Blog/ETAS d'une pompe à chaleur : définition, calcul et seuils
Secteur RGE

9 juin 2026

•

9 min de lecture

•

Mis à jour le 17 octobre 2026

ETAS d'une pompe à chaleur et des générateurs : définition, calcul et seuils 2026

L'ETAS (ηs) d'une pompe à chaleur est son efficacité saisonnière exprimée en énergie primaire, au sens du règlement (UE) n° 813/2013 : pour une air/eau, ηs = SCOP / 2,5 × 100 − 3. Les fiches CEE BAR-TH-171 et BAR-TH-172 exigent au moins 126 % en basse température (35 °C) et 111 % en moyenne ou haute température (55 °C), lus en climat moyen sur la PAC seule.

Sommaire

L'ETAS d'une pompe à chaleur, ou efficacité énergétique saisonnière (ηs), est son rendement sur une saison de chauffe ramené à l'énergie primaire, exprimé en %, alors que le SCOP est ramené à l'électricité consommée. C'est pour cela qu'une même PAC air/eau affiche un ETAS de 135 % et un SCOP de 3,45 : les deux décrivent la même machine, sur deux échelles reliées par le coefficient de conversion de 2,5 retenu par le règlement (UE) n° 813/2013. Comparer un ETAS à un SCOP sans convertir, c'est comparer des euros à des dollars. Côté aides, les fiches CEE BAR-TH-171 et BAR-TH-172 exigent au moins 126 % en basse température et 111 % en moyenne ou haute température.

ETAS d'une pompe à chaleur : définition et formule de calcul

L'ETAS se lit en pourcentage, jamais en coefficient. Il part du SCOP mesuré selon la norme NF EN 14825, le divise par le coefficient de conversion en énergie primaire (CC = 2,5), puis retire des corrections forfaitaires fixées par l'annexe III du règlement (UE) n° 813/2013 : 3 points pour la régulation de température, et 5 points de plus pour une PAC eau/eau ou eau glycolée/eau, qui paie l'électricité de ses pompes de captage.

La formule ηs = SCOP / 2,5 moins les corrections

Type de PAC Formule de l'ETAS SCOP qui donne 126 % SCOP qui donne 111 %
Air/eau ηs = SCOP / 2,5 × 100 − 3 3,23 2,85
Eau/eau, eau glycolée/eau ηs = SCOP / 2,5 × 100 − 3 − 5 3,35 2,98

Les deux dernières colonnes inversent la formule, SCOP = (ηs + corrections) × 2,5 / 100, pour lire le SCOP minimal derrière les seuils des aides.

La table de conversion ETAS vers SCOP d'une PAC air/eau

Ce tableau applique la formule ci-dessus à une PAC air/eau, la correction de 3 points comprise.

ETAS affiché SCOP correspondant
125 % 3,20
135 % 3,45
145 % 3,70
155 % 3,95
165 % 4,20
175 % 4,45

Le repère à retenir de tête : 10 points d'ETAS valent 0,25 point de SCOP. C'est ce qui permet de trancher en réunion quand un fournisseur annonce un ETAS et un autre un SCOP, sans avoir à ressortir la documentation. Sur un réversible, la même conversation se rejoue en mode froid autour du SEER et de ses classes.

ETAS, SCOP, COP, SEER : ce que mesure chaque indicateur

Ces sigles ne répondent pas à la même question. Le SCOP, en une phrase, c'est le coefficient de performance saisonnier : la chaleur fournie sur toute une saison de chauffe divisée par l'électricité consommée sur la même saison.

Indicateur Ce qu'il mesure Unité Texte de référence Ce qu'il sert à justifier
COP Chaleur produite sur électricité absorbée, à un point d'essai (ex. A7/W35) Coefficient, sans unité NF EN 14511 Comparer deux modèles au même point, vérifier la puissance à A-7
SCOP Même rapport, sur une saison de chauffe pondérée Coefficient, sans unité NF EN 14825 Estimer une consommation électrique annuelle
ETAS (ηs) Rendement saisonnier en énergie primaire, corrections déduites % Règlement (UE) n° 813/2013 Classe énergie, éligibilité CEE et MaPrimeRénov'
SEER Froid produit sur électricité, sur une saison de refroidissement Coefficient, sans unité NF EN 14825 Performance en mode froid d'un réversible

Seul l'ETAS est opposable dans un dossier d'aide. Le COP et le SCOP, avec les points A7, A2 et A-7 à contrôler, sont détaillés dans notre article sur le SCOP et le COP d'une PAC, et le comportement à mi-puissance dans le COP à charge partielle.

ETAS : de quoi parle-t-on exactement ?

À quels générateurs l’ETAS s’applique (chaudières, PAC, chauffe-eau, etc.)

On retrouve l’ETAS sur les équipements concernés par l’écoconception et l’étiquette énergie. Cela vise notamment les chaudières (gaz, fioul, biomasse), les pompes à chaleur, les systèmes hybrides et certains générateurs en “pack” avec régulation. Pour l’eau chaude sanitaire, on parle souvent d’indicateurs proches d’efficacité, selon le profil de puisage.

La grille de classes de l'étiquette énergie

Une valeur d'ETAS ne se lit pas seule : c'est l'annexe II du règlement délégué (UE) n° 811/2013 qui la convertit en classe, et l'échelle diffère selon que le générateur travaille en moyenne ou en basse température. Un même produit peut donc afficher deux classes selon le régime déclaré.

Classe ETAS, application moyenne température ETAS, PAC basse température 35 °C
A+++ ≥ 150 % ≥ 175 %
A++ 125 à 150 % 150 à 175 %
A+ 98 à 125 % 123 à 150 %
A 90 à 98 % 115 à 123 %
B 82 à 90 % 107 à 115 %
C 75 à 82 % 100 à 107 %
D 36 à 75 % 61 à 100 %
E 34 à 36 % 59 à 61 %
F 30 à 34 % 55 à 59 %
G < 30 % < 55 %

Deux lectures en découlent directement sur le devis. Une chaudière gaz à condensation plafonne autour de 92 à 94 % d'ETAS, donc en classe A, et aucune chaudière à combustible ne franchira jamais la barre des 98 % qui ouvre la classe A+. Et le règlement (UE) n° 813/2013 fixe le plancher de mise sur le marché à 86 % d'ETAS pour une chaudière à combustible de 70 kW ou moins, ce qui exclut de fait les chaudières basse température non condensation du neuf.

Les deux pièges qui faussent la comparaison

Le premier tient au régime d'eau. Un ETAS n'a de sens qu'accompagné de la température de départ à laquelle il a été établi, typiquement 35 °C ou 55 °C, et l'écart entre les deux est considérable sur la même machine. Un ETAS annoncé sans son régime est une valeur inutilisable, et c'est pourtant la forme sous laquelle elle circule le plus souvent dans les documentations commerciales.

Le second tient à la nature même de l'indicateur. L'ETAS est un rendement conventionnel calculé pour une saison de référence, pas une mesure de ce que la machine fera chez votre client. Il ne dit rien du dimensionnement, du régime réel des émetteurs, ni de la qualité de la pose, qui sont les trois choses qui décideront de la facture. Deux machines de même ETAS installées différemment donneront des consommations qui n'ont rien à voir.

Ce que ça change en pratique : l'ETAS sert à comparer des produits entre eux et à vérifier une éligibilité, pas à promettre une performance. Sur un devis, annoncez l'ETAS avec son régime de départ, en reprenant la valeur d'un catalogue dont les caractéristiques techniques sont vérifiées auprès des fabricants, et parlez d'économies à partir du dimensionnement, jamais à partir de l'étiquette seule.

ETAS à 35 °C ou à 55 °C : quelle valeur lire

Une fiche de PAC air/eau donne au moins deux ETAS : un pour l'application à basse température (sortie d'eau à 35 °C) et un pour l'application à moyenne température (55 °C), en climat moyen. La bonne valeur est celle du régime auquel l'installation est dimensionnée, c'est-à-dire la température de départ nécessaire aux émetteurs à la température de base.

Application au sens du règlement (UE) n° 813/2013 Sortie d'eau Émetteurs courants Grille de classes Seuil CEE
Basse température 35 °C Plancher chauffant, radiateurs basse température Grille PAC basse température 126 %
Moyenne ou haute température 55 °C Radiateurs existants en fonte ou acier Grille moyenne température 111 %

Sur les PAC air/eau récentes, l'ETAS à 35 °C se situe couramment entre 160 et 200 %, celui à 55 °C entre 120 et 145 % (ordre de grandeur relevé sur les fiches du marché, pas une valeur réglementaire). Annoncer l'ETAS à 35 °C sur des radiateurs qui demanderont 55 °C surévalue la machine d'une quarantaine de points et expose le dossier à un refus. Le choix du régime se joue sur les émetteurs : voir PAC basse ou haute température et impact sur les émetteurs.

Les seuils d'ETAS exigés pour une pompe à chaleur en 2026

Texte PAC concernée ETAS minimal, basse température ETAS minimal, moyenne ou haute température Condition de lecture
Fiche CEE BAR-TH-171 Air/eau 126 % 111 % Climat moyen, PAC seule hors régulation
Fiche CEE BAR-TH-172 Eau/eau, eau glycolée/eau 126 % 111 % Climat moyen, selon le fluide du capteur
Règlement (UE) n° 813/2013 Toute PAC mise sur le marché 125 % (PAC basse température) 110 % Plancher d'écoconception, pas un critère d'aide

Les deux fiches CEE retiennent l'efficacité de la PAC seule pour le chauffage, hors dispositif de régulation. C'est un piège fréquent : l'étiquette de système (le « package ») ajoute à l'ETAS de la PAC la contribution de la classe de régulation, jusqu'à 5 points pour une classe VIII. Une PAC à 124 % seule reste inéligible en basse température, même si son package affiche 128 %. MaPrimeRénov' par geste, que le décret n° 2026-822 a recentré sur la pompe à chaleur pour les demandes déposées depuis le 1er septembre 2026, s'appuie lui aussi sur l'ETAS de la fiche produit, avec les critères techniques en vigueur à la date de dépôt.

Au-dessus du seuil, l'ETAS fixe aussi le volume de kWh cumac de la BAR-TH-171 (deux intervalles depuis 2026 : 111 à 140 %, puis au-delà), détaillé dans les nouveautés 2026 de la fiche CEE PAC air/eau. Pour la BAR-TH-172, voir la PAC eau glycolée/eau à capteurs horizontaux.

Lire l'ETAS sur une fiche produit : les lignes à contrôler

La fiche d'information produit imposée par le règlement (UE) n° 811/2013, également disponible dans la base européenne EPREL à partir de la référence du modèle, est le seul document qui fasse foi.

Ligne de la fiche Symbole Ce que vous vérifiez
Efficacité énergétique saisonnière ηs, en % La valeur au bon régime (35 ou 55 °C) et en climat moyen
Puissance thermique nominale Prated, en kW Cohérente avec les déperditions à la température de base
Température bivalente Tbiv, en °C Le point sous lequel la PAC seule ne couvre plus le besoin
Température limite de fonctionnement TOL, en °C Inférieure à la température de base du chantier
Consommations hors mode actif POFF, PTO, PSB, PCK, en kW Les veilles et le réchauffeur de carter, qui pèsent sur l'ETAS
Classe de régulation I à VIII À retirer de l'ETAS du package pour retrouver la PAC seule

Relevez ces lignes sur la référence exacte de l'unité extérieure et du module hydraulique : une même gamme change d'ETAS d'une puissance à l'autre, et c'est le couple facturé qui est contrôlé.

Comment l’ETAS est calculé : ce qui fait varier l’efficacité saisonnière

Les conditions de calcul et les profils de fonctionnement (inter-saisons, mi-charge, arrêts)

L’ETAS correspond à une efficacité saisonnière calculée sur une année type. Les essais se font sur plusieurs points de fonctionnement, dont la mi-charge, avec des phases d’inter-saison et des arrêts. Les résultats sont pondérés selon un profil climatique (chaud, moyen, froid) et une température de départ (par exemple 35 °C ou 55 °C), pour se rapprocher de l’usage réel.

Les pertes prises en compte (veille, modulation, auxiliaires, cycles)

Le calcul intègre des pertes qui n’apparaissent pas dans un COP instantané. Il tient compte de la veille et de l’arrêt, des consommations d’auxiliaires (circulateur, ventilateur), de la modulation hors zone optimale, et des pertes de cycles quand l’appareil enchaîne démarrages et arrêts. Une régulation plus stable limite ces pénalités et améliore l’ETAS.

Bien choisir et dimensionner vos générateurs grâce à l’ETAS

Dimensionnement : éviter la surpuissance et les cycles courts qui pénalisent l’ETAS

L’ETAS reflète l’efficacité saisonnière, donc la performance réelle sur une année. Un générateur trop puissant passe son temps à s’arrêter et redémarrer. Ces cycles courts font chuter le rendement et augmentent l’usure. Basez-vous sur une estimation de déperditions sérieuse et sur la température de base locale. Ciblez une machine capable de moduler bas, au plus près des besoins mi-saison.

Régulation et émetteurs : les bons réglages qui améliorent l’efficacité saisonnière

La régulation fait souvent gagner plus que 1 kW de plus. Une loi d’eau bien réglée, un thermostat modulant et des émetteurs adaptés au basse température tirent l’ETAS vers le haut. En condensation, cherchez des retours froids. En pompe à chaleur, limitez la température de départ et soignez les horaires et abaissements.

Pose et mise en service : points de vigilance (hydraulique, équilibrage, température de départ)

Sur chantier, vérifiez les débits, le désembouage si besoin, la filtration, la purge, puis l’équilibrage. Calibrez la courbe de chauffe et le plafond de température de départ. Un réglage fin à la mise en service, avec relevés, évite de perdre l’ETAS sur le terrain.

ETAS, aides et exigences : ce qui peut évoluer en 2026 pour vos dossiers

MaPrimeRénov’ et CEE : où l’ETAS intervient dans les justificatifs et fiches techniques

Dans les dossiers d’aides, l’ETAS sert surtout à relier le produit posé à une performance mesurable. En 2026, attendez-vous à plus de vérifications sur la cohérence entre facture, fiche produit, référence exacte et caractéristiques (rendement, puissance, résistances, etc.). Pour les CEE, la fiche d’opération standardisée reste votre boussole. Pour MaPrimeRénov’, la logique est la même. Un document clair vaut mieux que trois pièces floues.

Check-list 2026 : documents à préparer (étiquette, notice, attestation, photos chantier)

Pour éviter les allers-retours, préparez un dossier propre dès la visite technique.

  • Étiquette énergie et notice fabricant.
  • Attestation RGE, assurance, facture détaillée (marque, modèle, quantités).
  • Attestation de fin de travaux et, si demandé, document ETAS ou avis technique.
  • Photos datées avant, pendant, après. Avec la plaque signalétique si équipement.

Cas concrets : améliorer l’efficacité saisonnière sur le terrain

Chaudière condensation : réglages et retours chauffage pour tirer parti de la condensation

Objectif simple. Garder un retour chauffage bas pour condenser souvent. Visez une température de retour autour de 50 à 55C ou moins en mi-saison. Ajustez la courbe de chauffe, baissez la consigne départ, ouvrez les robinets thermostatiques et équilibrez le réseau pour éviter les radiateurs « chauds en haut, froids en bas ». Un entretien propre et un bon réglage font souvent gagner plus qu’un changement d’équipement.

Pompe à chaleur : loi d’eau, ballon tampon (si nécessaire) et optimisation en mi-saison

Sur une PAC, la loi d’eau est votre volant. Plus la température d’eau est basse, plus le COP saisonnier grimpe. En mi-saison, évitez les marche-arrêt en baissant la pente, en élargissant l’hystérésis et en privilégiant une régulation stable. Le ballon tampon n’est utile que si vous avez du court-cyclage ou des débits instables. Sinon, il peut dégrader les performances. Gardez un fonctionnement continu quand c’est possible.

Remplacement vs rénovation globale : quand l’ETAS ne suffit pas à garantir la performance

L’ETAS donne une photo labo. Sur le terrain, une enveloppe passoire, des émetteurs surdimensionnés, une VMC absente ou un mauvais dimensionnement font chuter l’efficacité saisonnière. Avant un simple remplacement, vérifiez pertes, étanchéité, isolation et régulation. Une rénovation globale bien séquencée, avec audit énergétique, sécurise le résultat et limite les retours SAV. C’est là que le gain réel se joue.

Chiffres clés

126 %

ETAS mini CEE, PAC basse T

111 %

ETAS mini CEE, PAC moyenne ou haute T

86 %

ETAS mini d'une chaudière neuve

Questions fréquentes

Les fiches CEE BAR-TH-171 (air/eau) et BAR-TH-172 (eau/eau, eau glycolée/eau) exigent un ETAS d'au moins 126 % en application basse température et 111 % en moyenne ou haute température. La valeur retenue est celle de la PAC seule, hors régulation, en climat moyen. Reprenez-la sur la fiche d'information produit du couple exact facturé, pas sur l'étiquette du package.

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Louis Meneteau

Louis est CPO d'Argile. Ingénieur de formation, il a passé quatre ans à valider des logiciels de calcul en ingénierie système, puis trois ans dans le produit logiciel. Il traduit le quotidien des installateurs en parcours produit : visite technique, dimensionnement, devis et dossiers d'aides. Ses articles décrivent des gestes de terrain plutôt que des principes, parce qu'il les observe en visite avant de les spécifier.

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