hors dispositif de régulation. C'est un piège fréquent : l'étiquette de système (le « package ») ajoute à l'ETAS de la PAC la contribution de la classe de régulation, jusqu'à 5 points pour une classe VIII. Une PAC à 124 % seule reste inéligible en basse température, même si son package affiche 128 %. MaPrimeRénov' par geste, que le décret n° 2026-822 a recentré sur la pompe à chaleur pour les demandes déposées depuis le 1er septembre 2026, s'appuie lui aussi sur l'ETAS de la fiche produit, avec les critères techniques en vigueur à la date de dépôt.
Au-dessus du seuil, l'ETAS fixe aussi le volume de kWh cumac de la BAR-TH-171 (deux intervalles depuis 2026 : 111 à 140 %, puis au-delà), détaillé dans les nouveautés 2026 de la fiche CEE PAC air/eau. Pour la BAR-TH-172, voir la PAC eau glycolée/eau à capteurs horizontaux.
Lire l'ETAS sur une fiche produit : les lignes à contrôler
La fiche d'information produit imposée par le règlement (UE) n° 811/2013, également disponible dans la base européenne EPREL à partir de la référence du modèle, est le seul document qui fasse foi.
| Ligne de la fiche | Symbole | Ce que vous vérifiez |
|---|---|---|
| Efficacité énergétique saisonnière | ηs, en % | La valeur au bon régime (35 ou 55 °C) et en climat moyen |
| Puissance thermique nominale | Prated, en kW | Cohérente avec les déperditions à la température de base |
| Température bivalente | Tbiv, en °C | Le point sous lequel la PAC seule ne couvre plus le besoin |
| Température limite de fonctionnement | TOL, en °C | Inférieure à la température de base du chantier |
| Consommations hors mode actif | POFF, PTO, PSB, PCK, en kW | Les veilles et le réchauffeur de carter, qui pèsent sur l'ETAS |
| Classe de régulation | I à VIII | À retirer de l'ETAS du package pour retrouver la PAC seule |
Relevez ces lignes sur la référence exacte de l'unité extérieure et du module hydraulique : une même gamme change d'ETAS d'une puissance à l'autre, et c'est le couple facturé qui est contrôlé.
Comment l’ETAS est calculé : ce qui fait varier l’efficacité saisonnière
Les conditions de calcul et les profils de fonctionnement (inter-saisons, mi-charge, arrêts)
L’ETAS correspond à une efficacité saisonnière calculée sur une année type. Les essais se font sur plusieurs points de fonctionnement, dont la mi-charge, avec des phases d’inter-saison et des arrêts. Les résultats sont pondérés selon un profil climatique (chaud, moyen, froid) et une température de départ (par exemple 35 °C ou 55 °C), pour se rapprocher de l’usage réel.
Les pertes prises en compte (veille, modulation, auxiliaires, cycles)
Le calcul intègre des pertes qui n’apparaissent pas dans un COP instantané. Il tient compte de la veille et de l’arrêt, des consommations d’auxiliaires (circulateur, ventilateur), de la modulation hors zone optimale, et des pertes de cycles quand l’appareil enchaîne démarrages et arrêts. Une régulation plus stable limite ces pénalités et améliore l’ETAS.
Bien choisir et dimensionner vos générateurs grâce à l’ETAS
Dimensionnement : éviter la surpuissance et les cycles courts qui pénalisent l’ETAS
L’ETAS reflète l’efficacité saisonnière, donc la performance réelle sur une année. Un générateur trop puissant passe son temps à s’arrêter et redémarrer. Ces cycles courts font chuter le rendement et augmentent l’usure. Basez-vous sur une estimation de déperditions sérieuse et sur la température de base locale. Ciblez une machine capable de moduler bas, au plus près des besoins mi-saison.
Régulation et émetteurs : les bons réglages qui améliorent l’efficacité saisonnière
La régulation fait souvent gagner plus que 1 kW de plus. Une loi d’eau bien réglée, un thermostat modulant et des émetteurs adaptés au basse température tirent l’ETAS vers le haut. En condensation, cherchez des retours froids. En pompe à chaleur, limitez la température de départ et soignez les horaires et abaissements.
Pose et mise en service : points de vigilance (hydraulique, équilibrage, température de départ)
Sur chantier, vérifiez les débits, le désembouage si besoin, la filtration, la purge, puis l’équilibrage. Calibrez la courbe de chauffe et le plafond de température de départ. Un réglage fin à la mise en service, avec relevés, évite de perdre l’ETAS sur le terrain.
ETAS, aides et exigences : ce qui peut évoluer en 2026 pour vos dossiers
MaPrimeRénov’ et CEE : où l’ETAS intervient dans les justificatifs et fiches techniques
Dans les dossiers d’aides, l’ETAS sert surtout à relier le produit posé à une performance mesurable. En 2026, attendez-vous à plus de vérifications sur la cohérence entre facture, fiche produit, référence exacte et caractéristiques (rendement, puissance, résistances, etc.). Pour les CEE, la fiche d’opération standardisée reste votre boussole. Pour MaPrimeRénov’, la logique est la même. Un document clair vaut mieux que trois pièces floues.
Check-list 2026 : documents à préparer (étiquette, notice, attestation, photos chantier)
Pour éviter les allers-retours, préparez un dossier propre dès la visite technique.
- Étiquette énergie et notice fabricant.
- Attestation RGE, assurance, facture détaillée (marque, modèle, quantités).
- Attestation de fin de travaux et, si demandé, document ETAS ou avis technique.
- Photos datées avant, pendant, après. Avec la plaque signalétique si équipement.
Cas concrets : améliorer l’efficacité saisonnière sur le terrain
Chaudière condensation : réglages et retours chauffage pour tirer parti de la condensation
Objectif simple. Garder un retour chauffage bas pour condenser souvent. Visez une température de retour autour de 50 à 55C ou moins en mi-saison. Ajustez la courbe de chauffe, baissez la consigne départ, ouvrez les robinets thermostatiques et équilibrez le réseau pour éviter les radiateurs « chauds en haut, froids en bas ». Un entretien propre et un bon réglage font souvent gagner plus qu’un changement d’équipement.
Pompe à chaleur : loi d’eau, ballon tampon (si nécessaire) et optimisation en mi-saison
Sur une PAC, la loi d’eau est votre volant. Plus la température d’eau est basse, plus le COP saisonnier grimpe. En mi-saison, évitez les marche-arrêt en baissant la pente, en élargissant l’hystérésis et en privilégiant une régulation stable. Le ballon tampon n’est utile que si vous avez du court-cyclage ou des débits instables. Sinon, il peut dégrader les performances. Gardez un fonctionnement continu quand c’est possible.
Remplacement vs rénovation globale : quand l’ETAS ne suffit pas à garantir la performance
L’ETAS donne une photo labo. Sur le terrain, une enveloppe passoire, des émetteurs surdimensionnés, une VMC absente ou un mauvais dimensionnement font chuter l’efficacité saisonnière. Avant un simple remplacement, vérifiez pertes, étanchéité, isolation et régulation. Une rénovation globale bien séquencée, avec audit énergétique, sécurise le résultat et limite les retours SAV. C’est là que le gain réel se joue.



