Le compresseur scroll comprime par deux spirales imbriquées, le rotary par un rouleau excentré dans un cylindre. Aucun texte réglementaire, aucune norme et aucune donnée déclarée ne compare ces deux cinématiques entre elles : le règlement (UE) n° 813/2013 fixe ses exigences sur la machine complète, avec une efficacité énergétique saisonnière ηs d’au moins 110 % en moyenne et haute température et 125 % en basse température depuis le 26 septembre 2017. Les écarts de COP par technologie que l’on trouve en ligne ne reposent sur aucune source primaire. Ce qui se compare, se relève et s’oppose, c’est l’ηs déclarée, la puissance acoustique et la charge de fluide.
Ce que le compresseur fait, et ce qu’il ne décide pas
Le rôle dans le cycle, en une phrase utile au relevé
Le compresseur aspire le fluide à basse pression et le refoule à haute pression, ce qui élève sa température de saturation et permet la cession de chaleur au condenseur. Sur une machine à vitesse variable, c’est lui qui règle le débit de fluide, donc la puissance instantanée. En visite technique, ce que vous relevez n’est pas la technologie du compresseur, c’est la plage de modulation annoncée, la puissance disponible à la température de base du site, et le niveau de puissance acoustique déclaré.
Scroll et rotary : ce que la conception change réellement
Le scroll comprime en continu sur plusieurs tours de spirale, avec un couple résistant assez régulier. Le rotary comprime sur un tour, avec des efforts plus concentrés et une signature vibratoire différente. Cela se traduit par des choix d’implantation industriels : le rotary domine les petites puissances et les unités compactes, le scroll les puissances intermédiaires et supérieures. Ce constat de marché ne vaut pas performance déclarée, et ne se porte pas au devis comme un argument chiffré.
Pourquoi l’ηs est le seul repère opposable entre deux machines
L’efficacité énergétique saisonnière ηs du règlement (UE) n° 813/2013 est mesurée sur la machine complète, dans des conditions définies, et déclarée par le fabricant. C’est la seule valeur que vous pouvez opposer à un client, à un contrôleur ou à un concurrent. Elle se lit avec sa catégorie, basse température ou moyenne et haute température, car les seuils ne sont pas les mêmes. Sur la lecture des performances déclarées, voyez le COP à charge partielle.
La charge de fluide, ce qui décide vraiment de vos obligations
Le seuil de 5 tonnes équivalent CO2, converti en kilos
Un contrôle d’étanchéité ne se déclenche pas sur un type de compresseur ni sur une puissance, mais sur une charge exprimée en tonnes équivalent CO2. La conversion est une multiplication : charge en kg multipliée par le PRP du fluide, divisée par 1 000. Les PRP viennent de l’annexe I du règlement (UE) 2024/573, en valeurs du quatrième rapport du GIEC, et ceux des mélanges se calculent par la méthode de l’annexe VI.
| Fluide | PRP retenu | Charge atteignant 5 t éq. CO2 | Charge atteignant 50 t éq. CO2 |
|---|---|---|---|
| R32 | 675 (annexe I) | 7,41 kg | 74,1 kg |
| R410A | 2 088 (calculé, annexe VI) | 2,39 kg | 23,9 kg |
| R407C | 1 774 (calculé, annexe VI) | 2,82 kg | 28,2 kg |
| R134a | 1 430 (annexe I) | 3,50 kg | 35,0 kg |
| R290, R744 | hors annexes | sans objet | sans objet |
Sur une PAC résidentielle chargée de 1 à 2 kg, aucun de ces seuils n’est atteint. L’exemption est même explicite pour les équipements hermétiquement scellés étiquetés comme tels contenant moins de 3 kg en bâtiment résidentiel. Sur le calcul et la traçabilité de la charge, voyez la charge en fluide frigorigène.
Ce que déclenche un remplacement de compresseur
L’article R543-79 du code de l’environnement impose un contrôle d’étanchéité à la mise en service au-delà des seuils, puis à chaque modification ayant une incidence sur le circuit contenant le fluide. Un remplacement de compresseur en est une. En dessous des seuils, l’obligation tombe, mais la fiche d’intervention reste le document qui prouve ce que vous avez fait. C’est elle qui se retrouve produite en cas de litige, pas la marque du compresseur.
Les causes de casse que vous maîtrisez, quelle que soit la technologie
- Débit d’eau insuffisant ou circulateur sous-dimensionné, qui fait travailler la machine hors plage.
- Cycles courts liés à un surdimensionnement ou à un volume d’eau trop faible, qui multiplient les démarrages.
- Tirage au vide bâclé ou brasage sans purge d’azote, qui laisse humidité et oxydes dans le circuit.
- Charge approximative, qui provoque retours liquide ou manque d’huile selon le sens de l’erreur.
Le bruit, le seul critère de confort qui soit opposable
Ce que fixe l’article R1336-7 du code de la santé publique
L’émergence globale est l’écart entre le bruit ambiant, machine en marche, et le bruit résiduel sans elle. Les valeurs limites sont de 5 dB(A) en période diurne, de 7 h à 22 h, et de 3 dB(A) en période nocturne, de 22 h à 7 h. Ces valeurs sont assorties de termes correctifs qui dépendent de la durée cumulée d’apparition du bruit.
| Durée cumulée d’apparition | Terme correctif |
|---|---|
| T ≤ 1 min | + 6 dB(A) |
| 1 min < T ≤ 5 min | + 5 dB(A) |
| 5 min < T ≤ 20 min | + 4 dB(A) |
| 20 min < T ≤ 2 h | + 3 dB(A) |
| 2 h < T ≤ 4 h | + 2 dB(A) |
| 4 h < T ≤ 8 h | + 1 dB(A) |
| T > 8 h | 0 |
L’article R1336-8 écarte l’application des valeurs limites lorsque le bruit ambiant mesuré, machine comprise, reste inférieur à 30 dB(A). Un dégivrage bref est donc jugé plus sévèrement qu’un fonctionnement continu à charge partielle : c’est ce que vous expliquez au voisinage, pas la cinématique du compresseur.
Ce qui s’anticipe à l’implantation plutôt que sur facture
Le bruit perçu vient du ventilateur, du dégivrage et des vibrations transmises au support, avant de venir du compresseur. Découplez avec des silentblocs, préférez une platine au sol à une console murale, éloignez des angles rentrants qui réverbèrent, et vérifiez la distance aux ouvrants des riverains. Sur la méthode et les corrections possibles après coup, voyez bruit et vibrations de la PAC.
Ce que vous mesurez avant de partir du chantier
Relevez le niveau en limite de propriété machine à l’arrêt puis en marche, en régime établi et pendant un dégivrage, et notez l’heure. Deux relevés datés valent mieux qu’une déclaration de conformité. Ils constituent votre point zéro si une plainte arrive une saison plus tard, quand l’environnement sonore aura changé pour des raisons qui ne vous concernent pas.
Ce que vous écrivez au devis et ce qui engage votre responsabilité
Les mentions techniques qui rendent le devis défendable
Portez la référence exacte, la puissance à la température de base du site, l’ηs déclarée avec sa catégorie de température, le fluide et la charge en kg. Ces valeurs viennent du constructeur, et un catalogue où les caractéristiques techniques sont déjà vérifiées évite de les ressaisir à chaque devis. La technologie de compresseur peut y figurer comme caractéristique, jamais comme promesse de performance : une performance annoncée sans donnée normalisée derrière est un engagement que vous ne pourrez pas tenir devant un expert.
Garanties compresseur : ce qui les fait sauter
Demandez par écrit ce que couvre la garantie compresseur, pièce seule ou pièce, main-d’œuvre et déplacement, et surtout ses conditions de maintien. La mise en service non conforme et l’absence d’entretien tracé sont les deux motifs d’exclusion les plus fréquents. Sur les obligations et les points de contrôle, voyez l’entretien d’une PAC.
Justifier son prix face à un moins-disant
Le surcoût d’un chantier bien fait tient au dimensionnement, au découplage acoustique et au volume tampon, pas au compresseur. Un concurrent qui aligne une machine surdimensionnée vend des cycles courts et des démarrages qui useront l’organe, quelle que soit sa technologie. Sur les erreurs qui reviennent le plus, voyez les 5 erreurs de dimensionnement.



