Le détendeur abaisse la pression du fluide en sortie de condenseur et dose l’alimentation de l’évaporateur, ce qui fixe la surchauffe à l’aspiration. Aucun texte ne publie de plage de surchauffe universelle : la valeur cible vient de la notice du modèle, et ce que vous opposez en cas de litige, c’est la mesure en régime stabilisé, pas une valeur trouvée en ligne. En revanche, l’intervention est encadrée : l’article R543-79 du code de l’environnement impose un contrôle d’étanchéité au-delà de 5 tonnes équivalent CO2 et à chaque modification ayant une incidence sur le circuit, avec des périodicités fixées par l’article 4 de l’arrêté du 29 février 2016.
Ce que régule le détendeur, et ce qui se mesure
Pression, débit et surchauffe : la fonction en une phrase
Le détendeur est la restriction du circuit. Il abaisse la pression du liquide sortant du condenseur et règle le débit admis à l’évaporateur, de manière à ce que le fluide soit entièrement vaporisé et légèrement surchauffé à l’entrée du compresseur. Trop ouvert, du liquide revient au compresseur. Trop fermé, l’évaporateur est sous-alimenté, la puissance chute et la machine tourne plus longtemps pour le même besoin.
Les mesures qui tranchent, et l’ordre dans lequel les prendre
En diagnostic, la surchauffe et le sous-refroidissement se lisent en tendance, sur une machine stabilisée. Avant de conclure au détendeur, sécurisez les conditions : débit d’air ou d’eau conforme, filtres propres, échangeurs non encrassés, vannes ouvertes. Beaucoup de dérives attribuées au détendeur viennent en réalité du débit côté eau ou d’un dimensionnement inadapté, et un appoint de fluide sur ce terrain aggrave la situation.
Les symptômes à consigner sur la fiche d’intervention
- Température de départ instable, cycles courts, dégivrages plus fréquents que la saison précédente.
- Givre anormal sur l’échangeur ou sur la ligne d’aspiration en fonctionnement.
- Sifflement ou cliquetis au niveau de la restriction, intensité compresseur en hausse.
- Pressions BP et HP hors plage constructeur en régime établi, à conditions extérieures relevées.
Les types de détendeurs et ce qu’ils changent au diagnostic
Détendeur thermostatique : équilibre de pressions sur un bulbe
Le thermostatique règle le débit par équilibre entre la pression du bulbe, la pression d’évaporation et la tension d’un ressort. Il vise une surchauffe stable en sortie d’évaporateur. Il est robuste, tolérant, et se diagnostique sans outil de paramétrage, ce qui compte en dépannage. Ses limites tiennent à sa réactivité quand les conditions varient vite, et au risque de pompage si le bulbe est mal placé ou mal isolé.
Détendeur électronique : pilotage pas à pas et paramétrage
L’électronique pilote une vanne motorisée à partir de sondes de pression et de température, sous contrôle de la régulation. Il tient la surchauffe sur une plage bien plus large, ce qui compte sur une machine à forte modulation. En pose, il exige une régulation compatible, un câblage soigné, un positionnement de sonde conforme et un paramétrage à la mise en service. Un défaut de surchauffe récurrent sur ce type de détendeur est plus souvent un problème de sonde ou de filtration amont qu’un problème de vanne.
Capillaire et solutions à orifice fixe : où vous les rencontrez encore
Le capillaire est un orifice fixe, sans régulation. On le trouve sur des machines simples ou anciennes, où le coût prime. Il n’adapte pas le débit, donc il est sensible à la charge, à la longueur des liaisons et aux écarts de température. Sur certaines machines réversibles, on rencontre aussi des montages hybrides, orifice calibré associé à une électrovanne selon le mode chaud ou froid. Un diagnostic mené comme sur un détendeur régulé y conduit à des conclusions fausses.
Ce que l’ouverture du circuit déclenche vraiment
Le tableau des périodicités de contrôle d’étanchéité
La périodicité ne dépend ni de la puissance de la machine, ni de la pièce remplacée, mais de la charge exprimée en tonnes équivalent CO2. Elle est fixée à l’identique par l’article 5 du règlement (UE) 2024/573 et par l’article 4 de l’arrêté du 29 février 2016.
| Charge de l’équipement | Sans détection de fuites | Avec système de détection de fuites |
|---|---|---|
| Moins de 5 t éq. CO2 | Aucun contrôle périodique exigé | Sans objet |
| De 5 à moins de 50 t éq. CO2 | 12 mois | 24 mois |
| De 50 à moins de 500 t éq. CO2 | 6 mois | 12 mois |
| 500 t éq. CO2 et plus | 3 mois | 6 mois |
Deux exemptions à connaître avant de facturer un contrôle inutile. Les équipements hermétiquement scellés étiquetés comme tels sont hors obligation en dessous de 10 tonnes équivalent CO2, et en bâtiment résidentiel dès lors qu’ils contiennent moins de 3 kg de gaz fluoré. Pour convertir une charge en kilos en tonnes équivalent CO2, voyez la charge en fluide frigorigène.
Le champ réel du régime, souvent élargi à tort
L’article R543-75 du code de l’environnement énumère quatre familles et quatre seulement : CFC, HCFC, HFC à l’exception des HFO, et PFC. Un circuit au R290 ou au R744 n’entre pas dans ce champ, donc ni l’attestation de capacité de l’article R543-99 ni le contrôle d’étanchéité de l’article R543-79 ne s’y appliquent au titre du fluide. Cela ne retire rien aux exigences de sécurité liées à l’inflammabilité ou à la pression, ni aux conditions de garantie du fabricant, qui restent contractuelles.
Ce qui se trace, et pendant combien de temps
La fiche d’intervention de l’article R543-82 mentionne la nature de l’opération, le fluide et les quantités récupérées et ajoutées. Au-delà de 3 kg de HCFC ou de 5 tonnes équivalent CO2 de HFC ou PFC, elle est signée conjointement par l’opérateur et le détenteur. L’article R543-80 impose de conserver cinq ans les documents attestant des contrôles. En dessous des seuils, aucune obligation ne s’applique, mais la fiche reste votre seule preuve écrite en cas de litige sur l’état du circuit à la remise en service.
Remplacer un détendeur sans repasser deux fois
La séquence de remise en état du circuit
Récupérez le fluide avant ouverture, remplacez systématiquement le filtre déshydrateur, brasez sous purge d’azote pour éviter les oxydes internes, puis réalisez une épreuve de tenue et un tirage au vide avec contrôle de remontée. Rechargez au poids selon la valeur constructeur, jamais à l’appréciation des pressions. Un circuit ouvert sans purge d’azote produit des oxydes qui colmatent le détendeur neuf en quelques semaines.
Les vérifications de sortie de chantier
Après stabilisation, relevez surchauffe, sous-refroidissement, ΔT côté émetteurs, intensités et comportement au dégivrage, et comparez aux valeurs de la notice. Vérifiez le positionnement et l’isolation de la sonde ou du bulbe, cause récurrente d’instabilité résiduelle. Contrôlez aussi la sonde extérieure et la loi d’eau : une consigne trop agressive reproduit exactement les symptômes d’un détendeur mal réglé.
Ce que vous écrivez au client et ce qui reste au dossier
Au client, une phrase suffit : le détendeur dose le fluide vers l’évaporateur, un dosage faux fait forcer la machine et multiplie les démarrages. Au dossier, ce sont les relevés avant et après, la référence de la pièce, la quantité de fluide et la fiche d’intervention. Sur les obligations d’entretien et leurs points de contrôle, voyez l’entretien d’une PAC et, pour le suivi de performance dans la durée, le calcul du SCOP.



