Sur une maison, une casquette solaire est un auvent horizontal au-dessus d'une baie, et la méthode 3CL-DPE 2021 la modélise sous le nom de masque proche « baie sous un balcon ou auvent ». Le coefficient fe1 y dépend de la seule avancée : 0,8 sous 1 m, 0,6 entre 1 et 2 m, 0,5 entre 2 et 3 m, 0,4 à partir de 3 m, sans distinction d'orientation. La géométrie, elle, ne se lit dans aucune table : l'avancée qui ombre entièrement une baie de 2,15 m à midi solaire au solstice d'été va de 0,78 m à Marseille à 1,10 m à Lille, et cette même avancée ne laisse qu'une ombre de 0,32 à 0,34 m sur le haut de la baie au solstice d'hiver, soit 15 à 16 % de sa hauteur. C'est ce rapport, et non la promesse de confort, qui se défend devant un client et devant un moins-disant.
Ce que la casquette solaire vaut au DPE, et sous quel nom
Le masque proche « baie sous un balcon ou auvent » et sa table de fe1
La 3CL-DPE 2021 ne connaît pas le mot casquette. Elle connaît quatre familles de masques proches, et une avancée horizontale au-dessus d'une baie relève de « baie sous un balcon ou auvent ». La table est courte et ne se discute pas.
| Masque proche relevé | Avancée | Orientation | fe1 |
|---|---|---|---|
| Baie sous un balcon ou auvent | moins de 1 m | toutes | 0,80 |
| Baie sous un balcon ou auvent | 1 à 2 m | toutes | 0,60 |
| Baie sous un balcon ou auvent | 2 à 3 m | toutes | 0,50 |
| Baie sous un balcon ou auvent | 3 m et plus | toutes | 0,40 |
| Baie en fond de balcon ou loggia | moins de 1 m | Sud | 0,50 |
| Baie en fond de balcon ou loggia | 3 m et plus | Sud | 0,20 |
| Absence de masque proche | sans objet | toutes | 1,00 |
Deux enseignements pour le chiffrage. Le saut le plus rentable est le premier : passer de rien à 1 m d'avancée fait tomber fe1 de 1,00 à 0,60, soit 40 % d'apports en moins, quand passer de 2 à 3 m n'en retire que 10 points de plus. Et la table ne récompense pas l'orientation pour un auvent, contrairement au fond de balcon : une casquette au nord est comptée comme une casquette au sud, ce qui est une limite de la méthode et non un argument de vente.
Fe = Fe1 × Fe2, ou pourquoi la casquette ne suffit jamais à elle seule
Le facteur d'ensoleillement d'une baie est le produit du masque proche et du masque lointain. Une casquette de 1,20 m devant une baie déjà obstruée par un mur voisin cumule les deux coefficients, et le calcul devient vite pessimiste sur les apports d'hiver. À l'inverse, une casquette posée sur une façade parfaitement dégagée porte seule tout l'effet. Le masque lointain se relève à part, et la façon dont l'ombrage entre dans le calcul du DPE mérite d'être vérifiée avant de conclure sur le gain.
Ce qu'on relève en visite pour tenir la saisie en cas de contrôle
Trois cotes suffisent, et il faut les trois. L'avancée en projection horizontale, mesurée du nu extérieur du vitrage au nez de la casquette. La hauteur entre le nez de la casquette et le haut du vitrage, qui décale l'ombre vers le bas et que la table ignore mais que le chantier subit. L'orientation de la baie au compas, pour le reste du calcul. Une photo depuis l'extérieur avec un mètre déplié dans le champ vaut mieux qu'une valeur ronde saisie de mémoire.
Dimensionner l'avancée : la géométrie solaire, pas le catalogue
L'avancée qui ombre la baie au solstice, latitude par latitude
À midi solaire, la hauteur du soleil vaut 90° moins la latitude, plus ou moins la déclinaison de 23,44°. L'avancée qui met toute la hauteur de vitrage à l'ombre est alors la hauteur de la baie divisée par la tangente de cet angle. Pour une baie courante de 2,15 m dont le nez de casquette est au ras du linteau, cela donne des valeurs qui varient de 40 % entre Lille et Marseille.
| Ville | Latitude | Hauteur du soleil au 21 juin | Avancée pour ombrer 2,15 m | Hauteur du soleil au 21 décembre | Ombre restante sur la baie au 21 décembre |
|---|---|---|---|---|---|
| Lille | 50,6° N | 62,8° | 1,10 m | 15,9° | 0,32 m |
| Paris | 48,9° N | 64,6° | 1,02 m | 17,7° | 0,33 m |
| Lyon | 45,8° N | 67,7° | 0,88 m | 20,8° | 0,34 m |
| Bordeaux | 44,8° N | 68,6° | 0,84 m | 21,7° | 0,34 m |
| Marseille | 43,3° N | 70,1° | 0,78 m | 23,3° | 0,33 m |
Le croisement avec la table de fe1 est instructif. Sur tout le territoire, l'avancée géométriquement juste se situe entre 0,78 et 1,10 m, c'est-à-dire à cheval sur la frontière du premier palier. À Lille, 1,10 m ouvre fe1 = 0,60 ; à Marseille, 0,78 m reste à 0,80. Poser 1,00 m au sud d'une maison marseillaise n'est donc pas du surdimensionnement : c'est ce qui fait basculer la baie d'un palier au DPE tout en gardant une avancée réaliste en façade.
Ce que la même avancée coûte en apports d'hiver
L'objection classique du client est qu'on lui retire du soleil en janvier. Le calcul y répond. À l'avancée retenue ci-dessus, l'ombre portée sur la baie à midi le 21 décembre tient dans 0,32 à 0,34 m quelle que soit la ville, soit 15 à 16 % de la hauteur d'une baie de 2,15 m, et elle porte sur le haut du vitrage, la partie qui éclaire le fond de pièce mais qui n'ensoleille pas les surfaces de stockage. Le rapport est donc de l'ordre de un contre six entre ce qu'on coupe en juin et ce qu'on perd en décembre. C'est la seule phrase de cet article qui se plaide en rendez-vous.
Est et ouest : là où l'avancée horizontale ne suffit pas
Au sud, l'écart de hauteur solaire entre les deux solstices dépasse 46°, et c'est cet écart que la casquette exploite. À l'est et à l'ouest, le soleil qui gêne est bas sur l'horizon en début et en fin de journée, quel que soit le mois : une avancée horizontale de 1 m n'y coupe presque rien, et la table de fe1 lui accorde pourtant le même 0,60. La réponse est verticale, joues latérales ou brise-soleil orientable, et il faut le dire au client plutôt que de vendre une casquette qui ne travaillera pas.
Où la casquette s'inscrit dans le plan de travaux
Le rang du geste face à l'isolation et à la ventilation
La casquette agit sur les apports, pas sur les déperditions : elle ne déplace pas l'étiquette du DPE et n'ouvre pas de prime. Elle se propose donc après l'enveloppe et la ventilation, et se justifie par la baie, pas par le logement. Sur un pavillon d'après 1975 correctement isolé, les grandes baies au sud sont souvent le premier poste de surchauffe, avant la toiture, et le geste devient prioritaire. L'inventaire complet des solutions passives à instruire avant toute climatisation sert à situer la casquette dans cet ordre, pas à l'imposer.
Maison individuelle, collectif, tertiaire : ce qui change au devis
En maison individuelle, la casquette se traite comme un ouvrage de façade : reprise en structure, étanchéité, finition, et une ligne d'échafaudage ou de nacelle qui pèse souvent autant que les profilés. En collectif, la façade est partie commune et l'ouvrage passe en assemblée générale, ce qui déplace la signature d'un ou deux exercices. En tertiaire, la surface vitrée change l'échelle : les charges de vent deviennent dimensionnantes, une note de calcul est attendue et l'entretien se contractualise. Ces trois cas ne se chiffrent pas au mètre linéaire avec le même prix.
Les protections à associer selon l'exposition
Une casquette seule répond à une exposition sud et à un seul créneau horaire. Le reste se complète.
- Brise-soleil orientables sur les façades est et ouest, où le soleil est rasant.
- Stores extérieurs et volets, qui travaillent devant le vitrage et non au-dessus.
- Débords de toiture et pergolas quand la géométrie existante permet de les prolonger.
- Végétation à feuillage caduc, qui ombre en août et laisse passer en janvier.
Mise en œuvre : ce qui engage la décennale
Matériaux et compatibilités métalliques
L'aluminium thermolaqué reste le standard pour son poids et sa stabilité, à condition de séparer les couples électrochimiques au contact de l'acier, du cuivre ou de l'inox, en particulier en atmosphère marine. L'acier demande une galvanisation à chaud et une reprise systématique des coupes, faute de quoi la corrosion démarre au chant. Le bois impose une classe d'emploi cohérente avec l'exposition et une conception qui ne retient pas l'eau. Le béton est robuste mais lourd : charges reprises, fissuration et nez d'égouttement se vérifient avant de le proposer en rénovation.
Fixations et traversée d'ITE
La reprise se fait dans le support porteur, jamais dans l'isolant. Sur maçonnerie pleine, cheville ou scellement chimique selon la profondeur d'ancrage disponible. En ITE, consoles déportées ou platines à rupture, dimensionnées aux charges de vent et de neige du site, avec un traitement d'étanchéité raccordé au pare-pluie : c'est le point où se fabriquent les ponts thermiques de liaison et les entrées d'eau. Les contraintes propres au support isolé sont détaillées dans notre article sur l'isolation thermique par l'extérieur.
- Pré-perçage et calage, pour ne pas écraser l'isolant sous la platine.
- Rondelles isolantes entre métaux différents, systématiques en bord de mer.
- Joints compatibles UV et mouvements différentiels, changés au contrat d'entretien.
Eau, corrosion et pièces à ranger au DOE
Une pente vers l'extérieur, un larmier qui décolle la goutte du nu de façade, aucun point de stagnation : c'est le triptyque qui décide de la durée de vie de l'ouvrage. La visserie inox se choisit compatible avec le profilé, pas au plus court. Côté dossier, le DOE reçoit la note de charges, le détail de fixation validé par le fabricant, l'Avis Technique quand il existe et les références exactes des profilés posés. En cas de sinistre, c'est cette liasse qui répond à la place de l'entreprise.
Défendre le prix devant un moins-disant
Ce qui se démontre, ce qui ne se promet pas
Ce qui se démontre : l'avancée retenue, la hauteur solaire à la latitude du chantier, le fe1 qui en découle au DPE, la période exacte où la baie est à l'ombre. Ce qui ne se promet pas : une température intérieure, un nombre de degrés gagnés, une substitution à la climatisation. Une casquette ne traite ni les apports internes, ni l'inertie, ni la ventilation nocturne, et un logement sans surventilation possible la nuit restera chaud malgré elle. Le dire d'entrée est ce qui distingue une offre technique d'une offre commerciale.
Ce qui s'écrit sur le devis
La ligne se détaille : avancée en projection horizontale, développé et nature du profilé, mode de reprise et nombre de consoles, traitement d'étanchéité, finition de sous-face. La sous-face mérite sa mention, car une teinte claire renvoie la lumière dans la pièce et génère de l'éblouissement en fin de journée, ce qui devient un litige si personne ne l'a écrit. Les moyens d'accès figurent en ligne séparée. Un devis qui porte ces cinq lignes ne se compare plus au forfait du concurrent.
Par quelle baie commencer
On commence par une à trois baies, celles qui cumulent grande surface vitrée, orientation sud ou sud-ouest et pièce de vie occupée l'après-midi. Encore faut-il disposer de l'inventaire : l'IA d'Argile repère les ouvrants sur chaque façade et en calcule les surfaces, ce qui donne la liste à trier par orientation avant même la visite. Le reste des baies passe en variante chiffrée, ce qui laisse au client une décision à prendre plutôt qu'un prix à accepter.




