Le paragraphe 4 de la méthode 3CL-DPE 2021 contient un tableau de 38 lignes, une par modalité de ventilation reconnue, et chacune porte trois valeurs conventionnelles : le débit extrait Qvarepconv, le débit soufflé Qvasoufconv et le module d’entrées d’air Smeaconv, tous en m³/h par m² de surface de référence. C’est la seule chose que la méthode retient de votre relevé de ventilation. Entre la ligne la plus favorable, à 0,16, et la plus défavorable, à 2,24, l’écart est d’un facteur quatorze sur les déperditions par renouvellement d’air.
Pourquoi la ventilation pèse lourd dans un DPE
Le seul endroit où le mode de ventilation entre dans le calcul
Les déperditions par renouvellement d’air valent Hvent plus Hperm. Hvent égale 0,34 fois Qvarepconv fois la surface de référence, le 0,34 étant la chaleur volumique de l’air en Wh/(m³.K). Hperm égale 0,34 fois le débit d’infiltration, lui-même dépendant de la perméabilité Q4Pa, qui vaut la perméabilité de l’enveloppe augmentée de 0,45 fois Smeaconv fois la surface de référence. Votre choix de ligne agit donc deux fois, par le débit extrait et par le module d’entrées d’air, et ces deux effets ne vont pas toujours dans le même sens.
Ce que la méthode ne regarde jamais
Elle ne regarde ni le débit mesuré aux bouches, ni la longueur du réseau, ni la marque, ni la performance réelle du caisson. Un échangeur double flux n’est d’ailleurs pas modélisé par un rendement : la méthode n’en donne aucun, l’effet de récupération est entièrement absorbé dans la valeur de débit conventionnel de la ligne correspondante. Le corollaire est direct pour votre argumentaire de vente : améliorer une installation sans changer de ligne ne produit aucun gain de DPE, et le poste des auxiliaires de ventilation obéit à la même logique forfaitaire.
Erreurs terrain fréquentes : confusion entre aération, extraction et ventilation
Trois confusions produisent l’essentiel des saisies contestées. Un extracteur ponctuel de salle de bains n’est pas une VMC et ne fait pas passer le logement dans les lignes mécaniques. Un conduit vertical condamné ne vaut pas une ventilation naturelle par conduit, il ramène le logement à la ventilation par ouverture des fenêtres. Et des entrées d’air en menuiserie sans aucune extraction ne constituent pas une ventilation par entrées d’air hautes et basses, qui suppose deux niveaux d’ouverture.
Le tableau complet des 38 modalités
Les valeurs conventionnelles ligne par ligne
Les trois colonnes sont exprimées en m³/h par m² de surface de référence. Depuis l’arrêté du 25 mars 2024, la surface habitable a été remplacée par la surface de référence dans toute l’annexe, sans qu’aucune valeur numérique de ventilation ne soit modifiée.
| Modalité | Qvarepconv | Qvasoufconv | Smeaconv |
|---|---|---|---|
| Ventilation par ouverture des fenêtres | 1,20 | 1,20 | 0 |
| Ventilation par entrées d’air hautes et basses | 2,23 | 0 | 4 |
| VMC SF autoréglable avant 1982 | 1,97 | 0 | 2 |
| VMC SF autoréglable de 1982 à 2000 | 1,65 | 0 | 2 |
| VMC SF autoréglable de 2001 à 2012 | 1,50 | 0 | 2 |
| VMC SF autoréglable après 2012 | 1,32 | 0 | 2 |
| VMC SF hygro A avant 2001 | 1,50 | 0 | 2 |
| VMC SF hygro A de 2001 à 2012 | 1,44 | 0 | 2 |
| VMC SF hygro A après 2012 | 1,16 | 0 | 2 |
| VMC SF gaz avant 2001 | 1,59 | 0 | 2 |
| VMC SF gaz de 2001 à 2012 | 1,53 | 0 | 2 |
| VMC SF gaz après 2012 | 1,22 | 0 | 2 |
| VMC SF hygro B avant 2001 | 1,36 | 0 | 1,5 |
| VMC SF hygro B de 2001 à 2012 | 1,24 | 0 | 1,5 |
| VMC SF hygro B après 2012 | 1,09 | 0 | 1,5 |
| VMC basse pression autoréglable | 1,97 | 0 | 2 |
| VMC basse pression hygro A | 1,30 | 0 | 2 |
| VMC basse pression hygro B | 1,24 | 0 | 1,5 |
| VMC DF individuelle avec échangeur jusqu’en 2012 | 0,60 | 0,60 | 0 |
| VMC DF individuelle avec échangeur après 2012 | 0,26 | 0,26 | 0 |
| VMC DF collective avec échangeur jusqu’en 2012 | 0,75 | 0,75 | 0 |
| VMC DF collective avec échangeur après 2012 | 0,46 | 0,46 | 0 |
| VMC DF sans échangeur jusqu’en 2012 | 1,65 | 1,65 | 0 |
| VMC DF sans échangeur après 2012 | 1,32 | 1,32 | 0 |
| Ventilation naturelle par conduit | 2,23 | 0 | 4 |
| Ventilation hybride avant 2001 | 1,52 | 0 | 3 |
| Ventilation hybride de 2001 à 2012 | 1,33 | 0 | 3 |
| Ventilation hybride après 2012 | 1,17 | 0 | 3 |
| Ventilation hybride avec entrées d’air hygro avant 2001 | 1,52 | 0 | 2 |
| Ventilation hybride avec entrées d’air hygro de 2001 à 2012 | 1,33 | 0 | 2 |
| Ventilation hybride avec entrées d’air hygro après 2012 | 1,17 | 0 | 2 |
| Ventilation mécanique sur conduit existant jusqu’en 2012 | 2,24 | 0 | 4 |
| Ventilation mécanique sur conduit existant après 2012 | 1,97 | 0 | 4 |
| Ventilation naturelle par conduit avec entrées d’air hygro | 2,23 | 0 | 3 |
| Puits climatique sans échangeur jusqu’en 2012 | 0,99 | 0,99 | 0 |
| Puits climatique sans échangeur après 2012 | 0,79 | 0,79 | 0 |
| Puits climatique avec échangeur jusqu’en 2012 | 0,36 | 0,36 | 0 |
| Puits climatique avec échangeur après 2012 | 0,16 | 0,16 | 0 |
Ce que le tableau apprend, et qu’on ne devine pas
Quatre enseignements sortent de la lecture complète. La ventilation mécanique sur conduit existant, à 2,24, est la ligne la plus défavorable de tout le tableau, plus défavorable que la ventilation naturelle par conduit qu’elle est censée améliorer, parce que le module d’entrées d’air y reste à 4. Une double flux sans échangeur, à 1,65 puis 1,32, ne vaut pas mieux qu’une simple flux autoréglable de la même époque. Le puits climatique est traité comme une double flux avec un coefficient correcteur de 0,6, obtenu à partir d’une température de sortie moyenne de 12 °C et d’une température extérieure moyenne de 8 °C sur la période d’octobre à avril. Et l’hygro A et l’hygro B partagent le même débit dans certaines tranches mais jamais le même module, 2 contre 1,5. Ce qui sépare les deux lignes se relève sur le composant, puisque le type A ne rend hygroréglables que les bouches d’extraction, quand le type B y ajoute les entrées d’air.
Cas particuliers à bien identifier : appareils gaz, pièces humides, bouches, entrées d’air
La ventilation ne se lit pas seulement au caisson. Les lignes « VMC SF gaz » ne se retiennent que si le système est effectivement une VMC gaz, pas parce qu’une chaudière gaz est présente dans le logement. Vérifiez également ces trois points, qui décident souvent entre deux lignes voisines.
- Pièces humides. Présence, type et accessibilité des bouches, et distinction entre bouche autoréglable et bouche hygroréglable.
- Entrées d’air. Emplacement en pièces sèches, non obturées, et caractère hygroréglable ou non, qui change la colonne Smeaconv.
- Transferts. Détalonnage des portes, grilles, chemin de l’air des pièces principales vers les pièces de service.
Saisie et modélisation dans un DPE : passer du constat à une donnée 3CL fiable
Quelles informations collecter en visite : marque, type, année, entretien, réseaux
L’objectif est de rassembler ce qui permet de trancher entre deux lignes voisines, pas de tout documenter. Photographiez la plaque signalétique, relevez l’énergie et le type d’équipement, et surtout établissez l’année de pose, puisque quatre seuils découpent le tableau. Notez ensuite la nature des bouches et des entrées d’air, la présence ou non d’un échangeur, et l’état du réseau.
- Ventilation. Type de système, nature des bouches, entrées d’air, conduits, commandes et régulation.
- Datation. Facture, plaque signalétique datée, carnet d’entretien, ou faisceau d’indices documenté.
- Réseau. Gainage, isolation, raccordement effectif du conduit, présence d’un caisson alimenté.
Ces trois lignes sont exactement ce que la visite technique enregistre : le système en place, son sous-type et l’année du caisson se relèvent à l’écran, avec les pièces humides et la bouche que chacune reçoit.
Quand vous n’avez pas l’info : hypothèses acceptables et justifications à documenter
Retenez la modalité que vos preuves soutiennent, et écrivez le raisonnement. Une VMC sans plaque lisible dans un logement dont les menuiseries datent de 2005 se qualifie plus solidement en autoréglable de 2001 à 2012 qu’en hygro B récente. Le principe de prudence a ici un sens précis : entre deux lignes également plausibles, la ligne la moins favorable est celle qui tient en contrôle, parce qu’elle n’avantage pas le diagnostic.
Contrôles de cohérence : surface, nombre de pièces, débits et compatibilités système
Avant calcul, croisez les données. La surface de référence doit intégrer les vérandas chauffées et les locaux transformés en pièces de vie, définition introduite au 1er juillet 2024. Vérifiez que la modalité retenue est compatible avec le bâti, une double flux avec échangeur suppose un réseau de soufflage visible, une ventilation hybride suppose un conduit. Pour approfondir, voyez aussi les pièges à éviter en saisie DPE.
Comment Argile vous aide à modéliser la ventilation sans perdre de temps
Diagnostic guidé : qualifier la modalité sans ouvrir le tableau
Argile vous fait converger vers l’une des 38 modalités à partir de ce que vous voyez sur place, sans avoir à mémoriser les seuils d’années ni les valeurs conventionnelles. Le débit extrait, le débit soufflé et le module d’entrées d’air sont appliqués automatiquement, et les déperditions par renouvellement d’air en découlent.
Reconstruction 3D et aide à la visite technique : sécuriser la collecte des infos ventilation
Le bâti reconstruit en 3D pendant la visite et l’aide au relevé structurent la collecte des éléments qui font foi : réseau de gaines, emplacement du groupe, entrées d’air, évacuation, accès et contraintes acoustiques. Moins d’oublis, et surtout une cohérence entre les photos, les plans et la modalité retenue, qui est ce qu’un contrôle regarde.
Devis avec aides : chiffrer une VMC et ses variantes
Argile prépare un devis de ventilation, simple flux, hygroréglable ou double flux, avec fournitures, pose, réglages et mise en service, et affiche pour chaque variante la ligne du tableau atteinte. Les aides s’appliquent selon le cas, MaPrimeRénov’ et CEE, pour un reste à charge lisible, aides et mensualités réunies dans le même plan de financement. Pour aller plus loin sur le choix des systèmes, comparez simple flux auto-réglable et hygroréglable.
Transformer la ventilation en levier de rénovation globale
Construire un plan de travaux cohérent avec l’isolation et le chauffage
Quand vous renforcez l’isolation et l’étanchéité, la ventilation devient le réglage qui sécurise tout le reste. Le plan de travaux se construit dans l’ordre : isolation pour réduire les besoins, chauffage correctement dimensionné, puis ventilation adaptée. Le gain de ventilation se chiffre en changement de ligne, par exemple d’une autoréglable antérieure à 1982, à 1,97, vers une hygro B après 2012, à 1,09, soit une division par près de deux du débit conventionnel. La double flux va plus loin, à 0,26 avec échangeur après 2012, mais elle réclame un réseau de soufflage et pèse davantage sur les auxiliaires.
Argumenter le geste sans promettre ce que la méthode ne donne pas
Sur chantier, l’argument tient en une phrase : le gain de DPE vient du changement de modalité, pas de la qualité de la pose. Annoncez la ligne visée et l’écart de débit conventionnel qu’elle représente, c’est vérifiable et cela vous engage sur ce que le calcul produira réellement. La qualité de pose, elle, se défend sur la conformité aux débits de l’arrêté du 24 mars 1982, sur le bruit et sur la durée de vie, ce qui est un autre registre et un autre poste du devis.
Points de vigilance RGE : conformité, mise en œuvre, réception et preuves à conserver
Restez carré sur la conformité. Débits mesurés, position des bouches, entrées d’air non obturables, réseaux et évacuation des condensats. Quand un chauffe-eau thermodynamique partage le réseau d’extraction, ces mêmes points se tranchent en amont, au moment de choisir où capter l’air et où le rejeter. À la réception, vérifiez les débits et l’équilibrage, et conservez la traçabilité.
- Photos datées, références produits, notices et avis techniques.
- Mesures de débit par pièce et PV de mise en service.
- Note écrite de la modalité 3CL visée et de celle constatée avant travaux.



