La méthode 3CL-DPE 2021 ne calcule pas le besoin d’eau chaude au nombre d’occupants. Elle passe par un nombre d’adultes équivalent déduit de la surface habitable, puis applique 56 litres à 40 °C par adulte équivalent et par jour en comportement conventionnel, 79 litres en comportement dépensier. Au-delà de 70 m², le coefficient d’occupation vaut 0,025 × Sh, ce qui fait saturer le besoin : une maison de 140 m² est créditée de 2,275 adultes équivalents, soit 127 litres par jour à 40 °C. Ce chiffre sert à calculer une consommation, pas à dimensionner un ballon, et confondre les deux est l’erreur la plus fréquente sur ce poste.
Ce que la méthode réglementaire retient comme besoin
Le besoin conventionnel se calcule sur la surface
Le paragraphe 11.1 de l’annexe 1 de l’arrêté du 31 mars 2021 définit d’abord un coefficient d’occupation maximal Nmax, égal à 1 sous 30 m², à 1,75 − 0,01875 × (70 − Sh) entre 30 et 70 m², et à 0,025 × Sh au-delà. Le nombre d’adultes équivalents Nadeq en découle : il est égal à Nmax tant que celui-ci reste sous 1,75, et vaut ensuite 1,75 + 0,3 × (Nmax − 1,75). La progression est donc volontairement amortie sur les grandes surfaces.
Le besoin journalier qui en résulte
Valeurs calculées pour une maison individuelle, en litres d’eau à 40 °C par jour.
| Surface habitable | Nmax | Nadeq | Comportement conventionnel | Comportement dépensier |
|---|---|---|---|---|
| 40 m² | 1,188 | 1,188 | 66 L | 94 L |
| 60 m² | 1,563 | 1,563 | 88 L | 123 L |
| 80 m² | 2,000 | 1,825 | 102 L | 144 L |
| 100 m² | 2,500 | 1,975 | 111 L | 156 L |
| 120 m² | 3,000 | 2,125 | 119 L | 168 L |
| 140 m² | 3,500 | 2,275 | 127 L | 180 L |
L’écart entre les deux dernières colonnes est de 41 %, ce qui donne l’ordre de grandeur de l’incertitude que la méthode assume elle-même sur ce poste.
Ce que ce besoin n’est pas
C’est un besoin journalier moyen, réparti sur une année dont sept jours sont conventionnellement inoccupés, du 24 au 30 décembre. Ce n’est ni un pic, ni un débit, ni une simultanéité. Aucun ballon ne se dimensionne sur cette valeur seule, et un diagnostiqueur qui l’utilise pour valider un volume sort de l’usage prévu par la méthode.
Du besoin au volume de ballon
Le volume utile à 40 °C n’est pas le volume nominal
Un ballon annoncé à 200 litres ne restitue pas 200 litres à 40 °C. Le stockage étant plus chaud que la température d’usage, le mitigeur reconstitue un volume supérieur au volume nominal par mélange avec l’eau froide. Le bilan d’enthalpie donne V40 = Vs × (Ts − Tef) / (40 − Tef), avec Ts la température de stockage et Tef celle de l’eau froide, une grandeur climatique mensuelle dans la méthode réglementaire. C’est une identité de calcul, pas une valeur réglementaire : la valeur opposable est celle que le fabricant déclare.
Les planchers que fixe l’écoconception
Le point 1.3 de l’annexe II du règlement (UE) n° 814/2013 impose depuis le 26 septembre 2015 un volume minimal d’eau mitigée à 40 °C selon le profil de soutirage déclaré.
| Profil déclaré | M | L | XL | XXL | 3XL | 4XL |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Eau mitigée à 40 °C, minimum | 65 L | 130 L | 210 L | 300 L | 520 L | 1 040 L |
Ces valeurs sont un plancher réglementaire, pas une cible de dimensionnement. Elles servent surtout à comparer deux appareils de même profil, en lisant la valeur déclarée plutôt que le volume nominal.
Les bornes hautes des petits profils
Le point 1.2 de la même annexe borne à l’inverse le volume d’accumulation des petits profils : 7 litres au maximum en profil 3XS, 15 litres en XXS et XS, 36 litres en S. Ces bornes concernent les points de puisage isolés, évier ou lave-mains, et non le ballon principal d’un logement. Les cycles d’essai correspondants sont détaillés dans l’article sur les profils de soutirage ECS.
Caler le volume sur le pic, pas sur la moyenne
Le pic se relève, il ne se déduit pas
Le paramètre dimensionnant est le volume tiré pendant la pointe, pas la consommation journalière. Ce qui se note en visite tient en quatre lignes, relevées sur le téléphone au fil du parcours technique.
- Nombre de puisages qui se suivent sans intervalle de recharge, matin et soir.
- Puisages simultanés possibles compte tenu du nombre de pièces d’eau.
- Présence d’une baignoire et fréquence réelle d’usage.
- Délai acceptable de remise en température entre deux pointes.
La puissance de recharge entre dans l’équation
Deux ballons de même volume ne se valent pas si l’un se recharge en deux heures et l’autre en huit. Le couple à retenir est volume et temps de recharge, relevé sur la documentation de l’appareil dans la plage de température du local. Un volume généreux compense une recharge lente, l’inverse est également vrai, et c’est cet arbitrage qui se documente au devis.
Le cas de la pompe à chaleur
Sur un chauffe-eau thermodynamique, la puissance disponible varie avec la température de l’air repris. En local non chauffé et par temps froid, la recharge s’allonge et la résistance d’appoint prend le relais, ce qui annule une partie du bénéfice. Le volume se cale alors pour couvrir deux pointes rapprochées sans relance, et l’implantation se valide avant le choix du litrage.
Ce que coûte un volume trop grand
Les pertes croissent avec le volume
Pertes de stockage annuelles du paragraphe 11.6.2, pour un vertical de catégorie C, arrondies au kWh.
| Volume | 100 L | 150 L | 200 L | 250 L | 300 L |
|---|---|---|---|---|---|
| Pertes annuelles | 403 | 483 | 644 | 725 | 870 |
Passer de 200 à 300 litres « pour être tranquille » coûte 226 kWh par an, tous les ans, et apparaît dans le diagnostic. C’est le prix d’une marge qui n’a pas été relevée.
Le format pèse autant que le litrage
À volume égal, un ballon horizontal est calculé avec un coefficient de perte nettement supérieur à celui d’un vertical, ce qui peut annuler le bénéfice d’un litrage bien choisi. La comparaison chiffrée figure dans l’article sur la table des pertes de stockage du DPE, et l’arbitrage de pose dans celui sur le choix entre cumulus vertical et horizontal.
L’encombrement et la maintenance
Un volume supérieur augmente l’emprise, le poids en eau et donc les exigences de fixation, et il éloigne parfois le ballon des points de puisage. Chacun de ces effets se paie une fois à la pose et ensuite à chaque intervention. Le surdimensionnement n’est pas une sécurité gratuite.
Valider le volume et le tracer
Les essais de réception
- Essai de puisage prolongé, volume tiré avant passage sous la température utile visée.
- Mesure de la température en sortie de ballon et au point de puisage le plus éloigné.
- Contrôle du temps de remise en température après pointe, chronométré.
Les températures opposables
L’arrêté du 23 juin 1978 plafonne l’eau chaude à 50 °C aux points de puisage dans les pièces destinées à la toilette et à 60 °C dans les autres pièces, ce qui impose un mitigeur thermostatique dès que le stockage est plus chaud. L’exigence de 55 °C permanente en sortie ne vise que les installations dont le volume total de stockage atteint 400 litres, situation rare en maison individuelle.
Ce qui figure au devis
Volume nominal, volume d’eau mitigée à 40 °C déclaré, profil de soutirage, format de cuve et temps de recharge annoncé. Un devis qui ne porte que le litrage laisse le débat ouvert en réception, alors que ces cinq mentions le referment. Sur la trame attendue, voir les mentions obligatoires d’un devis de travaux.




