Le facteur solaire est la part de l'énergie du soleil qui traverse une paroi vitrée et finit en chaleur dans la pièce, exprimée entre 0 (rien n'entre) et 1 (tout entre). Il se donne sous deux formes : le g, pour le vitrage seul (norme EN 410), et le Sw, pour la fenêtre complète, dormant compris (norme NF P 50-777). Le Sw conditionne l'accès aux certificats d'économies d'énergie : la fiche BAR-EN-104 exige, hors double fenêtre, soit Uw ≤ 1,3 W/m².K et Sw ≥ 0,3, soit Uw ≤ 1,7 W/m².K et Sw ≥ 0,36. La fenêtre de toiture inverse la contrainte, avec Uw ≤ 1,5 W/m².K et Sw inférieur ou égal à 0,36.
Facteur solaire : définition et lecture d'une fiche technique
Sw, g, TL : les indicateurs à ne pas confondre sur une fiche technique
Sur une fiche technique, ces trois indicateurs ne désignent pas le même objet et se lisent souvent l’un pour l’autre.
| Indicateur | Ce qu’il caractérise | Norme d’évaluation | Demandé en dossier CEE |
|---|---|---|---|
| g | Le vitrage seul | EN 410 | Non |
| Sw | La fenêtre complète, dormant et ouvrant compris, mécaniquement plus bas puisque le cadre ne transmet presque rien | NF P 50-777 | Oui, et lui seul |
| TL | La transmission lumineuse, qui ne suit pas toujours le Sw : un vitrage peut être très clair et pourtant limiter le soleil | non précisé | Non |
Ce que mesure vraiment le Sw : transmission directe et énergie réémise
Le Sw additionne la transmission directe du rayonnement et la chaleur « secondaire » créée quand le vitrage absorbe le soleil puis en renvoie une partie vers l’intérieur. C’est un indicateur d’apports solaires. Il aide à anticiper la surchauffe d’été, ou au contraire les gains gratuits en hiver.
Du g du vitrage au Sw de la fenêtre : le calcul simplifié
Pour passer d'une valeur à l'autre sans la fiche du fabricant, un ordre de grandeur suffit : Sw ≈ g × (surface vitrée / surface de la baie). Le cadre étant opaque, sa contribution est faible, et la part vitrée d'une fenêtre courante tourne autour de 65 à 75 %. Un vitrage à g = 0,62 posé dans une menuiserie à 70 % de clair donne ainsi un Sw voisin de 0,43. À vitrage identique, des profilés larges ou une petite fenêtre abaissent le Sw, la part de cadre étant plus forte. Le calcul normatif reste celui de la NF P 50-777, et c'est la valeur déclarée par le fabricant qui fait foi en dossier.
Pourquoi le Sw varie selon le type de vitrage et le traitement (faible émissivité, contrôle solaire)
Un double vitrage standard a souvent un Sw plus haut qu’un vitrage à contrôle solaire. Une couche faible émissivité améliore l’isolation, mais n’abaisse que modérément le facteur solaire. Les traitements de contrôle solaire, la teinte, l’argon et le triple vitrage font varier Sw en renvoyant, en absorbant, ou en réémettant différemment l’énergie.
Facteur solaire vitrage : valeurs typiques par type de vitrage
Les valeurs ci-dessous sont des ordres de grandeur relevés sur des produits courants, pas des valeurs garanties : chaque composition (épaisseur des verres, gaz, position de la couche, teinte) a sa fiche. La colonne Sw applique l'hypothèse d'une part vitrée de 70 % (Sw ≈ 0,7 × g).
| Type de vitrage | g du vitrage | Sw indicatif de la fenêtre | TL | Ug indicatif (W/m².K) |
|---|---|---|---|---|
| Simple vitrage clair 4 mm | 0,85 | 0,55 à 0,60 | 0,90 | 5,8 |
| Double vitrage clair 4/16/4 (air) | 0,75 | 0,50 à 0,55 | 0,81 | 2,8 |
| Double vitrage faible émissif, argon | 0,60 à 0,65 | 0,40 à 0,46 | 0,80 | 1,0 à 1,1 |
| Triple vitrage faible émissif, argon | 0,45 à 0,55 | 0,32 à 0,38 | 0,70 à 0,74 | 0,5 à 0,7 |
| Double vitrage à contrôle solaire | 0,25 à 0,40 | 0,18 à 0,28 | 0,40 à 0,70 | 1,0 à 1,1 |
Le triple vitrage et le contrôle solaire s'approchent du minimum CEE de Sw ≥ 0,3, ou passent dessous : un triple vitrage dans une menuiserie à profilés larges (g de 0,45, 65 % de clair) tombe à un Sw de 0,29 malgré un Uw excellent, et ne satisfait aucun des deux couples de la fiche. Le choix entre double et triple se discute par ailleurs dans le comparatif simple, double ou triple vitrage.
Vitrage solaire ou vitrage à contrôle solaire : deux familles opposées
Le vitrage à isolation renforcée laisse entrer le soleil
Ce que l'on appelle couramment vitrage solaire désigne en général un double vitrage à isolation renforcée : une couche faible émissivité retient la chaleur de la pièce tout en laissant passer l'essentiel du rayonnement (g de 0,60 à 0,65). C'est le vitrage par défaut en rénovation, qui capte les apports d'hiver et passe sans difficulté le Sw minimum des CEE.
Le vitrage à contrôle solaire renvoie une partie de l'énergie
Le vitrage à contrôle solaire porte une couche (ou une teinte) qui réfléchit ou absorbe une part du rayonnement avant qu'il n'entre. Son indicateur clé est la sélectivité, rapport TL / g : autour de 1,3 pour un faible émissif classique, elle approche 2 sur les vitrages sélectifs, qui gardent beaucoup de lumière pour peu de chaleur. Il se justifie là où l'apport d'hiver ne compense pas la surchauffe d'été : vérandas, verrières, grandes baies à l'ouest impossibles à protéger de l'extérieur, bureaux. Contrepartie : il coupe aussi les apports d'hiver, toute l'année, quand une protection extérieure mobile ne les coupe que l'été. En maison individuelle, une protection extérieure sur un vitrage faible émissif reste souvent le meilleur compromis, et préserve l'éligibilité CEE.
Choisir le vitrage selon l’orientation et l’usage des pièces : viser les bons apports solaires
L'hiver, le soleil bas frappe surtout la façade sud. L'été, haut dans le ciel, il frappe peu le sud et beaucoup plus l'est, l'ouest et les fenêtres de toit : c'est ce qui rend le facteur solaire tantôt utile, tantôt gênant.
| Orientation | Apports en hiver | Risque en été | Priorité |
|---|---|---|---|
| Sud | Élevés | Modéré, maîtrisable par un débord ou un store | Sw plutôt élevé + protection extérieure |
| Est / ouest | Faibles | Élevé, soleil bas difficile à arrêter | Protection extérieure, ou contrôle solaire |
| Nord | Très faibles | Faible | Uw bas, le Sw compte peu |
| Toiture | Moyens | Très élevé | Sw plafonné (≤ 0,36 en CEE) + occultation |
Façade sud : valoriser les apports solaires d’hiver sans créer de surchauffe
Au sud, l’idée est simple. Un vitrage avec un facteur solaire plutôt élevé aide à récupérer les apports d’hiver, surtout dans le séjour. Pour l’été, prévoyez une protection extérieure (volets, brise-soleil, stores) et une aération efficace. C’est souvent plus utile que de “sur-isoler” le verre.
Est et ouest : limiter la surchauffe liée au soleil bas (matin/fin de journée)
À l’est et à l’ouest, le soleil est bas et chauffe vite. Un vitrage à contrôle solaire et des occultations extérieures font la différence, en particulier pour les chambres et les bureaux. Évitez les grandes surfaces vitrées non protégées. Vous gagnez en confort sans assombrir toute la journée.
Nord : prioriser l’isolation et le confort, car les apports solaires sont faibles
Au nord, les apports sont limités. Priorité à un vitrage avec un faible Uw et une bonne étanchéité à l’air. Objectif : réduire l’effet de paroi froide et le risque de condensation. C’est la façade où la qualité de pose compte autant que la performance de la menuiserie.
Équilibrer apports solaires et confort d’été : le duo Sw et performance thermique du vitrage
Ce que change 0,1 de Sw, hiver comme été
Les apports solaires d'une fenêtre sont proportionnels à son Sw, à sa surface et à l'ensoleillement qu'elle reçoit. Passer d'un Sw de 0,45 à 0,30 retire donc un tiers des apports (0,15 / 0,45), et ce tiers est perdu en hiver comme il est gagné en été. Un Sw bas protège l'été mais coûte du chauffage chaque hiver, quand une protection mobile n'agit que quand il faut.
Sw et Uw : arbitrer entre gains solaires et déperditions, cas par cas
Le Sw indique la part d’énergie solaire qui traverse la fenêtre. Plus il est élevé, plus vous récupérez des apports gratuits. Le Uw mesure les pertes de chaleur. Plus il est bas, plus la fenêtre isole : la façon de le lire est détaillée dans le guide du coefficient Uw d'une fenêtre. Chaque verre ou couche faible émissivité ajouté baisse le Uw, mais aussi le Sw. Le bon choix dépend de l’orientation, du climat local, de la surface vitrée et des usages.
Sw et TL : de la lumière sans la chaleur
Une TL élevée avec un Sw modéré, c'est-à-dire un vitrage sélectif, éclaire sans chauffer. Pour lire les deux ensemble, voir la transmission lumineuse TLw.
Surchauffe : quand un Sw trop élevé pénalise le confort, même avec un bon Uw
Un Uw très performant ne bloque pas le soleil. Avec une grande baie au sud ou à l’ouest, un Sw élevé peut créer une surchauffe, surtout en logement peu ombragé ou peu ventilé. Pensez confort d’été dès la conception, pas après le premier été.
Protections solaires : stores, volets, brise-soleil… et leur effet sur les apports solaires
Les protections extérieures sont les plus efficaces car elles stoppent le rayonnement avant le vitrage. Stores, volets et brise-soleil orientables permettent de moduler les apports selon l’heure. Une solution réglable garde la lumière, sans transformer la pièce en serre. Pour une approche plus « passive », une protection solaire passive peut aussi limiter les surchauffes tout en préservant les apports utiles en hiver.
Cas concrets sur chantier : réglages de vitrage qui font la différence
Maison ancienne : remplacer un double vitrage standard par un vitrage plus adapté au Sw
Sur une maison des années 30, les pièces au sud surchauffaient malgré un double vitrage récent. Le diagnostic a pointé un facteur solaire trop élevé. En passant sur un vitrage plus sélectif (g ou Sw plus bas), sans dégrader l’isolation, on limite les apports en été tout en gardant une bonne lumière.
Rénovation globale : cohérence entre vitrage, isolation et ventilation pour maîtriser les apports solaires
En rénovation globale, un vitrage très performant peut piéger la chaleur si l’enveloppe est fortement isolée. Le bon réflexe est de caler le choix des vitrages avec les occultations et une VMC bien réglée. Les protections extérieures font souvent gagner plus que des stores intérieurs.
Baies vitrées et vérandas : points de vigilance pour éviter l’effet serre
Sur baies et vérandas, le risque est l’effet serre. Privilégiez un vitrage de contrôle solaire, des ouvrants pour créer du tirage, et une ventilation nocturne possible en été. Vérifiez aussi les ponts thermiques en pied de menuiserie et les joints.
Aides et exigences 2026 : ce que vous devez vérifier avant de proposer un vitrage
MaPrimeRénov’ et CEE : comment les performances du vitrage sont prises en compte
La fiche BAR-EN-104 couvre le remplacement d'une fenêtre, fenêtre de toiture ou porte-fenêtre équipée de simple vitrage avant travaux, ainsi que la pose d'une double fenêtre sur un simple vitrage. Le Uw et le Sw s'exigent en couple, jamais séparément.
| Configuration | Uw exigé | Sw exigé |
|---|---|---|
| Fenêtre ou porte-fenêtre, option 1 | ≤ 1,3 W/m².K | ≥ 0,3 |
| Fenêtre ou porte-fenêtre, option 2 | ≤ 1,7 W/m².K | ≥ 0,36 |
| Fenêtre de toiture | ≤ 1,5 W/m².K | ≤ 0,36 |
| Double fenêtre sur baie existante | ≤ 1,8 W/m².K | ≥ 0,32 |
La fenêtre de toiture est le seul cas où le Sw est plafonné et non planché : en toiture, le rayonnement arrive quasi perpendiculairement en été et le risque de surchauffe l'emporte sur l'apport d'hiver (les solutions d'occultation sont détaillées dans l'article sur la fenêtre de toit). La fiche s'applique aux opérations engagées avant le 1er juillet 2028.
Côté MaPrimeRénov', le forfait par geste pour les fenêtres n'existe plus pour les demandes déposées à compter du 1er septembre 2026 (décret n° 2026-822) : la menuiserie n'est plus finançable qu'au sein d'une rénovation d'ampleur en parcours accompagné, comme le détaille l'article sur MaPrimeRénov' fenêtres.
Construction neuve et RE2020 : le Sw entre dans le calcul, pas dans une valeur par fenêtre
En construction neuve, la RE2020 ne fixe pas de Sw minimum ou maximum fenêtre par fenêtre. Le facteur solaire des baies, avec et sans protections mobiles, entre dans le calcul réglementaire : il pèse sur le besoin bioclimatique (Bbio) et sur l'indicateur de confort d'été en degrés-heures (DH). Un Sw élevé sans occultation se paie donc sur le DH.
RGE et documents à préparer : fiche technique, marquage, preuves de performance (Uw/Sw selon les cas)
La qualification et la preuve de réalisation se contrôlent avant de constituer le dossier transmis au fournisseur CEE avec les pièces attendues.
- La qualification RGE du 9° de l'article 1er du décret n° 2014-812 pour les parois vitrées verticales, du 10° pour les parois vitrées en toiture : deux domaines distincts, et poser des fenêtres de toit sous la seule qualification « verticales » ne passe pas.
- Le nombre de fenêtres et leur surface sur la preuve de réalisation, surface qui inclut l'ensemble des profilés, dormants et ouvrants, joints et mastics compris.
- Les Uw et Sw des équipements installés, valeurs que reprend le dossier.
Audit énergétique et DPE : comment le facteur solaire influence le confort d’été et les plans de travaux
Dans un audit énergétique ou un DPE, le choix du vitrage ne joue pas que sur les déperditions. Un Sw trop élevé peut augmenter les surchauffes. Un Sw adapté, plus des protections solaires, améliore le confort d’été et évite de dégrader le plan de travaux.



