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15 avril 2026

5 min de lecture

Mis à jour le 6 août 2026

PAC et appoint électrique : quand et pourquoi ?

L’appoint électrique n’est pas une option de confort, c’est une pièce du dimensionnement. Le NF DTU 65.16 borne la PAC entre 70 et 100 % de la déperdition D et exige que l’ensemble PAC plus appoint atteigne 1,2 × D. Et il ferme une porte que beaucoup de notes de dimensionnement laissent ouverte : un insert ou des convecteurs déjà présents chez le client ne comptent jamais comme appoint.

Sommaire

Sur une installation neuve ou une substitution de générateur, le NF DTU 65.16 borne la puissance de la PAC entre 70 et 100 % de la déperdition D calculée à la température de base, et exige que l’ensemble PAC plus appoint atteigne au moins 1,2 × D. L’appoint fait partie intégrante du système de chauffage, ce qui interdit de compter un insert ou des convecteurs déjà présents chez le client, puisqu’il peut les retirer et rendre la température de confort inatteignable les jours les plus froids. Ces bornes sont publiées dans le tableau de dimensionnement du NF DTU 65.16 Partie 1-1, repris par l’Agence Qualité Construction dans Qualité Construction n° 167.

Ce que le NF DTU 65.16 impose au dimensionnement de l’appoint

Les bornes de puissance selon le cas de chantier

Le référentiel distingue l’installation neuve, ou la substitution de générateur, de la relève d’une chaudière existante. Le tableau ci-dessous reprend les bornes applicables, avec D la déperdition du volume chauffé à la température de base et Ppac la puissance délivrée par la machine à cette température de base et à la température de départ prévue.

Cas de chantier Puissance de la PAC Appoint
Neuf, existant ou substitution, PAC tout ou rien 70 % × D ≤ Ppac ≤ 100 % × D Ppac + appoint ≥ 1,2 × D
Neuf, existant ou substitution, PAC à variation de puissance, locaux d’inertie moyenne ou lourde 70 % × D ≤ Ppac ≤ 100 % × D Ppac + appoint ≥ 1,2 × D
Neuf, existant ou substitution, PAC à variation de puissance, inertie plus faible 80 % × D ≤ Ppac ≤ 100 % × D Ppac + appoint ≥ 1,2 × D
Installation existante, relève par une chaudière Aucune règle sur la puissance de la PAC Pchaudière ≥ 1,2 × D

En monophasé avec appoint électrique, le référentiel demande deux niveaux de puissance minimum au-delà de 3 kW d’appoint. Retenez aussi la formulation exacte du texte, elle vaut clause : l’appoint fait partie du système de chauffage.

Pourquoi un appareil déjà présent ne peut jamais servir d’appoint

Le NF DTU 65.16 est catégorique : l’appoint considéré dans le dimensionnement doit toujours faire partie intégrante du système, et les appareils indépendants, insert ou convecteur électrique, ne peuvent en aucun cas être considérés comme appoints. Le raisonnement est celui de la responsabilité décennale. Le maître d’ouvrage peut supprimer un poêle pour ses propres raisons, et l’installation que vous avez signée devient alors incapable d’atteindre la température de confort par grand froid. Un appoint compté hors système est un sous-dimensionnement différé, pas une économie.

La température de base, pas le point d’essai catalogue

L’erreur récurrente est de lire la puissance de la machine au point d’essai normalisé et de l’opposer à la déperdition. Le référentiel demande la puissance délivrée à la température de base du site et à la température de départ prévue à cette température. La température de base est déterminée en annexe A du NF DTU 65.16 Partie 1-1 et varie fortement selon la localisation : de l’ordre de -4 °C en Bretagne, -15 °C en plaine d’Alsace selon l’exemple donné par l’Agence Qualité Construction. Prendre la puissance affichée à -7 °C pour un chantier alsacien fausse le calcul dès la première ligne.

Identifier précisément quand l’appoint se déclenche sur le terrain

Les déclencheurs les plus fréquents : température extérieure, consigne, loi d’eau

L’appoint démarre quand la machine n’atteint plus la température de départ demandée. Les causes classiques sont une température extérieure sous le point de bivalence, une consigne trop haute, ou une loi d’eau trop raide qui demande vite des températures élevées. Pour affiner, reportez-vous à la courbe de chauffe.

Paramétrages et régulations : courbe de chauffe, hystérésis, plages horaires

Vérifiez la courbe de chauffe, puis l’hystérésis. Trop faible, elle déclenche l’appoint au moindre écart. Regardez aussi les plages horaires et les modes confort permanents, qui empêchent l’abaissement nocturne. Un relevé sur la régulation ou l’application donne l’heure exacte du basculement, et c’est cette trace qui tranche un litige de conso.

Indices à vérifier en dépannage : défauts, cycles courts, sous-débit, manque de fluide

Si l’appoint se met sans froid marqué, cherchez une alarme, des cycles courts, ou un sous-débit (filtre, circulateur, embouage). Un manque de fluide ou un échangeur encrassé fait chuter la puissance délivrée. Contrôlez ΔT, débit et intensité de l’appoint, et notez les trois valeurs sur la fiche d’intervention.

Fonctionnement alterné ou simultané : ce que vous choisissez engage la conso

Alterné, simultané, et le point d’équilibre

En fonctionnement alterné, la PAC assure seule le chauffage jusqu’à une température donnée, s’arrête, et l’appoint prend le relais. En simultané, la PAC continue sous le point de bivalence et l’appoint complète, jusqu’à une éventuelle température d’arrêt de la machine où l’appoint assure seul. Le mode retenu change la part d’énergie électrique directe sur la saison, donc le SCOP réel, et se documente dans la note de dimensionnement.

Cas typiques qui sur-sollicitent la résistance : émetteurs, ECS, enveloppe

La résistance se déclenche surtout quand il faut monter haut en température de départ. Émetteurs dimensionnés pour 70 °C, loi d’eau trop ambitieuse, enveloppe encore perméable. L’ECS crée aussi des pics de demande, et le cycle anti-légionelles appelle l’appoint sur beaucoup de machines. Relevez la température de départ atteinte à la température de base avant de conclure au défaut matériel.

Ce que vous écrivez sur le devis et dans la note de dimensionnement

Faites apparaître D, la température de base retenue, la puissance de la PAC à cette température et la puissance d’appoint intégrée, avec le total rapporté à 1,2 × D. C’est cette page, générée au format NF EN 12831-1 à partir des relevés de la visite technique, qui vous protège en cas de contrôle et qui vous permet de justifier un prix face à un moins-disant qui a coté une machine plus petite sans appoint. Un devis qui ne dit rien de l’appoint est un devis qui reporte le risque sur vous.

Réglages pour limiter la consommation sans sortir des bornes

Seuil de bivalence, limitation de puissance, autorisations d’appoint

Réglez un seuil de bivalence cohérent avec la température de base locale, et non avec une valeur d’usine. Limitez la puissance d’appoint au strict nécessaire, autorisez-le seulement quand la machine ne couvre plus la demande, et vérifiez que les deux niveaux exigés au-delà de 3 kW en monophasé sont bien câblés et actifs. Une priorité PAC mal réglée fait prendre la main à la résistance bien avant le point de bivalence calculé.

Sécuriser l’hydraulique avant de toucher aux menus

Un équilibrage des boucles, un désembouage si le réseau est ancien, et l’isolation des tuyaux en volume non chauffé évitent que la résistance rattrape des pertes de distribution. Vérifiez aussi le volume d’eau du circuit : le NF DTU 65.16 impose un volume suffisant pour limiter les courts-cycles et garantir des dégivrages complets, avec une méthode de calcul du volume tampon donnée en annexe B. À défaut de volume, la norme requiert l’ajout d’un ballon tampon.

Viser la plus basse température de départ possible

Réglez la loi d’eau, contrôlez les débits, adaptez les émetteurs pour abaisser la température de départ à la température de base. Chaque degré gagné éloigne le point de bivalence et réduit la part d’appoint sur la saison. Pour poser les bases du calcul, appuyez-vous sur la méthode des déperditions et sur la norme EN 12831.

Contrôles, aides et traçabilité : ce qui est regardé

Ce que le contrôle vérifie sur le dimensionnement

Les contrôles ciblent le bon dimensionnement et les réglages de base. Une note de déperditions, une température de départ cohérente et une loi d’eau calée évitent les surconsommations et les écarts de confort. Le point faible le plus fréquent est l’absence de justification du couple PAC plus appoint face à 1,2 × D, alors que c’est la donnée la plus simple à produire.

Recouper les puissances avant la mise en service

Sur site, croisez trois éléments. La puissance calculée dans l’étude de déperditions, la puissance réellement disponible de la machine à la température de base selon la notice, et vos relevés de temps de marche et de kWh dédiés à l’appoint. Si l’appoint s’active alors que la consigne est modérée, cherchez une incohérence de réglage, d’émetteurs ou d’enveloppe, et évitez les erreurs listées dans les 5 erreurs de dimensionnement.

Tracer la mise en service : documents, relevés et preuves de réglage

Gardez des preuves simples. Fiche de mise en service signée, photos des paramètres, consignes de chauffe, relevés de températures et, si possible, un relevé de fonctionnement après 24 à 48 h incluant les heures d’appoint. C’est votre carnet de bord, utile en contrôle et décisif en SAV quand la conso du premier hiver est contestée.

Chiffres clés

70 à 100 % de D

Puissance PAC, NF DTU 65.16

≥ 1,2 × D

PAC plus appoint

3 kW

Seuil des 2 niveaux, monophasé

Questions fréquentes

Vous le retardez en réglant la température de bivalence et l’autorisation d’appoint, en adoucissant la loi d’eau et en augmentant légèrement l’hystérésis pour éviter les démarrages intempestifs. Contrôlez aussi les plages horaires et la limite de température de départ maximale, sinon la régulation appelle l’appoint dès que la consigne devient trop haute. Ces réglages se tracent sur la fiche de mise en service, ils font partie de la preuve de bon dimensionnement.

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Louis Meneteau

Louis est CPO d'Argile. Ingénieur de formation, il a passé quatre ans à valider des logiciels de calcul en ingénierie système, puis trois ans dans le produit logiciel. Il traduit le quotidien des installateurs en parcours produit : visite technique, dimensionnement, devis et dossiers d'aides. Ses articles décrivent des gestes de terrain plutôt que des principes, parce qu'il les observe en visite avant de les spécifier.

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Informations générales

Bénéficiaire

Madame Dos Santos Maria Augusta

E-mail

contact@argile.ai

Téléphone

+33 7 44 94 57 57

Adresse des travaux

7 impasse des Petites Houettes, 21000 Dijon

Informations sur la PAC air/eau

Nom

Alféa Extensa S. 10

Marque

Atlantic

Puiss. nominale

10 kW

ηs à 35 °C / 55 °C

195 % / 154 %

COP

3,5

Régulateur

Classe VI

N° EPREL

2491075

Déperditions du logement

6,0 kW

Puissance du matériel à la T° de base

5,80 kW

3,59 kW

7,78 kW

0 %

60 %

130 %

Taux de couverture des besoins

Puissance du matériel / déperditions du logement

97 %

Dimensionnement de l’appareil

Toitures

Transmission W/m².K

1,8

Surface

65,2

Déperditions W/K

135,0

Planchers

Transmission W/m².K

0,6

Surface

63,0

Déperditions W/K

15,6

Ponts thermiques

Conductivité W/K/m

0,4

Longueurs m

33,4

Déperditions W/K

12,5

Façades

Transmission W/m².K

0,9

Surface

162,4

Déperditions W/K

151,4

Ouvertures

Transmission W/m².K

1,2

Surface

5,5

Déperditions W/K

10,9

Renouvellement de l’air

Taux de renouv. h⁻¹

0,8

Déperditions W/K

102,3

Détermination de la différence de température

Température extérieure de base

-7 °C

Température d’arrêt de la PAC

5 °C

Température de consigne

19 °C

DeltaT

14,0 °C

Coefficient de construction

Volume (surface × hauteur sous plafond)

378,0 m³

G équivalent

1,13 W/m³/K

Avec argile

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