Blog/PAC air/air et DPE : un traitement spécifique dans le calcul
Produit Argile

9 mai 2026

6 min de lecture

Mis à jour le 1 septembre 2026

PAC air/air et DPE : règles de calcul spécifiques (2026)

Quand vous proposez une pompe à chaleur air/air, la question revient vite sur le chantier. Comment sera-t-elle prise en compte dans le DPE, et avec quelles règles de calcul selon l’équipement et le logement ? En maîtrisant ces points, vous sécurisez vos conseils et vous évitez les mauvaises surprises au moment du diagnostic.

Sommaire

Comprendre ce que le DPE retient (ou non) pour une PAC air/air

PAC air/air : chauffage, climatisation et statut dans le DPE (équipement principal ou d’appoint)

Dans le DPE, une pac air/air est d’abord vue comme un générateur de chauffage. Le calcul ne retient que cinq usages, chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage et auxiliaires, et il les traite avec les conventions de la méthode 3CL-DPE 2021 : besoins de chauffage en degrés-heures base 19 °C, réduit à 16 °C en journée la semaine, sept jours d’inoccupation en décembre. La fonction climatisation peut aussi être comptée si elle existe, mais seulement en tant que consommation conventionnelle. Le poste refroidissement n’apparaît d’ailleurs que si un système de refroidissement est présent, et il n’est calculé que sur les mois où la température extérieure dépasse 28 °C, avec une consigne de 28 °C en comportement conventionnel et de 26 °C en comportement dépensier. Son poids dépend surtout de son statut. Si elle chauffe la majorité du logement, elle passe en système principal. Si elle ne dessert que quelques pièces, elle reste un appoint, et le DPE s’appuie sur l’autre chauffage.

Données prises en compte : performance saisonnière, régulation, émetteurs et usage réel du logement

Le calcul retient des données techniques comme la performance saisonnière déclarée, la présence d’une régulation pièce par pièce, et le type de diffusion (soufflage, gaines). Le rendement de régulation Rr est tabulé par type d’émetteur : l’air soufflé, celui d’une unité intérieure de pac air/air, vaut 0,96 sur une échelle qui va de 0,80 pour un poêle ou un insert à 0,99 pour un convecteur électrique NF. Attention, le DPE ne colle pas à vos habitudes. Il applique un scénario standard (température, horaires, météo) et valorise surtout une installation bien dimensionnée et bien pilotée.

Cas fréquents en maison et en appartement : mono-split, multi-split, gainable, pièces non desservies

La configuration décide du statut de la pac dans le calcul, et donc du gain sur l’étiquette.

Configuration Ce que couvre la PAC Traitement dans le DPE
Mono-split Une seule zone chauffée Le DPE complète avec le chauffage des autres pièces, la méthode chauffant conventionnellement toute la surface habitable à 19 °C
Multi-split ou gainable Couverture souvent meilleure La PAC peut devenir le système principal, avec un rendement de régulation de 0,96 en air soufflé
Pièces non desservies, portes fermées Zones laissées hors desserte Elles comptent aussi, et une mauvaise répartition freine le gain sur l’étiquette

Règles de calcul spécifiques : comment la PAC air/air influence les consommations et l’étiquette DPE

Ce qui pèse dans le calcul : énergie finale, conversion en énergie primaire et émissions de CO₂

Dans le DPE, la pac air/air réduit surtout l’énergie finale de chauffage, car la chaleur livrée est estimée via un rendement saisonnier. Cette énergie finale électrique est ensuite convertie en énergie primaire par un facteur de 1,9 depuis le 1er janvier 2026, contre 2,3 auparavant, et qui descendra à 1,7 au 1er janvier 2027. C’est lui qui décide de la moitié de l’étiquette. En parallèle, les émissions de CO₂ sont calculées sur l’électricité consommée, avec un facteur d’émission de 0,079 kg CO₂e/kWh retenu par la méthode, contre 0,227 pour le gaz naturel. La classe retenue est la plus défavorable entre énergie et CO₂ : sur un logement passé à l’air/air, c’est presque toujours l’énergie qui bloque, pas le climat.

Paramètres qui font varier le résultat : zone climatique, surface chauffée, intermittence, consignes et programmation

Le même matériel ne donne pas le même résultat selon la zone climatique et la surface réellement chauffée par les unités intérieures. Attention au périmètre : la méthode 3CL-DPE 2021 raisonne sur la surface habitable là où vous dimensionnez sur la surface chauffée, et confondre les deux déplace la consommation conventionnelle de 5 à 15 %. Si une partie du logement reste sur convecteurs, le calcul additionne les systèmes. Les conventions DPE intègrent une intermittence et des consignes standard : le facteur INT se déduit d’une valeur tabulée I0 lue dans une table de 188 lignes et comprise entre 0,75 et 1,07. Une régulation simple et une programmation cohérente limitent les écarts.

Points de vigilance 2026 : cohérence des puissances, couverture des besoins et compatibilité avec les autres systèmes (ECS, appoint)

En 2026, la vigilance porte sur la puissance déclarée et la couverture des besoins. Gardez une cohérence globale entre pac, appoint et zones chauffées.

Pièges terrain qui dégradent le DPE malgré une “bonne” PAC

Dimensionnement et implantation : unités mal placées, longueurs frigorifiques, déséquilibres de soufflage

Une pac peut être très performante sur le papier et perdre des points si l’installation crée des pertes. Unité extérieure trop confinée, reprise d’air chaud, évacuation de condensats mal gérée. Liaisons frigorifiques trop longues ou mal isolées, puis réglages bâclés. Côté air, un soufflage déséquilibré ou des bouches mal positionnées donnent des pièces surchauffées et d’autres froides. Résultat : surconsommation et inconfort.

Isolation et étanchéité : une PAC performante ne compense pas une enveloppe faible

Le DPE reste tiré vers le bas si les déperditions dominent. Combles, murs, planchers, ponts thermiques. Et surtout fuites d’air. La pac monte en régime, travaille à plus haute température, et le gain réel s’érode. Avant de “pousser” la machine, sécurisez une enveloppe solide et adaptez les émetteurs.

Erreurs de justificatifs : références produits, valeurs SCOP/SEER, preuves de mise en service et entretien

Sans références exactes, le diagnostiqueur applique souvent des valeurs par défaut. Facture, fiche technique, certification, SCOP et SEER, puissance, type d’émetteurs. Les repères à sortir du dossier : un SCOP d’au moins 3,9, seuil de la fiche CEE BAR-TH-129, 4,00 pour la classe A+ qui ouvre la TVA à 5,5 % en multi-split, et un SEER de 5,1 à 5,6 pour la classe A en mode froid. Ajoutez une mise en service tracée et un entretien à jour. Un dossier clair évite une note dégradée “administrativement”. Pour limiter ces erreurs, appuyez-vous sur les erreurs courantes dans la saisie DPE.

Monter un dossier solide pour l’audit/DPE et sécuriser le chiffrage des travaux

Les infos à collecter à la visite : plans, volumes, pièces desservies, régulation, scénarios d’usage

À la visite, partez du concret et ne repartez avec aucune case vide : c’est ce relevé qui tient le dossier face au diagnostiqueur.

À relever pendant la visite

  • Plans, surfaces et volumes, hauteurs sous plafond, orientation, ponts thermiques visibles.
  • Pièces desservies par chaque système, réseaux, état des isolants, menuiseries.
  • Photos datées, factures, notices et contrats d’entretien.
  • Régulation en place : thermostat, sondes, programmations.
  • Scénarios d’usage : occupation, pièces chauffées, consignes.

Comment présenter un scénario cohérent : PAC air/air + isolation + ventilation (et gestion de l’ECS) pour éviter les incohérences

Un scénario tient si l’enveloppe et les systèmes avancent ensemble. Exemple : isolation ciblée, ventilation dimensionnée, puis pac air/air adaptée aux zones réellement chauffées. Anticipez l’étanchéité à l’air pour éviter l’humidité. Et pour l’ECS, dites clairement qui fait quoi : ballon existant, ballon thermodynamique, ou autre. Objectif : cohérence globale, pas un empilement.

Traduire le calcul en devis : hypothèses, gains attendus, limites et recommandation de travaux prioritaires

Dans le devis, traduisez le calcul en décisions. Indiquez vos hypothèses clés : météo de base, température intérieure, surfaces traitées, puissances retenues. Présentez les gains attendus et leurs limites (usage réel, réglages, entretien). Puis proposez un ordre de priorité simple, avec options chiffrées et aides mobilisables. Sur une air/air, ce sont la TVA à 5,5 % applicable à la fourniture comme à la pose depuis le 18 juillet 2026, et la prime CEE de la fiche BAR-TH-129, dont le barème va de 11 600 kWh cumac en appartement en zone H3 à 80 200 kWh cumac en maison individuelle en zone H1.

Gagner du temps avec Argile : simuler, vérifier la faisabilité et sortir un devis avec aides

Diagnostic énergétique rapide : tester en quelques minutes l’impact d’une PAC air/air sur le DPE et comparer des scénarios

Vous testez vite l’effet d’une PAC air/air sur le DPE. Argile met en face plusieurs scénarios : chauffage seul, chauffage plus isolation, ou rénovation plus complète. Vous visualisez un diagnostic rapide, avec les gains attendus, sans repartir de zéro à chaque prospect.

Analyse de faisabilité : repérer les contraintes techniques à l’adresse (extérieur, copro, implantation) avant de s’engager

Avant de promettre une pose, Argile aide à vérifier la faisabilité terrain. Implantation de l’unité extérieure, règles de copropriété, accès, distances, bruit, contraintes électriques. Vous repérez les points bloquants plus tôt, et vous arrivez en visite avec les bonnes questions.

Devis et administratif : pré-chiffrage, calcul MaPrimeRénov’/CEE et dossier plus clair pour augmenter votre taux de signature

Vous sortez un pré-chiffrage et un devis plus vite, avec les aides mobilisables selon le geste (isolation, ventilation, pac, etc.). Argile calcule MaPrimeRénov’ et les CEE, puis génère un dossier clair. Moins d’allers retours, plus de décisions, et un taux de signature qui remonte.

Chiffres clés

0,96

Rendement de régulation de l’air soufflé

28 °C

Seuil de calcul du refroidissement

1,9

Facteur de conversion de l’électricité au DPE

Questions fréquentes

En règle générale, une PAC air/air n’est pas éligible à MaPrimeRénov’ (aide plutôt centrée sur les PAC air/eau et géothermiques) mais peut être valorisée via les CEE selon la fiche applicable et les performances du matériel. Vérifiez l’éligibilité avant devis : marque/modèle, rendement saisonnier, et pose par une entreprise qualifiée (souvent RGE selon le dispositif et le signataire du dossier). Anticipez les délais : les CEE se montent avant signature du devis et peuvent prendre plusieurs semaines à être versés après travaux.

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Louis Airy

Louis est COO d'Argile. Après quatre ans de conseil en stratégie et près de deux ans comme chief of staff dans l'adaptation du logement et le réemploi, il a rejoint Argile en mars 2024. Au contact quotidien des entreprises RGE, il suit les sujets CEE, MaPrimeRénov' et TVA réduite, et reprend les articles concernés quand un barème change. Ce qu'il écrit est ce qu'il vérifie ensuite sur des devis réels.

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