Un profil de soutirage est une séquence de puisages normalisée, définie à l'annexe III du règlement (UE) n° 814/2013, sur laquelle on mesure l'efficacité énergétique d'un chauffe-eau. Chaque profil porte une énergie de référence Qref : 2,100 kWh pour le S, 5,845 kWh pour le M, 11,655 kWh pour le L, 19,070 kWh pour le XL et 24,530 kWh pour le XXL. Le cycle de mesure dure 24 heures, sans aucun puisage entre 00:00 et 06:59, puis suit la séquence du profil déclaré à partir de 07:00. Le fabricant déclare soit le profil maximal tenu par l'appareil, soit celui situé un niveau en dessous.
Ce que le règlement (UE) 814/2013 appelle un profil de soutirage
La séquence de puisage, le cycle de 24 heures et le profil déclaré
Le profil n'est pas une classe d'usage, c'est un protocole d'essai. L'annexe III fixe l'heure de chaque puisage, son énergie utile Qtap, son débit f et la température utile minimale Tm, avec pour certains puisages une température de crête Tp à atteindre. Les mesures se font sur un cycle de 24 heures, sans puisage avant 07:00. Un appareil en heures creuses reçoit son énergie sur 8 heures consécutives au maximum entre 22:00 et 07:00. C'est ce cadre qui rend deux fiches produit comparables.
Le tableau des profils de soutirage, de 3XS à 4XL
Les dix profils et leur énergie de référence, tels qu'ils figurent au tableau 1 de l'annexe III. Le débit maximal est la plus grande valeur de f rencontrée dans la séquence du profil, et le puisage le plus lourd sa plus grande valeur de Qtap.
| Profil | Qref (kWh) | Débit max. (l/min) | Puisage le plus lourd (kWh) | Équivalent litres à 40 °C |
|---|---|---|---|---|
| 3XS | 0,345 | 2 | 0,015 | 10 |
| XXS | 2,100 | 2 | 0,105 | 60 |
| XS | 2,100 | 3 | 1,05 | 60 |
| S | 2,100 | 5 | 0,525 | 60 |
| M | 5,845 | 6 | 1,4 | 168 |
| L | 11,655 | 10 | 3,605 | 334 |
| XL | 19,070 | 10 | 4,42 | 547 |
| XXL | 24,530 | 16 | 6,24 | 703 |
| 3XL | 46,760 | 48 | 12,04 | 1 340 |
| 4XL | 93,520 | 96 | 24,08 | 2 680 |
La dernière colonne ne figure pas au règlement. C'est une conversion, obtenue en divisant Qref par 34,9 Wh, soit l'énergie nécessaire pour porter un litre d'eau de 10 à 40 °C. Elle sert à parler litres avec un client sans quitter la valeur réglementaire, à condition d'écrire l'eau froide retenue sur la note de calcul.
Ce que le profil ne dit pas, et que la fiche produit doit dire
Le profil ne donne ni le volume du ballon, ni le temps de remise en température, ni la puissance de l'appoint. Un appareil de 200 litres et un appareil de 300 litres peuvent porter le même profil déclaré si leurs cinétiques de chauffe diffèrent. Le volume de stockage se lit séparément sur la fiche produit, et l'écart entre litres stockés et litres réellement soutirables se travaille avec le volume de stockage ECS.
Lire le profil sur l'étiquette énergie et sur la fiche produit
Où le profil apparaît et ce qu'il conditionne
Le profil de soutirage déclaré figure sur l'étiquette énergie et sur la fiche produit. Il conditionne directement le seuil d'efficacité énergétique pour le chauffage de l'eau que l'appareil doit tenir : les exigences de l'annexe II du règlement 814/2013 sont indexées sur le profil, pas sur le volume. Un même rendement mesuré peut donc être conforme en L et non conforme en XXL.
Les seuils d'efficacité énergétique par profil
Depuis le 26 septembre 2017, l'efficacité énergétique pour le chauffage de l'eau ne peut pas être inférieure aux valeurs suivantes.
| Profil déclaré | 3XS | XXS | XS | S | M | L | XL | XXL | 3XL | 4XL |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Efficacité minimale | 32 % | 32 % | 32 % | 32 % | 36 % | 37 % | 37 % | 37 % | 37 % | 38 % |
Ces seuils sont des minimums de mise sur le marché, pas des objectifs de chantier. Sur un chauffe-eau thermodynamique, l'efficacité annoncée se situe très au-dessus, et c'est cet écart qui justifie l'écart de prix face à un moins-disant en cumulus résistif.
Les pièces qui font foi en cas de contrôle
Trois pièces suffisent, à condition qu'elles portent la référence commerciale exacte : l'étiquette énergie, la fiche produit avec le profil déclaré et l'efficacité mesurée, et le procès-verbal de mise en service avec les réglages relevés. Le reste, brochures et argumentaires, n'a aucune valeur probante. Un appareil livré sous une référence voisine de celle du devis rouvre le sujet en entier, y compris au titre de la décennale sur la partie hydraulique.
Passer du profil déclaré au dimensionnement sur un chantier
Relever l'usage avant de déduire quoi que ce soit du nombre de pièces
Le nombre de pièces ne prédit pas le besoin. Relevez le nombre d'occupants, la position des points de puisage, la présence d'une baignoire réellement utilisée, et surtout la simultanéité du matin : deux douches en même temps ne se traitent pas comme deux douches consécutives. Notez le débit mesuré à la pomme de douche, pas le débit annoncé sur l'emballage. Le repère de consommation par personne se travaille dans la consommation d'ECS par personne.
Croiser le profil et le générateur retenu
Un ballon électrique récupère vite mais coûte cher au kWh, donc il se dimensionne en volume. Un chauffe-eau thermodynamique récupère lentement, il tient un profil élevé seulement si le stockage absorbe la pointe. Une PAC double service ne tient son profil que si la priorité ECS est réellement paramétrée et que la puissance disponible au plus froid reste suffisante. En solaire, le profil se tient par l'appoint, jamais par le champ de capteurs.
Vérifier le temps de remise en température avant d'augmenter le volume
Le réflexe d'ajouter des litres coûte en pertes à l'arrêt, en encombrement et en prix. Avant de monter d'un profil, contrôlez le temps de remise en température au débit réel de l'installation et la puissance d'appoint disponible. Un appareil qui recharge en une heure couvre une seconde pointe qu'un appareil surdimensionné à recharge lente ne couvrira pas.
Ce que le profil de soutirage ne couvre pas
Le collectif, le bouclage et les pertes de distribution
Les profils de soutirage décrivent un appareil, pas une installation. Dès qu'il y a bouclage, les pertes de distribution s'ajoutent au besoin de puisage et ne sont comptées nulle part dans Qref. En collectif, ces pertes se chiffrent séparément, et l'ordre de grandeur ainsi que les leviers de réduction sont traités dans le bouclage du réseau ECS.
Les températures imposées par l'arrêté du 23 juin 1978
L'article 36 de l'arrêté du 23 juin 1978 fixe 50 °C au maximum aux points de puisage des pièces destinées à la toilette et 60 °C au maximum dans les autres pièces. Il impose une eau à 50 °C au moins en tout point du système de distribution dès que le volume entre la production et le point de puisage le plus éloigné dépasse 3 litres, et, pour un stockage d'au moins 400 litres, soit une eau maintenue à 55 °C au moins en sortie, soit une montée en température au moins une fois par 24 heures. Ces règles s'appliquent quel que soit le profil déclaré, et se recoupent avec les dispositifs de sécurité sanitaire ECS.
Les profils 3XL et 4XL, et les débits de pointe
Les profils 3XL et 4XL montent à 48 et 96 l/min de débit maximal, avec des puisages unitaires de 12,04 et 24,08 kWh. Ce ne sont pas des profils domestiques : ils décrivent des appareils destinés à des besoins collectifs ou tertiaires. Un installateur qui les voit apparaître sur une fiche produit en logement individuel doit vérifier qu'il ne lit pas la documentation d'une gamme voisine.
Ce que vous écrivez sur le devis et à la mise en service
Les lignes de devis et les mentions qui engagent
Portez sur le devis la référence commerciale exacte, le profil de soutirage déclaré, l'efficacité énergétique pour le chauffage de l'eau et le volume de stockage, quatre données que porte la fiche produit et que reprend un catalogue construit sur les caractéristiques techniques vérifiées des gammes. Ajoutez la ligne mitigeur thermostatique, le groupe de sécurité, le vase d'expansion sanitaire et, sur chauffe-eau thermodynamique, l'évacuation des condensats. Une ligne « ballon 200 L » sans profil déclaré ne prouve rien et ne se défend pas.
Les réglages consignés au procès-verbal
À la mise en service, consignez la consigne de stockage relevée, la température au point de puisage le plus défavorisé après mitigeage, le cycle de traitement thermique programmé et sa fréquence, puis la pression au réducteur. Datez et faites signer. C'est ce document qui sépare un réglage discuté d'un réglage prouvé, et c'est aussi lui qui limite la portée d'une réclamation sur le confort.
Cadrer le profil dès l'avant-visite avec Argile
Avec Argile, vous qualifiez le logement avant de vous déplacer : occupants, points de puisage, générateur en place, contraintes d'implantation. Vous arrivez en visite avec un profil de soutirage déjà posé et des plans de travaux chiffrés, puis vous passez au devis avec les aides MaPrimeRénov' et CEE calculées selon les règles en vigueur. Le temps gagné se voit sur le nombre de visites transformées, pas sur la longueur du devis.



