Blog/Labels HPE, THPE, BBC, Passivhaus et E+C-
Secteur RGE

3 mai 2026

6 min de lecture

Mis à jour le 10 août 2026

Labels HPE et THPE : les seuils, et ce qui a changé au 1er janvier 2024

En rénovation, les labels HPE et BBC avaient un seuil chiffré : 150 × (a + b) et 80 × (a + b) kWhEP/m².an, où a dépend de la zone climatique et b de l’altitude. L’arrêté qui les portait est abrogé depuis le 1er janvier 2024 et remplacé par le label BBC rénovation résidentiel 2024. Voici les seuils, les coefficients, et ce qu’il faut dire à un client qui demande un devis BBC.

Sommaire

Les labels HPE et THPE ne veulent pas dire la même chose selon qu’on parle de neuf ou de rénovation, et c’est la source de la moitié des malentendus en visite technique. En rénovation, l’arrêté du 29 septembre 2009 donnait deux seuils chiffrés : le label HPE rénovation 2009 exigeait une consommation conventionnelle d’énergie primaire inférieure à 150 × (a + b) kWhEP/m².an, et le label BBC rénovation 2009 inférieure à 80 × (a + b), le coefficient a dépendant de la zone climatique et le coefficient b de l’altitude. Cet arrêté est abrogé depuis le 1er janvier 2024, remplacé par l’arrêté du 3 octobre 2023 qui crée le label BBC rénovation résidentiel 2024, assorti d’une variante première étape. Les demandes déposées avant le 31 décembre 2023 restent régies par l’ancien texte.

À quoi sert un label énergie sur un bâtiment (et ce qu’il ne garantit pas)

Label, certification, réglementation : ne plus mélanger les notions sur vos chantiers

Un label énergie est généralement une démarche volontaire. Il sert à valoriser un niveau de performance visé. Une certification, comme NF Habitat et NF Habitat HQE, ajoute un cadre de contrôle par un organisme tiers. La réglementation, elle, est obligatoire. Exemple courant. La RE2020 s’impose en construction neuve, alors que le DPE affiche une étiquette énergie surtout pour informer lors d’une vente ou d’une location.

Ce que le label dit vraiment sur la performance : consommations, confort, qualité d’exécution

Un label parle d’abord de consommations calculées, parfois aussi d’impact carbone et de confort d’été selon le référentiel. Mais ce n’est pas une promesse de facture. Les usages, la météo, la consigne de température, la ventilation et l’entretien changent tout. Et sans contrôle chantier, un bon niveau sur le papier ne garantit pas une exécution propre. Étanchéité à l’air, réglages, tests et réception restent vos garde-fous.

Quand un label devient un argument commercial : devis, marchés, revente et exigences des clients

Sur un devis, le label peut clarifier l’objectif et rassurer. À condition de préciser le référentiel, les preuves attendues et qui fait les contrôles. En marché public ou en revente, une étiquette DPE ou une démarche de certification peut peser. Gardez une phrase claire et factuelle. Objectif de niveau, travaux réalisés, documents remis. Pas de surpromesse. Pour aller plus loin, vous pouvez aussi vous appuyer sur la durée de validité du DPE dans vos échanges avec les clients.

Les seuils chiffrés des labels HPE et BBC en rénovation

C’est la seule partie du sujet qui se pose en chiffres, et c’est celle que les clients citent sans la connaître. Le seuil n’est pas une valeur fixe, c’est un produit : une base multipliée par deux coefficients de site.

Label (arrêté du 29 septembre 2009) Consommation conventionnelle d’énergie primaire à ne pas dépasser
HPE rénovation 2009 150 × (a + b) kWhEP/m².an
BBC rénovation 2009 80 × (a + b) kWhEP/m².an

Le coefficient a traduit la zone climatique, le coefficient b l’altitude. Un même niveau de travaux ne donne donc pas le même label à Lille et à Nice.

Zone climatique Coefficient a Tranche d’altitude Coefficient b
H1a et H1b 1,3 400 m et moins 0
H1c 1,2 plus de 400 m et jusqu’à 800 m 0,1
H2a 1,1 plus de 800 m 0,2
H2b 1,0
H2c et H2d 0,9
H3 0,8

En H1a sous 400 m, le seuil BBC rénovation ressortait donc à 80 × 1,3 soit 104 kWhEP/m².an, contre 80 × 0,8 soit 64 en H3 à la même altitude. C’est un écart de 40 % sur le même label, pour le même intitulé affiché au client.

Ce qui a changé au 1er janvier 2024, et comment le dire au client

L’arrêté du 29 septembre 2009 est abrogé depuis le 1er janvier 2024 par l’article 9 de l’arrêté du 3 octobre 2023, qui crée à sa place le label BBC rénovation résidentiel 2024, sa variante première étape, et un label BBC rénovation tertiaire. Les demandes déposées avant le 31 décembre 2023 continuent de relever de l’ancien texte, ce qui veut dire que les deux référentiels coexisteront sur le terrain pendant encore plusieurs années. Quand un client demande un devis BBC, la première question n’est donc pas le niveau visé mais le référentiel retenu. Écrivez-le sur le devis, avec les livrables associés, et vous avez réglé l’essentiel du risque de surpromesse.

Panorama des labels HPE, THPE et BBC : niveaux et logique de performance

HPE et THPE : l’idée générale, les écarts et les cas d’usage les plus fréquents

Ces deux niveaux de label visent des bâtiments plus sobres que le niveau réglementaire de référence. Ne mélangez pas les deux familles : en neuf, HPE et THPE se définissent par un écart en pourcentage au niveau réglementaire de référence, alors qu’en rénovation le label HPE rénovation 2009 était défini par un seuil absolu, 150 × (a + b) kWhEP/m².an, et le label BBC rénovation 2009 par 80 × (a + b). On les rencontre surtout en construction neuve, ou en rénovation lourde quand vous refaites l’enveloppe et les systèmes en même temps. Attention à l’homonymie devant un client : appliqué à un générateur et non à un bâtiment, le sigle THPE désignait un seuil d’efficacité saisonnière de 92 %, abrogé en droit français au 1er janvier 2023.

BBC : pourquoi ce label reste une référence en rénovation et en neuf

Le label BBC reste un repère simple pour parler de très basse consommation, avec une exigence globale sur isolation, ventilation, chauffage et étanchéité à l’air. En rénovation, il pousse à traiter les détails (ponts thermiques, menuiseries, réseaux) et à viser une vraie cohérence, pas une addition de gestes. C’est souvent le label qui sert de boussole quand on veut sécuriser une trajectoire de performance.

Comment lire une certification : documents, contrôles, points sensibles à anticiper

Demandez le certificat, la synthèse de calcul, et les preuves terrain, dont le PV d’infiltrométrie si prévu. Vérifiez qui contrôle, à quel moment (conception, chantier, réception) et quelles fiches produits sont acceptées. Anticipez les points sensibles : continuité d’isolant, réglages de ventilation, équilibrage hydraulique et conformité des références posées.

Passivhaus : le label orienté confort et sobriété, et ses implications chantier

Les piliers de la performance : enveloppe, étanchéité à l’air, ventilation et ponts thermiques

Ce label vise une maison très peu chauffée, avec un confort stable toute l’année. La clé, c’est une enveloppe très isolée et continue, une étanchéité à l’air maîtrisée, une ventilation double flux bien conçue, et des ponts thermiques traités dès le calepinage. Chaque percée (réseaux, spots, trappes) doit être pensée comme un point sensible.

Choisir les bons postes : isolation, menuiseries, VMC, régulation et tests

Priorité aux isolants posés sans rupture, aux menuiseries très performantes (vitrages adaptés, pose en tunnel ou en applique selon le cas), et à une VMC double flux dimensionnée et équilibrée. La régulation se joue aussi sur les débits et les apports solaires. Prévoyez des tests finaux comme l’infiltrométrie, et idéalement un contrôle avant fermeture des parois. Argile propose les gestes à retenir à partir des caractéristiques du logement et du niveau de performance visé.

Pièges courants et bonnes pratiques : coordination des lots et qualité de pose

Le risque numéro un, c’est la désynchronisation entre lots. Un câble ajouté trop tard, et l’étanchéité se dégrade. Bon réflexe : détails d’exécution partagés, réunion de synthèse, points d’arrêt, photos avant doublage. Sur ce type de chantier, la pose soignée vaut souvent autant que le produit.

E+C- : que retenir de ce label bas carbone et comment l’expliquer en 2026

Énergie et carbone : comprendre l’esprit du label sans jargon inutile

Le principe est simple, piloter deux curseurs. C’était une expérimentation qui a préparé la RE2020. L’énergie regarde les besoins et la consommation du bâtiment, chauffage, eau chaude, auxiliaires. Le carbone regarde l’empreinte sur le cycle de vie, travaux compris. Les niveaux E1 à E4 et C1 à C2 donnaient une lecture graduée.

Matériaux et systèmes : ce qui pèse sur la performance carbone (et ce qui pèse moins)

Ce qui pèse le plus, ce sont les gros postes. Structure et isolants en quantité, menuiseries, puis les équipements, surtout chauffage et eau chaude. Les données FDES et PEP aident à comparer. À l’inverse, la quincaillerie et les finitions pèsent souvent moins, à volume égal.

En 2026, comment s’en servir pour répondre aux attentes des maîtres d’ouvrage et des collectivités

En 2026, ce label sert surtout de langage commun. Avec un maître d’ouvrage, vous pouvez traduire une demande bas carbone en choix concrets, lots, matériaux, systèmes, et preuves. Pour une collectivité, appuyez-vous sur des simulations et des fiches produits, en restant aligné avec la RE2020 et les aides comme MaPrimeRénov’ et les CEE.

Choisir le bon label et sécuriser la certification : méthode terrain pour artisans

Partir du projet : type de bâtiment, budget, contraintes, niveau de performance visé

Commencez par cadrer le chantier comme un diagnostic de chaleur. Maison ou copropriété, geste simple ou rénovation globale, délais, accès, nuisances. Puis reliez cela au financement. Certaines aides (MaPrimeRénov’, CEE) demandent un signe de qualité RGE. Le bon label dépend donc du lot réel (isolation, ventilation, PAC) et du niveau de performance attendu, pas d’un catalogue.

Monter un dossier de certification solide : preuves, fiches techniques, photos, autocontrôles

Pensez “traçabilité”. Gardez les fiches techniques, PV et notices. Prenez des photos datées avant, pendant, après, surtout sur les points invisibles (pare-vapeur, réseaux, liaisons). Formalisez des autocontrôles simples, et archivez tout au même endroit. Un dossier complet fait gagner du temps le jour du contrôle et sécurise aussi les primes.

Aligner équipe et partenaires : audit, mesures, réception, et prévention des non-conformités

Annoncez les points à risque dès le lancement. Qui mesure quoi, quand, avec quel outil. Prévoyez la mise en service (PAC, VMC), et une réception avec liste de vérifications. Sous-traitants compris. Objectif zéro surprise lors d’un audit, et moins de reprises qui plombent la marge. Pour aller plus loin, voyez préparer vos chantiers et vos documents avant un contrôle.

Chiffres clés

80 × (a + b) kWhEP/m².an

Seuil du label BBC rénovation 2009

150 × (a + b) kWhEP/m².an

Seuil du label HPE rénovation 2009

1er janvier 2024

Abrogation de l'arrêté du 29 septembre 2009

Questions fréquentes

Pas automatiquement : les aides dépendent surtout de l’éligibilité des gestes (fiches CEE) et des exigences MaPrimeRénov’ (RGE, critères techniques, audit énergétique en rénovation d’ampleur). En revanche, viser un niveau type BBC peut faciliter la cohérence du programme et la justification de la performance dans un dossier. Vérifiez toujours les barèmes en vigueur et les pièces demandées (devis détaillés, fiches techniques, attestations RGE).

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Louis Airy

Louis est COO d'Argile. Après quatre ans de conseil en stratégie et près de deux ans comme chief of staff dans l'adaptation du logement et le réemploi, il a rejoint Argile en mars 2024. Au contact quotidien des entreprises RGE, il suit les sujets CEE, MaPrimeRénov' et TVA réduite, et reprend les articles concernés quand un barème change. Ce qu'il écrit est ce qu'il vérifie ensuite sur des devis réels.

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